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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 08:35

Après Dieu, le plus digne objet de notre culte et de nos hommages, c'est la très Sainte Vierge, mère de Dieu. Elle a été choisie avant tous les siècles pour être le temple vi­vant de la sagesse éternelle et l'instrument glorieux du salut des hommes. Prévenue dès sa conception, qui a été immaculée, des dons les plus excellents et les plus di­vins, elle a été un parfait modèle de toutes les vertus et la plus sainte des créatures ; par un prévilège spécial, elle a été exempte de tout péché. Par son auguste qualité de mère de Dieu, elle est élevée au-dessus de tous les saints et de tous les anges, dont elle est la reine. Aussi le culte que l'Église lui rend est-il un culte particulier, qui ne convient à aucun autre saint.

 

Pleine de bonté, elle a pour nous une tendresse de mère : nous sommes en effet devenus ses enfants lorsque Jésus-Christ mourant sur la croix l'a donnée pour mère à saint Jean et dans sa personne à tous les chrétiens. Elle est donc notre mère. Quel nom plus tendre, plus touchant, plus propre à nous inspirer pour elle les sentiments d'une entière confiance et à nous faire espérer de sa part tous les secours dont nous avons besoin ! Elle est sensible à nos misères, son cœur s'attendrit sur nos besoins quand nous les exposons avec confiance. Jamais personne, dit saint Bernard, ne l'a invoquée sans ressentir les effets de sa protection.

 

Elle s'intéresse singulièrement au salut des jeunes gens dont elle connaît la faiblesse ; elle sait à combien de dan­gers ils sont exposés; elle voit les combats que leur livre le démon, les pièges qu'il leur tend, les efforts qu'il fait pour leur enlever leur innocence; elle les protège d'une manière particulière quand ils ont recours à elle. Il y a mille exemples de personnes qu'elle a préservées des écueils de cet âge. Pour n'en citer qu'un seul, ce fut par l'assistance de cette reine des vierges que saint François de Salles, dans sa jeunesse, fut délivré en un instant d'une tentation dangereuse qui le tourmentait depuis longtemps.

 

Nous concevrons combien son intercession est puissante auprès de Dieu, si nous savons découvrir tout le crédit d'une mère chérie a sur son fils: sa puissance n'a point de bornes, parce que l'amour de Jésus-Christ pour sa sainte mère est infini.

 

Son fils, qui est tout puissant, ne refuse rien à la meilleure, à la plus tendre des mères ; il partage pour ainsi dire son autorité avec elle ; il n'est point auprès de Jésus-Christ de médiation ni de recommandation égale à celle de son auguste mère ; il l'a établie l'arbitre de ses trésors et la dispensatrice des grâces qu'il répand sur les hommes ; il veut que nous nous adressions à elle pour obtenir tout de lui.

 

Nous devons donc recourir à la très sainte Vierge avec la confiance d'un enfant qui se jette entre les bras de sa mère : ayons pour elle une tendre dévotion et nous éprou­verons que l'on ne réclame jamais en vain son secours ; invoquons-la dans les tentations et les dangers ; s'il s'élève quelque nuage dans notre esprit, si quelque passion agite notre cœur, dans nos perplexités, dans nos troubles, pen­sons à elle, ayons son nom dans la bouche et plus encore dans notre cœur ; elle nous consolera, elle dissipera nos doutes, elle calmera nos agitations, elle soutiendra notre faiblesse. Si nous avons eu le malheur de tomber dans quelque péché, recourons promptement à cette mère de miséricorde : elle est le refuge des pécheurs, elle nous conciliera avec son fils.

 

Prions-la d'obtenir pour nous la grâce d'une sincère conversion, Elle demandera et obtiendra des secours puissants qui nous feront sortir de l'esclavage du démon et rentrer dans la douce liberté des enfants de

Dieu.

 

En quelque état que nous soyons, considérons les vertus qui ont éclaté en elle, surtout son humilité profonde et son inviolable pureté, et appliquons-nous à les pratiquer à son exemple. En vivant ainsi, nous serons du nombre de ses véritables enfants ; elle sera notre mère et tant que nous serons sous sa sauvegarde nous ne périrons point.

 

La plus excellente prière que nous puissions adresser à la très sainte Vierge, c'est celle dont l'Église fait un usage si fréquent et qu'elle  joint  presque  toujours  à  l'oraison dominicale.    Cette prière, si auguste  dans  sa  simplicité, nous rappelle le souvenir  du  mystère  de  l'Incarnation; elle renferme en peu de mots le plus parfait  éloge  de  la très sainte Vierge ;   elle est propre à  exciter  notre  con­fiance en nous faisant souvenir de ce qu'elle peut auprès de Dieu et de ce que nous pouvons espérer de sa bonté  pour nous.  

 

On appelle cette prière la Salutation Angélique, parce qu'elle commence par les paroles que l'ange Gabriel adressa à la très sainte Vierge en lui annonçant le mystère de l'incarnation : " Je vous salue, ô Vierge pleine de grâces, " le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes " les femmes."    Ces derniers mots furent répétés peu de temps après par sainte Elizabeth,  dans la  visite qu'elle reçut de la mère de Dieu ;  elle y ajouta ceux-ci :   " Et le " fruit de vos entrailles est béni,"    L'Église y a joint les paroles qui suivent : " Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de  notre mort. Ainsi soit-il."

 

En récitant cette prière, nous devons avoir l'intention de remercier Dieu du bien­fait de l'Incarnation, d'honorer la très sainte Vierge, qui a eu une si grande part à ce mystère, et de lui témoigner la confiance que nous avons dans sa puissante intercession. Je vous salue, ô Vierge sainte ! Vous avez porté dans votre chaste sein l'auteur même de la grâce et vous avez reçu de la plénitude qui est en lui une surabondance de grâces qui vous a rendue la plus parfaite des créatures.

 

Le Seigneur est avec vous par la présence la plus intime: c'est de vous, c'est de votre substance qu'il s'est formé un corps. Vous avez été comblée des bénédictions divines ; la terre s'accorde avec le ciel pour vous bénir.

 

Le fruit de vos entrailles est la source de cette bénédiction qui s'est répandue sur tout l'univers, qui s'est communiquée à toutes les nations.

 

Sainte Marie, mère de Dieu, vous voyez nos misères, vous êtes sensible à nos besoins ; priez pour nous maintenant ; nous sommes pécheurs, obtenez-nous la grâce de la pénitence et le pardon de nos péchés ; obtenez-nous les vertus dont vous nous avez donné l'exemple et surtout l'humilité et la pureté. Priez pour nous à l'heure de notre mort. Nous sommes vos enfants, redoublez les efforts de votre tendresse pour nous dans ce terrible passage du temps à l'éternité, soutenez-nous dans ce dernier combat ; fortifiez-nous contre les frayeurs de la mort, faites que nous expirions en prononçant les noms sacrés de Jésus et de Marie, présentez-nous vous-même au trône de votre Fils, qui sera alors notre juge, et obtenez-nous une sentence favorable.  Ainsi soit-il!

 

Histoire.

 

Un soldat nommé Beau Séjour récitait tous les jours sept Pater et sept Ave Maria en l'honneur des sept allé­gresses et des sept douleurs de la sainte Vierge. Il était  si attaché à cette pratique, qu'il n'y avait jamais manqué ; et s'il arrivait qu'après s'être couché il se rappelait n'avoir pas rempli ce devoir, il se levait sur-le-champ, quelque temps qu'il fît, et récitait cette prière à genoux.

 

Un jour de bataille, Beau Séjour se trouva à la première ligne en présence de l'ennemi, attendant le signal de l'attaque. S'étant souvenu alors qu'il n'avait point récité sa prière comme il en avait l’habitude, il se mit à la dire, commençant par faire le signe de la croix.

 

Ses camarades, qui étaient à ses côtés, s'étant aperçus de ce signe de croix et voyant que Beau Séjour récitait des prières, se mirent à le railler, à se moquer de lui et à le traiter de lâche, timide, poltron. Ces railleries et ces insultes passaient de bouche en bouche : " Beau Séjour a peur, Beau Séjour est un dévot." Il entendait autour de lui tous ces propos sans s'en inquiéter et continuait toujours sa prière.

 

A peine fut-elle finie que les ennemis firent leurs premières décharges, et Beau Séjour, sans avoir été touché, resta seul de tout son rang. Il vit étendu à ses pieds tous ceux qui peu auparavant ne moquaient de lui et le raillaient de sa dévotion.

 

Lorsque la guerre fut terminée, il reçut son congé et s'en revint sein et sauf dans son foyer. Depuis cette époque il ne cessa de re­mercier Marie de lui avoir conservé les sentiments de dévotion que ses parents lui avaient inspirés dès sa jeunesse.

 

Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU  (1860)

 

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Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
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