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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 18:09

OH! SI J'AVAIS SU !

Pour mieux comprendre tous les bienfaits de la révélation, mettons-nous à la place d'un jeune homme qui n'en a jamais entendu parler — par exemple à la place de ce petit soldat dont le Père Lenoir, aumônier militaire de la guerre 1914-1918, nous raconte l'histoire émouvante :

On m'appelle en toute hâte. Dans une grange, à côté, un enfant râle, un pauvre gosse de dix-sept ans, la poitrine maculée de sang. La position du fusil, la ficelle prise dans la gâchette, la chemise ouverte laisse voir la criminelle tentative. Le malheureux n'a plus sa connaissance.

Rapidement, — et combien anxieux! — je lui donne l'absolution, l'extrême-onction...

La balle n'a pas touché le cœur, mais elle a dû le frôler : impossible de transporter ce reste de vie, on le laisse là.

Or voici que, peu à peu, les yeux s'ouvrent, de grands yeux étonnés. Puis l'orientation se fait dans cette âme renaissante et, bientôt, nous pouvons causer.

Il me parle de sa douleur... Simplement, il me raconte le coup :

« J'étais à bout de forces... j’étais certain que ce soir je n'aurais pas même pu faire la route. J'ai essayé de mettre mon sac, ce matin, pour voir ; ça me prenait dans la poitrine et dans les jambes, je serais tombé dans les tranchées... Alors, pourquoi gêner le monde !... Ce n'est pas pour ça que je me suis engagé! Je ne croyais pas que ce serait si dur et que j'aurais moi aussi, la force de servir le pays...

Puisque je ne suis plus bon pour être un bon soldat, vaut mieux me détruire. Alors j'ai préparé mon affaire dans la grange. Mais j'ai mal visé, c'est idiot! »

Je lui demande alors ce qu'il faisait avant de s'engager... Je suis sorti d'une maison de correction, que depuis dix mois où j’avais été enfermé à l’âge de treize ans.

« Voyez, lui dis-je, comme c'est heureux que vous ayez mal visé ! Au lieu de vous punir, le bon Dieu va vous pardonner cette faute-là, ainsi que toutes les autres. »

Il me regarde d'un air de quelqu’un qui ne comprend pas.

« Au fond, mon petit, vous l'aimez bien, le bon Dieu ! »

Dénégation de la tête, et toujours l'air de ne pas comprendre.

« Voyons, vous êtes chrétien ? »

Nouvelle dénégation.

Je lui montre mon crucifix :

« Vous savez ce que c'est que cela ! »

Toujours la dénégation et l'étonnement.

« Vous n'avez jamais été à l'église ?

— Oh ! Non ! proteste-t-il, comme si je lui parlais d'une mauvaise action. Quand J'étais petit, un jour que je passais avec ma mère devant une église, elle m'avait dit : « Vois-tu, faut jamais entrer dans ces grandes machines-là : il y a là dedans, des curés qui mangent les enfants. »

Alors vous n'avez jamais entendu parler du bon Dieu ?

— Non, jamais.

Savez-vous que nous ne mourons pas comme les chiens, qu'il y a quelque chose après la mort ? »

Il me regarde ahuri.

Je lui explique, tant bien que mal, l'existence d'un Dieu rémunérateur, la vie future, le péché, Notre-Seigneur Jésus-Christ, les sacrements…

Et le divin Maître, qui sait bien que le temps presse, éclaire miraculeusement l'âme de ce pauvre petit, victime de l'ignorance. Rien ne lui fait difficulté. Sur la perspective du ciel, il ouvre ses yeux tout grands : « Oh! Vrai ?... » Et voici qu'un mot, spontanément, monte à ses lèvres, qui revient sans cesse à mesure que se déroulent devant lui les beaux dogmes de l'Eglise catholique : « Ah! Si j'avais su! »

Séance tenante, il veut le baptême, que je lui confère... Il rayonne, il veut aussi la sainte Eucharistie, qu'il a comprise comme le reste. « Oh! Si, monsieur, faites-moi faire ma première communion! Je me rappelle que mes camarades m'avaient parlé de ça, un jour... Et, puisqu'il est si bon, le bon Jésus, je veux l'avoir : faites-moi faire ma première communion ! »

Mais les circonstances ne s'y prêtent pas... Il est prudent de patienter jusqu'à demain.

De bonne heure, je reviens le voir. Son regard guettait la porte. Il s'illumine. « Ah! J'ai cru que vous ne viendriez pas! J'avais si grande peur de mourir sans faire ma première communion! J'y ai pensé toute la nuit! »

Ensemble, nous faisons une petite préparation, bien facile, et, sur ses lèvres décolorées, je dépose le Tout-Puissant. Alors ses yeux se ferment, et, sur sa figure de mourant, se dessine un sourire divinement beau... il avait dit : SI J'AVAIS SU !

Dieu lui laissa encore quelques heures pour se mieux préparer à rencontrer la Miséricorde Divine. Ce fut sa dernière et unique préoccupation, maintenant qu’il savait pourquoi il avait été crée…

Note du blog : J’espère que ce récit va vous amener vous aussi, à réfléchir à cette dernière préoccupation qui devrait être celle de tous les hommes de bonne volonté… Oui SI J'AVAIS SU. Maintenant vous, vous ne pourrez pas avoir cette excuse là…

Extrait de : JÉSUS, LUMIÈRE DU MONDE –II (1952)

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Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
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