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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 15:46

      LA   DÉVOTION  EST  CONVENABLE  A  TOUTES   LES  VOCATIONS  ET  PROFESSIONS

Dieu commanda, lors de la création, aux plantes de porter leurs fruits, chacune selon son genre : ainsi commande-t-il aux chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Église, qu'ils produi­sent des fruits de dévotion, un chacun selon sa qualité et vocation. La dévo­tion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l'artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée ; et non seu­lement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces.

La Vie Dévote dans les affaires et nos devoirs d’y participer.   Je   vous   prie,   Philothée, serait-il à propos que l'Évêque voulût être  solitaire  comme les  Chartreux ? Et   si   la mariés   ne   voulaient   rien amasser non  plus  que  les  Capucins, si l'artisan était tout le jour à l'église comme le religieux, et le religieux toujours  exposé  à   toutes   sortes   de rencontres pour le service du prochain comme l'Évêque, cette  dévotion  ne serait-elle   pas   ridicule, déréglée et insupportable ? Cette faute néanmoins arrive bien souvent ; et le monde qui ne discerne pas, ou ne veut pas discer­ner, entre la dévotion et l'indiscrétion de ceux qui   pensent    être   dévots, murmure et blâme la dévotion, laquelle ne   peut   mais   de   ces   désordres.

Non, Philothée, la dévotion ne gâte rien quand elle est vraie, ainsi elle per­fectionne tout, et lorsqu'elle se rend contraire à la légitime vocation de quelqu'un, elle est sans doute fausse. « L'abeille », dit Aristote, « tire son miel des fleurs sans les altérer, leur nuire. » les laissant entières et fraîches comme elle les a trouvées ; mais la vraie dévo­tion fait encore mieux, car non seu­lement elle ne gâte nulle sorte de voca­tion ni d'affaires, ainsi au contraire elle les orne et les embellit. Toutes sortes de pierreries jetées dedans le miel en deviennent plus éclatantes,  chacune selon sa couleur, et chacun devient plus agréable en sa vocation la conjoignant à la dévotion : le soin de la famille en est rendu paisible, l'amour du mari et de la femme plus sincère, le service du prince plus fidèle, et toutes sortes d'occupations plus suaves et amiables.

C'est un erreur, ainsi une hérésie, de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la bou­tique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés. Il est vrai, Philothée, que la dévotion purement contemplative, monastique et religieuse ne peut être exercée en ces vocations-là ; mais aussi, outre ces trois sortes de dévotion, il y en a plusieurs autres, propres à perfectionner ceux qui vivent les états séculiers. Abraham, Isaac et Jacob, David, Job, Tobie, Sara, Rébecca et Judith en font foi pour l'Ancien Testament ; et quand au Nouveau, saint Joseph, Lydia et, saint Crépin furent parfai­tement dévots en leurs boutiques ; sainte Anne, sainte Marthe, sainte Monique, Aquila, Priscilla, en leurs ménages ; Cornélius, saint Sébastien, saint Maurice, parmi les armes ; Cons­tantin, Hélène, saint Louis, le bien­heureux Ame, saint Édouard, en leurs trônes. Il est même arrivé que plu­sieurs ont perdu la perfection en la solitude, qui est néanmoins si dési­rable pour la perfection, et l'ont con­servée parmi la multitude, qui semble si peu favorable à la perfection : Loth, dit saint Grégoire, qui fut si chaste en la ville, se souilla en la solitude. Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite.

Extrait de : Introduction à la VIE DÉVOTE.  St-François De Sales. Texte original 1948

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 14:39

Je suis la lumière du monde…              

« Lumière » était l'un des noms symboliques du Messie. Jésus se l'attribue ouvertement, il y tenait, car il résumait l'essentiel de sa mission à lui « qui était venu illuminer tout homme en ce monde ». Ce qu'il a dit, naguère, il le dit toujours et nous devons docilement l'entendre : 1° Celui qui me suit, 2° Ne marche pas dans les ténèbres, 3° II aura la lumière de vie.

1° Celui qui me suit. — C'est celui qui, selon le mot de saint Bernard, fait partie de « la procession des saints qui d'ici-bas monte là-haut ». Il y a donc à suivre Jésus dès à présent, c'est-.à-dire, s'attacher d'esprit à son Esprit, comme on s'attache à un maître de la pensée avec lequel  on arrive à tant et si bien communier d'idées, qu'on acquiert l'instinct de voir, de juger, d'apprécier comme lui.

Ainsi devons-nous, par l'Évangile qui nous les rapporte, nous efforcer de faire nôtres les idées du Christ, en les méditant assiduement : « Médite ces choses et sois-y tout entier afin que tes progrès soient évidents pour tous. » (1 Tim., 4, 15). Un apôtre sérieux lit sans cesse le livre saint, il y puise l'aliment de sa vie spirituelle, l'inspiration de ses enseignements, et cela influe à la longue sur sa conduite, inspire ses réflexions, donne à sa conversation un ton qui, sans affectation, met les auditeurs dans une atmosphère élevée.

O Jésus, l'apôtre a dit : « Si quelqu'un n'a pas l'esprit du Christ, il ne lui appartient pas. » (Rom., 8, 9). Je suis à vous, je veux que tout ce que je dirai, ferai, porte votre marque. Aussi bien, je m'attacherai à vos pas, j'obéirai docilement à votre :  Suis-moi !

2° Ne marche pas dans les ténèbres. — Quand on ne suit pas le Maître, on suit ses idées personnelles ou celles  des  autres ;   sagesse  humaine  fatalement  étroite, obscure, dangereuse ; on risque de marcher dans la nuit, des erreurs si fréquentes et funestes, dans le brouillard des disputes philosophiques, au milieu de quoi les faux pas  sont  presque  inévitables.  « La science enfle»,  c'est malheureusement trop prouvé, et certains, qui ne se sont pas défiés, ou qui n'ont pas tenu compte des avertisse­ments de leur conscience, des monitions de leurs pères, « sont devenus vains dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence  s'est enveloppé de  ténèbres. »  (Rom.,   1,  21). Sans aller si loin, et dans un ordre plus modeste, quand on n'a pas comme principe directeur de sa conduite les données évangéliques,  on reste dans le naturalisme sous toutes ses formes et l'existence se déroule dans un demi-jour banal, où rien ne peut se réaliser de beau et de grand, où rien ne s'enrichit de mérites, où tout, au contraire, est sur la pente d'une inévitable ruine.

O Jésus, vous disiez: « Si la lumière qui est en toi est ténèbres, combien grandes seront les ténèbres. » (Matt., 6, 23). Cette réflexion m'effraie. Ne permettez pas que je m'a­veugle, que je m'illusionne; gardez-moi de la nuit.

3° Il aura la lumière de vie. — Cette lumière de vie est celle de la bienheureuse éternité : « Dans votre lumière nous verrons la lumière. » (Ps., 35, 10). Il importe de la posséder tout de suite ; ce qui se fait par la foi. Cette lumière est toute dans la pensée de Dieu, dans son Verbe. Adam l'a perdue par son péché ; Jésus est venu la redonner aux âmes. Y adhérer c'est bondir au-dessus du temps et s'établir dans une atmosphère de clarté, au milieu de laquelle la marche est assurée.

Pas d'erreur intellectuelle possible, quand il n'y a nulle divergence entre nos pensées et celles du Christ.

Pas de déviation morale possible, quand il n'y a nul éloignement entre la ligne suivie et la norme tracée par le Christ, comme son Église infaillible, nous la précise.

Ceci comme cela est évident, aussi, un esprit sérieux n'hésite pas à mettre de côté ses manières de voir à sacrifier ses vues si c'est nécessaire, afin de se maintenir étroitement uni à son Maître.

O Jésus, vous êtes la vie : « en Lui était la vie  » Je veux de plus en plus me remplir de vous par mes prières, mes méditations, au point de pouvoir dire avec l'apôtre : « Le Christ est ma vie.» (Phil., 1, 21)

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 20:40

Lazare, notre ami, dort…              

Ces deux mots, notre ami, appliqués à Lazare par le Christ, constituent le plus magnifique panégyrique de ce saint. L'amitié avec Jésus fait qu'on, domine la mort. Remarquons l'expression : il dort, alors que le pauvre cadavre, déjà sentait. Souvenons-nous qu'elle est employée pour désigner la mort d'un autre ami du Maître, Etienne ; « Et comme il disait cela il s'endormit dans le Seigneur. » (Act., 7, 59). Nous sommes, nous aussi, appelés à être amis du Seigneur. Correspondons à ce que cela exige, et que note saint Thomas : 1° Une affinité de similitude, qui cause l'amitié, 2° Une inclination affective, qui constitue l'amitié, 3° Une union profonde, qui résulte de l'amitié.

1° Une affinité de similitude, qui cause l'amitié. —

L'amitié unit deux êtres. Elle ne le fait pas s'il n'y a pas entre eux une sorte d'harmonie préalable. Entre nous et Dieu elle avait été décidée. Quand il nous a créés, il dit : « Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance. » (Gen., 1, 26) ; selon son plan primitif, l'âme humaine devait être son reflet. Ainsi était-elle en Adam innocent ; elle cessa de l'être après son péché. A nous donc, de retrou­ver la beauté perdue. Admirons la condescendance divine, qui nous rend ce travail possible. On ne peut tendre à une similitude avec quelqu'un qu'on ignore, qu'on ne voit pas. Aussi bien, le Verbe, l'image substantielle de Dieu, le prototype des êtres, s'est fait chair, « et nous l'avons vu ». Par lui, Dieu se fait semblable à nous ; ainsi, à notre tour, il nous est possible de nous rendre semblables à lui, et il nous y invite : « Je vous ai donné l'exemple afin que vous-fassiez comme j'ai fait. » (Joan., 13, 15).

O Jésus, vous êtes devant moi comme l'idéal que je dois poursuivre, le modèle que je dois copier. Je veux vous contempler obstinément, afin que vos traits pénètrent mon âme et l'impressionnent à tel point, que je devienne de ces prédestinés dont parle l'apôtre : « Il les a prédes­tinés à être conformes à l'image de son Fils, il les a appelés, il les a justifiés. » (Rom., 8, 29).

2° Une inclination affective qui constitue l'amitié.— De nous à Dieu il y a, essentiellement, cette inclination affective ; il nous a faits pour lui, nous sommes à lui ; res clamât Domino, une chose réclame son maître, le tourment de l'infini est réel : « Je t'ai aimé d'un amour éternel, c'est pourquoi je t'ai attiré dans ma miséricorde. » (Jer., 31, 3) ; nous sommes comme aimantés à l'égard de Dieu. Qui ne va pas à lui, en réalité violente sa nature ; l'homme ne souffre que de son éloignement de Dieu.

Mais, de Dieu à nous, y a-t-il également cette inclina­tion ? A coup sûr. N'oublions pas que nos âmes sont faites à son image, et il la voit en nous cette image. Après la création, « il vit tout ce qu'il avait fait et cela était très bon. » (Gen., 1, 31). Sa complaisance ne se reposait ni sur les montagnes, ni sur les océans, mais sur ces âmes, qu'il entrevoyait comme des étincelles échappées du foyer de son amour, qu'il admirait comme le prolongement de son Verbe : « Tout a été fait par Lui. »

O Jésus, vous venez à moi avec tout votre Cœur misé­ricordieux ; je ne veux pas hésiter à aller à vous avec tout mon cœur confiant et simple.

 

3° Une union profonde, qui résulte de l'amitié. — C'est l'union de la grâce ; elle ne peut être plus intime, plus réelle. Saint Paul parle de l'habitation du Christ en nous :  « Le Christ est en vous » — « Le Christ habite en vos cœurs

par la foi. » (Eph., », 17). C'est une présence spirituelle d'âme à âme,  mais très vraie, profonde,  vivante,  agissante,  toute à notre avantage,  si nous  sommes dociles à son influence.  Car nous savons bien que le plus fort entraîne le plus faible, que le plus grand emporte le plus petit. Voilà le bénéfice de notre amitié divine : nos pensées, nos sentiments, nos inclinations participent aux pensées, sentiments et inclinations de Jésus-Christ.   Rien de plus précieux,  de plus efficace pour notre perfectionnement et notre sanctification.

O Jésus, toutes mes énergies seront tendues vers ce but : me laisser prendre par vous, me laisser conduire par vos ins­pirations, me garder attaché à votre volonté. Soyez mon Jésus, le roi de mon cœur.

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 15:24

Jésus rendit le fils unique à sa mère…       

Il est peu de pages évangéliques qui mettent en un relief plus émouvant la bonté du Cœur de Jésus que celles de saint Luc nous racontant la résurrection du fils de la veuve de Naïm : 1° Communions à cette bonté.  2° Recou­rons-y.

1° Communions à cette bonté. — II y a dans les cir­constances rapportées un ensemble vraiment attendrissant. Il s'agit d'un jeune homme. La mort est toujours triste ; quand elle frappe la jeunesse, qui appelle la vie avec une ardente passion, elle l'est extrêmement. Puis, c'était un fils unique, concentrant tous les espoirs du foyer, lequel, par la disparition de toute vision d'avenir semble s'effon­drer d'avance. Enfin, fils d'une veuve, femme doublement douloureuse, et dont la vie qui décroît ne peut plus être que l'image même de la désolation. Aussi « lorsque le Seigneur l'eut vue, touché de compassion pour elle, il lui dit : ne pleurez pas. » (Luc, 7, 13).

Nous sommes entourés d'une foule de jeunes morts. Ne passons pas indifférents au milieu d'eux : jeunes gens, jeunes filles dont la foi a sombré, dont les mœurs sont dévergondées, dont les âmes, faites pourtant pour la vie, aptes par leurs puissances neuves à monter vers une  magnifique, destinées comme toutes les autres à l'amour du Christ, se traînent lamentablement dans une pourri­ture dont ils n'ont même plus conscience ; « L'homme naturel ne perçoit pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu ; elles sont une folie pour lui. » (1 Cor., 2, 14). L'Eglise leur mère se lamente sur eux ; il ne faut pas qu'elle le fasse comme « Rachel pleure ses enfants ; elle n'a pas voulu être consolée parce qu'ils ne sont plus. » (Matt., 2, 18). A nous de la consoler, à nous de nous émouvoir, sur le malheur des pauvres pécheurs, surtout des jeunes, et de travailler de toutes nos forces à les convertir. Nous ferons comme Jésus : « Il toucha le cercueil ; ceux qui, le portaient s'arrêtèrent. » Par nos prières, nos sacrifices, nos péni­tences, nous toucherons mystérieusement ces cœurs flétris, nous barrerons secrètement la route aux démons pervertisseurs. Il y a de pauvres êtres modestes, cachés, inconnus qui convertissent ainsi beaucoup de malheureux. Nous qui de par notre apostolat, voulons être comme les ennemis officiels du péché, nous pouvons, nous devons le faire, et quand les occasions nous autoriseront à parler, à presser, à conjurer, nous n'y manquerons pas.

O Cœur sacré de Jésus, victime des pécheurs, donnez-moi une participation à vos flammes d'amour, et que pendant ce carême, elles allument en moi un zèle dévorant et conquérant.

2° Recourons-y. — Pour nous-mêmes, nous avons besoin de !a bonté du Sauveur ; implorons-la. Sans doute, nous ne sommes pas morts, nous ne sommes pas pécheurs ; mais, peut-être l'avons-nous été une fois ou l'autre, et il en reste en nous de l'inquiétude, de l'insécurité. Puis, c’est pour nous  un devoir sacré d'être ardents pour notre perfec­tionnement, de monter toujours plus haut ; et au lieu de cela, nous avons une âme languissante, hésitante, qui ne se Soucie pas de la recommandation délicate de saint Paul : « Ne contristez pas le Saint-Esprit. » (Eph. 4, 30). Notre  état n'est pas mauvais, cependant il n'est pas bon et |il faut qu'il le soit, et encore meilleur. Tendons résolument, la perfection. Allons au Christ et demandons à sa bonté d'intervenir victorieusement en nous. Qu'il y mette, avec la paix de la conscience, l'élan pour un progrès surnaturel que faci­litera certainement l'influence des dernières semaines si graves de la sainte quarantaine.

O Jésus, je suis le fils de l'Église. « Rendez-moi à ma Mère » comme elle veut me voir, en toute plénitude, en toute beauté, un homme du bon Dieu, un saint.

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 14:38

TESTAMENT de JÉSUS-CHRIST, notre SAUVEUR…

Le Seigneur attaché à la croix disposa de ces biens éternels, faisant connaître ceux à qui ils devaient ap­partenir et qui devaient être ses légitimes héritiers, et ceux qu'il déshéritait, ainsi que les causes de la diffé­rence de leur sort. Il s'entretint de tout cela avec son Père éternel, comme souverain Seigneur et très juste juge de toutes les créatures, car les secrets de la prédesti­nation des saints et de la réprobation des impénitents ëtaient renfermés dans ce Testament, qui fut fermé et ca­cheté pour les hommes. Seule, la bienheureuse Marie eut le privilège de l'entendre, parce que non seulement elle pénétrait toutes les opérations de 1'âme très sainte de Jésus-Christ, mais elle était encore son héritière uni­verselle, constituée la maîtresse de tout ce qui est créé. Coadjutrice de la rédemption, elle devait être aussi l'exécutrice testamentaire qui présiderait à l'accomplis­sement des volontés de ce Fils, qui mit toutes choses en­tre les mains de sa Mère, comme le Père éternel les avait mises entres les siennes (Jean: XIII;3), et en cette qua­lité, elle devait être chargée de distribuer les trésors acquis par son Fils et lui appartenant, tant à raison de son titre que de ses mérites infinis. Cette connaissance m'a été donnée comme faisant partie de cette histoire, afin de faire mieux ressortir la dignité de notre auguste Reine, et que les pécheurs recourent à elle comme à la dépositaire des richesses, dont son Fils, notre Rédemp­teur, veut rendre compte à son Père éternel: car tous nos secours doivent être tirés du dépôt de la très pure Marie et c'est elle qui doit les distribuer de ses mains chari­tables et libérales.

Après que la sainte croix eut été dressée sur le Calvaire, le Verbe incarné qui y était attaché, dit inté­rieurement à son Père, avant de prononcer aucune des Sept paroles: "Mon Père, Dieu éternel, je vous glorifie de cette croix où je suis, et je vous honore par le sacrifi­ce de mes douleurs, de ma passion et de ma mort, vous bé­nissant de ce que par l'union hypostatique de la nature  divine, vous avez élevé mon humanité à la suprême dignité de Christ, Dieu et homme, oint par votre Divinité même. Je vous glorifie pour la plénitude de tous les dons pos­sibles de grâce et de gloire que vous avez communiqués à mon humanité des l'instant de mon incarnation; et je re­connais que vous m'avez donné des ce moment l'empire uni­versel sur toutes les créatures dans l'ordre de la grâce et de la nature pour toute l'éternité (Math.: XXVIII;18); que vous m'avez établi Maître des ci eux et des éléments, du soleil, de la lune, des étoiles, du feu, de l'air, des mers, de la terre, et de toutes les créatures sensibles et insensibles qui s'y trouvent; de la révolution des siècles, des jours et des nuits, soumettant tout à mon pouvoir absolu; que vous m'avez fait le Chef, le Roi et le Seigneur des anges et des hommes, pour les gouverner et pour récompenser les bons et punir les méchants (ephés.:I;21-Jean:V;22); qu'à cet effet vous m'avez donné la toute puissance et les clefs de l'abîme (Apoc. : XX;1), depuis les hauteurs du ciel jusque dans les profondeurs des enfers; que vous avez remis entre mes mains la justi­fication éternelle des hommes, leurs empires, leurs roy­aumes et leurs principautés, les grands et les petits, les pauvres et les riches, et tous ceux qui sont capables de votre grâce et de votre gloire; enfin, que vous m'avez établi le Justificateur, le Rédempteur et le Glorificateur universel de tout le genre humain (I Cor.:l;30), le Seigneur de la mort et de la vie, de tous ceux qui sont nés, de la sainte Eglise et de ses trésors, des Écritures, des mystères, des sacrements, des secours, des lois, et des dons de la grâce: vous avez remis, mon Père, toutes choses entre mes mains (Jean: XIII ;3), et les avez subor­données à ma volonté, et c'est pour cela que je vous exalte, que je vous glorifie.

"Maintenant, Père éternel, que je sors de ce monde pour m'en aller à votre droite par la mort que je vais souffrir sur la croix, et que j'ai accompli par elle et par ma passion la rédemption des hommes que vous m'avez confiée, je demande, mon Dieu, que cette croix soit le tribunal de notre justice et de notre miséricorde. Je veux juger, pendant que j'y suis attaché, ceux pour qui je donne la vie. Et justifiant ma cause, je veux disposer des trésors de mon avènement au monde, de ma passion et de ma mort; afin de déterminer dès maintenant ce qui est dû aux justes ou aux réprouvés, à chacun selon les œuvres par lesquelles il m'aura témoigné son amour ou son mépris. J'ai cherché, Seigneur, tous les hommes, je les ai tous appelés a mon amitié et à ma grâce, et j'ai tra­vaillé sans cesse pour eux dès l'instant que j'ai pris chair humaine; j'ai souffert toutes sortes de peines, de fatigues, d'injures, d'opprobres; j'ai subi une flagella­tion ignomineuse, et ai porté la couronne d'épines; enfin je vais mourir de la mort cruelle de la croix; j'ai im­ploré votre miséricorde infinie pour tous; je vous ai sollicité en faveur de tous par mes veilles, par mes jeûnes et par mes travaux; je leur ai enseigné le chemin de la vie éternelle; et autant que cela peut dépendre de ma volonté, je veux l'accorder à tous, comme je l'ai mérité pour tous, sans en excepter ni en exclure aucun; c'est pour tous que j'ai établi la loi de grâce; et l'Eglise, dans le sein de laquelle ils pourront se sauver, durera toujours, sans que personne puisse l'ébranler.

"Mais nous connaissons, mon Père, par notre prescien­ce, que par leur malice et leur dureté tous les hommes ne veulent pas recevoir notre salut éternel, ni se préva­loir de notre miséricorde, ni marcher dans le chemin que je leur ai frayé par ma vie, par mes œuvres et par ma mort; mais qu'ils veulent arriver, par les voies de l'i­niquité, jusqu'à la damnation. Vous êtes juste, Seigneur, et vos jugements sont très équitables (Ps. : CXVIII;137) ; il est juste aussi, puisque vous m'avez établi juge des vivants et des morts (Act.: X ;42), des bons et des mé­chants, que je décerne aux justes la récompense qu'ils ont méritée en me servant et m’imitant, et que j'inflige aux pécheurs le châtiment de leur obstination perverse: que ceux-là aient part avec moi a mes biens, et que ceux-ci soient privés de mon héritage, qu'ils n'ont pas voulu ac­cepter. Or, mon Père éternel, en votre nom et au mien, et pour vous rendre gloire, je vais faire les dernières dis­positions de ma volonté humaine, qui est conforme à votre volonté éternelle et divine. Je veux en premier lieu nom­mer ma très pure Mère qui m'a donné 1'être humain, et la constituer mon héritière unique et universelle de tous les biens de la nature, de la grâce et de la gloire qui m'appartiennent, afin qu'elle en soit la maîtresse avec un plein pouvoir; je lui accorde actuellement tous ceux de la grâce, qu'elle peut recevoir dans sa condition de simple créature, et je lui promets ceux de la gloire dans l'avenir. Je veux aussi qu'elle soit maîtresse des anges et des hommes; qu'elle ait sur eux un empire absolu, que tous lui obéissent et la servent, que les démons la crai­gnent et lui soient assujettis, et que toutes les créatu­res privées de raison et de sentiment lui soient soumises, les cieux, les étoiles, les planètes, les éléments et tous les êtres vivants, oiseaux, poissons et animaux que l'univers contient: je la rends maîtresse de tout, et veux que tous la sanctifient et l'exaltent avec moi. Je veux encore qu'elle soit la dépositaire et la dispensa­trice de tous les biens que les cieux et la terre renfer­ment. Ce qu'elle ordonnera et disposera dans l'Eglise, à l'égard des hommes mes enfants, sera confirmé dans le ciel par les trois Personnes divines, et nous accorderons selon sa volonté tout ce qu'elle demandera pour les mor­tels, maintenant et toujours.

"Je déclare que le suprême ciel appartient aux anges, qui ont obéi à votre sainte et juste volonté, afin qu'il soit leur demeure propre et éternelle; et que là leur ap­partiennent également la jouissance et la claire vision de notre Divinité. Je veux qu'ils en jouissent d'une pos­session éternelle, en notre amitié et en notre compagnie. Je leur prescris de reconnaître ma Mère pour leur Reine et leur Maîtresse légitime, de la servir, de l'accompa­gner, de l'assister en tout lieu et en tout temps, et de lui obéir en tout ce qu'elle voudra leur commander. Quant aux démons qui ont été rebelles à notre parfaite et sain­te volonté, je les bannis de notre vue et de notre compa­gnie; je les condamne de nouveau à notre indignation et à la privation éternelle de notre amitié et de notre gloi­re, et de la vue de ma Mère, des saints et des justes mes amis. Je leur assigne pour demeure perpétuelle l'enfer, qui est le centre de la terre, et le lieu le plus éloigné de notre trône céleste, où ils seront privés de la lumiè­re, et dans l'horreur des ténèbres palpables (Jud.:6). Et je déclare que c'est là la part d'héritage qu'ils ont choisie par leur obstination et par leur orgueil, en s'é­levant contre l'Être divin et contre ses ordres: et je les condamne à être tourmentés dans ces antres ténébreux par un feu éternel qui ne s'éteindra jamais.

"Par toute la plénitude de ma volonté, j'appelle, je choisis, et je tire de la nature humaine entière tous les justes et tous les prédestinés qui, par ma grâce et par mon imitation, doivent être sauvés en accomplissant ma volonté et observant ma sainte loi. Ce sont ceux que je nomme en premier lieu (après ma bienheureuse Mère) les héritiers de toutes mes promesses, de mes mystères, de mes bénédictions, des trésors de mes sacrements, des se­crets de mes Écritures, de mon humilité, de ma douceur, des vertus de foi, d'espérance et de charité, de pruden­ce, de justice, de force et de tempérance, de mes dons, de mes faveurs, de ma croix, de mes souffrances, de mes opprobres, de mes humiliations et de ma pauvreté. Ce sera là leur partage en la vie passagère. Et comme ils en doi­vent faire eux-mêmes le choix par leurs bonnes œuvres, afin qu'ils le fassent avec joie, je le leur destine en gage de mon amitié, parce que je l'ai choisi pour moi-mê­me. Je leur promets ma protection, mes aspirations, mes faveurs, mes secours, mes dons, et la justification, se­lon leur disposition et leur amour; car je serai pour eux un père, un frère, un ami (II Cor.: VI; l8), et ils seront mes enfants, mes élus et mes bien-aimées: et comme tels, je les institue légataires de tous mes mérites et de tous mes trésors sans aucune réserve de ma part. Je veux qu'ils obtiennent de ma sainte Eglise et puisent dans mes sacrements tout ce qu'ils se rendront capables de rece­voir; qu'ils puissent recouvrer la grâce s'ils la perdent, et regagner mon amitié en se baignant et se purifiant de plus en plus dans mon sang; que l'intercession de ma Mère et de mes saints leur serve dans tous leurs besoins; qu'elle les adopte pour ses enfants et les protège comme siens; que mes anges les gardent, les conduisent et les défendent; qu'ils les portent dans leurs mains, de peur qu'ils ne trébuchent, et en cas de chute, qu'ils les ai­dent à se relever (Ps.: XC; 11 et 12).

"Je veux que mes justes et mes élus dominent sur les réprouvés et sur les démons, et que mes ennemis les crai­gnent et leur soient assujettis; que toutes les créatures les servent; que les cieux, les planètes, les étoiles et leurs influences les conservent; que la terre, les élé­ments, tous les animaux et toutes les autres créatures, qui sont à moi et qui me servent, les entretiennent comme mes enfants et mes amis, et que leur bénédiction soit dans la rosée du ciel et dans la graisse de la terre (Ichor.: III;22-Sap.: XVI;24;-Gen.: XXVII;39). Je veux moi-même

prendre mes délices au milieu d'eux (Prov.: VIII;31), leur communiquer mes secrets, conserver intimement et demeurer avec eux dans l'Eglise militante sous les espèces du pain et du vin, en gage infaillible de la félicite et de la gloire éternelles que je leur promets, et dont je les fais héritiers, afin qu'ils en jouissent 3 jamais avec moi dans le ciel d'une possession inamissible.

"Quant à ceux que notre volonté rejette et réprouve (bien qu'ils fussent créés pour une plus haute fin), je consens à leur attribuer comme leur partage en cette vie passagère, la concupiscence de la chair et des yeux, l'orgueil et tous ses effets (Jean: ll;l6) ; je permets qu'ils se rassasient de la poussière de la terre, c'est-à-dire de ses richesses, des vapeurs et de la corruption de la chair, de ses plaisirs, des vanités et des pompes mondaines. Pour en acquérir la possession, ils n'ont ces­sé d'employer tous les efforts de leur volonté; ils y ont appliqué leurs sens, leurs facultés, les dons et les bienfaits que nous leur avons accordés; et ils ont eux-mêmes choisi volontairement l'erreur et rejeté la vérité que je leur ai enseignée dans ma sainte loi (Rom.: II;8-Ps.: IV;3). Ils ont renoncé à celle que j'ai écrite dans leur propre coeur, et à celle que ma grâce leur a inspi­rée; ils ont méprisé ma doctrine et mes bienfaits; ils se sont associés avec mes ennemis et les leurs; ils ont ac­cueilli leurs mensonges et aimé la vanité; ils se sont plus aux injustices, à la vengeance et aux projets de l'ambition; ils n'ont cessé de persécuter les pauvres, d'humilier les justes, de railler les simples et les in­nocents; ils ont cherché leur propre gloire et aspiré à s'élever au-dessus des cèdres du Liban (Ps.: XXXVI;35) dans la loi de l'iniquité qu'ils ont observée.

"Comme ils ont fait tout cela en dépit de notre bonté divine, qu'ils ont persisté dans leur malice opiniâtre et renoncé au droit d'enfants que je leur ai acquis, je les déshérite de mon amitié et de ma gloire. Et ainsi qu'Abraham éloigna de lui les enfants des esclaves avec quel­ques présents, et réserva tout son bien pour Isaac, fils de Sara, qui était né libre (Gen.: XXV;5), de même j'ex­clus les réprouvés de mon héritage avec les biens passa­gers et terrestres qu'ils ont eux-mêmes choisis. Et en les repoussant de notre compagnie, de celle de ma Mère, des anges et des saints, je les condamne aux abîmes et au feu éternel de l'enfer où ils seront en la compagnie de Lucifer et de ses démons, auxquels ils se sont volontai­rement assujettis, et je les prive pour notre éternité de l'espérance du remède. C'est là, mon Père, la sentence que je prononce comme juge et comme chef (Ephes.: IV;l5-Colos.: II, 10) des hommes et des anges, et le testament que je fais au moment de ma mort pour régler l'effet de la rédemption du genre humain, rendant à chacun ce qui lui est dû en justice selon les œuvres ( II Tim.: IV;8), et conformément au décret de votre sagesse incompréhen­sible et de votre justice très équitable."

Ainsi parla notre Sauveur crucifié à son Père éternel, et ce mystère fut caché et gardé dans le coeur de la bienheureuse Marie, comme un testament secret et scellé, afin qu'il fût exécuté en temps et lieu, et dès lors même dans l'Eglise par son intercession, comme il l'avait été précédemment par la prescience divine, dans laquelle le passé et l'avenir sont également présents.

(Extrait de LA CITE MYSTIQUE DE DIEU par la vénérable Mère Marie de Jésus d'Agréda, tome V, pp. 178 à 188.1857.)

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 00:42

Le Chemin de croix avec la vierge Marie  

Sainte Mère de Dieu, Vierge très prudente, je veux avec mon ange gardien, vous accompagner sur la voie du Calvaire  où tant de fois vos pas ont suivi le chemin sanglant de votre Fils adorable. Je veux méditer avec vous  les souffrances que Jésus a endurées pour mes péchés.  Que mon cœur soit rempli des sentiments de compassion et d'amour, dont le vôtre surabonde.

Reine du Ciel et de la terre, Reine conçue sans le péché originel, obtenez-moi de réussir à gagner  les personnes qui me sont chères,  à une vie plus chrétienne et plus sainte. Faites que j'accepte les épreuves et les souffrances de la vie, en expiation de mes péchés  et pour la conversion des pauvres pécheurs.

*** Pater…  

*** Ave Maria… 

*** Gloria Patris…

O Marie, Mère de Jésus et ma mère, si généreuse en grâce, Vous avez donné vie à Jésus ici bas, donnez-Lui vie en mon âme, obtenez-moi cette vie d’intimité que vous avez si bien vécue avec Lui. Que sa vie soit la mienne et que ma vie soit la sienne, qu’elles se confondent et que je puisse dire pour moi, vivre c’est le Christ, que je me fixe en Lui pour y demeurer toujours.  Mère bénie faite que Jésus repose à jamais dans mon cœur et que je repose à jamais dans le Cœur de Jésus.

I - Jésus est condamné à mort.

Ste Marie, Mère de Dieu, quelles angoisses inimaginables ont déchiré votre cœur maternel quand vous entendiez les clameurs de haine des Juifs réclamant la mort de votre Fils.  Puisque c'est pour me sauver de l'enfer, que Jésus innocent, accepta  d’être condamné à mort, ne permettez pas Mère très  pure,que je demeure insensible devant tant  de souffrances endurées pour moi avec autant d’amour.

Reine  des  confesseurs,  donnez-moi  la grâce  de  compatir  dignement  avec Vous  aux douleurs   secrètes   de  Jésus.  Faite  que  le spectacle  de   tant  d'humilité,  guérisse mon orgueil, et me  fasse  pleurer  mes  infidélités, afin  que  je  ne  sois pas condamné au tribunal du Souverain Juge!   Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.   (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

II - Jésus est chargé de sa Croix.

Ste Marie, Mère de  la  divine  grâce, si la Croix qui pèse si lourdement  sur les épaules de Jésus,  s'appesantit aussi sur votre cœur maternel, c’est que Vous étiez intimement unie à votre Fils  dans ses souffrances pour le salut de mon âme.   Vous portiez avec Lui la croix de mes péchés et deveniez ainsi notre Co-rédemptrice.

Reine de la Paix, donnez-moi la patience et le courage de porter moi aussi ma croix, pour me dépasser tous les jours  et de supporter avec charité les défauts de ceux qui m'entourent.  Donnez-moi votre amour  pour que j'aille au devant de tous les sacrifices  quand il s'agira de vous plaire et de vous servir, afin d’envisager sereinement l’idée de la mort libératrice qui me fera prendre mon envol vers vous.  Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.   (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

III -Jésus tombe la première fois.

Ste Marie, Mère sans tache, qu'il est lourd pour Jésus le fardeau de la Croix.   Sous les coups des bourreaux, Jésus tombe contre terre  et la  couronne d'épines  s'enfonce   profondément dans sa tête.  Cette première chute a déchiré votre cœur maternel.  Vous avez accepté ce tourment avec votre Fils  pour expier mon orgueil et ma témérité,  sources de toutes mes chutes dans le péché.

Mère des Douleurs, je vous fais amende honorable, donnez-moi la force d’une véritable et sincère conversion.  Que le souvenir de mes lâchetés déchire mon cœur  et me garde dans une profonde humilité !   Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.   (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

IV  - Jésus tombe une deuxième fois.

Ste Marie, Reine des Vierges, vous seule pouvez pénétrer parfaitement le mystère de douleurs,  qui déchire le cœur de votre Fils  lors de cette seconde chute sous la Croix. C'est le nombre incalculable de nos rechutes dans le péché  qui l'accable et le fait tomber de nouveau.

Je vous en conjure Mère aimable, par vos larmes et les douleurs de Jésus,  guérissez-moi de l'amour désordonné des créatures,  corrigez-moi de mon égoïsme et de mon orgueil.  Donnez-moi le courage de toujours me relever, si j’ai le malheur de tomber, et surtout, accordez-moi la force de fuir les occasions dangereuses.     Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.  (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

 V - Jésus tombe une troisième fois.

Notre  Dame de pitié, si notre doux Sauveur accepte cette troisième chute,  plus cruelle que les précédentes, et si les bourreaux redoublent leurs outrages et leurs coups, c'est pour expier l'amour des plaisirs défendus, qui jettent tant d'âmes en enfer.  C’est aussi pour donner aux pécheurs, la grâce de la dernière chance, soit celle de regretter sincèrement leurs péchés, à l’heure de leur mort.

Ste Marie,  Reine des prophètes, dont le cœur fut si souvent déchiré,  quand après l'Ascension de Jésus,  vous vous arrêtiez pleine de douleurs à cette station, aidez-moi à réparer tant de sensualités dont je me suis rendu coupable.

Vierge très chaste, communiquez-moi votre pureté,  obtenez-moi un grand amour pour cette angélique vertu,  qu’elle me fasse craindre les moindres souillures.  Faite que, je ne sois jamais pour les autres, une occasion de pécher !        Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.   (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

VI -  Véronique essuie le Visage de Jésus.

Ste Marie, Mère du Grand Amour, quelle consolation pour vous que le geste courageux de cette femme  qui essuie le Visage de votre Fils  couvert de crachats, de sueur et de sang.

Je veux vous procurer la même joie  en purifiant mon âme qui fut créée à l'image de Dieu, et qui est maintenant couverte de  souillures à cause de mes péchés.

O ma Souveraine, aidez-moi à surmonter mes lâchetés, obtenez-moi une parfaite pureté du cœur, du corps et de l’esprit,  pour réimprimer à jamais dans mon âme  l'image de Jésus dans toute sa beauté.   Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.  (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

VII - Jésus console les saintes femmes.     

Ste Marie, Mère toujours Vierge,  obtenez-moi de comprendre la bonté du Cœur de Jésus  et sa tendre compassion pour nos misères. Il oublie même ses affreux tourments, pour consoler les pieuses femmes désolées.

Avec vous Tendre Mère,  je veux trouver près du Cœur de Jésus  le soulagement de toutes mes amertumes  et la consolation de toutes mes peines.  Je sais qu'il n'y a pas de consolation possible,  si je ne commence par pleurer mes péchés, qui sont la cause de toutes les souffrances.

Mère puissante, laissez tomber sur mon cœur ainsi que sur le cœur des mourants et sur le cœur de chacune des personnes qui me sont chères, et auxquelles je m’intéresse spirituellement, une de vos larmes pour les attendrir. Imprimez-y les Plaies de Jésus, ainsi que le désir d'une vraie contrition et d’une sincère pénitence.  Augmentez en eux la voix de leur conscience.    Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs. (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

VIII - Simon aide Jésus

Ste Marie, Mère du bon conseil,  quand je médite la générosité du Cyrénéen,  qui soulage votre Fils en l'aidant à porter sa Croix,  accordez-moi d'accepter la part de souffrances  qui m'associe à sa Passion et à soulager ses douleurs.

Reine des Patriarches, c’est Vous qui avez soulagé, plus que tout autre,  cette soif de consolations de notre Sauveur.  Rendez mon cœur plus généreux  dans l'acceptation de toutes les peines et les difficultés de la vie.

Divine consolatrice des enfants de Dieu,  soyez pour moi le compatissant et miséricordieux Simon, aidez-moi à porter la croix de mes épreuves et celle de mes ennuis,  par amour pour vous et par amour pour votre Divin Fils.  Faites, Bonne Mère, que je découvre et comprenne la véritable valeur de la souffrance.  Veuillez imprimer dans mon cœur cette précieuse connaissance.   Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.   (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

IX - Jésus rencontre sa Sainte Mère.

Ste Marie, Mère du Sauveur, je ne pourrai jamais comprendre, la grandeur de la douleur que vous avez ressenti en votre cœur maternel, en voyant votre Fils  ensanglanté, épuisé, bousculé et frappé par les bourreaux.   Vous vouliez être là pour le soutenir de votre présence maternelle, car pour un enfant qui souffre,  il n'est pas de consolation plus grande que celle de la présence de sa mère.

Reine de tous les Saints, j’aimerais justement avoir en ma poitrine les cœurs de tous les saints,  pour essayer de consoler le vôtre de toutes les angoisses,  que vous avez endurées pour mon salut. 

Souvenez-vous   Mère admirable,  que  je  suis votre enfant, venez me fortifier aux heures difficiles  de l'épreuve et de la tentation.  Lorsque mon âme quittera cette vie,  venez à ma rencontre pour me présenter à Jésus votre divin fils. Que ma grande espérance en vous  me guide vers la  Lumière éternelle !       Ainsi soit il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.  (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

X - Jésus est dépouillé de ses vêtements.

Notre Dame des Sept douleurs, je pense aux frémissements et aux atroces souffrances,  que vous avez éprouvé dans  votre  cœur maternel, lorsque vous assistiez à l'humiliant et cruel dépouillement de votre Fils, surtout en voyant  couler de  son corps sacré ce sang divin, le prix de notre salut.

C'est pour me faire recouvrer ma robe d'innocence, que vous et votre Fils souffrez ainsi. Vous avez voulu réparer les exagérations de la mode,  du luxe, de la vanité des toilettes mondaines et indécentes,  sources de tant de scandales insoupçonnés.

Ste Marie, Reine des anges, pardonnez-moi  les peines que vous ont causées tant de fois  mes imprudences. Je vous prie de revêtir mon âme de la modestie et de la simplicité des anges,  afin que j'inspire toujours autour de moi  la dignité et le respect.       Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.  (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

XI - Jésus est cloué à la Croix.

Ste Marie, Mère du Perpétuel Secours, les coups redoublés qui fixent les membres de votre Fils à la croix, ont résonnés douloureusement dans votre cœur.  Toutes les blessures faites au corps du Sauveur s'impriment cruellement dans votre âme et vous avez souffert tout cela avec une telle intensité  qu'aucune douleur ne sera jamais  comparable à la vôtre.  J'ai honte, à la pensée que c'est moi, par mes péchés et par mes infidélités à la grâce, qui vous ai causé ce martyre.

Reine du Très Saint Rosaire, je veux par vos mains,  renouveler les promesses de mon baptême. Je veux être cloué avec votre Fils a la Croix, par les sacrifices de mon devoir d'état, selon la grande promesse que fit votre divin Fils : "Quand je serai élevé de terre,  j'attirerai tout à moi".   Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.  (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

XII - Jésus meurt sur la Croix.

Ste Marie, Vierge fidèle, vous étiez là au pied de la croix où Jésus mourait,  et la douleur de votre âme fût semblable à l'immensité de l’univers. Je ne puis compatir dignement à l'affliction de votre cœur  et vous rendre hommage pour l'immense amour que  vous  avez eu  pour  moi.   C'est pourquoi, je vous offre la  divine  compassion  de  Jésus, car lui seul a connu tout le poids et la grandeur de vos souffrances.

Reine des Martyrs, c'est à ce moment  par la volonté de votre Fils,  que vous êtes devenue Mère de tous les hommes,   lorsqu’il dit à saint Jean : "Voilà votre Mère".   Malgré mon indignité, je me réfugie dans votre amour maternel.  Je me remets entre vos mains et je m'abandonne à vous.  Disposez de moi selon votre bon plaisir  et celui de votre divin Fils.  Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.  (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

XIII - Jésus est descendu de la croix et remis à sa Mère.

Ste Marie, Reine des apôtres,   en recevant dans vos bras le corps sacré de votre Fils, couvert de blessures, vous vous rappeliez les caresses et les soins que vous lui donniez avec tant d'amour à Nazareth et votre cœur fût transpercé de mille glaives de douleur.

Puisque c'est moi, par mes péchés, qui fût la cause de sa mort et celle de vos souffrances,  Vierge  digne de  louange  je vous  demande pardon pour tant d'ingratitude.

Je veux, avec chacune des personnes qui me sont chères et mon Jésus, me placer dans vos bras de Mère.

Par les  Saintes Plaies de Jésus, guérissez les plaies de nos âmes  et que son Sang divin nous lavent de toutes nos souillures. Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.  (300 jours)

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

XIV - Jésus est déposé au tombeau.

Ste Marie, Vierge des Vierges,  pour que votre sacrifice fût complet, il a fallu que le Corps adorable de Jésus   disparaisse de vos yeux derrière la pierre du tombeau. Dans le silence de votre cœur,  vous avez gardé  secrètement   cette déchirante séparation en retournant à Jérusalem avec Jean devenu votre fils.

En terminant avec vous ce chemin de la Croix, Vierge Clémente, faites que je conserve en mon esprit le souvenir de toutes ces souffrances. Gravez dans mon âme les Plaies de mon Sauveur  et plantez sa Croix  dans mon cœur.  Je veux que le souvenir des angoisses du Calvaire me garde dans une inviolable fidélité  à mon devoir d’état, et me fortifie contre toutes les tentations jusqu’à la dernière heure de ma vie.    Ainsi soit-il.

Nous vous adorons, O Jésus et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.    (3 ans)

Père Éternel, je vous offre les plaies de N.S.J.C. pour  soulager les âmes du purgatoire et pour la conversion des pécheurs.  (300 jours)

 

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de N. S. J. C. en expiation de mes péchés, pour les besoins de votre Sainte Eglise et pour le Pape Paul VI. (500 jours chaque fois)

 

Modifié par Gérald Guay,  le 23 novembre 2002 et le 30 octobre 2011, fête du Christ Roi.

L’ordre logique des stations m’a été inspiré par la lecture : L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, de Maria Valtorta.

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 16:24

    Alors il le leur livra pour être crucifié…           

Rien n'est plus grand en Jésus que son sacrifice. Il l'a consommé en ce jour et le renouvelle sans fin. C'est sur la croix que s'est réalisée finalement la prophétie de Siméon, qu'il serait un signe de contradiction. Tout est contra­diction dans le Christ : incréé et créé, Dieu et homme, tout et néant, infini et fini, éternel et mortel. Le grand drame qui termine sa vie, met en relief, entre autres, trois antithèses douloureuses : 1° Douceur et cruauté, 2° Humilité et orgueil, 3° Amour et haine.

1° Douceur et cruauté. — II était « doux et humble de cœur », il avait supporté avec une inaltérable patience toutes les oppositions, les persécutions, les grossièretés qui lui venaient de toutes parts. Dès qu'il fut arrêté par la cohorte aux ordres de Judas, il n'ouvrit pas la bouche pour se plaindre, il ne fit pas un geste d'impatience, il se laissa faire. Cette attitude, loin de toucher ou de décon­certer ses bourreaux, ne fit que les exaspérer, les exciter, et pousser à l'extrême leur brutalité. Il est garrotté, roué de coups, frappé comme une bête de somme.

On n'évoque pas sans frémir les scènes de la flagellation, du couronnement d'épines, du portement de croix, de l'arrachement de ses habits sur le Calvaire, de la cruci­fixion. Des animaux féroces attaquent leur proie, la tuent et la dévorent ; ils ne la torturent pas. Les bourreaux de Jésus ne se sont pas bornés à le tuer, ils ont pris plaisir auparavant à le faire souffrir.

O doux Sauveur, ils sont cruels pour vous les pécheurs, et vous demeurez pour eux plein de douceur. Je veux travailler à les convertir, afin de diminuer votre martyre.

2° Humilité et orgueil. — Puisqu'il est au fond de tout péché, l'orgueil est l'unique cause de la Passion où il apparaît infernal dans les auteurs du grand drame. Orgueil des pharisiens qui ne veulent pas avoir tort ; orgueil des prêtres qui s'érigent en juges du Prêtre éternel ; orgueil d'Hérode qui veut voir des signes et méprise l'adorable Jésus ; orgueil de Pilate qui ose condamner à mort le Maître de la vie. En face de ces forcenés, le Sauveur est humilié et humble d'impressionnante façon. Il est souffleté par un valet devant Caïphe ; il est conduit à un roi immonde et se tait en sa présence ; devant toute la foule il est mis sur le même pied qu'un infâme malfaiteur; on tourne en dérision sa royauté ; finalement condamné à mort, il est crucifié, supplice des esclaves, avec deux bandits. Peut-il descendre plus bas dans l'effondrement de tout ce qui est l'honneur, la dignité d'un homme ? Et il a ainsi voulu, pour expier nos orgueils fous.

O humble Maître, « rendez mon cœur semblable au vôtre». A vous voir si humilié j'ai honte de mon amour propre, de mes suffisances, de ma sottise. Je m'anéantis devant vous.

3° Amour et haine. — Parce qu'il est Dieu, « charité », il a apporté ici-bas l'amour infini. Puisqu'il est homme, il aime d'ineffable amour humain ceux qu'il venait sauver. Délicat, généreux,  bon, même pour ses ennemis, même pour Judas auquel il ne dit que ce mot : Mon ami !... Il n'a adressé au pauvre Pierre renégat qu'un regard doulou­reux. Sur la croix, il a promis le paradis au larron pénitent, il a prié pour ses bourreaux. Pour lui, loin de désarmer la haine, son amour la fait, monter. Plus se déroule la scène terrible, plus se multiplient les blasphèmes, les cris sau­vages, les malédictions ignobles. Ce mystère de la haine répondant à l'amour durera jusqu'à la fin des siècles ; il se multiplie par les communions sacrilèges : pourquoi me frappez-vous ? murmure au fond d'une âme qui en  est coupable,  le  doux Agneau  divin.  La haine  contre  amour, c'est, hélas  l'enfer éternel !

O bon Jésus, je veux vous aimer de tout mon cœur, en esprit de justice, en esprit de réparation ; je travaillerai à exciter en ceux qui m'entourent la foi de saint Jean : « Et nous, nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous. » (1 Joan., 4, 16).

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 15:32

Faites ceci en mémoire de moi…                            

Au moment où Jésus a dit ces paroles créatrices du pouvoir de consacrer qu'il donnait à ses apôtres, il portait en son Cœur les prêtres et les communiants de tous les temps. Nous y étions, et ce jeudi-saint est le vrai jour anniversaire de notre invitation au Saint-Sacrifice de la Messe et à la Sainte-Table. La messe doit être le centre de notre vie. Rien ne nous aidera mieux à « ressusciter la grâce qui est en nous », que d'en méditer les trois actes essentiels : 1° L'oblation, 2° La consécration, 3° La communion.

L'oblation. — Quel en est le sens ? Remarquons, d'abord, son importance, puisque d'après la locution cou­rante : « offrir le saint Sacrifice », elle semblerait être principale dans le geste sacré. Et pourtant, on ne peut rien offrir à Dieu souverain maître de tout.

N'oublions pas que, s'il a créé, c'est pour l'homme, afin que, celui-ci, utilisant les créatures, par elles aille à leur Créateur, et qu'elles, à leur tour, aillent à leur Créateur par lui. Or, le péché l'arrête à elles, les arrête à lui. En les offrant, il les rapporte à leur Maître essentiel dont ainsi il reconnaît le domaine absolu. On peut donc dire que l'oblation est une sorte d'adoration initiale, un acte de haute justice.

De là il découle donc que la volonté de l'offrant doit être en harmonie parfaite avec Celui auquel il offre. A la messe, l'hostie offerte est Jésus, dans l'âme duquel sont toutes les âmes créées ; elles s'offrent par lui, il les offre avec lui. Prenons conscience de la parfaite pureté qu'exige de nous ce premier acte sacrificiel, en union avec le prêtre.

O mon Dieu, puisque je viens chaque matin à l'offer­toire reconnaître que tout est à vous, ma volonté ne doit pas être en désaccord avec la vôtre. Aussi, je vous dis du fond de l'âme : « Recevez Seigneur toute ma liberté. »

Consécration. — Offerte, et ainsi marquée d'un sceau distinctif, l'hostie sera consacrée. De la sorte sera

consommée l'adoration commencée par l'oblation. On ne peut, en effet, dépasser la mort dans la reconnaissance de la souveraineté divine. La victime qui exhale son dernier souffle dit à Dieu équivalemment : «Vous êtes, je ne suis pas. Vous avez seul le droit de vivre, je n'ai que celui de disparaître ». Sur la croix, le Christ a rendu témoignage total, absolu, du tout de son Père, du rien de son humanité à lui. Comme il, était « le premier né d'un grand nombre de frères » (Rom., 8, 29), l'humanité entière était en lui anéantie devant l'Eternel et lui ren­dait l'hommage définitif. Ce qui se continue à la messe, où Jésus est le même, et dans la même attitude intime, qu'au Calvaire.

O mon Dieu, faites que je ne l'oublie pas : le prêtre, à la sainte Messe, invite tous les fidèles à s'unir à lui et à Jésus souverain Prêtre. La ligne droite de ma vie intègre, et votre Providence, pourvoient à mon immo­lation en union à Jésus victime ; je ne m'y soustrairai pas.

Communion.  — Le péché a séparé l'homme de Dieu. L'oblation, la consécration ont pris le contre-pied de ce péché et comblé l'abîme qu'il avait creusé : « La jus­tice et la paix s'embrasseront» (Ps., 84, 11) ; rien ne s'op­pose plus au rapprochement, et voilà la floraison du sacri­fice : la communion, la « commune union ». Elle existait symbolique  dans  les  anciens  sacrifices  où  trois  parts étaient faites de la victime : l'une pour l'holocauste, l'autre pour le prêtre, la troisième pour l'offrant. Elle est réelle à la messe : Jésus réalise d'ineffable manière son vœu : « Moi en vous et vous en moi ».

La joie de nos aurores c'est notre communion de chaque matin, où dans un cœur à cœur réel nous prenons contact avec le divin Ami, pour aller de conserve au labeur quo­tidien.

O Jésus, je conclus facilement à la portée morale de ce troisième geste sacrificiel : « qui s'assemblent, se ressem­blent ». Pour « m'assembler » à vous, il faut que je vous ressemble. Je ferai tous nies efforts pour vous suivre : « Vous nous avez donné l’exemple pour que nous vous imitions. » (Joan., 13, 15).

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 18:39

    

Parce qu'il représentait l'humanité devant son Père, c'est devant celui-ci surtout que, durant sa passion, le Christ devait être humilié : « Il s'est humilie lui-même se faisant obéissant « (Phil., 2, 8), il en avait reçu l'ordre et il l'accomplit en sa vie entière, mais spécialement : 1° A Gethsémani, 2° Au Calvaire,

A Gethsémani. — Répondant de l'humanité, il paraît devant son Père, chargé de toutes les iniquités du monde. C'est sa première humiliation, lui « le Fils des complaisances », d'être comme « le péché » aux pieds du Dieu saint : « Lui qui ne connaissait pas le péché, il l'a fait devenir péché pour nous. » (2 Cor., 5, 21). Il sait le dégoût, la répulsion de son Père en présence des crimes humains, et de la chair et de l'esprit ; il les représente, bouc émissaire du peuple. Aussi, il est lui-même rempli, d'amertume.

Seconde humiliation, l'affolement, pour ainsi dire, de son intelligence. Le calice à boire est si douloureux qu'il en demande l'éloignement, mais apparemment sans savoir, « si c'est possible » ; il semble ignorer si c'est possible, lui, qui disait : « Mon Père et moi nous sommes un. »

Troisième humiliation, l'hésitation de sa volonté, il a peur des supplices, de la mort qu'il entrevoit, à ce point que, s'y résignant, il en sue du sang.

Quatrième humiliation, le silence de son Père en écho à sa triple supplication, « si c'est possible, que ce calice s'éloigne de moi ! » ; rien ne lui répond, et pourtant, naguère, il s'écriait heureux : « Père je savais bien que vous m'exau­cez toujours ! » (Joan., 11, 42). Tout est changé, il n'est plus maintenant qu'une pauvre victime qui va être immolée. Il se sent mourir, « mon âme est triste jusqu'à la mort ». Effondré devant son Père, ayant touché le fond de l'abîme, il avoue n'en plus pouvoir : «Mon cœur m'a­bandonne » (Ps., 39, 13).

O Jésus, tant humilié à Gethsémani, n'agonisez-vous pas dans bien des cœurs, en bien des tabernacles, ici et là dans l'abandon et le mépris. Je m'attendris sur vos dou­leurs et j'y veux compatir par un amour plus attentif, fidèle et généreux.

Au Calvaire. — C'est bien là l'extrême humiliation. Tout fait naufrage autour de lui ; les méchants triomphent, ils insultent à sa personnalité humaine, à son sacerdoce, à sa royauté, ils narguent sa divinité : « Si tu es le Fils de Dieu, descends maintenant de la croix. » Aurait-il pu donner plus -au salut des âmes, à la gloire de son Père ? Son consummatuni est affirmera que c'était impossible. Il semblait dès lors, qu'à ce moment du suprême sacrifice, le ciel eût dû lui sourire et l'encourager. Il n'en est rien. Que se passe-t-il d'effrayant en son âme ? C'est un mystère, ce dût être inexprimable. Tout à l'heure au Jardin des Oliviers il avait encore appelé Dieu, son Père, maintenant sur la croix il n'ose plus et de sa poitrine haletante sort ce cri poignant : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ?» Il a comme la sensation que son Père l'abandonne, qu'il n'est plus son Fils, et il lui dit : mon Dieu !

O Jésus, l'indicible supplice, la formidable humiliation : être délaissé par Dieu ! C'est l'impression horrible du damné, qui, toute l'éternité, en est au désespoir. Vous n'avez pas désespéré, mais que vous avez souffert ! Qu'est-ce qui m'attend au moment de ma mort ? ? ?

Ayez pitié de moi, Sauveur adorable : « Soyez mon soutien, ne m'abandonnez pas ! » (Ps., 26, 9). Je vous le dis pour aujourd'hui, je vous le dis pour l'heure suprême.

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 14:51

Jésus est venu sauver tous les hommes, pour tous il souffrira. Navrante est la prophétie d'Isaïe : « J'ai été seul à fouler au pressoir et parmi les peuples personne n'a été avec moi. » (Isaïe, 63, 3). Du monde entier personne n'est pour lui. Devant tous, par tous, il est humilié ; qu'il s'agisse des petits, des grands, des indifférents, des ennemis, des amis.

Les petits. — C'est le peuple, celui qui l'a acclamé i il y a quelques jours, celui 'qui fut par lui comblé de bien­faits, celui qui l'a vu inépuisablement bon, celui dont il i faisait partie,  puisqu'il  était  «ouvrier et fils d'ouvrier» (Matt., 13, 55). Le voici ce peuple, rassemblé devant le balcon où Pilate amène   Jésus et Barrabas, « qui était prisonnier avec les séditieux ses complices pour un meurtre qu'ils  avaient commis. »  (Marc.,   15,   7). Il  a  à  choisir : « Voulez-vous que je vous délivre le roi des Juifs ? » (Marc., 15, 9) et nous entendons, en frémissant, l'ignoble clameur : Enlevez-le, Crucifiez-le !   Le   pauvre   Jésus,   honteux   et tremblant   courbe  les   épaules sous les  vociférations  de son peuple.

Il a vu, tout au long des siècles, des foules subornées par leurs meneurs impies, le blasphémer, le poursuivre haineusement !

Les grands. — Lui, le Maître souverain, paraît au tribunal des hommes. Tous les empires viennent de lui, et Pilate le juge. Les prêtres sont consacrés en son nom, et les princes des prêtres le citent à leur barre, l'accusant, lui Dieu, de blasphème, d'insulte contre le Temple. Il est le Roi des anges, la pureté des vierges, et on l'amène pour subir ses moqueries devant le sanguinaire et incestueux Hérode.

Il a vu, tout au long des siècles, les législateurs sacrilèges, les puissants du monde persécuteurs, le mensonge, la calomnie essayer de le salir et de le vilipender en son Église, en ses prêtres, en ses religieux. « Or, Jésus se taisait. » (Matt., 26, 63). Comme il est humilié !

3° Les indifférents. — A Jérusalem, pour les fêtes de Pâques, on ne connaît plus le nombre des étrangers, tant il est grand. La plupart ont entendu des cris, peut-être vu passer le cortège qui accompagnait le condamné, nul n'a réagi ; spectacle comme un autre, personne ne s'at­tendrit ; les brutes qui conduisent la victime doivent forcer Simon de Cyrène à l'aider quelque temps à porter sa croix.

Il a vu, tout au long des siècles, la foule des baptisés, même de ceux qui ont fait leur communion solennelle et pour qui il n'est plus rien, à peine un souvenir, un nom ! ! !

4° Les ennemis. — Jusque-là il les avait tenus en respect, -sous la domination de la puissance qui émanait de lui ; nul n'avait osé le toucher ; quand ils voulaient le jeter en bas du rocher, il était passé tranquille au milieu d'eux. Maintenant, c'est l'heure des ténèbres ; il a comme abdiqué. Aussi, ils s'en donnent à cœur joie: insultes, railleries, coups terribles, crachats immondes, les plus bas fonds de l'enfer sont déchaînés et il sombre sous leurs débordements exaspérés.  

Humble, « semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie et à la brebis muette devant ceux qui la tondent. » (Isaïe, 53, 7). Il a vu, tout au long des siècles, les profanations sacrilèges, brutales...

5° Les amis. — C'est là le plus dur, car enfin : « Ce n'est pas un ennemi qui m'outrage ; je le supporterais. Mais toi, tu étais un autre moi-même, mon confident et mon ami. Nous vivions ensemble dans une douce intimité. » (Ps., 54, 13)... C'est Judas ! Admis durant trois ans à son intimité. Un autre ami, Pierre, le malheureux qui, parce qu'une fille de service a ri de lui, jure qu'il ne le connaît pas. D'autres amis, les apôtres qui, «l'abandon­nant, s'enfuient tous. » (Matt., 16, 56). Rien ne lui manque, il aura bien touché le fond de l'humiliation devant les hommes.

O Jésus, je suis de « vos amis » ; je dois, je veux, vous glorifier en moi, autour de moi ; vous défendre, vous consoler. Je ne le puis sans m'efforcer d'avoir un cœur humble et doux ; au vôtre adorable j'en demande ardem­ment la grâce.

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

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