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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 12:36

LES ÉNIGMES DE LA VIE - Pourquoi mourir …

Oui, vivons ! Mais si grand que soit mon bonheur de vivre, je reste insatisfait ; car je m'approche chaque jour davantage d'une limite mystérieuse.

Malgré moi, je songe que ma vie aura un terme :je songe à la loi inexorable à laquelle personne n'a échappé jusqu'à ce jour et qui m'ordonne de disparaître sans que je puisse fixer le jour et l'heure de mon départ.

Après deux ou trois dizaines de milliers de journées, plus ou moins semblables à celle d'aujourd'hui, après que la terre aura tourné quelques fois autour du soleilje disparaîtrai comme je suis venu.

Sorti de l'ombre, je rentrerai dans l'ombre. Il fut un temps où je n'existais pas ; il en sera un autre où je ne serai plus(sur cette terre).

Avant moi, des milliards d'êtres ont circulé sur la planète « terre » ; ils ont marché, mangé, travaillé, ri, pleuré comme moi ; ils ont eu leurs maux de dents, leurs illusions, leurs cauchemars, leurs déceptions.

Une immense foule anonyme est ainsi née, a vécu et est morte sans laisser la moindre trace, pas même dans la mémoire des hommes.

Tout ce passé est retombé dans l'oubli ; plus rien ne bouge de ces guerriers romains, de ces peuples francs, de ces armées de croi­sés, de ces joyeuses cavalcades du moyen âge, de ces riches cara­vanes de marchands du 16e siècle, de ces soldats de Napoléon, de tous ceux dont on parle dans les livres d'histoire...

Cela a bougé ; cela ne bouge plus.

C'est étrange !

Et tout ce qui me remue aujourd’hui se  figera un jour dans une dernière attitude,  puis tombera en poussière et disparaîtra. C'est tragique !

Après moi, d'autres générations se succéderont ; elles n'existent pas encore et cependant elles défileront, un jour, sur la terre ; les rues de nos villes, les quais des ports, les lieux de villégia­ture, les trains, tout sera encombré d'une foule innombrable, joy­euse ou inquiète, et je ne serai pas là pour la regarder passer !

Et ils ne sauront même pas que j'ai existé !

Quelle aventure! Leur indifférence me vexe, moi qui... moi dont...

En attendant, je suis là, dans ce moment présent, remuant avec mon imagination le passé et l'avenir, tel un rameur, assis dans une frêle embarcation, et qui frappe de part et d'autre, l'onde aux profondeurs mystérieuses.

Je suis là, emporté par le courant de la vie, sachant qu'un jour ma barque chavirera elle aussi, et que je rejoindrai, dans les remous du passé, la foule de ceux qui m'ont précédé et qui ne sont plus.

Et, cependant, je sens combien cette issue fatale qu'est la mort est en flagrante contradiction avec l'aspiration profonde qui m'at­tache à la vie.

Dès lors, pourquoi mourir?...

«C'est bien peu de chose que l'homme et tout ce qui a fin est peu de chose ... Ma vie est de 80 ans tout au plus ; prenons-en cent : qu'il y a eu de temps où je n'étais pas ; qu'il y en a où je ne serai point ! et Que j'occupe peu de place dans ce grand abîme du temps ! Je ne suis rien ; ce petit intervalle n'est pas capable de me distinguer du néant où il faut que j'aille. » (Bossuet)

Je résiste à qui veut me renverser et voilà que, demain, réduit en cendres, je tiendrai dans le creux de la main d'un enfant !

Chaque jour, 200.000 personnes environ — des êtres comme moi, en chair et en os, ayant comme moi, une pensée, des affec­tions, des désirs, des craintes —200.000 personnes cessent de se mouvoir et l'on s'empresse de les enlever de la circulation.

8.000 personnes à l'heure, 130 à la minute...

Qu'une bombe atomique coûte la vie à 150.000 personnes, nous en sommes atterrés... C'est cependant le nombre d'êtres humains qui disparaissent chaque jour, même en temps de paix...

Dans cette hécatombe, je figurerai un jour... Pourquoi cette échéance, alors que j'aspire à vivre ? Pourquoi?

Et puis, la mort est-elle l'anéantissement complet de mon être ? Met-elle réellement un terme à mon existence ? Oui ou non ? Di­lemme angoissant dont je dois choisir un des termes.

« Je trouve bon Qu'on n'approfondisse pas l'opinion de Copernic : mais ceci !... Il importe à toute la vie de savoir si l'âme est mortelle ou immortelle. » (Pascal)

Le premier septembre 1926, on réveille, au petit matin, le condamné Passerache pour le conduire à la guillotine : « On m'exécute ? Mais alors, où vais-je aller maintenant ? »

Mais ne me reste-il pas la possibilité d'oublier la mort et de me cantonner dans la tranche de vie qui m'est accordée avant ce ter­me fatal ?

« Les hommes, n'ayant pu guérir la mort, se sont avisés, pour se rendre heureux, de n'y point penser. C'est tout ce qu'ils ont pu inventer pour se consoler ! »  (Pascal)

Hélas non ; car un nouveau problème vient troubler mon repos.

(A suivre)

Extrait de : La Solution du Problème de la Vie.  (F. Lelotte  S.J.)

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 17:39

LES ÉNIGMES DE LA VIE (Pourquoi vivre)

C'est une chose bien curieuse que de vivre !

Sans mon assentiment, me voilà installé, depuis quelques années déjà, sur une boule rondela terre — à laquelle j'adhère com­me une mouche à un globe.

Aux antipodes, dans la région de l'Océanie, d'autres êtres hu­mains vivent, la tête en bas, sans ressentir le moindre malaise !

Cela s'explique, paraît-il, par la loi d'attraction... qui, avouons-le, n'explique rien du tout.

Et j'apprends que cette boule qui me porte n'est soutenue par rien, et n'est suspendue à rien, qu'elle fait un tour complet sur elle-même en un jour, ce qui lui donne, à notre latitude, une vitesse tangentielle d'environ mille kilomètres à l'heure ; qu'elle décrit autour du soleil une orbite elliptique à la vitesse tangentielle. moyenne de 108,000 kilomètres à l'heure ; que le soleil lui-même, entraînant avec lui quelques centaines de satellites, dont la terre  se dirige vers la brillante Véga, dans la constellation de la Lyre, à la vitesse de 70.000 kilomètres à l'heure, et que les 3 ou 4 mille étoiles que je vois, le soir, immobiles, sont soumises, elles aussi, à des vitesses vertigineuses et sont entraînées dans une fantastique chevauchée à travers les espaces.

A l'encontre de mes impressions, rien n'est donc en repos dans l'univers. Le monde entier est une immense salle de danse où des ballerines endiablées tourbillonnent sans jamais perdre haleine.

Et moi qui lis ces lignes, je suis désespérément accroché à l'une de ces folles danseuses et, avec elle pour partenaire, je tournoie, je tournoie...

Demain, à la même heure, nous n'aurons fait ensemble, certes, qu'un tour sur nous-mêmes ; mais nous aurons parcouru des cen­taines de milliers de kilomètres dans les espaces interstellaires !

Et le plus curieux de l'histoire, c'est que je ne ressens rien !

C'est vraiment très bizarre !

Et chaque jour, sur mon globe, je vis : je remue bras et jambes, je mange, je déplace quelques objets, j'en casse quelques autres, puis je me couche et perds connaissance, pendant quelques heures,

tandis que, dans l'autre hémisphère de la terre, la moitié de l'hu­manité, caressée par les rayons du soleil levant, s'étire, se lève, mange, travaille ou s'amuse pour se coucher à son tour quand je me lèverai !

Et demain, après-demain, le même manège, la même comédie re­commencera.

C'est drôle-!

Et je vis parce que, dans ma poitrine, bat mon cœur, un muscle en activité nuit et jour, auquel je n'ai pas donné l'impul­sion et dont il ne m'est pas possible, par un acte de volonté, d'arrê­ter le mouvement.

Cent mille fois par jour, ce muscle se crispe et se détend. Qui donc l'a mis en branle et comment peut-il ainsi battre ?

Chose curieuse aussi, je vis souvent là... où je ne suis pas ! D'une part, je me sens localisé par mon corps dans un endroit déterminé de l'espace ; d'autre part, un élément en moi — on l'appelle l'esprit — s'évade continuellement du lieu où je suis et parcourt en tous sens l'univers.

Et cet esprit, tout en étant dans le présent, scrute sans cesse le passé et prospecte l'avenir !

N'est-ce pas étrange aussi ?,

Vraiment, quelle est ma raison d'être ? Pourquoi suis-je occupé à vivre?

Si je me réveillais dans le compartiment d'un express où j'au­rais été déposé sans mon assentiment, je demanderais aussitôt pourquoi on m'y a mis et quel est le terme de mon voyage.

Quand il s'agit de ma présence dans l'univers et de mon séjour sur la terre, aucun problème ne surgirait en moi ? Je ne me préoc­cuperais pas de savoir ce que l'on veut de moi ?...

«Mais, disent certains, n'est-il pas plus simple de faire comme si le problème n'existait pas ou de le supposer résolu ? La vie est belle, ajoutent-ils. Vivons !    (A suivre)

Extrait de : La Solution du Problème de la Vie.  (F. Lelotte  S.J.)

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 11:51

Paul VI, homélie du 1er de l'An: le Peuple et la Paix… 

Le 1er janvier 1971 « Journée de la Paix » Paul VI a célébré la messe à san Felice de Cantalice, dans un quartier populaire de la banlieue de Rome, choisi symboliquement pour y parler de la paix aux humbles du monde entier. Après avoir salué les dignitaires ecclésiastiques et civils, le Pape a poursuivi ainsi son homélie.

Pourquoi sommes-Nous venu ici ? Le 1er janvier est le jour des vœux et Nous présentons à tous nos vœux affec­tueux et sincères. Le Pape aujourd'hui offrira la sainte messe pour tous et chacun.

Vous savez que, depuis quelques années, Nous avons consacré le 1er de l'An à la célébration de la «Journée de la Paix». Nous disons nous : les catholiques, les croyants, en englobant dans ce dessein et ces vœux adressés à tous les hommes de bonne volonté tous ceux qui dans le monde aiment la paix. Car notre invitation déborde toutes les frontières et cette pensée commence, Nous le savons, à se répandre dans le monde entier.

Le message aux gouvernants

Nous avons adressé une lettre officielle à tous les gou­vernants, à tous ceux qui président au sort des nations et auxquels il Nous est possible de Nous adresser. Nous avons donc invité à célébrer la «Journée de la Paix» toutes les sommités, tous ceux qui président au sort des peuples, tous les responsables, tous ceux qui ont le devoir de promouvoir la paix. Les dirigeants des nations ont, en effet, plus que les autres l'obligation de favoriser des rapports pacifiques entre les peuples. Ce sont eux qui décident du sort des nations et qui ont la responsabilité d'équilibrer les intérêts de chacune. C'est donc à eux en premier que Nous avons adressé notre propos et nos salutations, respectueuses certes mais suppliantes aussi.

« Mettons-nous tous d'accord, leur disions-Nous, cher­chons à promouvoir la paix dans le monde. Pourquoi le monde doit-il être ainsi troublé par des guerres qui tuent, blessent, détruisent, font souffrir, veulent écraser les autres et instaurer des rapports de force, de violence, de meurtre et de sang, au lieu de justice et de droit ? »

Cela ne peut pas aller ainsi. Ce n'est pas cela la civili­sation. Aujourd'hui, alors que nous avons accompli tant de progrès, que nous avons appris tant de choses et que nous disposons de tant de moyens de conduire les relations entre les peuples, la guerre doit être abolie, elle doit être proscrite des us et coutumes des nations. C'est d'une autre manière que nous devons concilier les intérêts des peuples et des nations : par des négociations, en défendant autrement la justice, le bon droit, l'intérêt légitime. Et non pas dans le sang et par la force, ce qui aboutit presque toujours à l'injustice.

Le droit des peuples à la paix

Mais cette année, Nous avons aussi considéré un autre responsable du sort des peuples. Ayant salué, disions-Nous, les sommités et les ayant invitées à fortifier la paix, Nous Nous adressons maintenant au peuple, à vous qui représentez ici symboliquement le peuple, non seulement celui de cette nation, mais celui de toutes les nations, qui désire vraiment la paix et la concorde entre les hommes. Si ceux qui vous guident ont le devoir de promouvoir la paix, vous avez, vous le peuple, le droit d'être gouvernés d'une manière qui ne trouble pas votre sort, votre paix et votre vie. Vous ne pouvez décider directement des intérêts suprêmes des nations mais vous avez le droit légitime et sacré d'attendre de vos chefs qu'ils vous gouvernent de manière à ce que vous n'ayez pas à souffrir, à vous trouver sous les coups des armes terrifiantes de ceux qui font la guerre, sans seulement que vous sachiez pourquoi et puissiez vous défendre. C'est le droit des peuples que nous célébrons aujourd'hui en cette « Journée de la Paix ».

Souvenir du bombardement de Rome

Un souvenir Nous revient en mémoire. C'était lorsque Nous accompagnions notre grand et vénéré prédécesseur Pie XII en la sortie qu'il fit, si Nous avons bonne mémoire, le 13 août 1943; c'était la seconde fois qu'il sortait du Vatican pour les bombardements qui commençaient à s'abattre sur Rome. Nous passions près d'ici, à la Porte Majeure, en route vers les quartiers de Saint-Jean. Il y avait là un groupe de jeunes, fous de douleur et de désespoir devant le bombardement qui venait d'avoir lieu : des maisons en ruine, des morts, des blessés, l'épouvante collective, la psychose chez tous comme pris de folie. L'un de ces jeunes courait derrière la voiture du Pape. Je le vois encore, de désespoir levant les bras et criant : « Pape, Pape, plutôt l'esclavage que la guerre » ! C'était insensé mais c'est ce qu'il criait, « délivrez-nous de la guerre, délivrez-nous de la guerre ». C'était le cri qui justement monte des classes populaires qui ne sont pas au courant des grandes questions qui décident du sort des nations : « Non, non, pas la guerre ! Qu'avons-nous fait de mal, que sommes-nous là-dedans, pour être ainsi frappés sans pitié, avec cruauté, sans justice et à l'aveugle ? » Cette scène et cette voix Nous sont apparues comme le symbole de ce qu'il y a d'irrationnel dans la guerre. Nous ne les avons jamais oubliées.

La paix par le peuple

Mais Nous avons encore une autre idée. Nous ne voulons pas aujourd'hui célébrer seulement la paix pour le peuple; Nous allons plus loin. La paix doit surgir du peuple, de vous. Vous devez être les promoteurs de la paix. Si vous êtes chrétiens, vous avez entendu tout à l'heure les textes de l'Évangile et vous savez que tout chrétien doit être un pacifique : non pas un homme endormi, un indolent qui ne se soucie de rien, mais un promoteur de la paix, un artisan de rapports pacifiques entre les hommes : « Bienheureux les pacifiques, c'est-à-dire bienheureux ceux qui se font les apôtres de la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ». Vous qui êtes fils de Dieu, vous devez tous aimer et promou­voir la paix.

J'entends la question que vous me posez tout bas : « Mais nous, comment pourrons-nous promouvoir la paix ? Quel moyen avons-nous de faire valoir nos désirs et nos aspirations ? Voici notre réponse. D'abord, nous sommes en démocratie. Cela veut dire que c'est le peuple qui com­mande et que le pouvoir vient du nombre, de la quantité, de la population comme elle est. Si nous sommes conscients de ce progrès social que notre époque a fait mûrir et voit se répandre dans le monde entier, nous devons faire en sorte que la démocratie impose sa voix. La démocratie ne veut point que les masses aient à se mesurer les unes contre les autres pour se détruire. Une idée doit naître de cette forma­tion et de cette mentalité politique qui est celle du peuple, des masses et de l'ensemble de la population, et cette idée doit triompher : il ne doit plus y avoir de guerres dans le monde.

La paix sociale

II y a encore une autre voie que Nous vous recom­mandons. Nous devons nous éduquer, nous former, refaire notre mentalité et notre psychologie. Êtes-vous vraiment décidés à abolir entre les hommes ces rapports de lutte, de haine et de violence ? Êtes-vous résolus à être de ceux qui font avancer la paix et veulent que les intérêts des uns et des autres, même différents et parfois opposés, se règlent autrement que par la haine, la lutte, la force de la violence et du nombre ? Eh bien, nous devons nous éduquer à penser et à vouloir ainsi.

Vous pouvez voir que là-dessus nous n'en sommes encore qu'au commencement. Pourquoi ? Parce que, depuis très longtemps, nous sommes intoxiqués par l'idée qu'on n'arrive à rien sinon par la haine, la violence et les voies de fait. « A moins d'employer les moyens extrêmes, on n'obtient rien ». C'est une mentalité qu'il faut dépasser. Elle vient malheureusement de l'expérience, c'est-à-dire du fait qu'il y a des classes égoïstes qui ne veulent point bouger, qui possèdent et ne donnent pas, qui veulent profiter de leur force et de leur situation pour exploiter ou du moins pour utiliser les autres. Cela non plus n'est pas de la démocratie ni de l'esprit social. Ce n'est pas la charité que le Seigneur nous a prêchée.

Le Seigneur nous a dit : vous êtes tous frères. Est-ce là ce que nous pensons des rapports entre tous les hommes ? Oui et non. Nous le disons très souvent et nous pensons que c'est là une belle chose mais utopique, irréalisable, un beau rêve mais impraticable, inapplicable dans le concret. Cela montre qu'avant de persuader les autres, nous devons nous persuader nous-mêmes que la fraternité doit être la loi, le principe, le critère dominant des rapports entre les hommes. Si nous ne sommes pas encore frères, nous devons le devenir et nous habituer, après tant de siècles que l'Évangile nous le prêche et nous le répète, mais nous sommes réfractaires à cet enseigne­ment !,  nous devons nous habituer à voir dans un autre visage l'image de notre visage, et dans les autres un autre nous-mêmes. Car le Seigneur nous a dit « Aimez-vous les uns les autres, aimez-vous comme vous-mêmes». Cela veut dire que nous devons transférer dans les autres le sentiment de personnalité qui proprement nous définit, définit notre moi. Nous devons nous comprendre nous-mêmes dans les autres; nous devons dilater, universaliser notre personnalité en sorte que nous traitions les autres comme nous voulons être traités nous-mêmes. Voilà ce que nous enseigne Jésus. C'est une grande et difficile réalité, à laquelle nous devrons nous éduquer, pour laquelle nous devrons probablement célébrer bien d'autres belles « Journées de la Paix » ! Mais c'est la ligne à suivre, c'est la grande politique du monde, humaine et chrétienne : Nous devons nous habituer à voir dans les hommes non des antagonistes, des ennemis, des rivaux, des concurrents, mais des frères.

Ne risquons-nous pas ainsi de ne plus avoir la force de défendre nos intérêts ? Nous devons défendre nos intérêts mais autrement que par la haine, la violence et l'écrasement des autres. Nous devons nous situer à un niveau supérieur, à celui de la raison et à celui, plus élevé encore, de la charité. Nous devons vouloir du bien à tous, nous seraient-ils anti­pathiques, des adversaires et des ennemis. Nous devons acquérir cette immense force nouvelle qui nous rend plus hommes. C'est la leçon de l'Évangile.

Fils et frères très chers, avons-nous la force de pardon­ner ? Savons-nous atteindre à cette force d'âme, à cette énergie spirituelle qui sait céder devant la méchanceté d'un autre? Pas encore peut-être. Nous disons tous les jours au Seigneur : « Père, pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». N'oubliez point ce « comme », ce « comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés... »; L’équation entre les fautes dont nous demandons le pardon et celles que nous devons pardonner aux autres bien souvent n'existe pas. Nous prétendons que Dieu, lui, nous pardonne, qu'il ait pitié de nous et nous bénisse, mais nous ne bénissons pas et nous ne pardonnons pas. Il faut arriver à posséder cette force d'âme. La paix n'est pas une faiblesse ni une lâcheté ni en face d'autrui le renoncement passif à ses aspirations et à ses intérêts légitimes. Il existe une façon légitime, mesurée et raison­nable de défendre ses aspirations. Tant d'aspirations restent encore en souffrance ! Pour notre peuple, que de grandes et belles choses attendent encore ! Nous devons tous travailler à ce qu'elles soient réalisées.

Pour cela, nous devrons bâtir notre société et notre démocratie sur l'amour, sur la charité, sur les principes de l'Évangile, sur ceux aussi du droit naturel qui nous dit justement que les hommes sont égaux entre eux et qu'ils ont tous les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Voilà ce que Nous avions à vous dire. Ce qu'on vous prêche, vous le voyez, s'annonce difficile et quasi impossible à pratiquer, car cela demande beaucoup. Mais commençons dans notre cœur : devenons bons, forts, miséricordieux, capables de voir les besoins et les misères des autres, capables de secourir les autres, capables de donner la main au plus faible et à celui qui est tombé, dans un sentiment de fraternité et de miséricorde. Vous verrez que les choses s'amélioreront et, un jour, au nom du Christ et de la civilisation, la paix triomphera.

Paul VI 

Texte  italien  dans  L'Osservatore  Romano  des   2-3   janvier 1971. Traduction des Actes Pontificaux.

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 15:12

Homélie de Paul VI, 25 décembre 1970…                         

Déc. 1970. Paul VI a célébré la messe de minuit, dans la chapelle Sixtine, en présence du corps diplomatique. Il a prononcé l'homélie suivante.

Messieurs et chers amis,

Nous devons avant tout nous rendre compte du motif de cette célébration nocturne. Pourquoi sommes-nous ici ? Que sommes-nous venus faire ? Rendre hommage à une habitude traditionnelle ? À une simple singularité rituelle ?

Non, ce qui nous tire de notre sommeil, ce que nous nous sentons obligés de commémorer avec une conscience vigilante est un fait historique, un événement d'une impor­tance suprême et unique, un message que nous sommes incapables de définir en termes adéquats et que notre intel­ligence ne réussit pas à comprendre entièrement. Une expression théologique, exubérante de réalité historico-humaine et d'insondable mystère, le présente à notre esprit émerveillé et incrédule, à notre foi et à notre joie : il s'agit de l'Incarnation. Il s'agit du Verbe de Dieu qui s'est fait homme. Quelque imparfaite et problématique que puisse être l'idée que nous avons de Dieu, de son existence, de sa transcendance, du rapport créateur et existentiel de la divinité avec les choses finies, que nous connaissons, et avec l'histoire humaine qui se déroule dans le temps, nous ne pouvons nous empêcher d'être ébahis par l'hypothèse que nous reconnaissons ici comme un fait réel et accompli : c'est le Verbe de Dieu, Dieu lui-même, qui entre personnellement sur la scène terrestre et humaine, et assume en lui une vie humaine en tout semblable à la nôtre (hormis le péché, Hébr. 4, 15), existant ainsi toujours un quant à la personne, mais avec une double nature, divine et humaine. Et comme Fils de l'Homme, lui Fils de Dieu a vécu plusieurs années sur cette terre, il s'est rendu visible, avec un visage humain, il a grandi, il a travaillé, parlé, souffert parmi nous; bref, il s'est révélé, et il a accompli une mission qui ne peut pas ne pas regarder l'humanité entière et atteindre la destinée de tout homme, passé, présent et futur, de ce monde.

Ainsi en est-il. Tremblant et stupéfait, Nous répétons l'annonce de cette naissance extraordinaire, la naissance du Christ, le Verbe de Dieu fait chair, le Messie de l'histoire, le Sauveur du genre humain; et Nous faisons nôtres les paroles de l'ange du Seigneur : « Rassurez-vous, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle (la Bonne Nouvelle, l'Évangile par excellence) qui sera une grande joie pour tout le peuple : aujourd'hui, dans la cité de David (Bethléem), un Sauveur vous est né, qui est le Christ Seigneur » (Luc, 2, 10-11).

Ce n'est pas là une légende littéraire, ni un mythe fantas­tique; c'est un fait réel et concret, d'une nature et d'une importance telles que toute l'histoire humaine en demeure atteinte; c'est pour le rappeler que nous sommes ici, pour le célébrer, pour repenser encore à l'influence qu'il a sur nous. Ainsi se rouvre pour nous une méditation que chacun d'entre nous aura, d'une façon ou de l'autre, cent fois commencée; méditation sur le christianisme, sur sa réalité, sur son effica­cité, sur le rapport qu'il a avec nous — ou du moins qu'il devrait avoir avec nous. Et par christianisme, en fin de compte, Nous entendons le Christ, son être, sa parole, son immanence dans la foi et dans la vie des hommes, sa présence aujourd'hui devant nous, sa figure apocalyptique, demain : le Christ, clef de toute question et de tout destin.

Oh, Messieurs et Amis, que j'ose appeler frères ! Laissons-nous tous dominer par cette pensée extraordinaire : le Christ, le Verbe de Dieu descendu en forme humaine sur la scène du monde. Mais que cette pensée, loin d'engendrer en nous la crainte (ce qui serait pourtant tout à fait naturel), nous envahisse de joie et d'allégresse, comme nous l'a demandé le message céleste. Cette joie sera le cadeau que nous ferons à Jésus-Christ pour sa naissance parmi nous; ce sera notre offrande; notre humble effort d'accueil et de compréhension. Noël, nous le savons, est une fête joyeuse; elle nous apparaît bien telle dans l'amour et dans la tendresse de cette nouvelle vie qui naît (cf. Jean 16, 21), dans la délicieuse faiblesse de l'enfance, dans le cadre de l'intimité si simple et sublime du foyer domestique.

Mais il y a plus. Noël n'est pas seulement la sublimation de la vie naissante, fruit de l'amour, étincelle de nouveauté et d'innocence, gage d'un monde meilleur, que nous espérons pour demain, celui de la nouvelle génération. Ce n'est pas seulement une joie qui naît de la terre. Observez bien : c'est une joie qui vient d'en-haut, c'est la révélation de la bonté infinie de Dieu, le signe d'un dessein mystérieux qui touche le monde et les hommes, c'est une pensée d'amour infini qui a ouvert le ciel clos du mystère impénétrable de la vie intime du Dieu inconnu, et l'a communiqué à la terre, comme une pluie illuminante et vivifiante. L'Apôtre Paul nous dit que « la grâce de Dieu est apparue, salutaire pour tous les hommes » (Tit. 2, 11), et l'Apôtre Jean : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jean 3, 16). Nous nous trouvons devant une conception universelle des destins suspendus sur l'humanité, et qui ont même pénétré dans la trame de l'histoire : c'est une conception de salut, une conception de clémence et d'amour, une conception tellement optimiste que même les malheurs, les souffrances, et la mort elle-même y trouvent une issue positive, pour le bien de l'homme (cf. Rom. 8, 28, 31). Telle est la vérité sur la vie, telle est la philosophie qui remporte la victoire sur toutes les expériences et sur toutes les tentatives pour expliquer les choses et les faits et dire le dernier mot sur la réalité du monde.

Notre dernier mot à Nous, qui sommes spécialement obligé d'observer le monde dans ses expressions les plus générales et les plus significatives, et d'en peser la valeur selon leur classification définitive, notre dernier mot serait au contraire facilement pessimiste, il déboucherait sur le doute, sur l'absurde, sur le néant. Nous serions des hommes myopes, aveugles, des hommes déçus, des hommes tentés par le scepticisme et le désespoir: où va le monde ? Que vaut la vie ? Qu'est-ce que la civilisation ? Peut-on vraiment envisager de faire régner sur terre l'ordre, la justice, la paix, l'amour? Tels serions-Nous, et telles seraient les conclu­sions de notre sagesse déçue, s'il n'y avait pas Noël, c'est-à-dire l'inauguration d'une économie de salut et d'espérance ! Les efforts du Sisyphe que nous sommes ne l'ont pas instau­rée, mais elle nous est donnée par un Amour transcendant qui n'a ni mesure ni regret, et veut faire de nous, de l'huma­nité, un peuple nouveau, un peuple bon et heureux (cf. I Petr. 2, 5, 9).

Noël, fête de joie et d'espérance, fête qui anime le devenir humain orienté vers une plénitude qui ne faillira pas.

Saluons-la et célébrons-la comme notre fête et comme la fête du monde.                        Paul VI  pape.

 

Extrait des Actes Pontificaux   (202-203)

Texte original français dans L'Osservatore Romano des 28-29 décembre 1970.

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Published by elogofioupiou - dans Paul VI toujours vivant
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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 15:44

La façon idéale de bien prier…                                    

Que le soir, où la réunion est plus facile, toute la famille, le père, la mère, les enfants, les domestiques, s'assemblent donc, et que les cœurs unis ensemble présentent par la voix de l'un d'eux les vœux et la prière de tous. Alors il se fera comme un apaisement de toutes choses ; les nuages de la vie quotidienne disparaîtront ; l'air deviendra plus serein, les nuits seront plus calmes, les jours suivants seront plus heureux. Dieu, selon sa promesse, descen­dra au milieu de cette famille réunie et apportera avec lui ses plus précieuses bénédictions. Puis les anges recueilleront, cha­que soir, ces prières toutes puissantes parce qu'elles seront fon­dues ensemble ; ils les porteront devant le trône de l'Agneau et formeront ainsi pour chaque famille, dans les hauteurs des cieux, une source toujours abondante qui suffira à tous les besoins et deviendra pour chaque membre comme une riche propriété à la fois indivise et particulière.

Cette pratique de la prière en commun est simple ; elle est facile ; elle demande seulement un peu de bonne volonté chez les chefs de la maison ; elle assure en retour un gage quotidien et toujours fécond des grâces du ciel ; et on peut lui appliquer ces paroles de l'Écriture : "Toutes sortes de bien s'introduiront avec elle dans l'intérieur de votre maison ; elle sera comme un berceau pour abriter votre famille ; elle donnera la joie et l'allégresse " (SAG. VII).

Que l'époux et l'épouse, que Dieu a unis pour partager les mêmes peines et les mêmes joies, prient ensemble. Sans la prière une union ne peut être vraiment heureuse et bénie du ciel.

Que les enfants prient avec les parents. Et l'enfant saura-t-il jamais prier, s'il n'a pas appris la prière sur les genoux de sa mère, d'abord, ensuite aux côtés de son père ? Le père et la mère ne doi­vent pas se contenter de dire à leurs enfants : allez prier, mais bien : venez, prions ensemble. Cette prière faite en commun dans la famille est une école sainte où les enfants apprendront la vénération qu'ils doivent aux auteurs de leurs jours. Ils entoure­ront de leur profond respect ce père qui sait découvrir son front et s'agenouiller humblement devant le Père qui est aux cieux ; ils vénéreront cette mère qui se prosterne avec foi devant le Seigneur qui a donné la vie à ses enfants. Ah ! Qu'elle est belle la famille, qu'elle est digne de l'admiration des anges la famille qui prie, qui voit chaque jour tous ses membres s'agenouiller sans exception devant Dieu comme elle va s'asseoir à la table pater­nelle ! La demeure de cette famille est alors un oratoire où l'on offre à Dieu un sacrifice de louanges par des prières et des hymnes sacrés. Tous les membres de la famille sont présents à ce pieux rendez-vous. Tous unissent leurs voix pour adorer et remercier l'Auteur de tout bien.

Les enfants prient pour les auteurs de leurs jours ; et la prière de l'enfant a une si grande influence sur le cœur de Dieu ! C'est pour cela que le poète a dit :

"Petits enfants à tête blonde,

Vous dont l'âme est un encensoir,

Priez ; la prière est féconde ;

Un enfant peut sauver le monde, en joignant ses mains chaque soir. "

Que les parents prient pour leurs enfants ; qu'ils suivent le conseil que leur donne le Prophète Jérémie : " Levez vos mains vers Dieu et Dieu bénira l'âme de vos enfants. " Il est certain que leur prière aura une efficacité toute particulière.

Qui nous rendra ces jours bénis où la prière du soir était, comme une fête quotidienne, pour toutes les familles ? Quand la journée était finie, le père assemblait ses enfants, ses domestiques ; tous s'agenouillaient humblement devant l'image du Dieu Sauveur, image qui souvent était une chère et pieuse relique léguée par les ancêtres dont elle avait entendu les vœux et béni les larmes. Ils adoraient ensemble la majesté souveraine et demandaient au Père céleste, avec le pain qui nourrit le corps, le pain plus pré­cieux encore qui nourrit l'âme. Ils saluaient avec amour la Vierge Marie qui les avait protégés tout le jour, puis récitaient avec une foi vive ce symbole qui aurait ravi d'admiration tous les sages de l'antiquité. Venait ensuite le décalogue, ce code parfait d'une morale sublime qui produit les saints.

Après avoir ainsi vivifié le souvenir de la loi qui devait les guider chaque jour, ils donnaient un souvenir aux morts longtemps pleures et imploraient la protection de l'ange gardien. Faisant ensuite un retour sur eux-mêmes, ils s'accusaient avec componction des fragilités de là journée et s'engageaient à éviter le mal, à faire tout le bien possible dans l'avenir. Le père bénissait l'assemblée et chacun se retirait heureux pour prendre un repos d'autant plus paisible qu'il n'était pas troublé par l'illusion ou par le re­mords.

De ce doux poème qui renfermait le culte domestique résultaient d'immenses avantages pour la religion et la société. Quelle pieuse et sainte pratique que celle qui existe dans un grand nombre de nos familles chrétiennes et qui devrait être répandue partout, tellement elle est légitime, je veux dire la prière avant et après les repas. N'est-il pas juste, puisque nous tenons tout de Dieu, n'est-il pas juste de le remercier de la nour­riture qu'il nous donne ?

Les riches, dont la table est chargée de toutes sortes de mets pendant que les pauvres meurent de faim à leur porte, ne seraient-ils pas ingrats de ne pas remercier le Seigneur qui se montre bon pour eux jusqu'à leur donner non seulement le nécessaire mais encore l'utile et l'agréable ?

Les pauvres des biens de ce monde mais riches des biens de l'éternité, selon la parole d'un Père de l'Église, n'ont peut-être qu'un pain arrosé de leurs larmes, mais c'est à Dieu qu'ils le doivent ; mais s'il le leur a donné en moindre abondance qu'à d'autres, s'il le leur fait gagner péniblement, à la sueur de leur front, c'est qu'il veut leur faire apprécier un autre pain, le pain qui leur fera oublier leur pauvreté ; car il apporte avec lui une douceur et une consolation toutes célestes.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 13:19

Donnez à Dieu les prémices de votre jour­née …              

La prière du matin est le baptême de la journée, celle du soir, l'adieu filial avant le repos, est le baptême de la nuit. Il n'est pas d'heure plus favorable pour la prière que celle du matin. La première pensée n'est-elle pas pour ce que l'on aime ? Le mondain pense à ses plaisirs, l'homme d'affaire à ses intérêts, l'ambitieux aux honneurs et le chrétien pense à Dieu. Le cœur monte naturellement vers les objets chéris comme la plante au soleil. Aussi dire de quelqu'un qu'il est notre première pensée, c'est dire qu'il est notre premier amour. Or qui le mérite plus que Dieu ? Si le péché originel n'avait pas égaré la direction de nos facultés, ce mouvement serait chez nous instinctif, irrésis­tible, comme celui de l'enfant qui le matin se précipite dans les bras de son bon père. Et puis ce père est là qui sollicite de nous le premier élan de l'âme. Il se compare dans l'Écriture à un voyageur matinal qui se tient debout à la porte et y frappe pour qu'on lui ouvre : " Que notre pre­mière parole soit pour lui dire d'entrer. "

C'est justice que Dieu soit servi le premier et qu'aussitôt introduits dans ce beau palais, nous commencions par saluer le maître de la maison avant de nous occuper ou de ce qui le rem­plit ou de ceux qui l'habitent.

Milton, dans son poème du Paradis perdu, montre le premier

homme transporté et ravi dès qu'il ouvre les yeux et qu’il voit le fir­mament étendu sur sa tête et il fait dire à Adam: "Je m'élançai, je bondis vers le ciel comme pour l'atteindre. " Voilà quel doit être l'élan spontané de notre cœur impatient de s'élever vers Dieu dès que notre lever nous introduit près de lui.

Et quand est-ce que nous prierons si nous ne prions pas le matin ? La création tout entière semble nous adresser l'invitation : " Venez, adorons Dieu qui nous a donné tous cela." L'univers s'anime comme un temple qui vient de s'ouvrir : les plantes don-nent leur encens, le soleil rallume ses feux comme un flambeau sacré ; les oiseaux, avant de chercher leur pâture, envoient dans les airs leurs premiers chants ; toutes les créatures vivantes font entendre leurs premiers cris, et ces millions de voix qui montent de partout, ce sont des voix de prière, d'adoration, d'action de grâces qui ensemble, à leur manière, composent l'hymne de la nature à la gloire de Dieu. Et l'homme pourrait-il rester muet lorsque tous les êtres de la création bénissent le Seigneur ? A ce concert général de toutes les créatures, une seule voix ferait défaut et ce serait la voix de l'âme intelligente qui seule peut lui donner sa signification et son prix ! " Car, dit saint Augustin, cet hymne inconscient de la création est comme une musique très harmonieuse sous laquelle il n'y aurait pas de paroles et qui ne rendrait en conséquence que des sons presque vides de sens. Qui donc, sous cette vague har­monie des choses, va mettre un langage et lui prêter une âme ? Ce sera l'homme qui fera ce solo dont la voix du monde entier n'est que l'accompagnement. A lui de traduire, en un langage humai­n, cette langue universelle de la terre et des cieux. Voilà ce que le monde entier lui demande de dire pour lui. "

Que notre première pensée, notre premier acte, quand nous nous levons le matin soit pour renouveler nos sentiments reli­gieux qui ont été interrompus par le sommeil de la nuit, pour ado­rer Dieu, le remercier de la nouvelle journée qu'il nous accorde, lui demander les grâces nécessaires afin de la passer saintement.

N'oublions pas que de la prière du matin dépend ordinaire­ment la journée tout entière ; car c'est elle qui ouvre la voie aux actions qui la suivent. Elle donne à nos œuvres une impulsion salutaire, un bon mouvement qu'il est facile ensuite de suivre avec la grâce de Dieu. " Donnez à Dieu les prémices de la jour­née, disait saint Jean Climaque ; car la journée tout entière appartiendra à celui qui en a pris possession le premier. "

On dit qu'autrefois, quand les premiers rayons du soleil avaient touché la célèbre statue de Memnon, dans la journée, elle rendait des sons harmonieux. Et nous, quand, dès le matin, nous nous serons placés en face du divin soleil de justice, qui est Jésus-Christ, quand nous aurons laissé pénétrer dans notre âme ses rayons lumineux, pendant la journée, nous rendrons des sons harmonieux, nous ferons bien et nous ferons du bien.

La prière du matin est le baptême de la journée ; celle du soir, l'adieu filial avant le repos, est le baptême de la nuit. Dès le matin, notre premier regard s'est élevé vers Dieu ; que notre dernière pensée soit encore pour lui. Remercions-le des faveurs qu'il nous a accordées ; demandons-lui pardon des fautes que nous aurions pu avoir commises. " Quel homme ne rougirait pas de terminer le jour sans louer Dieu, dit saint Ambroise, lorsque les petits oiseaux célèbrent le commencement du jour et de la nuit avec des chants suaves et harmonieux ! "

Bien que le bon Dieu écoute toujours favorablement celui qui prie avec de bonnes dispositions, la prière faite en commun a néanmoins pour lui un attrait tout particulier ; tellement que Jésus-Christ a promis de se trouver en personne avec ceux qui s'assemblent pour prier en son nom : " En quelque lieu que se trouvent deux ou trois personnes assemblées en mon nom, dit-il, je me trouve au milieu d'elles et je prie pour elles " (math. 18). Combien ce motif doit encourager les familles à se réunir pour prier ! Malheureusement cet usage, autrefois si généralement répandu, se perd chaque jour, même parmi les familles les plus chrétiennes. Les prêtres dans le ministère ne sauraient trop tra­vailler à la faire revivre. C'est un si puissant moyen de réveiller la foi et la piété dans les paroisses.

Une famille est une personne morale qui a dans son existence ses besoins et ses épreuves, ses satisfactions et ses joies. Il est donc de son devoir de s'adresser à Dieu, comme telle, pour le re­mercier des bienfaits qu'il lui accorde et lui demander ses grâces.

Ah ! Si on comprenait bien toutes les bénédictions que la prière en commun attire sur les maisons, avec quel empressement on y aurait recours !

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 15:19

 Le pape-imposteur instrument de la destruction…

Même en 2017, les sédévacantistes, croient tout savoir sur le    pontificat de Paul VI, mais ils sont très loin du compte…

Tant que le Pape Paul VI put encore paraître publiquement et tenir ses allocutions dans lesquelles il défendait sans cesse avec ténacité la doctrine traditionnelle de l'Église contre les novateurs de la Foi, les conjurés secrets du Vatican ne purent faire passer leurs idées visant à la création d'une religion mondiale que très prudemment derrière le dos du Pape Paul VI.

L'un des nombreux exemples illustrant ce fait est la suppression des exorcismes du baptême par un décret de la congrégation des rites du 15 mai 1969 dont le Pape Paul VI, trois ans et demi plus tard, ne savait visiblement encore rien. On peut le déduire d'une allocution du pape qui fit sensation en son temps, allocution sur le diable du 15 novembre 1972 dans laquelle il mentionnait expressément les exorcismes du baptême comme moyen de délivrance par le Christ de la domination du diable sur l'homme. Donc pendant au moins trois ans et demi le Pape ne sut rien de cette rupture radicale, décrétée derrière son dos, avec la tradition immuable de l'administration des sacrements !

Avec la création du pape-imposteur et la totale dépossession des pouvoirs du Pape Paul VI, la réalisation des buts des conjurés secrets fut facilitée et accélérée. En voici deux exemples.

Le changement de fonction de l'extrême-onction

L'extrême-onction « ne doit être administrée qu'à des malades pour la vie desquels on craint » (concile de Florence, 1439) ; ceux « que l'on considère comme quittant la vie, raison pour laquelle on l'appelle aussi le sacrement des mourants » (Concile de Trente, XlVe séance, 1551) ; « Quand le fidèle commence à tomber en danger de mort à cause de la maladie ou de la faiblesse due à l'âge » (IIe Concile du Vatican, Constitution de la liturgie, Art.

Avec le nouveau rite, la nature de l’extrême-onction fut changée, en pratique, prenant de plus en plus le sens d’une prière pour la guérison. Actuellement, dans bien des églises, les personnes d'un certain âge reçoivent déjà « l'onction des malades » pendant l'office du dimanche. Ce changement de fonction dirigé d'en haut de l'extrême-onction contre la tradition doctrinale immuable et la déclaration nette des trois conciles est l’une des nombreuses mesures prises dans le dessein de détruire méthodiquement la nature des sacrements, en tant que forme prescrite par le Christ, de l'application des grâces de salut.

Le raffinement avec lequel fut étouffée la protestation des théologiens conservateurs contre cette démolition systématique de l'édifice de la foi de l'Église, est montré par l'exemple suivant :

Le 5 octobre 1975, le pape-imposteur administra l'Extrême-onction à Rome, sur la place Saint-Pierre, à cinquante malades de divers pays ; qui allait alors oser encore élever la voix contre le changement de fonction de l'Extrême-onction, devenue une prière pour la guérison, si, de façon évidente, le pape lui-même administre ainsi le sacrement :

La photo montre cette scène. On y reconnaît le pape-imposteur à l'oreille décollée, aux lunettes à double foyer posées sur la courbure du nez, au visage rond et au menton peu accentué.

On voit également le visage indigné d’un jeune prêtre à gauche qui, il y a peu de temps, au séminaire, avait bien compris ce qu'était la nature de l'Extrême-onction et doit maintenant voir comment celui qu'il pensait être le pape, circulant parmi les rangs des pèlerins loin d'être des moribonds, signant avec le pouce, sans signe de croix, la paume de la main et le front de chacun, avec un peu d'huile, falsifie l'Extrême-onction en en faisant une « onction des malades » ! Se doutait-il, ou bien savait-il, qu'il était impossible que cet homme soit le Pape Paul VI ?

(Note de J.-Bte. André.) Si de telles choses ont pu avoir lieu aux dépens de Paul VI, et ce avant l'existence du sosie, cela en dit long sur ce que vaut la déclaration sur la liberté religieuse de 1965. Les sédévacantistes, par exemple, croient tout savoir sur le pontificat de Paul VI, mais ils sont loin du compte. …

Inspiré de : L’IMPOSTURE DU SIÈCLE…       

http://www.lasurviedupapepaulvi.com/2014/06/l-imposture-du-siecle-theodor-kolberg.html

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 16:01

QUAND FAUT-IL PRIER…                                    

"Il faut toujours prier et on ne peut se lasser de prier," (Luc, xvIII) disait, le Sauveur à ses Apôtres. Quel est le sens de ces paroles ? Signifient-elles que nous sommes obligés de prier sans cesse, d'une manière actuelle et non interrompue ? Devons-nous continuellement réciter des prières vocales ou même pratiquer l'oraison mentale d'une manière constante et continue ? Évi­demment non. Les hommes appelés à vivre en société ont à rem­plir de nombreux devoirs qui seraient incompatibles avec un semblable précepte. Si quelques saints ont eu des grâces et une vocation spéciale pour mener sur la terre une vie à peu près angélique, il ne s'ensuit pas que cette vie soit un précepte, ni même un conseil s'adressant à la généralité des hommes. Il ne faut donc pas donner ce sens aux paroles de Jésus-Christ.

Pour accomplir ce commandement de Dieu, il suffit de faire son devoir là où la Divine Providence nous a placés, de soumettre entièrement et généreusement notre volonté à celle de Dieu, de lui offrir toutes nos actions, toutes nos joies et toutes nos souf­frances, dans le dessein de lui plaire.

Le chrétien prie toujours s'il accomplit cette parole d'Origène : " Toute action du juste faite selon Dieu et sa loi sainte, est une prière." Le chrétien prie toujours s'il se conforme à cette maxi­me de saint Bonaventure : " On ne cesse pas de prier quand on ne cesse pas de bien faire, et la prière du cœur et des œuvres a plus de valeur que celle des livres. "

"La prière, dit saint Basile, consiste dans les actions que l'on fuit, dans tout le cours de sa vie selon les règles de la vertu."

" Ce n'est pas en vain que l'Apôtre nous dit de prier sans cesse, écrit| saint Augustin ; et néanmoins nous ne pouvons pas sans cesse fléchir les genoux, lever les mains au ciel et demeurer prosternes sur la terre. Il y a donc une autre prière continuelle. Cette prière, quelle est-elle ? Notre désir de bien servir Dieu. Quels que soient vos embarras et vos occupations, si, au milieu de tout cela, vous désirez le repos de la vie éternelle, votre prière n'est point interrompue. "

Saint Jean Chrysostome dit : " Il n'est aucun lieu ni aucun temps qui nous empêche de prier ; car il n'est pas nécessaire pour prier de fléchir les genoux, de lever les mains au ciel, de se frapper la poitrine. Ayez l'esprit toujours fervent et le cœur plein de charité et vous faites une excellente prière en allant, en venant, on peut ainsi prier partout et prier longtemps. "

Ce grand Saint ajoute que chaque bonne œuvre est un instru­ment de musique et que faire une bonne action, c'est chanter un cantique à Dieu. " Chrétiens, dit-il, le Prophète nous annonce qu'il loue Dieu tout le  jour ; mais  qui peut comprendre  et goûter cette parole ? Je vais vous indiquer un moyen de louer Dieu toute la journée si vous le voulez.  Faites bien tout ce que vous faites et vous avez loué Dieu ; vous quittez l'église après avoir chanté les louanges du Seigneur et vous vous mettez à table : observez les règles de la tempérance et vous avez fait une prière ; vous allez trouver le repos de la nuit, ne vous levez pas pour mal faire et vous avez loué Dieu ; vous vous livrez au   commerce ;   évitez   la fraude   et  vous   avez   chanté   un hymne au Seigneur : vous cultivez la terre, évitez les querelles avec votre voisin et vous avez prié. Préparez-vous à louer Dieu ainsi tout le jour par l'innocence de vos œuvres. Lorsqu'un chré­tien se retire de l'église, il semble qu'il ne loue plus le Seigneur ; mais s'il ne cesse pas de bien vivre, il ne cessera pas de prier. La prière n'est interrompue que lorsqu'on s'éloigne de la justice. Menez toujours une bonne vie et alors, malgré le silence de vos lèvres, votre vie est un cri perpétuel et les oreilles du Seigneur sont inclinées vers vous. Prenez la lyre des bonnes œuvres ; que la perfection de votre vie soit un chant qui ne se taise jamais. Alors vous louez Dieu en traitant une affaire ; vous louez Dieu quand vous mangez ; vous louez Dieu quand vous dormez. Vous me demandez où est votre prière et moi je vous demande où elle n'est pas. "

"La vie tout entière du juste, dit Origène, est une longue et magnifique prière."

Il suffit donc d'avoir une intention pure, un désir ferme de plaire à Dieu, et aussitôt chacune de nos pensées, de nos actions, chacun de nos sentiments, notre silence, notre sommeil même, deviennent un hymne à Dieu. Il nous est donc facile de trans­former toute notre vie en une belle prière. Chaque matin, la route nous est tracée par le devoir de la vie sociale et chrétienne. Il suffit de nous y élancer avec une foi vive et le désir de faire la volonté de Dieu. Rien ne sera changé à notre existence, sinon les dispositions de notre cœur et la joie qui mondera plus souvent les facultés de notre âme. Nos occupations seront les mêmes ; elles deviendront seulement moins pénibles et plus faciles à sup­porter, parce que la piété pénétrera notre vie tout entière pour la fortifier et la consoler. Nous ne quitterons jamais Dieu parce que, si, comme les Anges, nous remplirons tous nos devoirs en sa présence, nous serons comme eux plongés dans l'essence divine.

L'histoire rapporte qu'un saint jouait avec ses compa­gnons ; on en vint à parler de la mort et chacun devait dire ce qu'il ferait en ce moment suprême, et tous de s'écrier qu'ils se proster­neraient les genoux en terre, invoquant la miséricorde de Dieu. " Pour moi, réplique le saint, je continuerais à jouer." Quelle aimable réponse ! Quelle vaste doctrine en un seul mot ! En jouant bien, le saint faisait ce que la Providence atten­dait de lui en ce moment et il n'est pas de plus sublime perfec­tion : faire à chaque instant la volonté de Dieu, accomplir à chaque heure du jour le devoir qui se présente ; il n'est pas de meilleur moyen de se sanctifier, il n'est pas de pratique plus sûre pour se préparer au jugement de Dieu.

L'univers est beau ! Belle est la nature dans la fécondité de son sein, dans l'harmonie de ses lois, dans la majesté inviolable de son cours. Belle est l'immensité des espaces où se balancent, comme les navires, les astres que la main de Dieu y sema au premier jour. Mais il n'y a pas de plus beau spectacle que l'hom­me qui a constamment à cœur de faire son devoir, qui a toujours son âme dans ses deux mains et, l'œil fixé sur Dieu, la plie à la vertu, la façonne à la justice, comme on façonne un marbre à la beauté.

Si nous étions des anges, nous pourrions nous contenter de ce genre de prière : faire la volonté de Dieu ; les anges ne prient pas autrement. Unis à Dieu, ils le voient, ils l'aiment par un acte continuel et ininterrompu ; et toujours plongés dans l'Océan divin, ils aiment en exécutant les ordres du Très Haut et ils les exécutent en aimant. Mais, sur cette terre d'exil et de pénitence, la misère et la faiblesse de notre nature, la corruption du péché, les incertitudes de la volonté, l'inconstance des désirs, tout nous fait une obligation de choisir certaines heures où nous puissions vaquer d'une manière plus spéciale à la prière, où ce saint exercice devienne notre affaire principale, où nous concentrions toutes les puissances de notre âme pour nous occuper exclusive­ment de Dieu et de nos besoins spirituels.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 12:27

Comment les messages de Bayside peuvent contribuer à nous éclairer…

Saint Michel Archange le 21 août 1974 : « Satan a maintenant entre les mains beaucoup de positions dirigeantes dans la maison de Dieu, dans la Ville Éternelle de Rome. Des traîtres entourent votre Vicaire. Ses souffrances sont grandes. Ils ont déjà choisi son successeur. »

La Vierge Marie le 6 avril 1977 : «Comme je vous l'ai déjà dit dans le passé, l'homme du nom de Benelli a paru à Rome pour s'immiscer auprès du Siège de Pierre et pour amener la domination complète du 666 sur le siège de Pierre !... Mes enfants, on tente de destituer  votre Vicaire, le Pape Paul, du siège de Pierre! Lisez les messages, les précédents messages du ciel, et instruisez-vous de leur lecture ! »

Une photo miraculeuse prise avec un appareil polaroid, il y a plus de deux ans, au lieu de pèlerinage de Bayside, pendant les heures de prière publique réparatrice, est une documentation photographique tout-à-fait extraordinaire pour la nomination de Benelli au cardinalat. La photo, qui se développe aussitôt après la prise de vue, devant de nombreux témoins, ne montra pas la statue et les gens en prière, mais un portrait du substitut à la secrétairerie d'état à cette époque, l'archevêque Monseigneur Benelli !

[En réalité, la Vierge voulait dire que Benelli allait placer le « pire antipape de l'histoire » sur le Siège de Pierre. Telle était la signification de la phrase « amener le règne du 666 à Rome ». Car ce Benelli fait partie des conjurés qui ont installé Wojtyla. Comme l'ont expliqué les exorcismes suisses, ce prélat était franc-maçon de notoriété, « dénoncé par les âmes privilégiées », donc il ne pouvait « s'élever au pontificat », car cela eût attiré les soupçons.] Note de J. Bte André.

Cette photo miraculeuse fut reproduite dans le livre de Frère Vincent de Paul T O S F : « The abominations of désolations : Anti-Christ is here now ! » (Les abominations des désolations : L'Antéchrist est arrivé), qui a paru aux U.SA. Le 15 août 1975. La première page de ce livre porte la marque de Copyright : « © Brother Vincent de Paul T O S F, 1975 ».

Ce qu'il y a de surprenant sur cette photo c'est que la même photo fut reproduite deux ans plus tard, à l'occasion de la nomination de Benelli au cardinalat, dans l'Osservatore Romano ! [Cette photographie miraculeuse est effectivement très surprenante et porte un coup aux détracteurs de Bayside, une fois de plus. On s'expliquerait mal que le démon puisse, deux ans à l'avance, faire apparaître la photographie qui allait être publiée dans l'Osservatore Romano ; cela va certainement au-delà de ce qu'il connaît et peu deviner.  (J.-B. A.)]

 

Les deux photos se ressemblent à s'y méprendre, si bien que personne ne croirait qu'il s'agit d'une photo d'origine surnaturelle et d'une autre d'origine naturelle. …

Puis on fit célébrer par  le faux ou le vrai ( ?) Pape Paul VI à la basilique Saint-Pierre une messe commémorative pour le Pape Jean XXIII devant le Corps Diplomatique, des membres de la curie et des invités d'honneur.

C'était sans doute une façon de fournir un document prouvant que… que le Pape Paul VI était encore là, et maintenant en activité, et par là-même que lui seul avait pu convoquer le consistoire et nommer Benelli cardinal.

Les louanges largement répandues de la soi-disant fidélité de Benelli au Pape Paul VI, que fit le pape-imposteur pendant le consistoire public, eurent visiblement deux objectifs :

Premièrement il devait être apporté par le « pape » lui-même ( ?) un document prouvant qu'en aucun cas on ne travaillait derrière son dos et contre sa volonté à la curie, qu'au contraire toutes les directives et tous les décrets de Rome qui étaient visiblement en contradiction avec la tradition doctrinale immuable, venaient réellement du pape lui-même.

Deuxièmement, les flatteries pénétrantes que le « pape » adressa à Benelli devaient sans doute donner l'impression que Benelli était l'homme de confiance du Pape Paul VI en tant que successeur sur le siège de Pierre.

C'est un but semblable que servit sans doute également l'allocution de Benelli à son installation à Florence, dans laquelle il dit : « Il me semble venir à vous les mains vides. Mais j'ai un modèle qui sera toujours sous mes yeux comme un éclatant idéal : le Pape Paul VI qui pendant de nombreuses années de conversation presque quotidienne m'a enseigné comment il faut servir l'Église. En toute modestie, je vais essayer de tenir compte de ses agissements dans les miens et de vous faire ainsi participer à son charisme en tant que Pasteur de l'Église universelle, comme cela m'a été donné en partage ces dix dernières années. Si je réussis à vous faire un peu de bien et à vous aider à devenir meilleurs, ce sera un mérite du pape qui me l'aura enseigné.» (L'Osservatore Romano, édition hebdomadaire en langue allemande du 22 juillet 1977).

Peut-on imaginer plus grand contraste entre les paroles et les actes d'un homme ? Que disait donc la Sainte Vierge à Bayside ?

« Giovanni Benelli, quel chemin as-tu pris ? Tu es sur le chemin de l'Enfer et de la damnation ! » -

« Mais ceux à qui il a fait confiance l'ont trompé, ont complètement établi leur domination sur sa mission. » -

« Trois hommes dirigés par Satan ! »

« Ces directives ne sont pas écrites de la plume du Pape Paul VI. Elles sont écrites de la plume de Benelli et de Villot ! » -

« Il me faut maintenant faire savoir que ces changements, les changements qui donnent de mauvais fruits, ne vous ont pas été donnés par le Saint-Esprit et par votre vicaire le Pape Paul VI. C'est le filet jeté par Satan. Beaucoup sont actuellement des marionnettes ; les ficelles sont tirées par Benelli, Villot, Casaroli et leurs partisans ! »

« Ceux à qui il (Paul VI) a fait confiance se sont tournés contre lui, ont mangé à sa table, avaient joui de sa confiance, pour le tromper ensuite ! » -« Beaucoup de choses qu'on prétend venir du Saint-Père ne viennent pas de lui, mais de ceux qui l'entourent, qui sont actuellement complètement au pouvoir ! » -

 

Note du blog : Il faut prier pour le retour du saint Père  PAUL VI.  Ayons confiance en la Divine Providence, son retour est pour bientôt. Ave Maria UDP

Inspiré de : L’IMPOSTURE DU SIÈCLE…  ( Jean Baptiste André )

http://www.lasurviedupapepaulvi.com/2014/06/l-imposture-du-siecle-theodor-kolberg.html

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 15:46

Sixième  qualité de la prière - Prier avec persévérance…      

Prions aussi avec persévérance surtout si Dieu diffère de nous accorder ce que nous lui demandons.

Nôtre-Seigneur a voulu nous donner l'exemple de la persévé­rance dans la prière en demeurant quarante jours dans le désert. Souvent aussi il se retirait du milieu de la foule et il passait des nuits entières en prières. (Luc, VI) Dans le jardin des Olives, trois fois il se prosterne, ré­pétant les mêmes paroles ; au milieu de son agonie il priait avec une ferveur plus soutenue. (Luc, xxII)

Notre Divin Maître n'avait pas besoin d'une prière longue et persévérante pour être exaucé de son Père, il lui suf­fisait d'un regard intérieur plus prompt que l'éclair ; mais il a voulu nous montrer par son exemple que la persévérance était nécessaire à nos demandes, que Dieu, par des raisons de sagesse et de miséricorde, différait quelquefois de nous exaucer et qu'il fallait faire violence au ciel par la continuité de nos désirs. " Sa­chez, dit l'Esprit Saint, que Dieu exaucera vos demandes, si vous persévérez dans vos prières " (judith, VI).

Jésus enseigna un jour cette vérité par une parabole: "Si quel­qu'un d'entre vous avait un ami et qu'il allât le trouver pendant la nuit, en disant : prête-moi trois pains parce qu'un de mes amis, qui est en voyage vient d'arriver chez moi et je n'ai rien à lui donner. Cet homme lui répond : ne m'importunez point ; ma porte est déjà fermée ; je ne puis me lever pour vous donner. Si l'autre persévère à frapper, quand même celui-ci ne se lèverait pas parce qu'il est son ami, je vous assure qu'il se lèverait à cause de son importunité et lui donnerait ce dont il a besoin. Je vous dis de même : demandez et il vous sera donné ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira ; car quiconque demande reçoit et l'on ouvrira à celui qui frappe. "

Remarquons bien que Nôtre-Seigneur ne nous dit pas seule­ment de prier, mais encore de chercher, de frapper à la porte de son Cœur et de ne point nous lasser, de redoubler sans cesse nos coups jusqu'à ce que la porte s'ouvre, étant assurés qu'elle se rouvrira  si nous persévérons à la pousser.

" Ne nous lassons jamais de prier, dit saint Augustin ; car si Dieu ne nous donne pas aussitôt ce que nous lui demandons, ce n'est pas qu'il veuille nous refuser; mais, s'il en agit ainsi, c'est afin de nous donner plus d'estime pour la grâce qu'il nous aura accordée. "

Il nous faut faire une sainte violence au Cœur de Dieu par des prières ferventes et souvent répétées qui le pressent et l'importu­nent. Si Dieu ne nous exauce pas, c'est parce que nous nous las­sons de demander; car il entre souvent dans les desseins de Dieu de ne pas nous accorder de suite les choses que nous lui deman­dons afin d'éprouver notre foi, notre confiance et notre fidélité, afin de nous faire multiplier nos prières qui sont des actions très agréables à son cœur et très méritoires à ses yeux.

" Si Dieu, dit saint Bernard, diffère quelquefois de nous exaucer ce n'est que pour nous obliger à redoubler nos prières avec plus de ferveur.  S'il nous accordait aussitôt ce que nous lui de­mandons, nos prières deviendraient plus rares et moins pres­santes, ses grâces moins précieuses. "

Ne sommes-nous pas souvent nous-mêmes cause des retards dont nous nous plaignons ? Ce que nous désirons vivement, le demandons-nous avec l'humilité, la piété, la ferveur qui ren­dent nos prières acceptables et immédiatement efficaces ? Sans cloute Dieu nous a dit : " Tout ce que vous demanderez vous sera accordé;" et fidèle à sa promesse, il est toujours prêt à nous exaucer ; mais encore faut-il que nos prières répondent aux exigences de son infinie majesté.

Puis, dans l'ordre providentiel, chaque chose a son temps et ce temps est celui que Dieu sait être le plus favorable à l'effusion de ses dons et à l'efficacité de ses grâces. Ce qui est différé, dit saint Augustin, n'est pas refusé mais nous sera donné en temps convenable.

Ne soyons pas impatients. Si Dieu, répondant à notre empres­sement, nous exauçait toujours aussitôt que nous exprimons un désir, nous serions exposés à nous attribuer des droits que nous n'avons pas; à méconnaître la bonté toute gratuite de notre bienfaiteur et à nous fermer par l'ingratitude le trésor de ses bienfaits.

Le Seigneur veut dans notre propre intérêt nous faire appré­cier ses dons. Telle est la faiblesse humaine, telle est notre in­gratitude que nous oublions facilement les bienfaits qui nous ar­rivent par un cours naturel et facile ; nous oublions et la grandeur du don et la libéralité du bienfaiteur. Nous ne faisons plus atten­tion à la lumière du soleil, parce que tous les jours elle apparaît à une heure déterminée ; mais si l'astre du jour différait de quel­ques heures son retour à l'horizon, ce serait un cri d'effroi dans l'univers tout entier et nous comprendrions mieux ce que nous vaut sa présence. Le Seigneur diffère quelquefois de nous enten­dre et ce délai nous fait mieux sentir le besoin que nous avons de la grâce et la précieuse faveur qui nous est accordée ; alors nous apprécions davantage le bienfait du ciel ; nous le traitons avec plus de respect ; nous le faisons fructifier avec plus d'empresse­ment et un plus généreux amour.

Au lieu de nous étonner, de nous désoler, de nous décourager des retards divins, admirons avec saint Jean Chrysostôme " l'ad­mirable industrie d'un père tendre qui veut nous retenir auprès de lui. " S'il nous exauçait au premier appel de nos misères, peut-être que nous lui fausserions bien vite compagnie. En nous fai­sant attendre ses dons, il nous oblige à ne point le quitter. Et en insistant auprès de lui, nous prolongeons un acte religieux qui, le reconnaissant comme la source de tous biens, rend hommage à sa toute puissance, à son infinie bonté : acte méritoire qui ne peut rester sans récompense.

Quelquefois Dieu refuse de nous exaucer et plusieurs raisons de sagesse et de bonté expliquent cette conduite à notre égard. Il peut arriver que nous demandions des choses nuisibles à notre salut et même à notre bonheur temporel ; il peut arriver que nous sollicitions dans le détail des événements humains précisé­ment ce qui empêcherait notre principal et légitime désir. Quand bien même il paraîtrait que Dieu n'entende pas notre prière, quand bien même toutes choses sembleraient tourner contre nous, comment savons-nous que nous ne sommes pas exaucés ? Notre vue est si bornée et Dieu est infiniment sage. Il peut se faire qu'il réponde à nos ardents désirs précisément à l'instant où nous nous croyons rebutés.

Saint Augustin nous fait comprendre admirablement cette vérité, en nous citant l'exemple des prières de sa mère. Il était alors un enfant prodigue il avait résolu de quitter l'Afrique pour se rendre à Rome afin de pouvoir vivre en­core plus librement et de se soustraire à la surveillance et aux tendres reproches de sainte Monique. Déjà il avait retenu sa place sur un navire prêt à se mettre à la voile ; mais sa mère qui soupçonnait les desseins secrets du malheureux ne le quittait pas. Par ses paroles flatteuses et ses beaux discours, il parvint enfin à lui persuader de passer la nuit dans une chapelle voisine, et tandis que la pau­vre mère y versait d'abondantes larmes et priait pour son fils, celui-ci prenait la fuite et s'éloignait d'elle. " Quelle grâce, s'é­crie saint Augustin, quelle autre grâce, vous demandait-elle, sinon de m'empêcher de mettre à la voile ? Mais vous, qui dans la profondeur de vos décrets, aviez décidé de satisfaire le plus ardent de ses désirs et de me convertir, vous lui refusiez cette grâce parce que vous saviez que mon voyage en Italie serait plus tard l'occasion de ma conversion. "

Quelquefois Dieu qui nous aime refuse nos demandes. Nous ne devrions pas nous en plaindre. Il agit comme un père qui ne veut pas donner un instrument dangereux à son enfant, malgré ses pleurs et ses gémissements. Quand un malade, brûlé par la soif, demande un verre d'eau fraîche, le médecin exauce son désir en refusant et ce refus est un bienfait. Ainsi le Seigneur qui est le père des hommes et le médecin de la pauvre humanité souffran­te, écoute nos prières alors même qu'il semble les rejeter ; il les exauce de la manière qu'il sait le plus utile. " Souvent, dit saint Augustin, Dieu ne nous accorde pas ce que nous voulons afin de nous accorder ce que nous aimerions mieux, si nous savions toutes choses ; " et alors nous pouvons vraiment dire que Dieu nous écoute davantage en nous refusant, qu'il nous exauce mieux et d'une manière plus utile.

Nôtre-Seigneur disait un jour à sainte Catherine de Sienne ces paroles qui résument tous les avantages de la conformité à la volonté de Dieu : " Croyez, ma fille, que Dieu peut, connaît et veut tout ce qui est votre bien, beaucoup plus que vous ; et que par conséquent, l'adversité et la prospérité sont réglées et dirigées pour votre bien, avec beaucoup plus de sollicitude qu'un père et qu'une mère n'en mettent à procurer le bonheur de leur fils uniquement aimé. "

Quand Dieu n'écoute pas nos prières, ses refus ne sont pas sans compensations. Aux biens que nous demandons il sub­stitue d'autres biens et cela si mystérieusement que ce n'est qu'à la longue et en réfléchissant sur sa conduite à notre égard que nous pouvons nous rendre compte de l'efficacité de nos prières.

Nous demandons des biens temporels, Dieu les remplace par des biens spirituels ; il refusera de nous donner la richesse, mais il ornera notre âme de courage dans une vie de sollicitude et de labeurs plus honorable et plus saine pour notre vertu que la vie facile où nous aurions pu nous amollir et nous corrompre.

Il refusera de nous rendre la santé et de guérir nos infirmités, mais il nous donnera la patience et la résignation qui font le mérite des souffrances de cette vie.

Il refusera, malgré nos instantes supplications et nos larmes, de nous conserver des parents, des amis que nous voudrions re­tenir en ce monde ; en les ravissant à notre amour, il nous fera comprendre la fragilité des affections terrestres et la nécessité de nous rapprocher de lui, de nous jeter dans ses bras, de reposer notre cœur en cet unique et saint amour qui faisait dire à l'Apôtre : " Qui pourra nous ravir l'amour de notre Dieu?" (ROM. VIII).

Nos prières ne sont donc pas inefficaces ; quand Dieu refuse de nous accorder ce que nous lui demandons. Un jour nous connaî­trons le secret de ses miséricordieuses compensations, nous y admirerons sa sagesse et sa bonté, nous confesserons qu'il a bien fait toute chose. (marc, VII).

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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