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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 21:30

L'homme charnel (c'est-à-dire l'homme humain) ne perçoit pas la réalité divine…

Ce qui inté­resse et parfois passionne l'homme d'aujourd'hui c'est la science et la technique, ce sont les affaires et le travail, c'est aussi ce que Pascal appelait le diver­tissement : cinéma, nouvelles, sport. Ne disons pas que le monde actuel est sans religion : il pratique la religion de l'argent, la religion du progrès, la religion du stade, les formes variées de la religion du monde humain.

Mais la religion du Dieu vivant ne l'intéresse guère. Même dans des pays qui ne font pas profession d'athéisme, souvent la grande niasse est pratiquement athée, pratiquement, tran­quillement et avec bonne conscience. Et parmi ceux qui sont restés fidèles à Dieu, beaucoup regar­dent la religion comme ennuyeuse, un ennui qu'il faut accepter à certaines heures, après quoi on se hâte de revenir à ce qui présente un intérêt réel.

Ainsi l'homme, éprouve facilement de l'ennui, de l'embarras, de la répugnance et, à proprement parler, une véritable hostilité à l'égard de la prière. Tout le reste lui semble alors plus attirant et plus important. Il dit qu'il n'a pas le temps... Il vaudrait bien mieux dire franchement : « Je ne veux pas prier. »

…Il pa­raît en effet incontestable que l'épaisseur, la den­sité de l'atmosphère matérialiste dans le monde actuel favorise et développe le dégoût des choses de Dieu.

Mais ce dégoût a toujours existé et a des raisons profondes dans l'homme. Il est à la fois, pourrait-on dire, anormal et naturel. Anormal, puisque tous les êtres créés sont orientés vers Dieu par leur être même et leur désir essentiel.

Comme le chantait un poète de l'Église ancienne : « Tous les êtres, ceux qui parlent et ceux qui sont muets, te proclament. Tous les êtres, ceux qui sont muets, ceux qui n'ont point la pensée, te rendent hom­mage. Le désir universel, l'universel gémissement tend vers toi. Tout ce qui est te prie; et vers toi tout être qui pense ton univers fait monter un hymne de silence... »

L'homme, plus que toute autre créature, est fait pour Dieu ; il se définit comme une faim et une soif de Dieu ; dans tout ce qu'il recherche et poursuit, plaisir sensible, joie ar­tistique, ivresse de la connaissance et de la décou­verte, satisfaction profonde de l'amour, c'est tou­jours Dieu qu'il cherche consciemment ou sans le savoir. Il semble donc normal que tous nos désirs soient tendus vers ce qui nous conduit à Dieu et que toute notre activité ait pour objet de nous préparer à ce royaume seul capable de nous béatifier.

Mais tout cela étant dit, ce dégoût des choses divi­nes, qui semble aberrant et monstrueux, peut, à un autre point de vue, paraître normal. Newman a fait un sermon intitulé : « La religion, un ennui pour l'homme naturel. »

…Cela n'insinue absolument rien contre la perfection divine et son amabilité suprême ; par là on ne fait que souligner l'imperfection de l'homme et sa misère.

On peut souvent constater que la vérité n'attire pas l'homme; non point, comme le préten­dait Renan, que la vérité soit triste, mais c'est l'homme qui est encore ténèbres et n'est pas plei­nement accordé à la lumière.

On peut constater, par expérience, que la vie de piété semble souvent en­nuyeuse. Ce n'est pas dire que la piété manque d'intérêt en elle-même, mais seulement, comme le dit saint Paul, que « l'homme charnel (c'est-à-dire l'homme psy­chique, l'homme humain) ne perçoit pas la réalité divine » (1Cor., 2, 14).

D'une manière plus précise, d'où vient que l'homme s'intéresse peu aux choses de Dieu ? C'est d'abord que toute la religion repose sur la foi, laquelle demande une abnégation continuelle aux êtres avides de voir, de toucher, de sentir, aux êtres que nous sommes. Dès lors, les vérités les plus éblouissantes nous paraissent des abstrac­tions. Sans doute nous trouvons bien naïve la ré­flexion de cette femme qu'on essayait de consoler de la mort de son fils en la faisant penser au bonheur qu'il avait de voir Dieu : « Voir Dieu, est-ce une occupation pour un jeune de vingt ans? » Mais n'avons-nous pas les mêmes naïvetés? Dési­rons-nous réellement la vision de Dieu ?

De plus, toute religion sérieuse exige des efforts qui répugnent singulièrement à « l'homme naturel ». Elle demande une vie intérieure et silencieuse. Or, même à des époques moins bruyantes que la nôtre, mieux garanties du brouhaha où nous vivons, si­lence et recueillement ont toujours été difficiles à l'homme.

« Tout le malheur des hommes, remarque Pascal, vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre... De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le re­muement ; de là vient que la prison est un supplice si horrible; de là vient que le plaisir de la solitude est une chose incompréhensible. »

Enfin le service de Dieu demande un contrôle continuel de soi, car il n'y a pas de repos hebdo­madaire ni de congés payés par rapport aux de­voirs et aux commandements essentiels.

Cet ef­fort soutenu requiert un genre d'activité qui n'a pas le stimulant ni la récompense d'une activité na­turelle humaine, car les résultats sont acquis lente­ment, en général ne sont pas contrôlables et ne peuvent être chiffrés dans des statistiques encoura­geantes.

En face de ce monde surnaturel, le seul vraiment solide, mais qui est impalpable et semble irréel, le monde visible exerce sa séduction ; et nous sommes toujours attirés à lui par les concupiscences qui de­meurent vivaces en nous.

Voilà pourquoi il faut, sans doute, approuver hautement toutes les tentatives faites pour persua­der les chrétiens que la religion n'est pas en elle-même ennuyeuse et maussade, pour les intéresser à la Bible, pour les faire participer activement à la liturgie, bref pour leur faire vivre le christia­nisme.

Mais cet intérêt très réel demeurera tou­jours sur un autre plan que celui du monde hu­main et n'enlèvera pas à la religion son caractère d'austérité. Le catéchisme, même adapté à l'enfant, restera sévère et n'aura pas pour lui le même agré­ment que ses journaux illustrés.

La Bible, saint Jérôme en faisait déjà l'expérience, n'aura pas la séduction de certains chefs-d'œuvre littéraires. Et le drame liturgique, même compris par les fidèles, ne pourra soutenir la concurrence, pour l'imagina­tion et la sensibilité, de certains films ou de cer­taines pièces de théâtre.

Certes, Dieu se fait parfois sensible au cœur ; mais cette grâce ne nous est pas garantie et peut être rare dans une vie chrétienne. Il faut donc ac­cepter courageusement l'ennui, l'impression de mo­notonie qu'à certains moments nous inspirent les choses divines. C'est le poids de la chaleur et du jour que doivent supporter les bons serviteurs.

Dans cette souffrance il y a une valeur de purifica­tion : « Quelle affliction, dit le P. Faber, de trou­ver tant de dégoût dans le service de Dieu ! Plus nous l'aimons et le craignons profondément, plus nous nous sentons misérables d'une telle infir­mité ! »

Ne méritons pas que le Christ nous adresse le reproche qu'il fait aux disciples : « Vous n'avez pu veiller une heure avec moi ! » (Mt., 26, 40). Mais songeons que le Christ lui-même, sans avoir les concupiscences et les faiblesses de « l'homme psy­chique », a voulu librement supporter en ses heures d'agonie le poids de l'ennui et nous a ainsi mérité la grâce de le dominer.

Et par sa Passion le Sauveur nous a mérité de recevoir le Saint-Esprit, l'Esprit qui nous console parce qu'il fait pénétrer les profondeurs de Dieu et nous rend plus réel le monde invisible.

De même que l'homme découvre qu'au delà du plaisir, il y a le bonheur, de même le chrétien découvre qu'au-delà du plaisant, de l'agréable et dans l'aus­térité inévitable du christianisme, il peut y avoir et il y a la joie profonde.

Que l'Esprit-Saint nous fasse réaliser cette découverte qui transformera notre vie !

Extrait de : PLUS PRÈS DE DIEU Volume VI, du Père Gaston Salet S.J.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 16:25

PSYCHOLOGIE DE LA VIE

Dans la psychologie de la vie, le déve­loppement du caractère, prend naturellement et convenablement sa place... « Cherchez, le royaume de Dieu et sa justice et le reste vous sera donné par surcroît. »

Il n'y a pas de meilleure méthode pour cette for­mation du caractère que celle qui commence par expliquer à l'enfant pourquoi Dieu l'a fait : c'est pour être heureux. Heureux en connaissant la Vérité, en aimant la Bonté, en cherchant à vivre la Vie véritable; bref, il deviendra un être équilibré se préparant à partir dans l'existence comme un voyageur prépare ses bagages avec discernement. Plus tard, il apprendra que la raison humaine ne suffit pas, et la Révélation complétera son instruc­tion.

Puis, si le courage lui manque parfois, il recevra la Force qui nous vient d'en haut et que nous trou­vons, entière, dans la personne du Christ.

Le biologique a trouvé sa place. L'enfant grandi sait que Dieu a mis en lui certains instincts vitaux qui demandent leur accomplissement et que, par conséquent, ils ne sont pas mauvais. Pas plus que de boire, de manger. Certes il est loisible d'en abuser — comme du feu qui réchauffe et peut brûler, comme l'eau étanche la soif et peut vous noyer.

Parmi les grandes nécessités qu'exige la bonne marche de l'univers, le maintien de la vie indivi­duelle et celui de la vie sociale sont des plus importants. La vie individuelle est maintenue par l'ins­tinct de la faim et de la soif; l'autre, par le mariage de l'homme et de la femme.

Rien n'a plus déséquilibré la psychologie de la jeunesse que la vulgarisation des principes freu­diens où l'individu est considéré avant tout sous le rapport sexuel au lieu de l'être comme homme, homme total. Le désir qui est à la base de la vie sexuelle n'est pas confiné au seul fait physique; il fait partie de la personnalité dans son ensemble; on ne peut pas plus isoler l'un de l'autre que le fait de se nourrir ne doive être isolé de notre santé. C'est l'harmonie de l'être humain tout entier qui est en jeu. Son harmonie dans l'amour.

* * * *

LE SACRIFICE CHEZ LES JEUNES

Deux choses militent en faveur de la jeunesse.

Il y a d'abord chez elle une puissance de sacrifice presque toujours inutilisée. Éducateurs ou parents négligent trop ce besoin de discipline, de solida­rité dans l'effort qui laisse les jeunes comme des soldats prêts à la bataille... sans capitaine pour les conduire. On a vu à quel point le fascisme et le communisme ont entraîné toute une génération qui avait soif d'absolu. Les faux absolus prennent la place des vrais quand on n'offre rien d'autre. Les protestations de jeunes esprits plus ou moins révolutionnaires ne prouvent pas qu'ils soient anti-sociaux. Ils protestent simplement contre la faillite des générations précédentes qui n'ont pas su résoudre pour eux le problème de l'existence.

Et puis, on juge trop souvent la jeunesse par les pires exemples qu'on en voit ça et là. C'est que le crime s'étale au grand jour, plus que la vertu.

(En 1959) Jugeons-la également sur ses plus belles, ses plus hautes expressions. On parle beaucoup de délinquance. Si nous parlions des âmes héroïques qui donnent leur vie, leur chair et leur sang, pour servir Dieu, chez nous ou dans les pays de missions..., des dizaines de milliers qui, chaque année, quittent le confort, le luxe du monde pour l'ombre de la croix où se font les saints. Ces jeunes-là ont fait le sacrifice d'un foyer, d'une route où l'on marche à deux, pour la compagnie du divin.

Il ne faut pas désespérer d'un monde où tant de jeunes se donnent à la Beauté suprême, consacrent leurs forces vitales à l'apostolat, à la contempla­tion, placent leur volonté libre dans la « liberté glorieuse des enfants de Dieu » et toute leur vie — instinctive, biologique, mentale, sociale — dans l'Amour qui ne finit pas. Et cela, non par dégoût du monde, mais au contraire parce qu'ils aiment le monde au point de se sacrifier pour lui.

Extrait de : NOTRE VIE A UN SENS, il faut le choisir. (1959) Mgr FULTON J. SHEEN

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 19:31

Selon le Gerontology Research Group, qui recense les "super centenaires", Gertrude Weaver était née le 4 juillet 1898 à Texarkana, dans l'Arkansas. Elle s'était mariée en 1915 et avait notamment travaillé comme aide à domicile. Elle a survécu à son mari, mort en 1969, de 45 ans. Son dernier fils encore vivant, Joe, devrait être présent lors de l'enterrement, dimanche. Il a 94 ans.

Le livre Guinness des records, qui accorde le titre de "personne la plus âgée", devrait le décerner à titre posthume à Mme Weaver. Robert Young, un responsable du Gerontology Research Group, note que seulement sept personnes ont atteint l'âge de 117, selon leurs archives. La nouvelle doyenne de l'humanité est désormais l'Américaine Jeralean Talley, 115 ans. La femme la plus âgée de tous les temps reste à ce jour la Française Jeanne Calment, qui est morte à 122 ans et 164 jours.

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/04/07/gertrude-weaver-116-ans-meurt-5-jours-apres-etre-devenue-la-femme-la-plus-vielle-du-monde/

Ce message devrait faire réagir les sédévacantistes, qui rient de nous lorsqu’on leur dit que le pape PAUL VI est toujours vivant et il a 117 ans. Il est né en 1897. Il aura118 ans, le 26 septembre 2016.

C’est donc lui le plus âgée pour le moment. Vous devez savoir que celui qui est décédé en 1978, c’était un sosie….

Voir Imposture du Siècle écrit par Théodor Kolberg. http://gloria.tv/?media=627022&language=MnVpcnQGQh7

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 02:13

La résurrection de notre Sauveur Jésus-Christ, et son apparition à sa très sainte Mère avec les saints Pères des limbes.

L'âme très sainte de notre Rédempteur Jésus-Christ demeura dans les limbes depuis les trois heures et demie du vendredi au soir jusqu'aux trois heures du matin du dimanche suivant.

Alors elle retourna victorieuse au sépulcre, accompagnée des mêmes anges qui l'escortaient dans sa descente aux limbes, et des saints qu'elle tira de ces prisons souter­raines, comme les dépouilles que sa victoire lui avait acquises et les trophées de son glorieux triomphe, laissant ses ennemis rebelles dans l'abattement et l'effroi.

Il y avait au sépulcre beaucoup d'autres anges qui le gardaient pour faire honneur au sa­cré corps uni à la Divinité. Et, quelques-uns d'eux avaient recueilli par l'ordre de leur Reine les reliques du sang que son très saint Fils versa, les lambeaux de chair qu'on lui fit tomber de ses plaies, les cheveux qu'on lui arracha, et tout le reste qui contribuait, à la parfaite intégrité de son humanité sainte, la très prudente Mère songea à tout. Les anges gardaient précieusement ces reliques, chacun d'eux s'estimant fort heureux de la part qui lui était échue.

En pre­mier lieu les saints Pères virent le corps de leur Rédempteur tout blessé, déchiré et défiguré par la cruauté des Juifs. Les patriarches, les prophètes et tous les autres saints le reconnurent dans ce pitoyable état, l'adorèrent et déclarèrent de nouveau que le Verbe incarné s'était véritablement chargé de nos in­firmités et de nos douleurs (Isa., LIII, 4), et qu'il avait surabon­damment payé notre dette et satisfait à la justice du Père éternel pour ce que nous avions mérité, étant lui-même très innocent et sans aucun péché.

C'est là où nos premiers parents, Adam et Ève, apprécièrent les ravages que leur désobéissance avait causés dans le monde, combien en avait coûté la réparation, et l'immense bonté, la miséricorde infinie du Rédempteur.

Les patriarches et les prophètes virent accomplies leurs prédictions et les espérances qu'ils avaient eues dans les promesses du Très-Haut. Et comme ils sentaient en la gloire de leurs âmes l'effet de la rédemp­tion abondante, ils en louèrent de nouveau le Tout Puissant et le Saint des saints, qui l'avait opérée avec un ordre si merveilleux de sa sagesse.

Les anges restituèrent ensuite au corps sacré toutes les reliques qu'ils avaient recueillies, le réta­blissant dans son intégrité naturelle, et cela se fit en présence de tous les saints qui étaient sortis des limbes.

Au même instant; l'âme très sainte du Sei­gneur se réunit à son corps, et lui donna la vie et la gloire immortelle. Et quittant le linceul et les parfums avec lesquels on l'avait enseveli (Jean, XIX, 40), il fut revêtu des quatre dons de gloire, la clarté, l'impassibilité, l'agilité et la subtilité. Ces dons rejaillirent de la gloire immense de l'âme de notre Seigneur Jésus-Christ sur son corps déifié.

Et quoiqu'il eût dû les recevoir au moment même de la conception, comme un apanage et comme une attribution naturelle, puisque dès lors son âme très sainte fut glorifiée, et que toute cette humanité très innocente était unie à la Divinité, il est vrai qu'ils furent alors suspendus et ne rejaillirent point sur le corps sacré, afin que restant passible il pût nous mériter notre gloire en se privant de celle de son corps, ainsi que je l'ai dit ailleurs.

Mais en la résurrection ces dons lui furent rendus avec justice, dans le degré et dans la proportion qui répondait à la gloire de l'âme et à l'union de l'âme avec la Divinité, Et comme la gloire de l'âme très sainte de notre Sauveur Jésus-Christ est incompréhensible et inef­fable, de même il est impossible de bien exprimer par nos faibles paroles et par aucun exemple la gloire et les dons de son corps déifié, car par rapport à sa pureté le cristal est obscur. La clarté dont il resplendissait surpasse celle des autres corps glorieux, comme le jour surpasse la nuit, et plus que l'éclat de mille soleils ne surpasserait celui d'une seule étoile; et parvint-on à réunir en une seule créature les beau­tés de toutes les autres, elle paraîtrait difforme auprès de lui ; aussi n'y a-t-il rien en tout ce qui est créé qui puisse lui être comparé.

L'excellence de ces dons surpassa de beau­coup en la résurrection la gloire qu'ils communiquè­rent en la transfiguration et en d'autres occasions où notre Seigneur Jésus-Christ se transfigura, comme on l'a vu dans le cours de cette histoire ; car alors il la reçut en passant et proportionnellement à la fin pour laquelle il se transfigurait : mais en la résurrec­tion il l'eut avec plénitude pour en jouir éternelle­ment.

Par l'impassibilité le corps sacré devint inal­térable.

Par la subtilité il fut tellement purifié de ce qu'il avait de terrestre, qu'il pouvait pénétrer les autres corps sans aucune résistance, comme s'il eût été un pur esprit ; et c'est ainsi qu'il pénétra la pierre du sépulcre sans la déplacer et sans la briser, de la même manière dont il était sorti du sein virginal de sa très pure Mère.

L'agilité l'affranchit du poids de la matière au point qu'il surpassait la libre activité des anges ; et il pouvait par lui-même se transporter plus rapi­dement qu'eux d'un lieu à un autre, comme il le fit quand il se montra aux apôtres et en d'autres occa­sions. Les plaies sacrées qui le défiguraient aupara­vant parurent aux pieds, aux mains et au côté si brillantes, qu'elles rehaussaient sa beauté ravissante comme du trait caractéristique le plus admirable.

Notre Sauveur sortit du sépulcre revêtu de toute cette beauté et de toute cette gloire. Et en présence des saints et des patriarches qu'il avait tirés des limbes, il promit à tout le genre humain la résurrection universelle, comme un effet de la sienne, en la même chair et dans le même corps de chacun des mortels, et aux justes leur future glorification dans leur chair et dans leur corps.

Pour gage de cette promesse de la résurrection universelle, sa divine Majesté ordonna aux âmes de beaucoup de saints qui se trouvaient présentes, de s'unir à leurs corps et de les ressusciter à une vie immortelle. Cet ordre divin fut aussitôt exé­cuté, et alors eut lieu la résurrection des corps dont saint Matthieu prévenant le mystère fait mention dans son Évangile (XXVII. 52) : entre autres, de ceux de sainte Anne, de saint Joseph, de saint Joachim et de quel­ques anciens Pères et patriarches qui se distinguèrent le plus en la foi et, en l'espérance de l’incarnation, et qui la demandèrent avec le plus d'ardeur au Très-Haut. Et en récompense de leur ferveur et de leurs saints désirs, ils obtinrent par avance la résur­rection et la gloire de leurs corps.

Oh ! Combien ce Lion de Juda, ce Fils de David paraissait, déjà puissant, admirable, victorieux et fort (Ps, III, 6) ! Jamais personne ne sortit du sommeil aussi vivement que Jésus-Christ de la mort. A sa voix im­périeuse, les ossements desséchés et dispersés de ces vieux morts se rapprochèrent aussitôt, et la chair qui était réduite en poussière, se renouvela et s'unit aux os pour reconstituer son être primitif, mais per­fectionné par les dons de gloire que le corps reçut de l'âme glorifiée qui lui donna la vie. Tous ces saints ressuscitèrent dans un instant avec leur Rédempteur, et parurent plus clairs et plus resplendissants que le soleil; beaux, transparents, légers, capables de le suivre partout; et par leur bonheur ils nous ont confirmés dans l'espoir que nous verrions notre Rédempteur dans notre propre chair, et que nous le contemple­rions de nos propres yeux comme Job l'a prédit pour notre consolation (Job, XIX, 26).

La grande Reine du ciel pénétrait tous ces mystères, et y participait par la vision qu'elle avait dans le Cénacle. Au moment même où l'âme très sainte de Jésus-Christ entra dans son corps et lui donna la vie, celui de sa très pure Mère reçut la joie qui était suspendue dans son âme jusqu'à la résurrec­tion de cet adorable Seigneur, comme je l'ai dit dans le chapitre précédent. Ce bienfait fut si excellent, qu'elle en fut toute transformée, et elle passa instantanément de la désolation où elle était à une céleste con­solation, et de la tristesse à une joie ineffable.

Cela arriva, au moment ou l'évangéliste saint Jean allait voir Marie pour la consoler dans son amère so­litude, comme il l'avait fait le jour précédent; mais il fut agréablement surpris de trouver entou­rée des splendeurs de la gloire, Celle qui naguère était presque méconnaissable à cause de son afflic­tion.

Le saint apôtre l'ayant considérée avec admira­tion et avec un profond respect, crut que le Sei­gneur devait être déjà ressuscité, puisque sa divine Mère recevait tant de consolation qu'elle en était toute renouvelée…

JOYEUSE PÂQUES

Extrait de : LA CITÉ MYSTIQUE DE DIEU. Maria d’Agréda

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 00:35

Après la mort de Jésus notre Sauveur, pour tous ceux qui l’avait suivi ce fut comme la fin d’un rêve merveilleux. Ils n’avaient pas compris qu’Il devait mourir pour s’offrir en holocauste à Dieu le Père, pour nous racheter et aussi pour nous prouver qu’Il était DIEU. L’abandon qui les frappait semblait être au delà de leur force.

Voyons comment la Mère de Jésus réagit et faisons un parallèle avec ce que nous vivons présentement, par la mort apparente de notre Saint Père PAUL VI.

Sur la croix, Jésus dit à St Jean : Voici votre Mère. A partir de ce moment là, Marie est devenu notre mère du Ciel.

Durant la vie de Jésus, elle était continuellement en communication spirituelle avec Lui. Après la mort de Jésus sur la croix, cette communication s’est interrompu, elle connu le silence, l’abandon en son cœur et en son âme, jusqu’à la résurrection de son Fils.

Nous les véritables catholiques qui croyons les paroles de Notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bien dit qu’il n’abandonnerait jamais son ÉGLISE.

Nous sommes temporairement privé de notre chef légitime PAUL VI depuis Juin 1972.

Le 8 juin 1972, Jacinthe de Fatima apparut à la voyante de Bayside, Veronica Lueken, et lui dit que le troisième secret allait s'accomplir. Une vingtaine de jours plus tard, le 29 juin 1972, Paul VI prononçait le discours où il déclara que « les fumées de Satan étaient entrées dans le peuple de Dieu », dénonçant discrètement les infiltrations maçonniques et la trahison.

Il est important de noter que cette expression fut reprise par Paul VI d'une phrase qu'il avait déjà prononcée deux années plus tôt, précisément lors d'une trahison, rapportée par Mgr J. Masson.

Le Lundi de Pentecôte de 1970, Mgr Martin attendait l'arrivée du Pape Paul VI pour sa Messe quotidienne ; le Saint-Père s'étonna qu'il y eût les ornements verts, et non les ornements rouges. Voici ce qu'il se vit répondre : Mgr Martin, très, très embarrassé :

- « Très Saint-Père... l'Octave de la Pentecôte n'existe plus: c'est Vous qui avez signé sa suppression. »

Paul VI : - « Non, Je n'ai rien signé de ce genre. Alors, j'ai été trahi. Comme le Christ Vraiment, la fumée de Satan est entrée dans l'Église. Mais «portae inferi non praevalebunt » »

La dénonciation du 29 juin fut suffisante pour que les valets de l'Enfer emprisonnassent le Saint-Père et voulussent le tuer... …

Profitons de l’exemple de Marie, qui à la suite de ces terribles épreuves, qui n’ont rien de comparables a celle que nous vivons depuis 42 ans. Prions, ayons foi dans les promesses du Seigneur qui tient toujours ses promesses.

Bientôt nous aussi nous aurons notre Dimanche de Pâques, celui de toute la Sainte Église, avec le retour du vénérable représentant de Dieu sur la terre.

Il faut lire ou relire ce que la Sainte Vierge Marie, co-rédemptrice du genre humain, nous a révélé lors du dit : Secret de la Salette. http://prophetiesaintmalachie.over-blog.com/

Ce texte explique très bien, les événements que nous vivons présentement, ainsi que le rôle du Saint Père PAUL VI, Pape Martyr de la fin des temps. http://paulvipapemartyr.over-blog.com/page-4070084.html

«O Très Sainte Trinité, je vous offre aussi l'acte de foi solitaire, cruel et parfait que fit la Très Sainte Vierge Marie le Samedi Saint, lorsque tous avaient perdu la foi» (Saint Bernard).

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 16:29

Le précieux Sang

Dans la nuit de jeudi à vendredi, il me fut donné de voir mon divin Sauveur crucifié, couvert de plaies et gisant dans son sang. Je vis surtout d'une manière très distincte les pensées cuisantes de son âme divine. J'ai compris que c'était pour mon amour que Jésus, l'Agneau sans tache, endurait de si cruelles souffran­ces ...

Et ma douleur devint pour un moment profonde comme la mer. Le péché m'apparaissait dans toute sa malice. De l'oeil de l'intelligence, je voyais Dieu irrité des outrages qu'il reçoit de la part de ses créatures, et déchargeant les coups de sa justice sur la Victime immaculée.

Au milieu de ces atroces tortures, la voix gémissante du Bien Aimé se fit entendre à mon âme. Elle lui disait : Ouvrez-moi votre cœur, mon épouse, parce que par­tout on me rebute. Mettez-moi à l'abri de mes persécuteurs; étanchez ma soif brûlante, donnez-moi de l'amour, aimez-moi pour ceux qui insultent à mes douleurs, qui se moquent de mon amour, qui foulent aux pieds le Sang que j'ai versé au milieu d'incom­parables douleurs, qui font de leurs âmes que j'ai créées à mon image, que j'ai imprégnées de mon Sang, de véritables repaires de démons...

Tout hors de moi-même, en voyant le Dieu fait homme écrasé sous le poids des douleurs et des opprobres, j'ai juré à mon divin Époux que je voulais m'immoler avec Lui et verser jusqu'à la dernière goutte de mon sang, pour lui gagner des âmes...

Jésus répétait encore : Je rejetterai ceux qui me rejettent, je me rirai de ceux qui me méprisent, je foudroierai ceux qui se moquent de moi et font peu de cas de la valeur de mon Sang.

Mais ceux qui méditent ma Passion et ma mort, qui s'en appliquent souvent les mérites infinis, qui aiment à contempler mes souffrances, qui désirent partager mes angoisses et mes hu­miliations, ceux-là sont mes bien-aimés...

Je les porterai dans mon coeur, je les nourrirai de mon Sang.

Venez donc, Aurélie, vous désaltérer avec confiance et amour à la source du salut et de la vie. Venez, mes plaies sont ouvertes pour vous recevoir, mon Sang coule pour étancher votre soif insa­tiable et vous vivifier !

Je m'approche avec tremblement du Dieu trois fois saint, j'applique ma bouche sur son divin cœur et je bois à longs traits le Sang vermeil et chaud qui s'en échappe...

Le ciel est dans mon coeur ou plutôt mon coeur est au ciel. Je jouis des promesses de Jésus. Je possède la récompense promise à ceux qui chaque jour boivent le Sang et qui travaillent à le faire connaître et glorifier. Mais bientôt, à cette paix profonde succè­de l'agonie de l'âme ...

Je pleure de ne pouvoir assez aimer Celui qui vient de me donner des marques du plus tendre amour. Au sortir de cette union, je me sens dévorée d'un zèle brûlant...

Ce fut dans ces dispositions que quelques heures plus tard, je reçus mon Bien-Aimé. Ai-je besoin de vous dire ce qui s'est passé dans l'union eucharistique ? ... L'Époux a donné du Sang à l'épouse, Il a guéri ses infirmités, Il a communiqué à son âme une fermeté inébranlable, Il a dissipé ses doutes, Il lui a assuré sa divine pro­tection par ces paroles : Chère épouse rachetée de mon Sang, met­tez-vous à l'œuvre et ne craignez rien ! Je serai près de vous pour vous secourir dans tous vos besoins...

La dévotion au Précieux Sang

Une lumière subite éclaira en même temps mon entendement. Je vis d'une manière très distincte que j'étais appelée à travailler à la fondation d'une arche où viendrait s'abriter une troupe d'éli­te...

Je ne doutais plus des promesses de Jésus-Christ et, dans l'enthousiasme d'une reconnaissance sans égale, je m'écriai : Je veux, je crois, j'espère !

— Mais, dit Jésus, il ne suffit pas de vouloir, de croire et d'at­tendre; il faut se hâter de faire ma volonté, que je t'ai plus d'une fois manifestée,

— Seigneur, vous voyez mon coeur, vous connaissez l'ardeur de mes désirs. Vos ministres n'ont qu'un mot à dire et je suis à l'Oeuvre.

— Eh bien ! Mets de côté le sentiment de crainte qui t'arrête et, tout en confessant ton indignité, sollicite vivement de ma part, l'exécution de mes desseins sur toi et sur un grand nombre d'âmes.

N'hésite plus à croire que je t'ai choisie pour être l'amante de mon Sang et que par toi, il doit être connu, aimé et glorifié.

Au moment où ces paroles sont prononcées, une figure res­plendissante de beauté et de lumière m'apparaît... C'est un hom­me revêtu d'une immortelle jeunesse et qui, en me montrant ses mains, ses pieds et son côté percés d'où s'échappent des rayons lumineux et des torrents de sang, me dit d'une voix forte et douce : Je suis l'Époux des vierges; je suis la vraie Voie, la Vérité souveraine et la véritable Vie.., Suivez-moi et à votre suite mar­chera cette troupe de vierges que vous voyez. Le regard de mon intelligence fut illuminé et je vis qu'en effet un cortège de vier­ges plus blanches que la neige et plus vermeilles que la rosée s'avançait vers moi...

Jésus les aspergeait de son Sang en disant : Soyez bénies, ô vierges, qui avez été jugées dignes de marcher à la suite de l'Agneau immaculé, de partager ses souffrances, ses humiliations, ses abandons...

Pour prix de votre généreux dé­vouement, de vos sacrifices, de vos larmes et de vos prières, vous partagerez, dans le ciel, ma félicité. Je ferai jaillir sur vous la gloire que me procurera le salut des pécheurs. En retour des âmes que vous enfanterez à la vie de la grâce, je ceindrai vos fronts d'une auréole particulière dans la cité des élus. Au jour de mes vengeances, vous serez à l'abri des coups de ma justice; vous par­tagerez la gloire des Apôtres, la récompense des Martyrs, le bon­heur des Vierges.

Au nom de Jésus crucifié que j'ai vu, que j'aime et que j'ai choisi pour mon unique Époux, je viens vous conjurer, mon Père, de ne pas suspendre plus longtemps l'exécution de la volonté de Dieu. Ne retardez pas mon bonheur; ne laissez pas perdre l'orne­ment de gloire que l'Église recevrait de la pauvreté, de l'humilité, de la pureté et de l'amour des vierges adoratrices du Sang Pré­cieux, filles de Marie Immaculée. Sinon, vous aurez à rendre compte aussi exactement que possible de tout ce qui s'est passé vendredi. Il ne me reste plus qu'à m'anéantir profondément en la présence de Dieu...

Je serais prête à perdre mille vies plutôt que de manquer à croire et à soutenir la vérité des paroles et des promesses de mon Époux d'amour... C'est dans ces sentiments qu'humblement prosternée devant l'adorable majesté de Dieu, je le conjure, au nom de la Passion de son Fils, au nom du Sang très précieux, au nom de la Vierge Immaculée, d'avoir pitié de moi, qui n'ai d'autre ambition que d'aimer mon Sauveur crucifié et de, procurer la gloire de son Sang.

A vous maintenant de peser toutes ces choses et à moi d'exécuter promptement tous vos ordres que je regarderai comme venant de Dieu même. Demandez à Ma­rie qu'elle me fasse part de son humilité et de sa soumission.

Mère Catherine Aurélie du Précieux Sang

Extrait de : Nourritures Spirituelles, tome 1. Fides 1956

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 18:54

LE MÉMORIAL DE LA PASSION

Le pain de vie

La Passion fut assurément, très amère et douloureuse pour Jé­sus, d'abord à cause du spectacle des péchés, des crimes sans nombre qui souilleraient la terre et perdraient les âmes, dans tous les siècles. Son coeur en est brisé, et c'est là une des causes de cette sueur de sang qui l'inonde au jardin des Oliviers.

Douloureuse mille fois plus que toutes les souffrances endu­rées dans tous les siècles par tous les martyrs. Car Jésus le plus beau, le plus parfait des hommes, l'homme par excellence, était le plus sensible, le plus capable de souffrir dans l'âme et dans le corps, le plus vulnérable sous les coups des injures, des fouets, des soufflets, des marteaux et de cette suite inouïe de tourments qui brisèrent son coeur et lui ôtèrent la vie. Chacun de ces coups est un abîme insondable. (5,115 coups de fouets, selon Marie d’AGRÉDA)

Mais, ô mystère d'amour ! Toutes les souffrances lui sont ren­dues supportables et même délicieuses par la pensée que son corps adorable ainsi broyé, brisé, haché, moulu comme le froment, va devenir notre victime, notre hostie, notre nourriture, notre vie, dans l'Eucharistie.

La présence réelle

La Passion fut très pénible à Jésus, à cause des séparations qu'elle lui imposait. Se séparer des personnes tendrement aimées selon Dieu, s'éloigner d'elles ne serait-ce que pour peu de temps, est pénible au coeur noble, au coeur doué de sentiments élevés.

Quel cœur ne fut jamais rempli de tendresse à l'égal du cœur de Jésus pour ses apôtres et ses disciples ? Et voilà que la mort va le séparer d'eux. Il sait qu'après sa mort, il quittera la terre, qu'il dira adieu à sa mère bien-aimée, à ses apôtres, à tous ceux qu'il a comblés de ses tendresses. Ah ! Combien son cœur si bon souffre à cette pensée. Je m'en vais, mais consolez-vous; ce ne sera que pour peu de temps; Je vais à mon Père, et je vais vous préparer un trône. Je ne vous laisserai pas orphelins. Je vous en­verrai l'Esprit consolateur.

Il les revoit après la résurrection, avec quelle joie, quelles effusions de tendresse ! Mais ce n'est que pour quelques jours. Il faut qu'il disparaisse. Et son coeur saigne. Où trouvera-t-il une suprême consolation ? Dans l'Eucharistie. Je suis avec vous jusqu'à la fin des siècles. Il pense au pouvoir qu'il a donné à ses prêtres de renouveler sa présence : Faites ceci en mémoire de moi. (Par la sainte messe tridentine de St-Pie V)

Le sacrement d'amour

Ce qui contribua encore à rendre plus pénible et très amère la Passion de Jésus, ce qui le réduisit à l'agonie au jardin des Oliviers, ce fut la haine et l'ingratitude de ses contemporains et de tous ceux qui dans la suite des siècles se tourneraient contre lui et même se serviraient de ses bienfaits, de son sang, de ses sacrements pour l'outrager, le trahir et perdre les âmes qu'il venait sauver.

Les prophètes ont annoncé bien souvent cette cause des dou­leurs du divin Sauveur et lui-même a pleuré sur Jérusalem ingrate et perfide et sur toutes les âmes et les nations qui le trahiraient : A quoi bon verser mon sang à la flagellation, au couronnement d'épines, à la croix ? Tout cela sera inutile pour des millions d'âmes, pour tous ces coeurs endurcis qui se moqueront de moi et qu'il me faudra condamner dans un juste châtiment éternel.

O mon peuple, que t'ai-je donc fait, en quoi t'ai-je fait de la peine; réponds-moi ? O ingratitude, ô trahison ! Voilà ce qui plonge Jésus dans une tristesse sanglan­te et lui arrache ce cri de détresse sur la croix : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? Où donc trouvera-t-il un adoucissement à ses douleurs ? À cette angoisse mortelle ? En­core dans l'Eucharistie. Ah ! Sans doute l'Eucharistie rencon­trera aussi la haine, la profanation, les coeurs endurcis. Mais Jésus sait qu'elle enflammera bien des âmes, et qu'elle répandra sous tous les climats, en tous temps et en tous lieux, un vaste incendie d'amour que la haine, l'indifférence, l'ingratitude ne pourront jamais éteindre. L'Eucharistie fera germer et mûrir dans des millions de cœurs une abondante moisson de vertus, et produira les plus merveilleux effets pour la gloire de Dieu et pour le salut éternel d'une multitude innombrable d'âmes.

L'âme fidèle qui vit de la foi comprend ces trois grandes causes des souffrances de Jésus et si, comme son Maître et Sau­veur, elle les éprouve elle-même, elle vient à l'Eucharistie cher­cher un adoucissement aux peines corporelles, aux déchirements des séparations inévitables, à la haine et à l'ingratitude; et com­me Jésus, elle accepte tout avec joie ou avec résignation, pour res­sembler à Celui qui l'a aimée jusqu'à la croix.

Le saint sacrifice

L'Eucharistie est aussi un mémorial de la Passion par le fait que Jésus se donne à nous dans la sainte communion, dans son état de victime immolée au saint autel comme sur la croix. A la messe, le glaive des paroles de Jésus, prononcées par le prêtre, im­mole la divine Victime; en la plaçant dans un état de mort appa­rente. Vivante représentation du sacrifice de la croix !

Au Calvaire, le corps de Jésus était suspendu au gibet, et son sang inon­dait la croix et la terre, comme il avait inondé le jardin de l'ago­nie et le prétoire de la flagellation. Ce même sang, les anges le contemplent dans le calice du prêtre et sur la patène du sacrifice. Jetons un regard de foi sur la Victime immolée.

A.-N. Valiquet, o.m.i.

Extrait de : Nourritures Spirituelles, tome 1. Fides 1956

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 14:23

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné !

Jésus a-t-il assez souffert ? Couvert d'ignominies, épuisé dans son corps par la perte de son sang qui coule de toutes ses plaies, torturé dans son coeur par tous les déchirements de l'amour, a-t-il atteint le degré suprême de la douleur, et la passion de son âme est-elle complète ? Oh non, loin de là. Il doit vider le calice jusqu'à la lie. Cette lie ne viendra pas des créatures. Elle sera ver­sée par la justice infinie d'un Dieu qui exige le châtiment absolu de Celui qui seul peut l'offrir dans toute sa perfection.

Au moment de mourir dans les affres de la plus cruelle des agonies, Jésus adresse à son Père le cri déchirant de la désolation : Mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? Dans les épreuves les plus douloureuses, alors que l'homme troublé, bouleversé jusque dans le fond de son être, ne voit autour de lui que ténè­bres et tristesses, quand tout le monde le repousse avec dédain et sans pitié, il lui reste quand même la ressource d'une cons­cience qui le console par le calme de sa sécurité, ou le soutient même par la satisfaction du remords. Et surtout il peut, privé de toute consolation humaine, se tourner vers Dieu et jeter en lui une espérance qui ne trompe jamais.

Mais pour le Sauveur sur la croix, il est devenu l'iniquité elle-même, puisqu'il porte tous les péchés, toutes les offenses de l'hu­manité; et devant son Père il disparaît avec sa sainteté et son amour, pour ne laisser voir que le crime et la peine à subir. Il n'a donc rien à attendre que justice implacable et délaissement cruel.

Et pourtant c'est le Père qui jadis mettait ses complaisances dans le Fils bien-aimé, c'est Lui dont Jésus a voulu en toute chose faire la volonté, c'est Lui dont le Sauveur avait enseigné à tous les bontés prévoyantes, et vers qui il avait ramené la confiance humaine par la prière filiale. C'est à lui que tout à l'heure au cénacle il adressait un chant d'amour, et pour qui il voulait con­quérir l'humanité. A l'instant même, il vient de supplier son Père, et de demander le pardon pour les bourreaux qui le tourmentent. Et maintenant tout est changé; tout semble évanoui des tendres­ses divines.

Le Fils ne voit pas s'ouvrir les bras paternels, il faudra qu'il meure sans avoir senti les douceurs du pardon, ni les joies de la réconciliation, puisque c'est l'acte même de la mort qui la fera s'opérer : Mon Dieu pourquoi m'avez-vous donc abandonné.

Tout est consommé

Cherchons s'il s'est jamais trouvé quelque chose dans l'histoire des douleurs humaines, et jusque dans la passion de Jésus qui les résume toutes, qui puisse être comparée à cet état de l'âme de Jésus, ainsi privée de la seule consolation qui lui apporterait quelque soulagement.

Que sont les peines, les tourments de toute nature qui peuvent lui venir des êtres qui l'entourent, et sur lesquels il lui suffirait d'un regard pour les terrasser et les anéantir.

De ces afflictions extérieures ou même intimes qui sont l'effet de la haine ou de l'amour des hommes, il a pu lui-même fixer librement la mesure. Il est vrai que cette mesure, dépasse tout ce qu'une âme humaine, aurait jamais pu concevoir. Mais pour i'affliction qui lui vient de son Père, exerçant sur lui sa pleine justice pour le châtiment de l'humanité, dont il porte tous les crimes et par conséquent, dont il porte aussi toutes les douleurs qu'elle a méritées, cette affliction l'enveloppe comme un vêtement dont il ne peut se dégager et qui, par le caractère épouvantable de son action sur le cœur de Jésus, a pu être prédite par les prophètes comme une malédiction. Et c'est là le dernier mot de la passion de l'âme de Jésus, qu'il remet ainsi broyée entre les mains de son Père.

Mgr Joseph-Médard Emard, év.

Extrait de : Nourritures Spirituelles, tome 1. Fides 1956

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 01:02

Je suis innocent du sang de ce juste, vous en répondrez…

Voici le Sauveur au prétoire devant Pilate.

Pilate, oh ! Nous le connaissons bien. C'est le gouverneur de la Judée. C'est le premier citoyen. Sa charge, ses fonctions, son influence, ses relations, tout contribue à le mettre en relief, comme le personnage le plus important, mais aussi à faire peser sur ses épaules, le fardeau des plus lourdes responsabilités. Il con­naît son devoir et l'étendue de son autorité. Il voudrait être juste, sauver de la mort Celui dont il est forcé de reconnaître l'innocen­ce, il ne trouve en lui aucun sujet de condamnation, mais on le menace de perdre sa place, et le peuple voyant ses hésitations et sa faiblesse augmente d'arrogance et réclame contre Jésus une sentence de mort.

L'instinct de la justice demeure, mais Pilate placé entre son intérêt et son devoir, cherche de vains subterfuges pour les con­cilier si c'était possible. L'avertissement de sa femme reste sans ef­fet. La libération de Barrabas n'apaise point la foule. La flagel­lation du Sauveur, sa couronne d'épines, son ignoble manteau de pourpre ne font qu'exciter sa fureur, et Pilate ne décide encore rien.

Par la douceur de ses réponses, Jésus l'impressionne évidem­ment. Ce dépositaire de l'autorité, ce magistrat responsable de l'ordre public, va-t-il enfin par un acte énergique faire justice et délivrer le Sauveur ? Oh non ! La politique l'emporte et Ponce Pilate lave ses mains devant le peuple en disant : Je suis innocent du sang de ce juste vous en répondrez. Mais vaine tentative. C'est devant lui et par lui que Jésus aura subi ce qu'il y a de plus dur peut-être dans la vie sociale, se savoir victime de la lâcheté et, par le fait même, de l'injustice de ceux qui ont tout à la fois le droit, et le pouvoir de protéger l'innocence et de proclamer la vertu.

C'est toujours pour Jésus la passion de son âme. Comme elle durera longtemps cette injure particulière. Dans la suite des siècles et jusqu'à la fin des temps, les chrétiens rediront tous les jours la parole vengeresse : a souffert sous Ponce Pilate. Et cette parole servira à dénoncer toujours et partout les Pilate quels qu'ils soient qui, dans l'administration de la chose publi­que, en dépit de tous les avertissements, n'osent jamais porter le courage jusqu'au point de maintenir la justice et le bon ordre, même au détriment de quelque vulgaire intérêt, et malgré la pous­sée de la clameur populaire.

J'ai soif

Jésus est crucifié entre deux voleurs. Il a été mis, dit l'Écriture, au rang des scélérats. Au-dessus de sa tête est l'inscription : Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. A ses pieds on s'est partagé ses vête­ments, sa tunique a été tirée au sort. Ce prêtre souverain éprou­ve les tourments de la soif, la soif brûlante des âmes.

On l'abreuve du fiel de l'ingratitude, et du vinaigre de l'in­différence, plus encore des moqueries et des sarcasmes de l'im­piété. Les deux criminels à ses côtés lui lancent les mêmes blas­phèmes. L'un se convertit cependant, et Jésus agonisant oublie sa souffrance pour lui promettre le paradis.

Le coeur de Jésus palpite toujours pour ceux qui l'insultent, il implore le pardon de son Père qu'il achète au prix de son sang.

Femme, voilà votre Fils; voilà votre Mère !

Puis des hauteurs du gibet, ses regards s'abaissent sur Marie sa mère, debout au pied de la croix. Qui pourrait, avec une langue assez sainte et sublime, décrire ce qui se passe à la fois dans le cœur du Fils et dans celui de la mère ! Jamais deux âmes ne furent mieux faites pour savourer ensemble les mêmes douleurs.

Un glaive transpercera votre âme, avait dit à Marie le vieil­lard Siméon. Et elle avait vécu dans l'attente douloureuse de ces heures lugubres et divines durant lesquelles, ressentant en elle-même le contre coup de toutes les souffrances de son enfant, elle lui serait une source à tout instant renouvelée d'afflictions nou­velles et de plus cruelles tortures.

Une mère penchée sur son enfant qui souffre endure plus que lui la douleur. Marie est la mère la plus parfaite, parce qu'elle est la plus sainte. Elle compte chaque goutte du sang de son Fils, chaque battement de son coeur, chaque mouvement de ses lèvres. Elle contemple ses plaies, elle suit la marche lente de la vie qui s'écoule, de la mort qui s'approche. Tout son amour est en oeu­vre pour rappeler toutes les douleurs de sa vie, toutes ses angoisses; elles revivent toutes à la fois, et de son coeur transpercé montent vers l'âme de son Fils, les flammes ardentes qui le brûlent, le tourmentent, le déchirent, et reviennent comme à leur foyer dans le coeur de la mère qui souffre toujours davantage.

Deux foyers qui se renvoient à l'infini des rayons toujours plus ardents, et la compassion de la Sainte Vierge est l'instrument merveilleux qui accentue la passion de l'âme de Jésus.

Aussi on dirait que, à bout de force par l'intensité de l'amour qui le consume, Jésus veut dans son extrême douleur se donner à lui-même et accorder à sa mère par son prêtre bien aimé, toute la consolation possible : Femme voilà votre fils, voilà votre mère. Mgr Joseph-Médard Emard, év.

Extrait de : Nourritures Spirituelles, tome 1. Fides 1956

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 01:34

Oh mystère insondable ! Un Dieu est mort pour nous. Un Dieu fait homme a livré son humanité en victime d'expiation à la justice divine et a fait peser sur elle le fardeau de toutes les iniquités. Cette expiation s'est faite par la souffrance et par la mort afin de nous épargner à nous-mêmes la mort spirituelle et l'éternelle souffrance.

Mon âme est triste jusqu'à la mort

Au jardin des Olives, il est saisi d'effroi et de dégoût. La tristesse et l'ennui l'envahissent. Il a la claire vue de tout ce qui se prépare contre lui. Il accepte le calice d'une amertume sans nom et qu'il doit boire jusqu'à la lie. Toute consolation lui est retirée, c'est une véritable agonie, son cœur déborde, des sueurs de sang l'inondent et coulent jusqu'à terre. Si un ange du ciel lui apparaît et le fortifie, c'est afin de le rendre capable de porter une douleur qui dépasse les limites de la puissance humaine. Où trouvera-t-il une consolation dans cet effroyable abattement ? Ses disciples les plus chers sommeillent et dorment malgré ses instances et ses reproches. Pourtant, il vient de les consacrer prêtres. Ils avaient promis de le suivre partout, et s'étaient dé­clarés capables et prêts de vider avec lui le même calice... Et à côté de Jésus abîmé dans l'amertume et l'abandon, eux se sont endormis. C'est la passion de l'âme qui est commencée pour Jésus et trois de ses Apôtres, les plus favorisés, en sont les premiers instruments. Mon Père ! S'il est possible, que ce Calice s'éloigne de moi !

Celui qui doit me trahir approche

Mais voici quelque chose de plus affreux. A la tête d'une troupe de soldats et de valets, avec des lanternes, des torches, et des armes, Judas s'avance, il s'approche de Jésus : Salut Maître, lui dit-il, et il l'embrasse. Ami, lui dit Jésus, qu'es-tu venu faire ? Tu trahis le fils de l'homme par un baiser.

Judas, c'est encore un intime, un disciple, un confident. Tout à l'heure il était au cénacle, il se laissait laver les pieds par Jé­sus. Il communiait à son corps et à son sang. Il était lui aussi ordonné prêtre. Déjà il avait vendu son Maître, maintenant il le livre. Judas c'est l'avarice, la jalousie, l'hypocrisie. Judas c'est le sacrilège, l'apostasie, la trahison, tout à l'heure ce sera le déses­poir; mais malgré tout Jésus l'avait aimé, il l'aime encore, il l'ap­pelle son ami, il reçoit son baiser. Sa parole est tendre, son affec­tion suppliante, mais le cœur endurci de Judas résiste à tout, et le poignard de la trahison est plongé par lui dans le cœur de Jésus, c'est la passion de l'âme qui continue.

Non je ne connais pas cet homme-là !

Plus tard chez le grand prêtre Caïphe, une foule qui blasphè­me entoure le Sauveur. Pierre qui dormait au jardin, au lieu de prier, s'est joint à la multitude, une servante l'aperçoit, elle croit le reconnaître : Tu étais avec Jésus de Galilée ! Pierre le nia de­vant tout le monde : Femme, je ne le connais pas. Je ne sais, je ne puis comprendre ce que tu dis. Le voici inquiet, cherchant à s'esquiver; à d'autres qui l'interrogent il répond une seconde fois dans les mêmes termes. Mais ton langage te trahit, lui dit-on. Est-ce qu'on ne t'a pas vu dans le jardin avec lui ? Non, non, je ne connais pas cet homme-là, je ne sais ce que vous voulez dire.

Jésus, à qui rien ne pouvait échapper, entendit ces paroles. Pierre qui avait jadis confessé sa divinité et reçu ses promesses les plus glorieuses, Pierre qui dans sa foi bruyante avait voulu se dérober à l'humilité de son Maître, Pierre qui se croyait plus fer­me et meilleur que tous les autres, et qui avec jurement avait pro­mis de ne jamais abandonner Jésus, quand il serait seul à le soute­nir, Pierre qui vient de tirer l'épée pour défendre son Maître, ce même Pierre, effrayé à la voix d'une femme, renie Jésus et dé­clare ne point le connaître, ne l'avoir jamais fréquenté, lui être absolument étranger.

Conçoit-on combien cette conduite du futur chef de ses Apôtres fut sensible à Notre-Seigneur. Cependant Jésus passe. Il s'applique ici à lui-même le précepte qu'il avait naguère formulé pour ses prêtres. Avant de monter au Calvaire où il doit s'offrir en victime sur l'autel de la Croix, il porte dans l'âme de celui qui vient de l'offenser si gravement, le pardon sans atten­dre la supplication ou les excuses du coupable; il n'attend point que Pierre marque son repentir et demande pardon, il a pitié de la gêne qui sans doute empêche son disciple de parler, il arrête sur lui son regard. Les yeux du disciple renégat rencontrent ceux de son Maître. Il peut y lire le reproche sans doute, la douleur en même temps que la sévérité, il y aperçoit surtout une infinie miséricorde, et cette bonté provoque la confiance avec le repentir et Pierre verse des larmes amères qui augmentent encore la pas­sion de l'âme de Jésus.

Mgr Joseph-Médard Emard, év. (92)

Extrait de : Nourritures Spirituelles, tome 1. Fides 1956

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