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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 15:40

LE TRAVAIL ET LE REPOS…

«Travailler, c'est chose simple, mais se reposer, voilà le difficile»

L'année finit, l'année commence. Voici donc l'heure de rajeunir : Adveniat regnum tuum ! Nous rajeunirons aux sons des cloches qui chantent la marche du temps, si nous suivons l'étoile qu'ont aperçue les rois Mages. Nous rajeunirons, si nous laissons là les petites choses, qui sont toujours vieilles, pour vivre dans l'Immense ; si nous rapprochons la science et l'art de l'éternelle beauté, qui est l'éternelle jeunesse.  Jusqu’au Dieu qui réjouit ma jeunesse. (ad Deum qui lœtificat juventutem meam.)

Vous rajeunirez, vous tous qui vous plaignez du temps, à la fois lourd et rapide pour vous, le jour où vous voudrez servir les intérêts de la vérité sur la terre, et combattre pour elle. Nous rajeunirons tous, si nous obtenons de Dieu et de nous-mêmes deux choses, que je lui demande et qu'il me demande : « le travail et le repos ».

Travailler, c'est chose simple, mais se reposer, voilà le difficile. Nous sommes affamés de travail ; mais le repos demande un effort. L'homme travaille sans repos quand il agit, ne comptant que sur lui ; il tra­vaille et se repose quand il agit, comptant sur Dieu d'abord.

Vous  ne  pouvez rien  faire  sans moi, a dit Jésus-Christ.

Qui de nous peut se procurer, par ses propres forces, une minute de vie ? Si l'homme voulait s'inquiéter, il faudrait s'inquiéter de tout, car tout le menace avec la supériorité d'une force écrasante qui pèse sur un roseau. L'air qu'il respire peut l'empoisonner. Dieu le tient par un fil, suspendu au-dessus de l'abîme. Si l'homme conçoit un projet, ce projet exige, pour sa réalisation, un certain nombre de mouvements maté­riels et moraux, chez une foule d'êtres qui ne dépendent pas de lui. Il faut déterminer. Il faut que le monde extérieur lui prête une complicité qu'il est sans force pour se procurer. Autant vouloir compter sur la force de son petit doigt pour pousser les planètes dans l'espace, que d'entreprendre une œuvre appuyée sur soi, que de lutter avec ses propres forces contre la nature et l'humanité. Mais, chose merveilleuse ! L’ac­tion de l'homme, y compris sa passion, peut s'unir à l'action de Celui qui Est. Tout acte humain, fût-ce le plus impuissant, perd son impuissance s'il s'unit à l'acte de la Rédemption. Dieu nous accorde et nous ordonne d'accepter la gloire féconde d'une activité qu'il unit à la sienne. Nous agissons avec lui, et notre travail se repose en lui.

Qui de nous peut mesurer l'immensité de son action?

Il faudrait suivre les ricochets de nos actes et pouvoir entendre les échos de nos prières.

Nous ne sommes pas capables de nous mesurer.

Il y a, pour l'homme, deux choses, entre autres, qui sont incompréhensibles : sa puissance : Je peux tout par Celui qui me fortifie ; son impuissance : Sans moi, vous ne pouvez rien faire.

L'Orient déchu a oublié la puissance de l'homme ; de là, la fatalité, qui oublie l'acte humain.

L'Occident déchu a oublié la puissance de Dieu et l'impuissance de l'homme isolé ; de là, l'orgueil et l'in­quiétude, qui oublient l'acte divin.

Ces deux vices établissent l'indifférence, qui est la négation pratique.

La vérité produit l'humilité, qui s'oppose au vice occidental, à l'orgueil inquiet ; et l'activité, qui s'op­pose au vice oriental, à la paresse fataliste.

La vérité produit à la fois le travail, qui est la vertu propre de l'Occident et le repos, qui est la vertu propre de l'Orient.

Tourné vers l'Orient, la vie occidentale, Rome a proclamé l'Immaculée Conception de celle qui a répondu Fiat ! À l'ange Gabriel : de celle que l'Église appelle : Porte orientale.

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour les deux hémisphères !

Extrait de : L’HOMME, la vie… Ernest HELLO (1936)

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 14:28

LE RIRE ET LES LARMES…

Parmi les phénomènes les plus singuliers, les plus caractéristiques, les plus frappants, les plus mystérieux de la nature humaine, il faut compter le rire et les larmes.

Que signifie le rire ! Que signifient les larmes ?

Je ne vais pas essayer de répondre à cette question tout entière. Elle est immense, insoluble, invincible. Je vais indiquer une des faces qu'elle présente.

Le rire et les larmes semblent être les deux aimants de nom contraire, les deux pôles opposés d'une certaine électricité mystérieuse.

Cette Électricité serait-elle la Force qui préside à la fois aux jours et aux nuits de ce monde relatif, et qui s'appelle la Relation ?

S'il en était ainsi, il me semble que le rire serait la Parole de la Relation brisée, et que les larmes seraient la Parole de la Relation sentie.

Expliquons ceci par quelques applications. Qu'est-ce que le ridicule, sinon la relation détruite entre les choses ?

La disproportion est la chose qui fait rira.

Un enfant veut être terrible et n'en a pas les moyens. Il fait rire... La cause fait semblant d'être grande, l'effet est nul, la relation manque.

L'ironie est une distance qu'on établit entre celui qui parle et celui qui écoute, ou celui dont on parle. C'est pourquoi elle choque tant.

L'ironie semble dire : Vous êtes d'un autre monde que moi. Je vous regarde de si loin que je ne sens pas ce que vous voulez, me faire sentir. Je le vois, parce que j'ai deux yeux, mais je ne le sens pas, parce que la rela­tion entre vous et moi est brisée. Je suis trop haut, et vous êtes trop bas.

Voilà l'ironie ordinaire, qui contient ordinairement une somme plus ou moins grande d'amour-propre.

Qui sait s'il n'y aurait pas une ironie extraordinaires laquelle briserait le rapport en sens inverse et dirait à quelqu'un : Il n'y a rien de commun entre vous et moi. Vous êtes trop haut et je suis trop bas ?

Cette ironie renversée partirait de l'Abîme, et il y en a peu d'exemples dans l'histoire ! Cependant je ne vou­drais pas dire qu'il n'y en a aucun exemple.

En général, le rire vient de la légèreté. Celui qui rit beaucoup est léger ou se fait léger accidentellement, par nécessité, ou par circonstance.

Le rire indique qu'on s'arrête à la superficie de la chose dont on parle. On la regarde du dehors; elle est bizarre, on rit ! Si on enfonçait un peu, qui sait ce qui arriverait et si, au lieu du rire, on ne trouverait pas autre chose ?

La folie est chose affreuse, et cependant elle peut faire rire, tant le rire ressemble peu à la gaieté. Elle peut faire rire, parce qu'elle brise la Relation et rassemble des idées qui ne s'assemblent pas entre elles. Un homme ivre peut faire rire, malgré le dégoût qu'il inspire, parce qu'il a perdu le sentiment de la Relation. La fami­liarité excessive, l'expression excessive du respect, le tutoiement, les titres d'honneur, l'absurdité du rêve ou celle de l'ivresse, toutes les brisures de la Relation peuvent amener le rire.

C'est que la Relation est chose sérieuse. La Relation est intime, profonde; qui sait la place qu'elle occupe dans l'ordre universel ?

Celui qui la brise défait le monde peut-être ; et le rire a l'air d'un éclat de joie poussé par quelqu'un sur un monde détruit.

La férocité peut rire ; celui qui a tué sans émotion peut rire ; la légèreté peut rire ; l'indifférence peut rire ; l'insouciance peut rire.

Mais n'y aurait-il pas un rire triomphant, qui serait le signe superbe de la Relation dépassée ? Qu'arriverait-il si l'Essence... ?

Arrêtons-nous… Silence !

Deux hommes ont eu des relations. (Voici le mot de relation qui revient au pluriel.) Ils entrent en discus­sion. La discussion dégénère en querelle.

Ils se raillent ; ils rient l'un de l'autre.

Puis chacun rentre chez soi. Et, dans le silence de la solitude, le souvenir du passé revient.

Ceux qui riaient tout à l'heure pleurent silencieuse­ment.

C'est la Relation qui se fait sentir.

Le rire était produit par la superficie des choses, les larmes par leurs profondeurs. Les larmes sont les eaux de l'abîme; elles sortent des lieux très bas, très profonds, très cachés ; elles révèlent souvent à celui qui les verse ou à celui qui les voit l'existence de profondeurs qu'il ignorait dans lui-même ou dans les autres.

Dans ces profondeurs ignorées, où généralement l'homme oublie de descendre, dans ces profondeurs ignorées se meuvent les relations qu'il a eues, qu'il a et qu'il aura avec l'universalité des choses. Le souvenir est un endroit plein de larmes, parce que le souvenir est plein de relations.

Le présent est quelquefois l'endroit du rire, parce qu'il cache souvent la profondeur sous la superficie, et la Relation sous son défaut. Le Présent montre la rela­tion absente ; le Présent montre en quoi la relation n'est pas complète; il la montre s'évanouissant sous les acci­dents qui la surchargent ; de là, le rire. Le Présent est fait de pièces et de morceaux; il est bigarré et voile les rapports secrets des choses sous le costume extérieur, capricieux, changeant que les circonstances multiples leur imposent. Le Présent a l'air d'un caprice. Il cache son vrai nom sous les fantaisies de son déguisement.

Mais le Passé parle sur un autre ton. Le Passé dé­gage solennellement les choses de leur apparence. Leur bizarrerie s'évanouit sous leur réalité sérieuse.

Le Passé dégage les événements de l'accident qui les isolait, et les montre ensemble dans la relation qui les unit. Le Passé montre les liens qui unissent les choses entre elles. Le Présent cachait cette petite tresse imper­ceptible ; le souvenir la découvre, et les larmes, sortant de la retraite mystérieuse où elles dorment en attendant qu'on les appelle, viennent voir le jour en disant : Nous voici.

Elles disent : Nous voici, quand l'homme se souvient; car le souvenir appelle la Relation ; elles disent : Nous voici, quand l'homme se plonge dans l'amertume des eaux profondes : car il y trouve la masse confuse des objets qu'il a autrefois connus ; elles disent : Nous voici, quand l'homme est visité par la Joie, la Joie sublime et torrentielle qui éclaire comme la foudre l'obscurité profonde des nuits, montrant à la lueur du même éclair la face de la terre, la face de la mer et la face des cieux ; elles disent : Nous voici, quand l'homme admire ; car l'Admiration est une Explosion de l'Unité qui interdit l'isolement à tout ce qu'elle rencontre sur sa route. L'Admiration embrasse ce qu'elle voit et montre aux créatures surprises le lieu où elles sont ensemble, le lieu où elles sont à genoux…

Extrait de : L’HOMME, la vie… Ernest HELLO (1936)

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 14:25

L'INDIFFÉRENCE, c’est une maladie mortelle…

Le Oui et le Non sont en présence. Bien des gens, qui ne savent rien, reprochent à la vérité d'être intolérante. Il faut s'expliquer sur ce mot.

On dirait, à les entendre, que la vérité et l'erreur sont deux êtres qui peuvent traiter d'égal à égal ; deux reines, toutes deux légitimes, qui doivent vivre en paix, chacune-dans son royaume ; deux divinités qui se par­tagent le monde, sans que l'une ait le droit d'arracher son domaine à l'autre. De là l'indifférence, qui est le triomphe de Satan la haine lui plaît, mais ne lui suf­fit pas: il lui faut l'indifférence.

L'indifférence est une haine d'un genre à part: haine froide et durable, qui se masque aux autres et quelque ­fois à elle-même derrière un air de tolérance, — car l'in­différence n'est jamais réelle. Elle est la haine doublée du mensonge.

Il faudrait aux hommes, pour vomir chaque jour contre la vérité un torrent d'injures ardentes, une cer­taine détermination qui n'est pas dans leur caractère.

Le parti qu'ils prennent, c'est de ne prendre aucun parti. Et pourtant la haine qui crie est bien plus expli­cable, étant donné le péché originel, que la haine qui se tait. Ce qui m'étonne, ce n'est pas d'entendre le blas­phème sortir d'une bouche humaine. Le péché originel est là ; la liberté de l'homme est là ; le blasphème a son explication. Mais ce qui me plonge dans une stupéfac­tion absolument inexprimable, c'est la neutralité,

II s'agit de l'avenir humain et de l'avenir éternel de tout ce qui a, dans l'univers, intelligence et liberté. Il s'agit certainement et nécessairement de vous-même, comme aussi de toute personne et de toute chose. Donc, à moins que vous ne vous intéressiez ni à vous-même, ni à aucune personne, ni à aucune chose, il s'agit cer­tainement et nécessairement d'un intérêt sacré pour vous. Si vous êtes vivant, excitez en vous la vie. Pre­nez votre âme et apportez-la dans la mêlée ! Prenez vos désirs, prenez votre pensée, votre prière, votre amour ! Prenez dans vos mains les instruments dont vous savez vous servir et jetez-vous tout entier dans la balance où tout pèse.

Si vous êtes endormi, réveillez-vous. Si vous êtes mort, ressuscitez. Cherchez dans votre vie passée, dans votre vie éteinte le meilleur de vos souvenirs. Rappelez-vous le parfum matinal des rosées d'autrefois que vous avez dû sentir, et voyez si vous avez la force de dire : Qu'importe!

Placé entre le feu de ceux qui aiment et le feu de ceux qui haïssent, il faut prêter main forte aux uns et aux autres. Sachez-le donc! Ce n'est pas à l'homme en gé­néral, c'est à vous en particulier que l'appel est fait ; car toutes les forces morales, intellectuelles, maté­rielles, qui se trouvent à votre disposition, sont autant d'armes que Dieu vous a mises dans les mains, avec la liberté de vous en servir pour lui ou contre lui. Il faut vous battre ; vous vous battez nécessairement. Il ne vous est laissé que le choix du camp.

Jésus-Christ, quand il est venu au monde, a demandé tout aux hommes, s'étant fait pauvre plus que les plus pauvres. Il a demandé une place pour naître, on la lui a refusée. Les hôtelleries étaient remplies : c'est une étable qui s'est ouverte. Il a demandé une place pour vivre : on la lui a refusée. Le Fils de l'Homme n'a pas eu où reposer sa tête ; et quand il s'est agi de sa mort, il n'a pas eu cinq pieds de terre pour s'étendre : la terre l'a rejeté entre le ciel et elle, sur une croix.

Or, celui qui a demandé demande encore. Il demande une place pour naître : — ces gens qui remplissaient les hôtelleries, et qui, ne se dérangeant pas, ont envoyé Jésus naître entre un bœuf et un âne, représentent admirablement l'insignifiance inouïe des bagatelles en­nuyeuses auxquelles les hommes se sacrifient, dans un holocauste inexprimable.

Un homme qui fait un livre, qui a une imprimerie à son service, dispose d'une puissance incalculable. Nul n'a mesuré et ne mesurera jamais les actes intérieurs ou extérieurs qu'il provoque ou qu'il arrête. Or, deman­dez donc à un étranger, à un voyageur qui ne serait pas fait aux habitudes de la terre, qui ne connaîtrait pas la stupidité humaine, quel usage fait en général, de la force mise dans leurs mains, ceux qui portent ainsi la parole devant le monde.

Imaginez sa réponse, et imaginez son étonnement, s'il ouvrait au hasard un livre et un journal. Mais quelles proportions prendrait, dites-moi, cet étonnement si l'auteur de ce livre ainsi ouvert ajoutait : « Il est vrai que j'ai parlé pour ne rien dire ; mais c'était dans l'in­tention d'amuser mes lecteurs : car nous sommes tous convaincus que les choses insignifiantes, qui ne touchent en rien ni Dieu ni l'homme, offrent seules de l'intérêt au public, et que la vérité est ennuyeuse. »

De toutes les folies que le diable inspire, voici la plus digne de lui. La vérité est ennuyeuse. La vérité ! Mais c'est elle qui est la béatitude ! La vérité ! C'est elle qui est le principe des extases ! C'est elle que toutes les splendeurs connues s'efforcent de symboliser. C'est elle dont les rayons lointains causent des transports incon­nus.

C'est elle qui faisait fondre de bonheur, au centre du désert, l'intelligence glorieuse de saint Athanase exilé, pendant que ceux qui l'avaient envoyé là pour le punir s'ennuyaient à mourir dans leurs palais !

L'âme humaine est faite pour la pâture divine, dans le temps comme dans l'éternité. Il n'y a pas deux sources de bonheur, il n'y en a qu'une, mais elle ne tarira pas, et tous peuvent y boire ! Avez-vous donc l'amour de l'ennui ? Adressez-vous au néant. Avez-vous donc l'amour de la Vie, l'amour du Bonheur, l'amour de l'Amour ? Adressez-vous à l'Être.

Me parlerez-vous encore de l'indifférence à laquelle l'erreur a droit ? Que diriez-vous d'un médecin qui, appelé près du lit de votre femme malade, refuserait de la traiter par égard pour la maladie, qui exige les bons procédés de l'indifférence ? « Car, enfin, dirait ce méde­cin, entre la maladie et la santé je suis impartial ; je suis éclectique : eh bien, pourquoi la maladie ne vau­drait-elle pas la santé ? Le choléra pourrait vous faire connaître des crampes que vous ignorez sans lui. Il faut goûter de tout, tout admettre, tout essayer. Pourquoi ne pas essayer du choléra ? Vous le jugez sur l'autorité des autres : chose indigne d'un philosophe ! Il faut l'ap­précier vous-même, pour que votre appréciation soit raisonnable. L'angine peut vous orner la gorge de végétations que la santé vous refuse. C'est une richesse et un progrès ? Sans doute cette végétation n'est qu'à moitié légitime, mais ne serait-ce pas aller un peu loin que de la condamner ! Cela serait, tomber un peu dans le fanatisme. »

Vous sentez l'horrible et le ridicule, quand il s'agit des choses visibles.

Sachez donc que les maladies, les végétations du corps humain, les champignons, les cancers, etc., sont une conséquence de ces horreurs invisibles que l'Apôtre appelle les productions superflues du péché. Songez que le mal physique, dont vous ne pouvez pas nier l'hor­reur, est la conséquence, le reflet, l'avertissement de l'erreur et du mal invisible.

Qu'est-ce donc que l'erreur, puisqu'elle engendre de tels enfants !

Et maintenant jugez, s'il vous plaît, l'indifférence, elle qui demande que l'erreur soit !

Moi, je n'ose pas y penser.

Satan est le prince de l'ennui, du désespoir et de toute douleur.

Dieu est le maître de la joie.

Que l'indifférence se regarde donc et qu'elle se juge !

Voilà l'indifférence théorique et dogmatique. Quant à l'indifférence pratique, elle tient à peu près ce langage :

« J'ai la peste ! il n'est pas impossible que la peste soit la conséquence de l'erreur et du mal : vous le dites et je ne le nie pas. Il est certain que je suis sur la route de la mort ; il est possible que je sois sur la route de l'enfer, et que tout cela vienne de l'erreur. Il est vrai que je m'ennuie, que les sensations s'émoussent avec l’âge et que la mort viendra. Cette pensée est désagréable. Cependant si Dieu me proposait de quitter un instant ses choses ennuyeuses, monotones, menteuses, mourantes et mortelles, qui me conduisent au désespoir présent et au désespoir éternel, puis de les échanger contre la vie, la joie et la béatitude, je refuserais : je ne l'écouterais même pas me parler.

J'irais jouer un jeu qui m'ennuie et lui dirais: Va-t'en.

Va-t'en, Maître de l'extase et propriétaire de la joie !

Va-t'en, Soleil qui se lève dans tes flots de pourpre et d'or !

Va-t'en, Majesté !

Va-t'en, Splendeur !

Va-t'en, Toi qui as sué le sang au jardin des Oliviers !

Va-t'en, Toi qui as été transfiguré sur le Thabor !

Va-t'en ! Je vais au café, où je m'ennuie. »

Pourquoi y allez-vous ?  Parce que j'en ai l'habitude.

Extrait de : L’HOMME, la vie… Ernest HELLO (1936)

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 18:18

VERS LE PARADIS ou vers l’Enfer…

C’est à vous de faire votre choix ?

Il y a départ à toutes les heures.

Pour chacun de nous, normalement c'est le BON DIEU qui décide l'heure et le jour.  Le suicide et l’aide à mourir ne son pas de Dieu, mais de Satan.

Le prix des billets varie.  Cependant l'état de grâce et les sacrifices volontaires et l’acceptation des souffrances sont parmi les conditions préalables pour parvenir au C I E L.

C'est un voyage ou il n'y a pas de billet de retour.  C’est la raison qui fait que l’on ne peut se permettre de manquer son coup.

En ce qui concerne les bagages, il n'y a que nos bonnes œuvres qui vous ont déjà précédés au PARADIS.

Les magouilleurs, les voleurs, les hérétiques, bref tous les pécheurs non repentis ne peuvent pas entrer au Paradis, car leurs œuvres sont mauvaises.

Il ne faut pas traîner les biens de ce monde, ce sont des excédents de bagage.

Tenez-vous prêt, car vous ne connaissez ni le jour ni l’heure où vous devrez partir.

Une chose est certaine,  c’est que vous devrez quitter ce monde de souffrances et de misères.

Moi je vous donne rendez-vous au Paradis.

Inspirée d’un auteur inconnu. 

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 16:41

DIMANCHE DE  LA  PENTECÔTE…

Venez, ô Saint-Esprit, et lancez sur nous du haut du Ciel un rayon de votre lumière.

Venez, père des pauvres; venez, distributeur des dons; venez, lumière des âmes.

Vous êtes le consolateur rempli de bonté, l'hôte bienveillant de nos âmes, leur aimable rafraîchissement.

Dans le labeur, vous êtes notre repos; notre abri dans les ardeurs brûlantes, notre consolation dans les pleurs.

O lumière heureuse et chérie, remplissez de vos clartés les cœurs de vos fidèles jusqu'au plus intime.

Si votre divin secours n'arrive pas à l'homme, il n'est rien en lui qui ne puisse lui devenir nuisible.

Lavez nos souillures, arrosez nos sécheresses, guérissez nos blessures.

Pliez ce qui se raidit en nous, échauffez notre froideur, redressez nos pas qui s'égarent.

Répandez vos sept Dons sur vos fidèles, qui mettent en vous toute leur confiance.

Accordez-leur 1e mérite de la vertu, l'heureuse issue du salut, et enfin les joies éternelles. Ainsi soit-il. Alléluia.

Les dons du Saint-Esprit sont :

la Sagesse,

l’Intelligence,

le Conseil,

la Force,

la Science des choses de Dieu,

la Piété,

la Crainte d’offenser Dieu.

 

Évangile. Jean 14, 23-31. En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples: "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure. Celui qui ne m'aime pas, ne garde point mes paroles. Mais la parole que vous entendez n'est pas de moi; elle est du Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit ces choses, tandis que je demeure encore avec vous. Mais le Paraclet, l'Esprit-Saint, que le Père en­verra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous remettra en mémoire tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix; je vous donne ma paix à moi, et je ne vous la donne pas comme la donne le monde. Votre cœur ne doit ni se troubler ni s'alarmer. Vous m'avez entendu dire: Je m'envais, et je reviens à vous. Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais auprès du Père; car le Père est plus grand que moi. Et maintenant e vous ai dit ces choses avant qu'elles n'arrivent, afin que, lorsqu'elles seront arrivées, vous croyiez, Je ne m'entretiendrai plus guère avec vous; car le prince de ce monde vient; il ne peut rien contre moi, mais il faut que le monde connaisse que j'aime le Père, et que j'agis selon le commandement que mon Père m'a donné." S. Louange à vous, ô Christ.

Secrète. Seigneur, daignez sanctifier les présents (que nous vous offrons, et rendez nos cœurs purs en les illuminant de la lumière du Saint-Esprit. Par votre Seigneur ... en l'unité du même, etc.

Extrait de la messe de ce jour.

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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 11:47

PRIÈRE DE SAINT   FRANÇOIS   D'ASSISE

seigneur, faites de moi un instrument de votre paix

Là où il y a de la haine,    que j’y mette l'amour

Là où il y a l'offense,        que j’y mette le pardon

Là où il y a la  discorde,   que j’y mette l'union

Là où il y a l'erreur,          que j’y mette la vérité

Là où il y a le doute,         que j’y mette la foi

Là où il y a le désespoir,   que j’y mette l'espérance

Là où il y a les ténèbres,   que j’y mette votre lu­mière

Là où il y a la tristesse,     que j’y mette la joie

 

O Maître, que je ne cherche pas tant :

A être consolé.........   qu'à  consoler ;

A être compris.........  qu'à comprendre ;

A être aimé..........      qu'à aimer ;

Car :

C'est en donnant.....    que l'on reçoit ;

C'est en s'oubliant...    que l'on trouve ;

C'est en pardonnant... que l'on est pardonné ;

C'est en mourant, que l'on ressuscite à la vie éternelle ;

Ainsi soit-il.

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 15:19

La puissance du prince angélique Lechitiel, en cas de dépression…

L'exemple suivant nous montrera la certitude et la grandeur du secours des anges en vertu de la brochure "Les anges, nos puissants médiateurs".

Une personne digne de confiance nous fait part de l'efficacité de sa prière. "Je n'ai jamais ni lu ni entendu une chose pareille sur les saints anges. C'est avec le plus grand étonnement que j'ai appris l'activité des anges. Après avoir lu le chapitre sur le prince angélique Lechitiel et son influence extraordinaire sur les désespérés, j'avais appelé, en pleine confiance, une connais­sance qui vit en mariage mixte, mère de trois filles. La description de son état désespéré était un cri de détresse. Depuis des mois elle avait des dépressions insupportables et était en près de faire une autre tentative de suicide. Elle avait fait plusieurs tentatives de suicide, et elle ne put être sauvée qu'au dernier moment, dans le grenier. Elle avait séjourné plusieurs fois dans des cliniques psychiatriques sans amélioration. Depuis six mois elle était de nouveau en état de crise.

Je lui promis d'appeler au secours les anges, en particulier St-Lechitiel. Dans ma détresse je sollicitai, plein de confiance, le secours de St-Lechitiel pour cette pauvre femme désespérée. Lorsque je la rencontrai 5 jours plus tard, elle s'approcha de moi et m'embrassa avec une joie indicible. Elle dit: "Depuis 4 jours je suis guérie de toutes les dépressions. J'arrive à bien faire mes travaux et je peux de nouveau aller à l'église." Peu après, elle m'accompagna pour effectuer, avec moi, une nuit d'expiation.   

Ainsi, l'invocation du prince angélique Lechitiel apporte un secours puissant dans les cas désespé­rés. Remercions notre Père de nous avoir donné les saints anges pour notre protection.

Heinrich Kreuzer

Extrait de : L’ange puissant du Mont des Oliviers et assistant dans le désespoir.

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 15:44

La façon idéale de bien prier…                                    

Que le soir, où la réunion est plus facile, toute la famille, le père, la mère, les enfants, les domestiques, s'assemblent donc, et que les cœurs unis ensemble présentent par la voix de l'un d'eux les vœux et la prière de tous. Alors il se fera comme un apaisement de toutes choses ; les nuages de la vie quotidienne disparaîtront ; l'air deviendra plus serein, les nuits seront plus calmes, les jours suivants seront plus heureux. Dieu, selon sa promesse, descen­dra au milieu de cette famille réunie et apportera avec lui ses plus précieuses bénédictions. Puis les anges recueilleront, cha­que soir, ces prières toutes puissantes parce qu'elles seront fon­dues ensemble ; ils les porteront devant le trône de l'Agneau et formeront ainsi pour chaque famille, dans les hauteurs des cieux, une source toujours abondante qui suffira à tous les besoins et deviendra pour chaque membre comme une riche propriété à la fois indivise et particulière.

Cette pratique de la prière en commun est simple ; elle est facile ; elle demande seulement un peu de bonne volonté chez les chefs de la maison ; elle assure en retour un gage quotidien et toujours fécond des grâces du ciel ; et on peut lui appliquer ces paroles de l'Écriture : "Toutes sortes de bien s'introduiront avec elle dans l'intérieur de votre maison ; elle sera comme un berceau pour abriter votre famille ; elle donnera la joie et l'allégresse " (SAG. VII).

Que l'époux et l'épouse, que Dieu a unis pour partager les mêmes peines et les mêmes joies, prient ensemble. Sans la prière une union ne peut être vraiment heureuse et bénie du ciel.

Que les enfants prient avec les parents. Et l'enfant saura-t-il jamais prier, s'il n'a pas appris la prière sur les genoux de sa mère, d'abord, ensuite aux côtés de son père ? Le père et la mère ne doi­vent pas se contenter de dire à leurs enfants : allez prier, mais bien : venez, prions ensemble. Cette prière faite en commun dans la famille est une école sainte où les enfants apprendront la vénération qu'ils doivent aux auteurs de leurs jours. Ils entoure­ront de leur profond respect ce père qui sait découvrir son front et s'agenouiller humblement devant le Père qui est aux cieux ; ils vénéreront cette mère qui se prosterne avec foi devant le Seigneur qui a donné la vie à ses enfants. Ah ! Qu'elle est belle la famille, qu'elle est digne de l'admiration des anges la famille qui prie, qui voit chaque jour tous ses membres s'agenouiller sans exception devant Dieu comme elle va s'asseoir à la table pater­nelle ! La demeure de cette famille est alors un oratoire où l'on offre à Dieu un sacrifice de louanges par des prières et des hymnes sacrés. Tous les membres de la famille sont présents à ce pieux rendez-vous. Tous unissent leurs voix pour adorer et remercier l'Auteur de tout bien.

Les enfants prient pour les auteurs de leurs jours ; et la prière de l'enfant a une si grande influence sur le cœur de Dieu ! C'est pour cela que le poète a dit :

"Petits enfants à tête blonde,

Vous dont l'âme est un encensoir,

Priez ; la prière est féconde ;

Un enfant peut sauver le monde, en joignant ses mains chaque soir. "

Que les parents prient pour leurs enfants ; qu'ils suivent le conseil que leur donne le Prophète Jérémie : " Levez vos mains vers Dieu et Dieu bénira l'âme de vos enfants. " Il est certain que leur prière aura une efficacité toute particulière.

Qui nous rendra ces jours bénis où la prière du soir était, comme une fête quotidienne, pour toutes les familles ? Quand la journée était finie, le père assemblait ses enfants, ses domestiques ; tous s'agenouillaient humblement devant l'image du Dieu Sauveur, image qui souvent était une chère et pieuse relique léguée par les ancêtres dont elle avait entendu les vœux et béni les larmes. Ils adoraient ensemble la majesté souveraine et demandaient au Père céleste, avec le pain qui nourrit le corps, le pain plus pré­cieux encore qui nourrit l'âme. Ils saluaient avec amour la Vierge Marie qui les avait protégés tout le jour, puis récitaient avec une foi vive ce symbole qui aurait ravi d'admiration tous les sages de l'antiquité. Venait ensuite le décalogue, ce code parfait d'une morale sublime qui produit les saints.

Après avoir ainsi vivifié le souvenir de la loi qui devait les guider chaque jour, ils donnaient un souvenir aux morts longtemps pleures et imploraient la protection de l'ange gardien. Faisant ensuite un retour sur eux-mêmes, ils s'accusaient avec componction des fragilités de là journée et s'engageaient à éviter le mal, à faire tout le bien possible dans l'avenir. Le père bénissait l'assemblée et chacun se retirait heureux pour prendre un repos d'autant plus paisible qu'il n'était pas troublé par l'illusion ou par le re­mords.

De ce doux poème qui renfermait le culte domestique résultaient d'immenses avantages pour la religion et la société. Quelle pieuse et sainte pratique que celle qui existe dans un grand nombre de nos familles chrétiennes et qui devrait être répandue partout, tellement elle est légitime, je veux dire la prière avant et après les repas. N'est-il pas juste, puisque nous tenons tout de Dieu, n'est-il pas juste de le remercier de la nour­riture qu'il nous donne ?

Les riches, dont la table est chargée de toutes sortes de mets pendant que les pauvres meurent de faim à leur porte, ne seraient-ils pas ingrats de ne pas remercier le Seigneur qui se montre bon pour eux jusqu'à leur donner non seulement le nécessaire mais encore l'utile et l'agréable ?

Les pauvres des biens de ce monde mais riches des biens de l'éternité, selon la parole d'un Père de l'Église, n'ont peut-être qu'un pain arrosé de leurs larmes, mais c'est à Dieu qu'ils le doivent ; mais s'il le leur a donné en moindre abondance qu'à d'autres, s'il le leur fait gagner péniblement, à la sueur de leur front, c'est qu'il veut leur faire apprécier un autre pain, le pain qui leur fera oublier leur pauvreté ; car il apporte avec lui une douceur et une consolation toutes célestes.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 13:19

Donnez à Dieu les prémices de votre jour­née …              

La prière du matin est le baptême de la journée, celle du soir, l'adieu filial avant le repos, est le baptême de la nuit. Il n'est pas d'heure plus favorable pour la prière que celle du matin. La première pensée n'est-elle pas pour ce que l'on aime ? Le mondain pense à ses plaisirs, l'homme d'affaire à ses intérêts, l'ambitieux aux honneurs et le chrétien pense à Dieu. Le cœur monte naturellement vers les objets chéris comme la plante au soleil. Aussi dire de quelqu'un qu'il est notre première pensée, c'est dire qu'il est notre premier amour. Or qui le mérite plus que Dieu ? Si le péché originel n'avait pas égaré la direction de nos facultés, ce mouvement serait chez nous instinctif, irrésis­tible, comme celui de l'enfant qui le matin se précipite dans les bras de son bon père. Et puis ce père est là qui sollicite de nous le premier élan de l'âme. Il se compare dans l'Écriture à un voyageur matinal qui se tient debout à la porte et y frappe pour qu'on lui ouvre : " Que notre pre­mière parole soit pour lui dire d'entrer. "

C'est justice que Dieu soit servi le premier et qu'aussitôt introduits dans ce beau palais, nous commencions par saluer le maître de la maison avant de nous occuper ou de ce qui le rem­plit ou de ceux qui l'habitent.

Milton, dans son poème du Paradis perdu, montre le premier

homme transporté et ravi dès qu'il ouvre les yeux et qu’il voit le fir­mament étendu sur sa tête et il fait dire à Adam: "Je m'élançai, je bondis vers le ciel comme pour l'atteindre. " Voilà quel doit être l'élan spontané de notre cœur impatient de s'élever vers Dieu dès que notre lever nous introduit près de lui.

Et quand est-ce que nous prierons si nous ne prions pas le matin ? La création tout entière semble nous adresser l'invitation : " Venez, adorons Dieu qui nous a donné tous cela." L'univers s'anime comme un temple qui vient de s'ouvrir : les plantes don-nent leur encens, le soleil rallume ses feux comme un flambeau sacré ; les oiseaux, avant de chercher leur pâture, envoient dans les airs leurs premiers chants ; toutes les créatures vivantes font entendre leurs premiers cris, et ces millions de voix qui montent de partout, ce sont des voix de prière, d'adoration, d'action de grâces qui ensemble, à leur manière, composent l'hymne de la nature à la gloire de Dieu. Et l'homme pourrait-il rester muet lorsque tous les êtres de la création bénissent le Seigneur ? A ce concert général de toutes les créatures, une seule voix ferait défaut et ce serait la voix de l'âme intelligente qui seule peut lui donner sa signification et son prix ! " Car, dit saint Augustin, cet hymne inconscient de la création est comme une musique très harmonieuse sous laquelle il n'y aurait pas de paroles et qui ne rendrait en conséquence que des sons presque vides de sens. Qui donc, sous cette vague har­monie des choses, va mettre un langage et lui prêter une âme ? Ce sera l'homme qui fera ce solo dont la voix du monde entier n'est que l'accompagnement. A lui de traduire, en un langage humai­n, cette langue universelle de la terre et des cieux. Voilà ce que le monde entier lui demande de dire pour lui. "

Que notre première pensée, notre premier acte, quand nous nous levons le matin soit pour renouveler nos sentiments reli­gieux qui ont été interrompus par le sommeil de la nuit, pour ado­rer Dieu, le remercier de la nouvelle journée qu'il nous accorde, lui demander les grâces nécessaires afin de la passer saintement.

N'oublions pas que de la prière du matin dépend ordinaire­ment la journée tout entière ; car c'est elle qui ouvre la voie aux actions qui la suivent. Elle donne à nos œuvres une impulsion salutaire, un bon mouvement qu'il est facile ensuite de suivre avec la grâce de Dieu. " Donnez à Dieu les prémices de la jour­née, disait saint Jean Climaque ; car la journée tout entière appartiendra à celui qui en a pris possession le premier. "

On dit qu'autrefois, quand les premiers rayons du soleil avaient touché la célèbre statue de Memnon, dans la journée, elle rendait des sons harmonieux. Et nous, quand, dès le matin, nous nous serons placés en face du divin soleil de justice, qui est Jésus-Christ, quand nous aurons laissé pénétrer dans notre âme ses rayons lumineux, pendant la journée, nous rendrons des sons harmonieux, nous ferons bien et nous ferons du bien.

La prière du matin est le baptême de la journée ; celle du soir, l'adieu filial avant le repos, est le baptême de la nuit. Dès le matin, notre premier regard s'est élevé vers Dieu ; que notre dernière pensée soit encore pour lui. Remercions-le des faveurs qu'il nous a accordées ; demandons-lui pardon des fautes que nous aurions pu avoir commises. " Quel homme ne rougirait pas de terminer le jour sans louer Dieu, dit saint Ambroise, lorsque les petits oiseaux célèbrent le commencement du jour et de la nuit avec des chants suaves et harmonieux ! "

Bien que le bon Dieu écoute toujours favorablement celui qui prie avec de bonnes dispositions, la prière faite en commun a néanmoins pour lui un attrait tout particulier ; tellement que Jésus-Christ a promis de se trouver en personne avec ceux qui s'assemblent pour prier en son nom : " En quelque lieu que se trouvent deux ou trois personnes assemblées en mon nom, dit-il, je me trouve au milieu d'elles et je prie pour elles " (math. 18). Combien ce motif doit encourager les familles à se réunir pour prier ! Malheureusement cet usage, autrefois si généralement répandu, se perd chaque jour, même parmi les familles les plus chrétiennes. Les prêtres dans le ministère ne sauraient trop tra­vailler à la faire revivre. C'est un si puissant moyen de réveiller la foi et la piété dans les paroisses.

Une famille est une personne morale qui a dans son existence ses besoins et ses épreuves, ses satisfactions et ses joies. Il est donc de son devoir de s'adresser à Dieu, comme telle, pour le re­mercier des bienfaits qu'il lui accorde et lui demander ses grâces.

Ah ! Si on comprenait bien toutes les bénédictions que la prière en commun attire sur les maisons, avec quel empressement on y aurait recours !

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 16:01

QUAND FAUT-IL PRIER…                                    

"Il faut toujours prier et on ne peut se lasser de prier," (Luc, xvIII) disait, le Sauveur à ses Apôtres. Quel est le sens de ces paroles ? Signifient-elles que nous sommes obligés de prier sans cesse, d'une manière actuelle et non interrompue ? Devons-nous continuellement réciter des prières vocales ou même pratiquer l'oraison mentale d'une manière constante et continue ? Évi­demment non. Les hommes appelés à vivre en société ont à rem­plir de nombreux devoirs qui seraient incompatibles avec un semblable précepte. Si quelques saints ont eu des grâces et une vocation spéciale pour mener sur la terre une vie à peu près angélique, il ne s'ensuit pas que cette vie soit un précepte, ni même un conseil s'adressant à la généralité des hommes. Il ne faut donc pas donner ce sens aux paroles de Jésus-Christ.

Pour accomplir ce commandement de Dieu, il suffit de faire son devoir là où la Divine Providence nous a placés, de soumettre entièrement et généreusement notre volonté à celle de Dieu, de lui offrir toutes nos actions, toutes nos joies et toutes nos souf­frances, dans le dessein de lui plaire.

Le chrétien prie toujours s'il accomplit cette parole d'Origène : " Toute action du juste faite selon Dieu et sa loi sainte, est une prière." Le chrétien prie toujours s'il se conforme à cette maxi­me de saint Bonaventure : " On ne cesse pas de prier quand on ne cesse pas de bien faire, et la prière du cœur et des œuvres a plus de valeur que celle des livres. "

"La prière, dit saint Basile, consiste dans les actions que l'on fuit, dans tout le cours de sa vie selon les règles de la vertu."

" Ce n'est pas en vain que l'Apôtre nous dit de prier sans cesse, écrit| saint Augustin ; et néanmoins nous ne pouvons pas sans cesse fléchir les genoux, lever les mains au ciel et demeurer prosternes sur la terre. Il y a donc une autre prière continuelle. Cette prière, quelle est-elle ? Notre désir de bien servir Dieu. Quels que soient vos embarras et vos occupations, si, au milieu de tout cela, vous désirez le repos de la vie éternelle, votre prière n'est point interrompue. "

Saint Jean Chrysostome dit : " Il n'est aucun lieu ni aucun temps qui nous empêche de prier ; car il n'est pas nécessaire pour prier de fléchir les genoux, de lever les mains au ciel, de se frapper la poitrine. Ayez l'esprit toujours fervent et le cœur plein de charité et vous faites une excellente prière en allant, en venant, on peut ainsi prier partout et prier longtemps. "

Ce grand Saint ajoute que chaque bonne œuvre est un instru­ment de musique et que faire une bonne action, c'est chanter un cantique à Dieu. " Chrétiens, dit-il, le Prophète nous annonce qu'il loue Dieu tout le  jour ; mais  qui peut comprendre  et goûter cette parole ? Je vais vous indiquer un moyen de louer Dieu toute la journée si vous le voulez.  Faites bien tout ce que vous faites et vous avez loué Dieu ; vous quittez l'église après avoir chanté les louanges du Seigneur et vous vous mettez à table : observez les règles de la tempérance et vous avez fait une prière ; vous allez trouver le repos de la nuit, ne vous levez pas pour mal faire et vous avez loué Dieu ; vous vous livrez au   commerce ;   évitez   la fraude   et  vous   avez   chanté   un hymne au Seigneur : vous cultivez la terre, évitez les querelles avec votre voisin et vous avez prié. Préparez-vous à louer Dieu ainsi tout le jour par l'innocence de vos œuvres. Lorsqu'un chré­tien se retire de l'église, il semble qu'il ne loue plus le Seigneur ; mais s'il ne cesse pas de bien vivre, il ne cessera pas de prier. La prière n'est interrompue que lorsqu'on s'éloigne de la justice. Menez toujours une bonne vie et alors, malgré le silence de vos lèvres, votre vie est un cri perpétuel et les oreilles du Seigneur sont inclinées vers vous. Prenez la lyre des bonnes œuvres ; que la perfection de votre vie soit un chant qui ne se taise jamais. Alors vous louez Dieu en traitant une affaire ; vous louez Dieu quand vous mangez ; vous louez Dieu quand vous dormez. Vous me demandez où est votre prière et moi je vous demande où elle n'est pas. "

"La vie tout entière du juste, dit Origène, est une longue et magnifique prière."

Il suffit donc d'avoir une intention pure, un désir ferme de plaire à Dieu, et aussitôt chacune de nos pensées, de nos actions, chacun de nos sentiments, notre silence, notre sommeil même, deviennent un hymne à Dieu. Il nous est donc facile de trans­former toute notre vie en une belle prière. Chaque matin, la route nous est tracée par le devoir de la vie sociale et chrétienne. Il suffit de nous y élancer avec une foi vive et le désir de faire la volonté de Dieu. Rien ne sera changé à notre existence, sinon les dispositions de notre cœur et la joie qui mondera plus souvent les facultés de notre âme. Nos occupations seront les mêmes ; elles deviendront seulement moins pénibles et plus faciles à sup­porter, parce que la piété pénétrera notre vie tout entière pour la fortifier et la consoler. Nous ne quitterons jamais Dieu parce que, si, comme les Anges, nous remplirons tous nos devoirs en sa présence, nous serons comme eux plongés dans l'essence divine.

L'histoire rapporte qu'un saint jouait avec ses compa­gnons ; on en vint à parler de la mort et chacun devait dire ce qu'il ferait en ce moment suprême, et tous de s'écrier qu'ils se proster­neraient les genoux en terre, invoquant la miséricorde de Dieu. " Pour moi, réplique le saint, je continuerais à jouer." Quelle aimable réponse ! Quelle vaste doctrine en un seul mot ! En jouant bien, le saint faisait ce que la Providence atten­dait de lui en ce moment et il n'est pas de plus sublime perfec­tion : faire à chaque instant la volonté de Dieu, accomplir à chaque heure du jour le devoir qui se présente ; il n'est pas de meilleur moyen de se sanctifier, il n'est pas de pratique plus sûre pour se préparer au jugement de Dieu.

L'univers est beau ! Belle est la nature dans la fécondité de son sein, dans l'harmonie de ses lois, dans la majesté inviolable de son cours. Belle est l'immensité des espaces où se balancent, comme les navires, les astres que la main de Dieu y sema au premier jour. Mais il n'y a pas de plus beau spectacle que l'hom­me qui a constamment à cœur de faire son devoir, qui a toujours son âme dans ses deux mains et, l'œil fixé sur Dieu, la plie à la vertu, la façonne à la justice, comme on façonne un marbre à la beauté.

Si nous étions des anges, nous pourrions nous contenter de ce genre de prière : faire la volonté de Dieu ; les anges ne prient pas autrement. Unis à Dieu, ils le voient, ils l'aiment par un acte continuel et ininterrompu ; et toujours plongés dans l'Océan divin, ils aiment en exécutant les ordres du Très Haut et ils les exécutent en aimant. Mais, sur cette terre d'exil et de pénitence, la misère et la faiblesse de notre nature, la corruption du péché, les incertitudes de la volonté, l'inconstance des désirs, tout nous fait une obligation de choisir certaines heures où nous puissions vaquer d'une manière plus spéciale à la prière, où ce saint exercice devienne notre affaire principale, où nous concentrions toutes les puissances de notre âme pour nous occuper exclusive­ment de Dieu et de nos besoins spirituels.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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