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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 07:35

Pour s'emparer de l'homme tout entier, ce n'est pas assez d'enseigner la religion à son esprit ni même de la pré­senter à son cœur ; il faut encore la montrer à ses sens.

 

Le saint concile de Trente disait : «L'homme étant ce qu'il est, il ne peut que difficilement, sans le secours des signes sensi­bles, s'élever à la méditation des choses divines. » Voilà pour­quoi Dieu a écrit la religion dans des signes palpables.

 

Ce que le monde visible est au monde invisible, leculte extérieur l'est aux dogmes et aux préceptes du christianisme : c'est un miroir dans lequel nous voyons de nos yeux, nous tou­chons pour ainsi dire de nos mains les vérités de l'ordre surnaturel : la chute de l'homme, sa rédemption, ses espérances im­mortelles, ses devoirs, sa dignité.

 

Le culte extérieur est en­core à la religion ce que la parole est à la pensée ; il en est l'expression vraie, c'est-à-dire tour à tour douce, joyeuse, terrible, lugubre, suivant la nature des vérités qu'il exprime ; en un mot, le culte extérieur catholique est le christianisme présenté aux sens.

 

Arrêtons-nous à considérer ici l'office du jour solennel si bien nommé le jour du Seigneur. Afin de pénétrer le sens intime et de découvrir tous les trésors du culte catholique, bénédictions, prières, langage, chants, cérémonies, sacrifice auguste de l'autel, tout doit être passé en revue.

 

En contemplant cette magnifique galerie de tableaux animés, nous voyons com­bien le culte de l'Église romaine est digne de la vraie religion, c'est-à-dire raisonnable, noble, saint, propre à captiver les sens et à les purifier en les élevant à la contemplation des choses divines ; nous voyons surtout combien il est instruc­tif et vénérable.

 

Supposez qu'un navigateur digne de foi s'en vienne, au re­tour d'un voyage dans des archipels inconnus, annoncer à l'Europe savante l'existence d'un peuple qui depuis dix-huit cents ans conserve invariables sa langue, sa foi, ses mœurs, ses lois, ses usages, ses rites, jusqu'à la forme de ses édifices et de ses vêtements ; que toutes ces choses, étonnantes de grandeur, de sagesse et de génie, ont leurs racines dans des traditions plus anciennes, dont la plupart remontent à l'ori­gine des temps et se rattachent aux plus grands événements de l'histoire ; de telle sorte qu'il suffit de connaître ce peuple, d'entrer dans ses temples, d'assister à ses cérémonies religieu­ses, d'en pénétrer le sens et la cause pour être transporté com­me par enchantement à dix-huit siècles au-delà, avoir l'in­telligence de tous les mystères de l'homme et assister au spec­tacle vivant de l'antiquité la plus reculée.

 

Eh bien, au récit de ce navigateur, Toulon, le Havre, Brest, Marseille, nos diffé­rents ports et ceux des autres nations verraient accourir de nombreux amateurs, empressés de partir pour visiter ce peuple monumental.Qui sait ? les gouvernements eux-mêmes enverraient peut-être chez ce peuple des expéditions scien­tifiques pour recueillir des traditions plus vraies, lire des ins­criptions plus intéressantes et explorer des ruines plus véné­rables que les traditions, les inscriptions et les ruines de Thèbes et de Memphis.

 

Chrétiens et chrétiennes, ce peuple existait ! C'était le peuple, c'était l'Église catholique, avant ce concile maudit. Amateurs de l'antiquité, assez longtemps vous êtes restés en admiration sur le seuil de nos cathédrales, en­trez dans le sanctuaire. Là vous découvrirez la pensée mys­térieuse et puissante dont l'expression merveilleuse vous ravit ; vous comprendrez l‘esprit du monument dont vous ne connaissez que la lettre morte, et votre admiration doublera ; de simples spectateurs que vous étiez, vous serez poètes de l'art ; car, ne l'oubliez pas, dans les arts celui-là est mort dès cette vie qui ne croit pas à l'autre.

 

Quand un dimanche vous voyez le prêtre à l'au­tel, faisant avec une précision mathématique certains mou­vements qui vous paraissent  étranges,  répétant  certaines paroles dont peut-être vous ignorez la valeur, loin, bien loin de vos esprits la critique ignorante ; bien loin de vos lèvres le sourire impie du mépris ! Recueillez vos pensées, pénétrez le mystère, et dites-vous à vous-mêmes : Voilà devant mes yeux la vénérable antiquité de la foi ; voilà l'immobile per­pétuité du christianisme. Tandis que tout change autour d'elle, cette religion demeure immuable. Ce qu'il fait, ce prêtre, se fait de même en ce moment sur tous les points du globe par des milliers d'autres prêtres ; ce qu'ils font tous ensemble se faisait de même il y a cent ans, il y a mille ans, il y a dix-huit cents ans. Les basiliques de Constantinople et de Nicée, les Catacombes de Rome furent témoins du même spectacle. Dans ce prêtre je vois Chrysostome à Antioche, Denis  à Lutèce, Ambroise  à Milan.

 

Il étend les bras pour prier, je vois le chrétien des anciens jours ; il place ses mains sur l'offrande sacrée, je vois Aaron prenant possession de la victime ; il développe un linge blanc sur lequel il repose l'hostie sainte, je vois le linceul du Cal­vaire, où fut enveloppée la grande Victime du genre humain. Toute l'antiquité se déroule à mes yeux. Dix-huit siècles sont franchis, et j'entends la voix du Fils de l'Éternel di­sant : « Jamais un iota ne sera retranché de ma loi » et je vois de mes yeux l'accomplissement de son immortel oracle : « Le ciel et la terre passeront ; mais mes paroles ne passeront point. »

 

Non seulement les cérémonies de l'auguste sacrifice font briller aux yeux la vénérable antiquité de l'Église, les usages les plus vulgaires de nos saintes assemblées nous la racontent aussi dans leur langue pleine de candeur et de charité.

 

En mémoire des Actes des Apôtres et des livres des Pro­phètes que les Lecteurs lisaient autrefois aux fidèles assemblés, le sous-diacre et le diacre font la même lecture ; le curé lit l'évangile du jour ; et, suivant la recommandation de l'Apôtre, il prie tout haut pour les pontifes et les rois, les riches et les pauvres, les malades et les infirmes, les voyageurs et les exilés.

 

La religion a arrangé les choses ainsi : Il n'y a pas une douleur sans consolation, une misère sans soulagement, un besoin sans secours ; et chaque dimanche elle nous montre toutes ces bonnes œuvres liées ensemble comme un fais­ceau.

 

Si de superbes esprits dédaignent une grand'messe, c'est qu'ils ne savent pas tout ce qu'elle rappelle de vieilles mœurs et de saintes coutumes. Chose admirable ! Il n'y avait pas dans toute la chrétienté un village, un petit hameau qui ne puisse offrir, tous les huit jours, aux savants et aux érudits des ré­miniscences de l'antiquité, des souvenirs des Césars et du Cirque, des Catacombes et des martyrs.

 

Ainsi s'expliquait et se justifiait cette étonnante parole de l'â­me la plus aimante et peut-être la mieux inspirée du seizième siècle, disait sainte Thérèse: « Je donnerais ma tête, pour la plus petite cérémonie de l'Église. »      Mgr gaume.

 

Inspiré de : LECTURES MÉDITÉES  (1933)

 

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 15:47

L'ordre n'est pas, à proprement parler, une vertu, mais il contribue puissamment à l'entretien des vertus, à leur pratique soutenue,  ainsi qu'à l'accomplissement de tous les devoirs. Il est l'auxiliaire indispensable de la ré­gularité. N'avoir pas d'ordre, c'est un défaut, et un grave défaut.

 

Cependant le nombre de ceux qui ont de l'ordre est petit ! En avez-vous ? Toute votre conduite est-elle réglée ? Agissez-vous toujours selon les principes et selon l'ordre ? Ne suivez-vous pas trop habituellement vos im­pressions, vos caprices ?

 

Il faut avoir de l'ordre, il faut en avoir beaucoup. On y gagne de toutes les façons, et notamment pour la piété.

 

En quoi devez-vous mettre de l'ordre ?

Vous devez en mettre dans votre intérieur et dans votre extérieur, c'est-à-dire que vous devez régler tout ce qui re­garde votre âme et tout ce qui regarde votre corps.

 

L'âme a des pensées, des affections, des désirs. Quelles sont vos pensées ? Vous en avez beaucoup ? Sont-elles toujours selon l'ordre moral, c'est-à-dire selon Dieu ? Quel chaos que celui d'un esprit dont les pensées n'ont aucune règle ! Jusqu'où ne peut-on pas aller quand on ne met pas d'ordre dans ses pensées ?

 

Et à quoi donc faut-il penser ? Il faut penser à Dieu d'abord ; après Dieu vient la famille ; après la famille, les relations honnêtes et légitimes, et enfin toutes les occupations de la vie. Voilà l'ordre des pensées.

 

Malheur à qui trouble cet ordre: il s'expose à tous les écarts de l'esprit! Réglez bien votre imagination, cher lecteur ou chère lectrice, réglez-la dès maintenant, car, en la laissant se développer sans retenue, il arrive un jour où elle devient la maîtresse et où il n'est plus possible de la dominer.

 

Quelles sont vos affections ? C'est-à-dire, où en est votre cœur ?

Le cœur est tout ce qu'il y a de plus difficile à régler. Si vous n'y faites pas une sérieuse attention, votre cœur deviendra pour vous la  source  des plus  amers  chagrins.

 

Quel est l'ordre  des  affections  du  cœur ? Le cœur doit suivre l'esprit ; où vont les pensées, là doi­vent aller les affections. Ainsi Dieu est au premier rang, à lui le suprême amour. En second lieu, il faut aimer les siens, son père et sa mère, ses frères et ses sœurs ; nos amies, si intimes qu'elles soient, ne peuvent prendre place dans notre cœur qu'après la famille. Toute affection qui ne suit pas cette marche est une affection désordonnée.

 

Ah ! Si vous saviez, ce qu'il en a coûté à une foule de jeunes filles pour n'avoir pas su donner à leur cœur cette direction ! Elles ont laissé grandir des sen­timents qui sont devenus des passions, qui ont arraché à leurs mères des torrents de larmes, et qui leur ont apporté à elles-mêmes les plus cruels regrets.

 

Mettez de l'ordre, et le plus d'ordre possible, dans les affections de votre cœur. Il faut en mettre aussi dans vos désirs.

 

On rencontre des personnes dont toute la vie se consume en désirs. Elles rêvent mille chimères ; elles se bercent de mille espérances. Oh ! Si elles avaient ceci, si elles avaient cela, que ne feraient-elles pas ? Et elles soupirent ; elles demandent, elles cherchent. Leurs désirs les poursuivent partout, jus­que dans leur sommeil.

 

Voyez-vous cette jeune personne qui vous paraît toujours si sombre et si triste ? Qu'a-t-elle donc qui la tourmente ? Elle est en proie à la maladie des désirs. Elle ne sait pas les régler ; elle se livre à leur entraînement, à leur folie. Et, comme jamais elle n'arrive à en réaliser un seul, elle se la­mente, elle se trouve la plus malheureuse des créatures. Ne lui ressemblez pas !

 

Que faut-il donc désirer ? Il faut désirer ce que Dieu veut, ce qui peut être utile pour notre bien et pour le bien des autres. Tout autre désir est insensé.

 

Qu'une femme serait heureuse si elle mettait ainsi tout en ordre dans son âme ! Ccomme elle serait plus calme ! Comme elle se posséderait davantage ! Qu'elle éviterait de fautes et de déceptions !

 

Mais il faut aussi régler les choses extérieures. On doit avoir de l'ordre dans ses regards, dans ses paroles, dans ses actions.

 

Tous vos regards sont-ils réglés ? Il y a des choses mau­vaises à voir, il y en a de dangereuses, il y en a d'indifférentes ; et enfin il y en a de bonnes et d'honnêtes. Ici l'ordre a une importance capitale. Détournez-vous toujours les yeux des choses qu'il ne faut pas voir ? Prenez-vous des précau­tions pour celles qui offrent un certain danger ? Et, par rapport aux autres, y mettez-vous encore de la réserve et de la mortification ? Un regard suffît pour ébranler l'âme et pour la perdre.

Toutes vos paroles sont-elles aussi dans l'ordre ? On a dit que celui qui ne pèche pas par la langue est parfait. Pouvez-vous vous rendre le témoignage de régler toujours votre langue ?

 

On parle avec légèreté, avec entraînement, et on se repent ensuite de ce que l'on a dit : on a offensé Dieu, on a blessé le prochain, on a semé la division, on a peut-être allumé la colère et la haine.

 

Que de mal on peut faire par ses paroles si on ne les rè­gle pas !

Veillez sur les vôtres, soyez attentive, soyez prudente. Ne dites pas tout ce qui vous vient à l'es­prit ; mais pesez auparavant la valeur et l'importance de vos paroles.

 

On estime, par-dessus tout, une personne dont toutes les conversations sont dignes et convenables.

 

Enfin, toutes les actions de vos journées sont-elles faites avec ordre et selon Dieu ?

 

Vous levez-vous et  vous couchez-vous à une heure fixe ? Travaillez-vous, priez-vous, sortez-vous, faites-vous toutes choses à des moments déterminés, et non quand cela vous plaît, quand vous en avez l'idée, selon votre goût, selon votre fantaisie ?

 

Vous ne sauriez imaginer tout ce que l'on peut réaliser quand on sait parfaitement régler sa vie.

 

Mais il faudrait tout un livre pour traiter convenablement un tel sujet, pour énumérer les abus d'une vie mal réglée et démontrer les immenses avantages de celle qui est soumise exactement à une règle !

( L'abbé chevojon.)

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 17:10

Vous êtes vraiment le Fils de Dieu Les miracles témoignent de la Toute Puissance Divine. Ce miracle, les survivantistes savent qu'il est en cours d'exécution: La survie et le retour de SS Paul VI, celui qui . Par le repentir de ses fautes, il mérite le titre de Juste, « a paru mourir »comme Pierre et Paul qui pêchèrent mais se repentirent et expièrent, devenant des Saints.

« La foi, c'est quand on a perdu toutes les raisons de douter » Mais conscients de nos faiblesses nous devons continuer à crier avec Saint Pierre: Seigneur, sauvez-nous, sauvez la Barque et son chef légitime S S Paul VI; nous croyions mais augmentez notre foi!

TEXTES DE LA MESSE DE L'OCTAVE DES SAINTS PIERRE ET PAUL

Aux intentions du Pape légitime : SS Paul VI

INTROÎT

QUE LES PEUPLES RACONTENT LA SAGESSE DES SAINTS ET QUE L'ASSEMBLÉE PUBLIE LEURS LOUANGES. …. LEURS NOMS VIVRONT DE GÉNÉRATION EN GÉNÉRATION (ECCLI 44,15 ET 14)

Psaume 32,1

Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur, c'est aux hommes droits que sied la louange ... Gloire au Père

Oraison : O Dieu dont la droite a soutenu Saint Pierre pour l'empêcher de s'enfoncer tandis qu'il marchait sur les flots, et retiré trois fois Saint Paul, son frère dans l'apostolat, du fond de la mer où il sombrait: daignez exaucer nos prières et nous accorder par les mérites des deux Apôtres la grâce de parvenir à la gloire de l'éternité. Vous qui vivez et régnez...

Graduel :

Les âmes des justes sont dans la Main de Dieu et ni tourments ni maux ne pourront les atteindre Aux yeux des insensés, ils ont paru mourir ; en réalité, ils sont dans la paix

Alléluia:

Vous, vous êtes demeurés avec Moi dans Mes épreuves; et Moi, je vous prépare le royaume, afin que vous siégiez sur des trônes pour juger les douze tribus d'Israël. Alléluia

Évangile :

Matt, 14,22-33 Voyant la force du vent, Pierre eut peur, et comme il commençait à s'enfoncer, il cria : Seigneur, sauvez-moi. Et aussitôt, Jésus étendant la main, le saisit et lui dit: homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? Et alors le vent cessa... (Lire en entier)

 Ce passage de l'Évangile trouve de nos jours une très vive actualité.

La tempête fait rage et nous avons peur. Nous doutons et il faut un miracle pour que comme les Apôtres nous nous prosternions devant Jésus en disant: Vous êtes vraiment le Fils de Dieu Les miracles témoignent de la Toute Puissance Divine. Les plus lucides des catholiques pensent que seul un miracle peut sauver l'Église. Ce miracle, les survivantistes savent qu'il est en cours d'exécution: La survie et le retour de SS Paul VI, celui qui « a paru mourir ». Par le repentir de ses fautes, il mérite le titre de Juste, comme Pierre et Paul qui pêchèrent mais se repentirent et expièrent, devenant des Saints. Puissions-nous recevoir la force de résister à la peur et au doute et ne pas faire l'objet des reproches de Jésus: Pourquoi avez-vous douté ?

« La foi, c'est quand on a perdu toutes les raisons de douter » Mais conscients de nos faiblesses nous devons continuer à crier avec Saint Pierre: Seigneur, sauvez-nous, sauvez la Barque et son chef légitime S S Paul VI; nous croyions mais augmentez notre foi.. !

Inspiré de :   http://amdg.over-blog.fr/2014/04/dans-la-tempete.html

 

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 16:30

Jésus est par excellence celui qui a aimé en souffrant. Après avoir épuisé le contenu dou­loureux d'un cœur d'homme, il a voulu que la lance nous ouvrît ce cœur uni à la Divinité, pour que le fond infini nous apparût, après les mani­festations finies de sa tendresse.

 

Catherine de Sienne ne peut se lasser de ru­miner ce thème : l'amour, le sang, l'homme et Dieu formant un mélange où l'âme se perd de confusion et d'extase. « La douleur fut faite divine, dit-elle, quand le sang du Fils unique fut pétri et comme mêlé avec la nature divine par le feu de la divine charité, qui fut le lien qui le tint attaché et cloué à la croix. »

 

Oh! La croix! La croix chargée d'amour, ruis­selante du sang glorieux et inondée de lumière céleste, quel talisman des douleurs, et quel appui pour les forces humaines qui déclinent! Quelle gloire pour notre humanité! La petite terre est plus grande que tous les astres, si en elle seule a été planté ce que Paul Claudel appelle « l'Eden de la croix », si sur elle seule se dressent l'hostie et le calice, où l'amour et le sang chantent encore et toujours la Divinité.

 

Anatole France écrivait : « La terre n'est qu'un grain de sable dans le désert infini des mondes, mais si on ne souffre que sur la terre, elle est plus grande que tout le reste du monde. » C'est vrai. Ce n'est vrai cependant que par la croix; car cela seul est grand que Dieu estime et que Dieu aime, et Dieu n'aime les corps souffrants, les âmes douloureuses, les familles en deuil ou les patries qui saignent qu'à travers son Église, à travers la Sainte Famille, à travers l'âme et le corps du Premier-né humain.

 

Rien ne vaut, en la souffrance, que ce qu'elle a de divin dans sa source, dans ses motifs, dans son inspiration chrétienne, dans sa fin. C'est la leçon de tout homme éprouvé, alors qu'il serait tenté d'orgueil stoïque, ou surtout de découra­gement et de rancœur.

 

Quand vous souffrez, faites  une croix; ap­prochez, plutôt, la croix du Christ, la croix fra­ternelle.   Couchez-y   pieusement   vos   membres; reposez là votre cœur, ou votre esprit troublé, ou votre conscience inquiète.

 

Tenez-vous proche du cœur divin aux indicibles battements. Prenez le rythme. Écoutez le commentaire et la sublime suggestion qui apaise :   « Mon Père, je remets mon esprit entre tes mains. » Il dit cela pour la mort;  dites-le aussi pour la vie.  Je te remets mon esprit, Père. A toi le jugement; à toi le gou­vernement;  à moi la  soumission  confiante.  Je ne comprends pas : je n'ai pas besoin de com­prendre; mon cœur soupçonne et cela me suffit. Tu aimes : je me livre à l'amour. Tu es le maître de l'œuvre;  je  suis l'ouvrier, l'imagier  qui sculpte, et aussi la pierre qu'on sculpte. Je col­labore par mon seul consentement. Je sais! Il s'agit de m'établir    « en la forme de Dieu »; j'accepte les conditions, la morsure de l'outil, le choc du marteau, et je goûte par avance la beauté heureuse. Amen.

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

Dernière de cette série.  Avez-vous aimé ?

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 08:04

S'il n'y avait pas l'amour, nous aurions de fortes raisons de croire notre univers abandonné au hasard, tout au moins quant aux satisfactions ou à l'aide qu'il nous apporte. La douleur, scan­dale des philosophies et des âmes, n'a que ce seul antidote. Mais avec lui en Dieu, avec lui en nous, tout se transforme.

 

Dieu aime. Sa création est une œuvre d'amour. Au sommet de la création, l'homme est invité à porter ses regards vers les fines créatrices, à les juger en leur honte exaltante et à aimer en retour. La chaîne est formée; le courant passe; dans ce jeu d'effluves montants et descendants, quelle place pour la douleur révoltée ou cha­grine ?

 

La douleur, comme la joie, est une collabo­ration. L'une et l'autre s'égalent. L'une appelle l'autre ainsi qu'un écho. « Je surabonde de joie au milieu de mes tribulations », écrivait Paul. Il est joyeux, parce que sa vie, elle aussi, « sura­bonde », parce que le travail où il s'exténue est un grand œuvre d'édification, c'est-à-dire de construction spirituelle dans l'amour, et que ses tribulations apparaissent à son esprit de foi comme l'élément principal de la tâche.

 

Agir, pâtir, prouvent tous deux l'amour, mais combien plus sûrement pâtir! Agir répond à nos instincts; souffrir les opprime: travaillant contre soi, on est plus sûr de servir purement.

 

« Dans la voie de l'amour, dit le poète persan, la souffrance est une joie, la douleur un soutien. Que le cœur désireux de guérir soit blessé da­vantage ». Novalis écrivait : « Lorsqu'on fuit la douleur,  c'est qu'on ne veut plus aimer.» Et sainte Catherine de Sienne, parlant d'elle-même, disait : « Elle se délecte dans ses peines, et la mesure de ses peines est la mesure de sa joie. »

 

Il est vrai que les parfaits seuls sont à la hauteur de tels jugements et surtout de passions si sur­humaines. Il y a là du héros. Mais le vrai sens de la vie, avons-nous dû reconnaître, c'est le héros qui le conçoit. Pour nous, faibles cœurs, la souffrance par amour est une douceur qui nous épouvante, comme ces rosés qu'un homme des glaces n'osait toucher, de peur de se brûler les doigts. Que notre amour s'accroisse, il trouvera sa loi, comme l'ont trouvée les êtres sublimes. Il estimera toute simple l'exclamation de Thérèse d'Avila : « Ou souffrir, ou mourir »; ou bien servir l'Amour, ou bien le rejoindre. Bien mieux, consentir à ne jamais le rejoindre, afin de le mieux servir : « Toujours souffrir et ne jamais mourir. »

 

Que l'humble chrétien étranger à ces outrances cornéliennes sache du moins ceci : la douleur trouve dans la pensée et dans l'amour de Dieu des compensations merveilleuses. Des tristes sentiers de ce monde, l’amour sait faire une route inondée de soleil.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 17:12

Maintenant je vais mentionner des prophéties de Saint Jean de Bosco, qui portent sur le retour de Paul VI et correspondent bien à ce qu'ont décrit les exorcismes suisses.

 

Le 5 janvier 1870, Saint Jean de Bosco eut une vision prophétique sur la fin des temps, et il en informa Pie IX. Le message contenait une mise en garde à l'égard du pape, mais comme nous l'avons vu dans le cas du secret de la Salette, s'il ne s'était adressé qu'à Pie IX, le message

n'aurait pas constitué une véritable prophétie. Pie IX n'était donc qu'une figure du pape de la fin des temps, fin des temps qui a été pour ainsi dire repoussée à notre siècle du fait de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception.

 

Or, voici ce que disait Saint Jean de Bosco :

« Lors de sa deuxième visite de la grande prostituée de Babylone, les fidèles endeuillés appelleront. La maison de prostitution Européenne qui a perdu son chef est en proie au chaos. »   (Note : Dans la Bible, l'idolâtrie des juifs est métaphoriquement comparée à une prostitution.)

 

La prostituée de Babylone désigne bien évidemment la Rome moderniste, ce qui démontre que cette prophétie s'applique à notre époque. De surcroît, il est dit : « qui a perdu son chef », et l'on comprend bien ici qu'il ne s'agit pas d'une vacance, vous allez voir pourquoi. Plus loin il est question du Palais en flammes et du retour du « Vénérable vieil homme de Rome » ; or les exorcismes nous ont justement appris que lors du retour de Paul VI, le Vatican serait en flammes. Le vieil homme est bien le pape, car Saint Jean de Bosco dit dans la suite du message « votre Souverain », avec un grand « S », ce qui démontre qu'il ne s'agit pas d'un simple chef temporel. En outre, il dit « Rome ingrate, Rome efféminée, Rome superbe ! », expressions qui démontrent là encore que l'époque concernée est la nôtre : la Rome efféminée est celle des rencontres inter-religieuses d'Assise, qui pratique l'impureté spirituelle.

 

Ensuite, le vieil homme est décrit ainsi : « Maintenant il est vieux, épuisé, sans défense, dépouillé ; et pourtant avec sa parole enchaînée il fait trembler le monde. »

 

C'est mot pour mot ce qu'ont décrit les exorcismes suisses :

 

« Ce sera une mission très dure pour lui, quand il devra d'abord se montrer, faible, vieux et misérable humainement, comme il est. Il est si frêle. Ce sera pourtant une apparition religieuse très triomphale, glorieuse pourtant, de votre Chef là-bas à Rome, quand les flammes brûleront et déjà jailliront en léchant les fenêtres du Vatican, suis-je contraint de dire (...). Tout l'Enfer désire ne pas accorder à Paul VI ce triomphe, ce triomphe de devoir prochainement réapparaître à Rome quand le Vatican brûlera. Il sera là-bas.

 

Il sera alors là-bas. Il dira ce que le Très-Haut lui ordonnera de dire. Il dira cela d'une voix telle que c'est encore permis à un vieillard, pour se faire entendre de la foule, et des prêtres, des cardinaux et même des mauvais et des francs-maçons. Ils se mettront à trembler aux paroles d'un vieillard frêle qu'ils auraient préféré mort, mais qu'ils n'ont pas pu tuer. Ces paroles du vrai Pape Paul VI qui vit réellement et qui doit dire au monde ce qu'est la vérité, ce qu'est et doit être clairement et inviolablement l’Église véritable, qui se relèvera ainsi à la vue des mauvais et des bons. En présence du Vatican en flammes, ceci apparaîtra comme le symbole des flammes du Jugement final où le Très-Haut apparaîtra sous le signe de la Croix pour séparer les bons des mauvais. »                EXORCISME DU 15 JANVIER 1985 

 

Ainsi, tous les éléments de la prophétie de Saint Jean de Bosco sont présents : le Vatican en flammes, le vieillard, ce Pape déchu qui revient à Rome ; et cette image de la voix qui fait trembler le monde.

 

Ce passage en particulier est le parallèle exact des exorcismes, citons- le à nouveau. St Jean de Bosco dit : « Maintenant il est vieux, épuisé, sans défense, dépouillé ; et pourtant avec sa parole enchaînée il fait trembler le monde entier. » Les exorcismes disent : « il devra d'abord se montrer, faible, vieux et misérable humainement (...). Ils se mettront à trembler aux paroles d'un vieillard frêle. »

 

Poursuivons l'explication de la prophétie. Elle précise quant à la Sainte

Vierge, qui représente l'Église : « le vénérable vieil homme avec tous ses anciens vêtements lui appartient. » Ce qui fait écho à la prophétie de Marie-Julie Jahenny, qui elle aussi a évoqué ce vieillard : « Au …

 

Extrait de : La Survie de Paul VI et le Secret de Fatima, de Jean Baptiste André

 

 http://justina.media.gloria.tv/a/fm/mediafile-582957-1.pdf?sum=nQU2DElWrzkQeQoJrT6uLA&due=1396540445&download=1

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 15:44

Il y a une technique de l'action; il y a aussi une technique de la douleur.  L'essentiel, pour le chrétien, est de penser haut, cela revient   à oublier de penser à soi, à son cas, à sa plainte éventuelle et à sa peine.

 

Quand j'ai mal, j'appelle Dieu, et je pars avec lui bien loin de la douleur. Briser la chaîne du temps et fuir vers l’immobile; fixer son cœur là où règne l'éternelle sérénité, là où est notre place et où tend, d'un timide ou vaste essor, ce coup d'aile en nous qui s'appelle l'espérance, n'est-ce pas en finir avec les agitations et les rancœurs, avec les grossissements prétentieux que la souf­france, comme l'orgueil, suggère, avec les révoltes et les désespoirs, avec les dépressions et les en­gourdissements tristes? Si c'est fait, nous sommes dans la vérité de la douleur chrétienne, qui est passivité active et soumission dans la magnani­mité. Telle est la patience.

 

Chateaubriand écrivait : « Au jour de la mort, il nous sera fort indif­férent d'avoir été heureux ou malheureux ». Le jour de la mort ne fait qu'apporter ici une lumière plus vive; ce qu'il fait voir est vrai dès maintenant. Qu'importe le lieu de passage? Les causes de nos douleurs ne sont pas éternelles; elles passent, et nous restons. Que si nous avons tant de peine à noyer le sen­timent de nos tristesses dans celui de notre immortalité, ne serait-ce point que nous doutons, pratiquement, d'être des immortels? Mais alors, la vie est bien peu de chose, et peu importe qu'on la passe à rire ou à pleurer.

 

« Souffrir est une courte souffrance; avoir souffert est une longue joie. » (Le bienheureux Henri Suso.) Au coeur de la douleur même, cette joie se goûte du fait qu'elle s'annonce, du fait que l'amour est là, et que d'ailleurs, dans le pire état, tempéré de la paix chrétienne, bien des choses nous restent.

 

Le grand Willy écrivait : « Le pire n'est pas, aussi longtemps que nous pouvons dire : Voilà le pire ». Hamlet félicitait Horatio d'être « un homme qui en sachant tout souffrir se rend libre à l'égard de toute souffrance ».

 

La providence nous sou­tient contre ses propres chocs; elle nous rend en équivalents supérieurs tout ce qu'elle nous dérobe; elle nous laisse ce qu'une âme haute, place toujours bien au-dessus de ses épreuves : la grandeur de la vie et la beauté du monde. Même dans un buisson d'épines, on peut rester sensible au chant des oiseaux et à la douceur du ciel.

 

On entend bien que je parle ainsi au figuré; le « buisson » est légion,  les oiseaux et le ciel sont nombreux comme la vie elle-même. Toute­fois, l'univers a ici sa part.

 

Quand nous souffrons, nous accusons l'indif­férence des choses; nous voudrions que la nature suspendît son sublime travail; mais la nature est comme nous, elle a sa tâche et ne peut s'attarder à nous consoler. Son travail ne vaut-il pas mieux pour nous que sa plainte ?

 

Quand nous souffrons, l'univers continu à être beau, utile et artisan d'une œuvre éternelle. Il est au point de vue où nous devrions être nous-mêmes : celui des abou­tissements, auprès desquels nos souffrances ne comptent plus.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:04

La survie de Paul VI prédite à la Salette - Éric Faure - La survie de Paul VI et son retour à Rome.  Oui Paul VI est toujours vivant en 2014.

http://prophetiesaintmalachie.over-blog.com/2014/03/la-survie-de-paul-vi-predite-a-la-salette-eric-faure.html

 

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 15:51

Cette forme spéciale de souffrance mérite peut-être une considération à part. Elle est sou­vent méconnue. On y voit ce qu'elle est en effet, un affaiblissement; on y voit moins les puissances de recueillement, de détachement, d'élargissement, d'épuration et de reprise de vie qu'elle recèle.

 

Les théologiens et les mystiques n'acceptent pas l'idée que le Christ ait pu être malade. La maladie est trop proche du péché. Elle résulte de mauvaises dispositions organiques, d'acci­dents, d'imprudences. Or le Christ fut homme parfait; dans sa vie, rien d'accidentel; dans sa conduite, rien d'imprudent et de soustrait à la divine sagesse. Mais il ne s'ensuit aucunement que la maladie ne nous apparente pas au Christ et ne nous invite point à partager avec lui ce fardeau. De lui à nous, il reste ceci qu'il a pris librement sur lui les maux humains qui conve­naient à sa condition et à sa mission terrestre, et qu'ainsi nous devons faire. La maladie s'y prête à l'égal de toute autre douleur. Le lit du malade est aussi une croix, parfois combien rude! Toutes les vertus de la croix peuvent donc y être cueillis. Dans le malaise corporel peut se cacher une vigueur secrète, à l'encontre de tant de faiblesses que nous aimerions décorer du nom de vigueur.

 

La maladie élimine de la conscience les vanités coutumières ; elle ne laisse percevoir du courant de vie que les pentes essentielles. On se croit réduit à l'état d'horloge solitaire marquant péni­blement des heures inutiles : on est en train, au rebours, de retrancher l'inutile, si la pensée discerne et accepte, en ses moments de clarté alors si fréquents, le triage qu'exigé de nous l'art de vivre.

 

Au surplus, l'élimination n'est ici qu'un moyen de croissance et d'acquisition. En se dégageant du temps, c'est à l'éternité qu'on accède. « Le malade passe moins que les autres », écrit Paul Claudel.

 

Là où d'autres se précipitent tête baissée, tête enveloppée, sans plus rien voir que sous l'angle aigu de leur étroite action, voire de leur folle dissipation, le malade chrétien pressent l'immensité qui l'invite.

 

Sa maladie lui est une prophétie; elle lui révèle la précarité de ce qui nous amuse et lui annonce ce pour quoi nous sommes faits.

 

Un coup de cloche ; un cran d'arrêt ; le déclenchement d'un avertisseur ; un doigt levé ; une rupture du déterminisme mental; un anti­dote des poisons de la vie; un affaiblissement de l'homme au profit du surhomme; un martèlement du héros ; une puissante impuissance que la Force universelle anime par le dedans; bref, un chan­gement de climat spirituel favorable aux révi­sions, aux reprises, par suite au progrès, peut-être à un salut gravement compromis : telle est la maladie au regard de la pensée chrétienne.

 

Un grand médecin y voit une tendance à la créa­tion d'un ordre nouveau. Transportez cette pensée de l'ordre physiologique à l'ordre mental, à l'ordre religieux, à l'ordre mystique, vous aurez exprimé son prix et sa grandeur.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 09:18

 

Anatole France racontait en conversation le fait suivant. Le chirurgien Félisé, durant la guerre de 1870, manqua un jour de chloroforme. Il en restait seulement une toute petite dose. Il décida de l'employer pour un officier qui doit subir une opération horrible. L'officier protesta. « Non, monsieur le major, il faut garder le chloroforme pour ceux qui ne sont pas gradés. »

 

Le chrétien est un gradé. Il ne prend pas pour lui le chloroforme. La douleur d'autrui le retient plus que la sienne, surtout s'il craint qu'elle ne soit pas bien située, dans le système de vie et de pensée de son compagnon humain.

 

Comme ce docteur qui n'a pas assez de drogue pour toutes les plaies, nous n'avons pas assez de larmes pour toutes les douleurs. Pourquoi les nôtres auraient-elles un privilège, quand nous sommes tous frères? Hier, nous étions en joie et nous supportions le monde; peut-être l'exal­tions-nous comme artisan de nos aises et garant de nos espoirs. Aujourd'hui nous expérimentons l'autre face des choses : n'est-ce pas une invi­tation à nous porter vers ceux qu'atteint ou que menace ce même retournement? Ne sommes-nous  pas  solidaires  en   stupeur, en confiance ou en rébellion, sous le lourd mystère du monde ?

 

« C'est tout de même une consolation, écrit Barrès, de faire de ses chagrins propres le re­mède de la douleur humaine et une des solutions du problème du mal dans l'univers, » C'est une consolation,  et c'est aussi une  obligation;  car l'ordre moral est ainsi établi. Dieu n'eût point permis le mal, observe saint Augustin, s'il n'était assez puissant pour en tirer un bien. Il a permis le mal; mais dans cette permission est incluse la volonté de nous voir concourir, tous ensemble et les uns à l'égard des autres, à la victoire du bien qu'il prépare et à l'éclosion finale de la joie. Dieu ne construit pas son univers à lui seul. Ce qu'il y a de plus beau dans la nature, c'est l'interférence des causes; ce qu'il y a de plus beau dans l'ordre moral, c'est l'entraide. Quand la douleur la requiert, l'entraide est un report de joie bien émouvant et bien généreux. Soyez heureux, mes frères je souffre pour vous. Soyez allégés, je porte; le fardeau nécessaire des dou­leurs ne vacillera pas.

 

Une noblesse n'est-elle pas incluse dans un tel sentiment? Nous y devons voir aussi un moyen de croissance; car à souffrir pour autrui en vue de nobles fins, on s'y hausse soi-même, et à aider sous cette forme, on se grandit à la fois de son propre sacrifice et du mérite d'autrui.

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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