Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 13:24

La charité exige la haine des ennemis de Dieu

Attention, plus une parole est belle, plus elle est dangereuse. Il est impossible de dire quelle est l'importance du langage. Les mots sont du pain ou du poison, et c'est un des caractères de notre époque que la confusion universelle. Les signes du langage sont des instruments redoutables par leur complaisance. On peut faire d'eux l'abus qu'on veut en faire ; ils ne réclament pas. Ils se laissent déshonorer, et l'altération des paroles ne se révèle que par le trouble intime qu'elle produit dans les choses.

Il y a un mot de saint Paul dont la profondeur est tout à fait inconnue : l'Apôtre des nations déclare que quand il transporterait par la foi des montagnes, sans la « charité » il n'est rien.

Qui sait jusqu'où va ce dernier mot ? Celui qui l'a pro­noncé connaissait d'étranges secrets.

Satan est celui qui n'aime pas, disait sainte Thérèse, et sainte Brigitte entendit sortir de la bouche du mau­dit cet aveu terrible. Satan, parlant à Jésus-Christ, lui dit ces mots : O Juge, je suis la froideur même.

Celui qui n'aime pas n'est rien, dit saint Paul.

Dans quelle relation le néant et le péché sont-ils l'un avec l'autre? Quel nom porterait l'amour dans une langue supérieure à la nôtre, et quel nom porterait la substance ? Ne serait-ce pas le même nom? Quoi qu'il en soit des mystères que garde au fond d'elle-même l'inti­mité, en tous cas, dans l'ordre moral, la charité est la loi de la vie. Elle est le principe même de l'activité. Si les hommes n'avaient pas tant d'affaires sur les bras, peut-être pourraient-ils réfléchir un moment sur cette chose trop vulgaire pour être remarquée, et trop pro­fonde pour être comprise.

Mais, par cela même que la charité est la chose su­blime, la réalité par excellence et la moelle des os de la créature, par cela même l'abus de la charité et le mau­vais usage de son nom doit être spécialement et singu­lièrement dangereux. Plus ce nom est beau, plus il est terrible, et s'il se tourne contre la vérité, armé de la puissance qu'il a reçue pour la vie, quels services ne rendra-t-il pas à la mort ?

Or, on tourne le nom de la charité contre la lumière, toutes les fois qu'au lieu d'écraser l'erreur, on pactise avec elle, sous prétexte de ménager les hommes. On tourne le nom de la charité contre la lumière, toutes les fois qu'on se sert de lui pour faiblir dans l'exécration du mal. En général, l'homme aime à faiblir. La défail­lance a quelque chose d'agréable pour la nature déchue; de plus, l'absence d'horreur pour l'erreur, pour le mal, pour l'enfer, pour le démon, cette absence semble deve­nir une excuse pour le mal qu'on porte en soi. Quand on déteste moins le mal en lui-même, on se prépare peut-être un moyen d'excuser celui qu'on caresse dans son âme. De générale qu'elle était, l'atténuation se focalise, et l'homme s'adoucit vis-à-vis de la faiblesse qui veut l'envahir, quand il a pris l'habitude d'appeler charité l'accommodement universel avec toute faiblesse, même lointaine.

Il y a un mot, dans David, auquel on ne fait pas attention. Le voici :

« Le jour où le mal est entré dans le monde, il est né quelque chose d'irréconciliable.» La charité, l'amour en­vers Dieu exige, suppose, implique, ordonne la haine envers l'ennemi de Dieu.

Dans l'ordre humain, l'amitié ne se mesure pas si bien à la vivacité de la tendresse qu'à la sympathie vis-à-vis de la souffrance. Si votre ami est heureux, vous pouvez, manquer de tendresse à un moment donné et être encore son ami. Si votre ami est victime, dans sa personne ou dans son honneur, d'un accident, d'un attentat quelconque et que vous sentiez faiblement son mal, vous n'êtes plus son ami,

Voyez une mère : je la suppose bonne et intelligente. Elle redoute pour son fils une certaine relation ; il y a une fréquentation qu'elle voudrait rompre; une approche qui la fait trembler. Et pourtant l'homme devant qui elle sent le malaise de la crainte semble l'ami de son fils. Rien ne justifie en apparence cet avertissement sans parole qui ressemble à une antipathie capricieuse, qui menace et ne s'explique pas. En général, quand ce fait arrive, le moment ne se fait pas longtemps attendre qui justifie la terreur. L'enfant était menacé. La mère le sen­tait sans le savoir, et l'horreur d'une chose absolument inconnue était née en elle. Cette horreur était née sans connaissance ; elle était née pleine de lumière et vide de science. De quoi l'horreur du mal était-elle née? Elle était née de l'amour.

(À suivre avec : Le rendez-vous de la suprême justice…)

Extrait de : L’HOMME, la vie… Ernest HELLO (1936)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

Repost 0
Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
commenter cet article
12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 02:50

La poésie légère ou la passion du malheur…   

Une illusion très répandue parmi les personnes vertueuses, qui croient que leur vie aurait plus d’intérêt, plus de variété, plus de liberté, si le mal se mêlait plus souvent au bien dans leur pratique journalière.

Ces pauvres gens s'abstiennent quelquefois du mal, parce qu'ils croient devoir s'en abstenir ; mais ils s'en abstiennent sans le mépriser; ils s'en abstiennent avec une sorte de regret. Quelque chose d'eux-mêmes reste avec lui quand ils le quittent ; ils ne le désertent pas à tous les points de vue. Ils ne savent pas combien il est fade, comment il est ennuyeux. Ils n'ont pas horreur de lui.

Un certain attrait pour ce qui fait tomber ; un cer­tain regret de ne pas toucher au fruit défendu ; un cer­tain partage de l'âme entre le bien et le mal ; un certain sentiment, vague et inconscient peut-être, que la poé­sie est diminuée par l'exclusion du péché et du mal­heur ; une certaine absence d'exécration en face du monstre infernal, surtout si son langage est élégant, si son visage est fardé, si son exigence est modérée, toutes ces pensées abominables ne dominent pas seulement les hommes livrés à l'erreur ; elles se glissent, elles s'insinuent dans les âmes honnêtes qui veulent être bonnes et droites. La fente par laquelle elles entrent, c'est la déchirure de l'unité. Les âmes dont je parle veulent le bien ; mais elles ne savent pas assez tota­lement, assez pleinement, assez pratiquement, assez abso­lument l'unité du vrai, du beau et du bien. Elles ne savent pas la laideur épouvantable de tout ce qui n'est pas la vérité pure. Elles ne savent pas la honte effroyable, sans nom, sans mesure et sans restrictions de toute chose appelée honneur, si cet honneur n'est pas la dignité du vrai ; de toute chose appelée gloire, si cette gloire n'est pas la magnificence de la pureté. Elles ne savent pas cette unité profonde du vrai, du beau, du bien, unité qui doit être non pas seulement notre pen­sée, mais notre vie, et nous faire circuler dans le sang l'horreur de tout mensonge, surtout s'il est déguisé.

Beaucoup de gens croient qu'il faut, par vertu, s'abstenir du bonheur, parce que le bonheur est dan­gereux, ils ne savent pas qu'il faut, par vertu, s'abstenir du malheur, parce que c’est le malheur qui est dangereux.

Un des caractères que possède le goût du malheur, c’est la stérilité de ce malheur et l'inutilité du regard qu'on jette sur lui. Le malheur est un aliment pour la vanité, pour la curiosité, pour l'illusion, pour le néant.  Il n'a ni leçons, ni lumières, ni remèdes. Il ne sert à rien, il ne sert qu'à faire parler et à faire pleurer, malgré la di­gnité de la parole et la dignité des larmes qu'il outrage par son approche. Le malheur, dans ces conditions-là, devient une position et remplace, par une attitude mélancolique, le travail qu'on ne fait pas; car le goût du malheur est une des formes de la paresse, et comme la littérature contemporaine a été, dans sa partie dépra­vée, l'apologie de la paresse, cette littérature a propagé et vanté le goût du malheur.

Cette paresse dont je parle est une paresse adaptée aux hommes qui se croient grands, une paresse verbeuse, déclamatoire, doctorale et emphatique qui méprise l'action. Cette paresse, non contente de la pratique, s'élève à la hau­teur de la théorie. Elle ne fait rien parce qu'elle est trop majestueuse pour agir. Elle s'admire dans sa niaiserie et surtout dans sa douleur. Elle tâche de pleurer et fait étalage des larmes stériles qu'elle essaye de répandre. Cette paresse prend quelquefois la plume pour donner aux hommes la passion du malheur. Les lamentations qui naissent ainsi n'ont ni vertu ni beauté. Elles ne cor­rigent ni n'éclairent ; elles énervent et enorgueillissent.

À propos de la passion du malheur, je vais signaler un genre de poésie qui vit de larmes, qui se nourrit de sang humain, qui s'abreuve de désespoir. Elle a un nom la poésie légère.

Ceux-là seuls seront étonnés de ce que je viens de dire,  parce qu’ils n'ont pas réflé­chi  à la légèreté que le désespoir contient; la poésie légère parle d'amours trompées, de vies perdues, de douleurs éternelles, de tristesses sans espérance, de rêves sans réalisation. La poésie légère est faite de sépulcres et d'ossements. Elle est morne, elle est noire, elle est terne, elle est stérile. Elle est lourde comme le vide ; elle est écrasée sous le fardeau qu'elle porte, et il y a de quoi; car ce fardeau, c'est l'absence de Dieu. Toutes ces rêvasseries pleines de soupirs, de larmes et de men­songes, sont vides de Dieu et pleines de l'homme. Sous la charge qu'elle traîne, la poésie légère a le droit de suc­comber. Le chant du deuil ignore la joie et la lumière qui comp­tent parmi les devoirs de la poésie. La poésie légère célèbre le malheur, parce qu'elle manque de gravité. La poésie austère, celle qu'il faut aimer, célèbre la joie,  parce que la joie vient de Dieu, disait le Roi-Prophète, et les psaumes de la Pénitence sont remplis du nom delà joie, parce que la pénitence de David était sérieuse et divine. Si son regret eût été léger et humain, David eût dit adieu, par forfanterie, à l'espérance. La joie est l'austérité de la poésie. Si la rosée est féconde, certes les larmes doivent l'être. Parmi les richesses de la création, il n'y a pas de richesses peut-être qui aient été plus prostituées que les larmes. Sainte Rose de Lima disait «qu'elles appar­tiennent à Dieu, et que celui qui les donne à un autre les vole au Seigneur.» Or les larmes sont devenues des abominations. Elles, dont l'essence est de se cacher, elles sont devenues des parades, des poses, des atti­tudes. Elles, qui sont les sanglots de là vérité, quand la vérité ne peut plus parler, elles sont devenues des mensonges. Elles, qui sont des forces, elles sont devenues des dissolvants. Elles, qui sont des sources de vie, cachées plus haut que la pensée, elles sont devenues des sources de mort, cachées plus bas que la défaillance. Il y a dans les larmes prostituées quelque chose qui ressemble aux sacrifices humains.

Le christianisme a restitué les larmes, comme le sang, au Créateur des cieux et des eaux. Il les a placées près des sources de la vie! Jésus-Christ pleura près du tombeau de Lazare. Les larmes de Madeleine sont deve­nues un des grands souvenirs de l'humanité. Les peintres feraient bien de ne pas y toucher légèrement, et de ne pas les confondre avec les larmes contraires, dans la crainte d'un attentat. Les larmes sont montées si haut, qu'elles sont à leur place au tribunal de la pénitence, quand tout près d'elles le sang de Jésus-Christ tombe avec l'absolution sur la tête du pécheur.

Dieu fait ce qu'il veut des choses qu'il touche ! Il les emploie quelquefois à des usages étonnants ! S'il touche les larmes, il fait d'elles la force des faibles et la ter­reur des forts.

Le langage chrétien désigne par un mot énergique la douleur d'avoir péché. Ce mot est la contrition, qui veut dire brisement. Si l'habitude ne jetait pas sur toutes choses le voile gris de l'indifférence, les hommes seraient singulièrement frappés de ce mot magnifique. Mais voici ce que je voulais dire : la contrition est pleine de joie. Le brisement du cœur est plus délicieux que les choses les plus recherchées. Je ne parle pas des délices vagues de certains sentiments qui ressem­blent à des rèves, délices stériles et affaiblissantes. Les délices dont je parle sont des réalités fortifiantes, actives, fécondes. Ce sont des joies qui font agir.

Pour apprécier un acte fait dans la vérité, il est bon de regarder le même acte accompli dans l’erreur. A côté du re­pentir, qui est un nom moins beau de la contrition, il y a le remords. Le repentir est bon ; le remords est mauvais. Le repentir donne la joie et le remords la tristesse. C'est que Dieu est dans le repentir, et Dieu n'est pas dans le remords.

Le repentir calme le coupable ; le remords l'exaspère. Le repentir lui ouvre l'espérance, le remords la lui ferme. Le repentir est plein de larmes, le remords plein de terreurs. Le remords fait voir des fantômes, le repen­tir fait voir des vérités.

Mais je préfère le nom de la contrition même au nom du repentir. Je trouve dans la contrition beaucoup plus de joie et de lumière. Je veux, à ce propos, attirer votre at­tention sur le langage du christianisme, langage étonnant de profondeur, qui ouvrirait des avenues sans fin devant nos intelligences et devant nos âmes, si l'habitude n'était pas toujours là pour méconnaître les dons de Dieu, pour passer, sans lever la tête, sous les étoiles et sous les paroles du ciel. Or le christianisme nous dit dans son langage :

« Faites un acte de contrition. »

Un acte de contrition !

Quelle merveille, si l'habitude n'était pas là !

Aux yeux de l'homme qui ne sait pas son âme, la contri­tion semblerait être, comme la tristesse humaine, quelque chose de purement passif; un amoindrissement, la perte de forces ; et c'est exactement le contraire qui est vrai. Chose admirable !

La contrition est un acte.

Une certaine sagesse inférieure pourrait dire au cou­pable :

« Ne vous abandonnez pas à la douleur ;

soyez homme : montrez un courage viril.»

Le christianisme lui dit : Faites un acte de contrition.

Extrait de : L’HOMME, la vie… Ernest HELLO (1936)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Repost 0
Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
commenter cet article
10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 15:40

LE TRAVAIL ET LE REPOS…

«Travailler, c'est chose simple, mais se reposer, voilà le difficile»

L'année finit, l'année commence. Voici donc l'heure de rajeunir : Adveniat regnum tuum ! Nous rajeunirons aux sons des cloches qui chantent la marche du temps, si nous suivons l'étoile qu'ont aperçue les rois Mages. Nous rajeunirons, si nous laissons là les petites choses, qui sont toujours vieilles, pour vivre dans l'Immense ; si nous rapprochons la science et l'art de l'éternelle beauté, qui est l'éternelle jeunesse.  Jusqu’au Dieu qui réjouit ma jeunesse. (ad Deum qui lœtificat juventutem meam.)

Vous rajeunirez, vous tous qui vous plaignez du temps, à la fois lourd et rapide pour vous, le jour où vous voudrez servir les intérêts de la vérité sur la terre, et combattre pour elle. Nous rajeunirons tous, si nous obtenons de Dieu et de nous-mêmes deux choses, que je lui demande et qu'il me demande : « le travail et le repos ».

Travailler, c'est chose simple, mais se reposer, voilà le difficile. Nous sommes affamés de travail ; mais le repos demande un effort. L'homme travaille sans repos quand il agit, ne comptant que sur lui ; il tra­vaille et se repose quand il agit, comptant sur Dieu d'abord.

Vous  ne  pouvez rien  faire  sans moi, a dit Jésus-Christ.

Qui de nous peut se procurer, par ses propres forces, une minute de vie ? Si l'homme voulait s'inquiéter, il faudrait s'inquiéter de tout, car tout le menace avec la supériorité d'une force écrasante qui pèse sur un roseau. L'air qu'il respire peut l'empoisonner. Dieu le tient par un fil, suspendu au-dessus de l'abîme. Si l'homme conçoit un projet, ce projet exige, pour sa réalisation, un certain nombre de mouvements maté­riels et moraux, chez une foule d'êtres qui ne dépendent pas de lui. Il faut déterminer. Il faut que le monde extérieur lui prête une complicité qu'il est sans force pour se procurer. Autant vouloir compter sur la force de son petit doigt pour pousser les planètes dans l'espace, que d'entreprendre une œuvre appuyée sur soi, que de lutter avec ses propres forces contre la nature et l'humanité. Mais, chose merveilleuse ! L’ac­tion de l'homme, y compris sa passion, peut s'unir à l'action de Celui qui Est. Tout acte humain, fût-ce le plus impuissant, perd son impuissance s'il s'unit à l'acte de la Rédemption. Dieu nous accorde et nous ordonne d'accepter la gloire féconde d'une activité qu'il unit à la sienne. Nous agissons avec lui, et notre travail se repose en lui.

Qui de nous peut mesurer l'immensité de son action?

Il faudrait suivre les ricochets de nos actes et pouvoir entendre les échos de nos prières.

Nous ne sommes pas capables de nous mesurer.

Il y a, pour l'homme, deux choses, entre autres, qui sont incompréhensibles : sa puissance : Je peux tout par Celui qui me fortifie ; son impuissance : Sans moi, vous ne pouvez rien faire.

L'Orient déchu a oublié la puissance de l'homme ; de là, la fatalité, qui oublie l'acte humain.

L'Occident déchu a oublié la puissance de Dieu et l'impuissance de l'homme isolé ; de là, l'orgueil et l'in­quiétude, qui oublient l'acte divin.

Ces deux vices établissent l'indifférence, qui est la négation pratique.

La vérité produit l'humilité, qui s'oppose au vice occidental, à l'orgueil inquiet ; et l'activité, qui s'op­pose au vice oriental, à la paresse fataliste.

La vérité produit à la fois le travail, qui est la vertu propre de l'Occident et le repos, qui est la vertu propre de l'Orient.

Tourné vers l'Orient, la vie occidentale, Rome a proclamé l'Immaculée Conception de celle qui a répondu Fiat ! À l'ange Gabriel : de celle que l'Église appelle : Porte orientale.

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour les deux hémisphères !

Extrait de : L’HOMME, la vie… Ernest HELLO (1936)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

Repost 0
Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
commenter cet article
9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 14:28

LE RIRE ET LES LARMES…

Parmi les phénomènes les plus singuliers, les plus caractéristiques, les plus frappants, les plus mystérieux de la nature humaine, il faut compter le rire et les larmes.

Que signifie le rire ! Que signifient les larmes ?

Je ne vais pas essayer de répondre à cette question tout entière. Elle est immense, insoluble, invincible. Je vais indiquer une des faces qu'elle présente.

Le rire et les larmes semblent être les deux aimants de nom contraire, les deux pôles opposés d'une certaine électricité mystérieuse.

Cette Électricité serait-elle la Force qui préside à la fois aux jours et aux nuits de ce monde relatif, et qui s'appelle la Relation ?

S'il en était ainsi, il me semble que le rire serait la Parole de la Relation brisée, et que les larmes seraient la Parole de la Relation sentie.

Expliquons ceci par quelques applications. Qu'est-ce que le ridicule, sinon la relation détruite entre les choses ?

La disproportion est la chose qui fait rira.

Un enfant veut être terrible et n'en a pas les moyens. Il fait rire... La cause fait semblant d'être grande, l'effet est nul, la relation manque.

L'ironie est une distance qu'on établit entre celui qui parle et celui qui écoute, ou celui dont on parle. C'est pourquoi elle choque tant.

L'ironie semble dire : Vous êtes d'un autre monde que moi. Je vous regarde de si loin que je ne sens pas ce que vous voulez, me faire sentir. Je le vois, parce que j'ai deux yeux, mais je ne le sens pas, parce que la rela­tion entre vous et moi est brisée. Je suis trop haut, et vous êtes trop bas.

Voilà l'ironie ordinaire, qui contient ordinairement une somme plus ou moins grande d'amour-propre.

Qui sait s'il n'y aurait pas une ironie extraordinaires laquelle briserait le rapport en sens inverse et dirait à quelqu'un : Il n'y a rien de commun entre vous et moi. Vous êtes trop haut et je suis trop bas ?

Cette ironie renversée partirait de l'Abîme, et il y en a peu d'exemples dans l'histoire ! Cependant je ne vou­drais pas dire qu'il n'y en a aucun exemple.

En général, le rire vient de la légèreté. Celui qui rit beaucoup est léger ou se fait léger accidentellement, par nécessité, ou par circonstance.

Le rire indique qu'on s'arrête à la superficie de la chose dont on parle. On la regarde du dehors; elle est bizarre, on rit ! Si on enfonçait un peu, qui sait ce qui arriverait et si, au lieu du rire, on ne trouverait pas autre chose ?

La folie est chose affreuse, et cependant elle peut faire rire, tant le rire ressemble peu à la gaieté. Elle peut faire rire, parce qu'elle brise la Relation et rassemble des idées qui ne s'assemblent pas entre elles. Un homme ivre peut faire rire, malgré le dégoût qu'il inspire, parce qu'il a perdu le sentiment de la Relation. La fami­liarité excessive, l'expression excessive du respect, le tutoiement, les titres d'honneur, l'absurdité du rêve ou celle de l'ivresse, toutes les brisures de la Relation peuvent amener le rire.

C'est que la Relation est chose sérieuse. La Relation est intime, profonde; qui sait la place qu'elle occupe dans l'ordre universel ?

Celui qui la brise défait le monde peut-être ; et le rire a l'air d'un éclat de joie poussé par quelqu'un sur un monde détruit.

La férocité peut rire ; celui qui a tué sans émotion peut rire ; la légèreté peut rire ; l'indifférence peut rire ; l'insouciance peut rire.

Mais n'y aurait-il pas un rire triomphant, qui serait le signe superbe de la Relation dépassée ? Qu'arriverait-il si l'Essence... ?

Arrêtons-nous… Silence !

Deux hommes ont eu des relations. (Voici le mot de relation qui revient au pluriel.) Ils entrent en discus­sion. La discussion dégénère en querelle.

Ils se raillent ; ils rient l'un de l'autre.

Puis chacun rentre chez soi. Et, dans le silence de la solitude, le souvenir du passé revient.

Ceux qui riaient tout à l'heure pleurent silencieuse­ment.

C'est la Relation qui se fait sentir.

Le rire était produit par la superficie des choses, les larmes par leurs profondeurs. Les larmes sont les eaux de l'abîme; elles sortent des lieux très bas, très profonds, très cachés ; elles révèlent souvent à celui qui les verse ou à celui qui les voit l'existence de profondeurs qu'il ignorait dans lui-même ou dans les autres.

Dans ces profondeurs ignorées, où généralement l'homme oublie de descendre, dans ces profondeurs ignorées se meuvent les relations qu'il a eues, qu'il a et qu'il aura avec l'universalité des choses. Le souvenir est un endroit plein de larmes, parce que le souvenir est plein de relations.

Le présent est quelquefois l'endroit du rire, parce qu'il cache souvent la profondeur sous la superficie, et la Relation sous son défaut. Le Présent montre la rela­tion absente ; le Présent montre en quoi la relation n'est pas complète; il la montre s'évanouissant sous les acci­dents qui la surchargent ; de là, le rire. Le Présent est fait de pièces et de morceaux; il est bigarré et voile les rapports secrets des choses sous le costume extérieur, capricieux, changeant que les circonstances multiples leur imposent. Le Présent a l'air d'un caprice. Il cache son vrai nom sous les fantaisies de son déguisement.

Mais le Passé parle sur un autre ton. Le Passé dé­gage solennellement les choses de leur apparence. Leur bizarrerie s'évanouit sous leur réalité sérieuse.

Le Passé dégage les événements de l'accident qui les isolait, et les montre ensemble dans la relation qui les unit. Le Passé montre les liens qui unissent les choses entre elles. Le Présent cachait cette petite tresse imper­ceptible ; le souvenir la découvre, et les larmes, sortant de la retraite mystérieuse où elles dorment en attendant qu'on les appelle, viennent voir le jour en disant : Nous voici.

Elles disent : Nous voici, quand l'homme se souvient; car le souvenir appelle la Relation ; elles disent : Nous voici, quand l'homme se plonge dans l'amertume des eaux profondes : car il y trouve la masse confuse des objets qu'il a autrefois connus ; elles disent : Nous voici, quand l'homme est visité par la Joie, la Joie sublime et torrentielle qui éclaire comme la foudre l'obscurité profonde des nuits, montrant à la lueur du même éclair la face de la terre, la face de la mer et la face des cieux ; elles disent : Nous voici, quand l'homme admire ; car l'Admiration est une Explosion de l'Unité qui interdit l'isolement à tout ce qu'elle rencontre sur sa route. L'Admiration embrasse ce qu'elle voit et montre aux créatures surprises le lieu où elles sont ensemble, le lieu où elles sont à genoux…

Extrait de : L’HOMME, la vie… Ernest HELLO (1936)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Repost 0
Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
commenter cet article
8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 14:25

L'INDIFFÉRENCE, c’est une maladie mortelle…

Le Oui et le Non sont en présence. Bien des gens, qui ne savent rien, reprochent à la vérité d'être intolérante. Il faut s'expliquer sur ce mot.

On dirait, à les entendre, que la vérité et l'erreur sont deux êtres qui peuvent traiter d'égal à égal ; deux reines, toutes deux légitimes, qui doivent vivre en paix, chacune-dans son royaume ; deux divinités qui se par­tagent le monde, sans que l'une ait le droit d'arracher son domaine à l'autre. De là l'indifférence, qui est le triomphe de Satan la haine lui plaît, mais ne lui suf­fit pas: il lui faut l'indifférence.

L'indifférence est une haine d'un genre à part: haine froide et durable, qui se masque aux autres et quelque ­fois à elle-même derrière un air de tolérance, — car l'in­différence n'est jamais réelle. Elle est la haine doublée du mensonge.

Il faudrait aux hommes, pour vomir chaque jour contre la vérité un torrent d'injures ardentes, une cer­taine détermination qui n'est pas dans leur caractère.

Le parti qu'ils prennent, c'est de ne prendre aucun parti. Et pourtant la haine qui crie est bien plus expli­cable, étant donné le péché originel, que la haine qui se tait. Ce qui m'étonne, ce n'est pas d'entendre le blas­phème sortir d'une bouche humaine. Le péché originel est là ; la liberté de l'homme est là ; le blasphème a son explication. Mais ce qui me plonge dans une stupéfac­tion absolument inexprimable, c'est la neutralité,

II s'agit de l'avenir humain et de l'avenir éternel de tout ce qui a, dans l'univers, intelligence et liberté. Il s'agit certainement et nécessairement de vous-même, comme aussi de toute personne et de toute chose. Donc, à moins que vous ne vous intéressiez ni à vous-même, ni à aucune personne, ni à aucune chose, il s'agit cer­tainement et nécessairement d'un intérêt sacré pour vous. Si vous êtes vivant, excitez en vous la vie. Pre­nez votre âme et apportez-la dans la mêlée ! Prenez vos désirs, prenez votre pensée, votre prière, votre amour ! Prenez dans vos mains les instruments dont vous savez vous servir et jetez-vous tout entier dans la balance où tout pèse.

Si vous êtes endormi, réveillez-vous. Si vous êtes mort, ressuscitez. Cherchez dans votre vie passée, dans votre vie éteinte le meilleur de vos souvenirs. Rappelez-vous le parfum matinal des rosées d'autrefois que vous avez dû sentir, et voyez si vous avez la force de dire : Qu'importe!

Placé entre le feu de ceux qui aiment et le feu de ceux qui haïssent, il faut prêter main forte aux uns et aux autres. Sachez-le donc! Ce n'est pas à l'homme en gé­néral, c'est à vous en particulier que l'appel est fait ; car toutes les forces morales, intellectuelles, maté­rielles, qui se trouvent à votre disposition, sont autant d'armes que Dieu vous a mises dans les mains, avec la liberté de vous en servir pour lui ou contre lui. Il faut vous battre ; vous vous battez nécessairement. Il ne vous est laissé que le choix du camp.

Jésus-Christ, quand il est venu au monde, a demandé tout aux hommes, s'étant fait pauvre plus que les plus pauvres. Il a demandé une place pour naître, on la lui a refusée. Les hôtelleries étaient remplies : c'est une étable qui s'est ouverte. Il a demandé une place pour vivre : on la lui a refusée. Le Fils de l'Homme n'a pas eu où reposer sa tête ; et quand il s'est agi de sa mort, il n'a pas eu cinq pieds de terre pour s'étendre : la terre l'a rejeté entre le ciel et elle, sur une croix.

Or, celui qui a demandé demande encore. Il demande une place pour naître : — ces gens qui remplissaient les hôtelleries, et qui, ne se dérangeant pas, ont envoyé Jésus naître entre un bœuf et un âne, représentent admirablement l'insignifiance inouïe des bagatelles en­nuyeuses auxquelles les hommes se sacrifient, dans un holocauste inexprimable.

Un homme qui fait un livre, qui a une imprimerie à son service, dispose d'une puissance incalculable. Nul n'a mesuré et ne mesurera jamais les actes intérieurs ou extérieurs qu'il provoque ou qu'il arrête. Or, deman­dez donc à un étranger, à un voyageur qui ne serait pas fait aux habitudes de la terre, qui ne connaîtrait pas la stupidité humaine, quel usage fait en général, de la force mise dans leurs mains, ceux qui portent ainsi la parole devant le monde.

Imaginez sa réponse, et imaginez son étonnement, s'il ouvrait au hasard un livre et un journal. Mais quelles proportions prendrait, dites-moi, cet étonnement si l'auteur de ce livre ainsi ouvert ajoutait : « Il est vrai que j'ai parlé pour ne rien dire ; mais c'était dans l'in­tention d'amuser mes lecteurs : car nous sommes tous convaincus que les choses insignifiantes, qui ne touchent en rien ni Dieu ni l'homme, offrent seules de l'intérêt au public, et que la vérité est ennuyeuse. »

De toutes les folies que le diable inspire, voici la plus digne de lui. La vérité est ennuyeuse. La vérité ! Mais c'est elle qui est la béatitude ! La vérité ! C'est elle qui est le principe des extases ! C'est elle que toutes les splendeurs connues s'efforcent de symboliser. C'est elle dont les rayons lointains causent des transports incon­nus.

C'est elle qui faisait fondre de bonheur, au centre du désert, l'intelligence glorieuse de saint Athanase exilé, pendant que ceux qui l'avaient envoyé là pour le punir s'ennuyaient à mourir dans leurs palais !

L'âme humaine est faite pour la pâture divine, dans le temps comme dans l'éternité. Il n'y a pas deux sources de bonheur, il n'y en a qu'une, mais elle ne tarira pas, et tous peuvent y boire ! Avez-vous donc l'amour de l'ennui ? Adressez-vous au néant. Avez-vous donc l'amour de la Vie, l'amour du Bonheur, l'amour de l'Amour ? Adressez-vous à l'Être.

Me parlerez-vous encore de l'indifférence à laquelle l'erreur a droit ? Que diriez-vous d'un médecin qui, appelé près du lit de votre femme malade, refuserait de la traiter par égard pour la maladie, qui exige les bons procédés de l'indifférence ? « Car, enfin, dirait ce méde­cin, entre la maladie et la santé je suis impartial ; je suis éclectique : eh bien, pourquoi la maladie ne vau­drait-elle pas la santé ? Le choléra pourrait vous faire connaître des crampes que vous ignorez sans lui. Il faut goûter de tout, tout admettre, tout essayer. Pourquoi ne pas essayer du choléra ? Vous le jugez sur l'autorité des autres : chose indigne d'un philosophe ! Il faut l'ap­précier vous-même, pour que votre appréciation soit raisonnable. L'angine peut vous orner la gorge de végétations que la santé vous refuse. C'est une richesse et un progrès ? Sans doute cette végétation n'est qu'à moitié légitime, mais ne serait-ce pas aller un peu loin que de la condamner ! Cela serait, tomber un peu dans le fanatisme. »

Vous sentez l'horrible et le ridicule, quand il s'agit des choses visibles.

Sachez donc que les maladies, les végétations du corps humain, les champignons, les cancers, etc., sont une conséquence de ces horreurs invisibles que l'Apôtre appelle les productions superflues du péché. Songez que le mal physique, dont vous ne pouvez pas nier l'hor­reur, est la conséquence, le reflet, l'avertissement de l'erreur et du mal invisible.

Qu'est-ce donc que l'erreur, puisqu'elle engendre de tels enfants !

Et maintenant jugez, s'il vous plaît, l'indifférence, elle qui demande que l'erreur soit !

Moi, je n'ose pas y penser.

Satan est le prince de l'ennui, du désespoir et de toute douleur.

Dieu est le maître de la joie.

Que l'indifférence se regarde donc et qu'elle se juge !

Voilà l'indifférence théorique et dogmatique. Quant à l'indifférence pratique, elle tient à peu près ce langage :

« J'ai la peste ! il n'est pas impossible que la peste soit la conséquence de l'erreur et du mal : vous le dites et je ne le nie pas. Il est certain que je suis sur la route de la mort ; il est possible que je sois sur la route de l'enfer, et que tout cela vienne de l'erreur. Il est vrai que je m'ennuie, que les sensations s'émoussent avec l’âge et que la mort viendra. Cette pensée est désagréable. Cependant si Dieu me proposait de quitter un instant ses choses ennuyeuses, monotones, menteuses, mourantes et mortelles, qui me conduisent au désespoir présent et au désespoir éternel, puis de les échanger contre la vie, la joie et la béatitude, je refuserais : je ne l'écouterais même pas me parler.

J'irais jouer un jeu qui m'ennuie et lui dirais: Va-t'en.

Va-t'en, Maître de l'extase et propriétaire de la joie !

Va-t'en, Soleil qui se lève dans tes flots de pourpre et d'or !

Va-t'en, Majesté !

Va-t'en, Splendeur !

Va-t'en, Toi qui as sué le sang au jardin des Oliviers !

Va-t'en, Toi qui as été transfiguré sur le Thabor !

Va-t'en ! Je vais au café, où je m'ennuie. »

Pourquoi y allez-vous ?  Parce que j'en ai l'habitude.

Extrait de : L’HOMME, la vie… Ernest HELLO (1936)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

Repost 0
Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
commenter cet article
7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 14:49

LE RESPECT HUMAIN ce n’est rien…

Le sentiment le plus bizarre qu'un être quelconque puisse éprouver, c'est le mépris du bien et le respect du mal. Ce sentiment existe ; on lui a donné un nom absurde comme la chose, un nom fou, qui ne signifie rien, et qui a raison de ne rien signifier, puisqu'il exprime le néant : ce nom, c'est le « respect humain ».

Chose admirable ! Depuis que le bon sens est troublé dans son fond, et menacé dans ses ruines, les langues humaines contiennent d'effrayantes absurdités. Le sen­timent dont je parle, parce qu'il est le contre bon sens le plus radical que la pensée de Satan puisse concevoir, a nécessité une expression folle, qui ne peut signifier quelque chose que dans une maison d'aliénés.

Je me figure souvent un génie voyageur, un être, supérieur à l'homme et ignorant de l'homme, à qui je serais chargé d'apprendre ce qui se passe sur la terre. Je me figure un esprit qui viendrait du ciel et ferait con­naissance avec ce bas monde ; je le vois tombant, quand je lui dirais les choses qui nous paraissent simples, dans des extases de stupéfaction.

« — Vous savez mieux que moi, lui dirais-je, ce que c'est que le vrai, ce que c'est que le beau. J'en sais pourtant assez pour savoir que, si j'en savais davantage, je mourrais d'admiration. Je fondrais, comme la cire devant l'essence du feu ; et c'est pourquoi je ne vois pas encore tout ce que je verrai un jour... Mais voici, O mon maître et mon élève ! Ce que vous ne savez pas, et ce que je vous apprends.

« Celui qui Est, celai dont le Nom ne sa prononce qu'en adorant, celui devant qui les séraphins voilés et timides battent à peine des ailes tremblantes, devinez le sentiment que beaucoup d'hommes éprouvent en face de lui. Devinez ! Vous pensez à la crainte, vous pensez à l'amour. Vous ne devinez pas. O mon maître et mon élève ! En face du Dieu de gloire, ils éprouvent la honte. »

 Il me ferait répéter, l'Archange voyageur ; il ne com­prendrait pas ; il me dirait :

« — Lequel de nous deux devient fou ?» Je m'épui­serais en explications. Je lui dirais :

« — Oui, Monseigneur, les hommes sont fiers d'igno­rer le Vrai, l'Être, le Beau ; ils le méprisent et sont fiers de leur mépris. Si quelqu'un préfère cet infini que j'at­tends, cet infini dont vous êtes imprégné et ruisselant, si quelqu'un le préfère à un tas d'ordures, on lui dit : Cachez-vous, n'avouez pas votre préférence, car nous allons nous moquer de vous.

« Quant à ceux qui ont préféré le tas d'ordures, ils ne se bornent pas à s'y vautrer, ce qui serait explicable, mais ils s'y vautrent fièrement, et méprisent, en piéti­nant dans la boue, en cherchant la ressemblance des singes, ceux qui cherchent, sur la montagne, la res­semblance de Dieu. On a même inventé qu'il était beau de s'écarter du vrai. Vous ne comprenez pas, Monsei­gneur, ni moi non plus. On a inventé que les vices, les crimes, dont nous ne pourrions supporter la forme idéale, si elle nous apparaissait, sans mourir, foudroyés d'horreur, étaient beaux ; et la conformité royale et splendide de l'âme créée avec l'Être de Dieu, cet encens qui monte au trône de Dieu, plus pur et plus tort que celui des rosés de la terre, ça diamant du ciel qui est feu et parfum, les hommes se sont dit entre eux que ces choses étaient petites, mesquines, laides, et que ceux qui avaient l'esprit assez bas pour les préférer aux adul­tères glorieux que les romans divinisent, devaient au moins se cacher. »

Je parlerais longtemps, et plus serait intelligent mon céleste interlocuteur, et moins il comprendrait, car l'in­telligence comprend l'Être et l'inintelligence comprend le Néant. C'est en touchant à la science du mal que l'homme a désappris tout ce qu'il a désappris, le jour où Satan l'a trompé. L'inintelligence comprend le Néant... Ce dernier mot donne la clef des choses de ce monde ; il explique les réputations humaines. Beaucoup d'hommes seront trop bas pour le comprendre encore ; d'autres hommes, de niveau avec lui, le comprendront déjà.

Mais peut-être le génie voyageur, étant au-dessus de lui, ne le comprendrait plus. Et moi qui ai tant souf­fert dans ma vie de voir les choses de l'intelligence n'être pas comprises par des êtres trop au-dessous d'elles, je jouirais de voir les choses de l'inintelligence n'être pas comprises par un être trop au-dessus d'elles. Et si j'arrivais à prononcer devant lui le nom de cette chose qui n'en devrait pas avoir, si je disais : « Les hommes appellent respect cet inexplicable et universel mépris de tout ce qui est, » la conversation finirait sans doute, Je verrais l'Esprit voyageur déployer ses ailes de diamant, légères et brûlantes; fatigué de l'absurde, il s'en­volerait pour se reposer ; croyant à une plaisanterie dont je m'obstinerais à lui refuser le mot, il irait chercher, dans les régions supérieures, des choses claires, des choses simples, des choses intelligibles...

Extrait de : L’HOMME, la vie… Ernest HELLO (1936)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

Repost 0
5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 14:50

Le mauvais riche, qui est-il ?

Il y avait, dit Jésus-Christ, «un homme riche qui était vêtu de pourpre et de lin, et qui se traitait splendidement tous les jours. » Cet homme riche n'est point accusé d'avoir dérobé les biens dont il jouit, il n'est point accusé d'avoir transgressé les prescriptions formelles de la loi ; il jouit de ses richesses, de son luxe : « Il se revêtait de pourpre et de lin et se traitait magnifiquement tous les jours. » Il ne refusait rien à sa convoitise et vivait dans ce profond et indolent égoïsme dont nous voyons tant d'exemples autour de nous. L'oubli des souffrances du pauvre est donc son vrai crime.

« Il y avait aussi un pauvre nommé Lazare, étendu à sa porte, tout couvert d'ulcères, lequel désirait se nourrir des miettes qui tombaient de la table du riche, et personne ne lui en donnait et les chiens venait lécher ses plaies. »

O divin Jésus, vous qui vous laissâtes mener à la mort en silence, avec quelles paroles énergiques vous décrivez les souffrances de Lazare, et comme on voit que vous regrettez du fond des entrailles les maux qu'en­durent vos créatures malheureuses !  Vous ne reprochez rien à ce riche que sa parure et sa table, dont le soin lui fait ou­blier Lazare, mourant de faim. Oh! Empêchez, par votre grâce, que les richesses ne gâtent ainsi mon cœur. Je vous  demande de me les enlever, de me faire pauvre moi-même, si elles doivent me faire tomber dans une si criminelle insensibilité. Oui, Seigneur, vous me les faites voir sous leur vrai jour, ces richesses séduisantes et dangereuses, qui nous en­dorment dans la mollesse et nous rendent, à force de sensua­lité, si dures aux maux que souffrent nos frères. Il est facile aux riches de se sauver par l'aumône, mais ils ne pensent pas à la faire ; la fortune mondaine aveugle l'intelligence et endurcit le cœur ; on fuit ces spectacles touchants et tristes qui blesseraient des yeux trop délicats, et on finit, au milieu de l'or et des fleurs, par oublier qu'il y a des pauvres en ce mon­de.

Le luxe est le mal de notre siècle ; chacun le répète et presque personne n'en est persuadé. Pour moi, ai-je, en pratique, de l’aversion pour le luxe ? Ce mot dangereux : « Il faut faire

comme les autres, » ne m'a-t-il pas entraînée à des dépenses au-dessus de ma position, à des dépenses inutiles, superflues, pure satisfaction donnée à la vanité ?... N'aimé-je pas les bi­joux, la toilette, les petits meubles inutiles ? Ne fais-je pas dépenser à mes parents des sommes considérables pour mes fantaisies ? Ces fantaisies ne sont pas innocentes, car le goût du luxe amène toujours l'endurcissement du cœur...

Poursuivons le récit évangélique. « Ce pauvre, continue Jésus-Christ, vint à mourir, et les anges le portèrent dans le sein d'Abraham. » La pauvreté et la patience sont donc ré­compensées.

 « Le riche mourut aussi, et l'enfer fut son tom­beau. » Les plaisirs sont finis, l'éternelle douleur commence. « Au milieu des tourments, élevant les yeux, il vit de loin Abraham avec Lazare dans son sein, et il s'écria : Père Abraham, ayez pitié de moi et envoyez-moi Lazare, afin qu'il trempe dans l'eau le bout du doigt pour me rafraîchir la lan­gue, car je suis cruellement tourmenté par ce feu. » Le riche lève vers Lazare ces yeux que, durant le cours de sa vie, il n'avait pas daigné les abaisser sur lui ; il a refusé au pauvre les restes de sa table, les miettes de son pain, et il implore du milieu de ses angoisses, une seule goutte d'eau ! Il supplie que Lazare étende vers lui le bout du doigt ! Mais que la ré­ponse d'Abraham est terrible : « Mon fils, souvenez-vous que vous avez reçu les biens pendant votre vie, et que Lazare, au contraire, n'a eu que du mal. Maintenant, il est dans la joie, et vous, vous souffrez. » Vous avez été riche, et vous pouviez alors être charitable ; vous pouviez, en partageant avec votre frère malheureux, être mis en partage des biens éternels : vous avez joui seul ; les trésors de la terre vous ont suffi, vous avez le lot que vous avez choisi! Lazare a eu les maux, il les a chéris et sanctifiés par sa patience ; à lui, les délices éternelles ! Un profond abîme est maintenant entre eux ; sur la terre, il eût été facile au riche de s'abaisser jusqu'à Lazare ou d'élever Lazare jusqu'à lui mais cet espace qu'il n'a pas voulu franchir est devenu un abîme immense, creusé par l'éternité. C'est là ce qu'on ne peut se lasser de répéter et de méditer. « Le service des pauvres, s'écrie Bossuet, natu­ralise les riches dans le ciel, et leur sert à expier la contagion qu'ils contractent parmi les richesses. Par conséquent, ô riches du siècle, prenez tant qu'il vous plaira des titres superbes : « vous pouvez les porter dans le monde ; dans l'Eglise de Jésus-Christ, vous êtes seulement serviteurs des pauvres. »

J'adore, ô mon divin Jésus, votre extrême bonté qui vous a fait penser sans cesse aux besoins des misérables ! Que n’avez-vous pas fait pour les soulager ! Vous nous y avez invi­tés de la manière la plus suave, en disant que tout le bien que nous leur ferions, vous le regarderiez comme fait à vous-même; vous nous l'avez enjoint par les plus fortes menaces, puisque vous nous faites voir en enfer, dans les flammes, le riche dur et insensible. Ayez pitié de moi ! Faites de votre petite servante la servante des pauvres ; que la charité croisse en moi ; que la fortune, si j'en possède jamais, ni mes propres chagrins, n'émoussent dans mon cœur la sainte compassion que l'on doit aux malheureux ; que je sois enfin votre vraie disciple, en vous aimant et en aimant les autres !

Extrait de LECTURES MÉDITÉES. (1933)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Repost 0
4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 14:50

Que faisaient les soldats américains en Mandchourie en 1939…

En 1916, les Américains avaient voté massivement pour la réélection du président Wilson, qui leur avait solennellement promis de les garder en dehors de la guerre. C'était la condition sine qua non. Wilson saurait mieux s'acquitter de ses fonctions pensait naïvement le peuple américain. Hélas, ils furent dupés. Mais pour obliger l'Amérique à entrer dans la seconde guerre mon­diale, il fallut déployer des prodiges d'ingéniosité, peu communs dans les annales de l'histoire contemporaine.

Et ce plan machiavélique fut mené à bien. Malgré l'aver­sion patente du peuple américain pour la guerre, fut une nouvelle fois trompé en 1941. Ou plutôt, pour être plus précis, ce furent les Japonais qui furent bernés. Il fallait absolument les obliger à attaquer en premier, et il fallait être certain que les "unités" de la flotte américaine seraient étroitement groupées dans la baie de Pearl Harbour, afin qu'il y ait le plus grand nombre possibles de vies humaines perdues. Le Pt Roosevelt s'était fâché avec le Japon quand celui-ci avait occupé la Mandchourie, et lui avait envoyé un ultimatum lui en­joignant d'évacuer le pays. Au moment où la tension montait, le Prince héritier du Japon offrit de venir à  Washington pour discuter de la question. Washington refusa. Les pressions sur le Japon augmentèrent d'inten­sité, et finalement l'empire nippon tomba dans le piège tendu et attaqua Pearl Harbour, ce que Roosevelt et ses complices attendaient impatiemment. Washington pré­tendit être surpris, quoique les services secrets améri­cains avaient déjà décrypté le code des Japonais avant l'attaque, et savaient l'heure et la minute à laquelle l'agression aurait lieu. Et en dépit de la ligne directe qui reliait Washington à Pearl Harbour, les autorités ne fu­rent prévenues qu'au plus fort de l'attaque, et par la voie normale, c'est-à-dire par un télégramme... Il y eut évidemment un simulacre d'enquête et un bouc émis­saire fut trouvé. Tous ces faits sont généralement con­nus aux États-Unis, mais une nouvelle génération a grandi, dont l'esprit est conditionné par un lavage de cerveau intensif. De plus, ce sont des choses qui peuvent arriver...

Le conflit entre les États-Unis et le Japon suivit son cours. En Europe les Américains se battaient contre les Allemands en tant qu'alliés des Soviétiques, mais en Asie ils combattirent les Japonais pratiquement seuls. L'Amérique reçut un peu d'aide de la Grande-Bretagne, mais le plus grand poids de la guerre en Extrême-Orient fut supporté par elle seule. Durant cette guerre dans le Pacifique, l'URSS ne se conduisit jamais en alliée. En fait elle ne rentra pas en guerre avec le Japon. Pendant

toutes ces années, elle resta en relations amicales avec le Japon, maintenant son ambassade à Tokyo et un im­portant réseau d'espionnage. Le Japon garda également son ambassade ouverte à Moscou. Du 7 décembre 1941, date de l'attaque de Pearl Harbour, au 9 août 1945, la Russie soviétique ne prit aucune part à la guerre du Pacifique. Le 9 août 1945 quand la défaite du Japon fut consommée et que sa reddition n'était plus qu'une af­faire de jours, l’URSS déclara la guerre au Japon, entra en Mandchourie, envahit le nord de la Chine, la Corée du Nord et d'autres points d'appui névralgiques tenus par les Japonais.

L'Empire du Soleil Levant capitula cinq jours plus tard. Ainsi, sans avoir tiré un seul coup de feu, et après seulement cinq jours de « combats » fictifs, l’Union So­viétique avec le complet accord du gouvernement américain recueillit tous les fruits d’une guerre qu’elle n’avait jamais faite. Elle communisa la Chine, s'empara de la Mandchourie, de la Mongolie extérieure, du Sin-Kiang (ces trois provinces représentant le tiers de la Chine) et en fit des états satellites du Kremlin. En réalité, même de nos jours (1982), l’URSS domine la Chine,  malgré des pé­riodes d'hostilité apparente et un rideau de fumée arti­ficiellement entretenu entre les deux pays ; elle a de plus parfaitement réussi sous la direction des « Initiés » à entraîner l'Amérique dans la guerre de Corée et dans celle d'Indochine. Avant d'entrer à la dernière minute dans la guerre du Pacifique, l'URSS s'employa par tous les moyens en son pouvoir, et grâce à son armée d'es­pions à diriger la guerre dans la bonne direction, afin de parvenir à ses fins sans tirer un seul coup de canon. Ses objectifs étaient : (1) la victoire des armées révolu­tionnaires en Chine : 2) La prise de possession des îles Kouriles : 3) des Sakhalines : 4) de la Mandchourie : 5) de la Mongolie Extérieure et du Sin-Kiang : 6) la conquê­te de la Corée et partager avec les États-Unis l'occupa­tion du Japon. Que l'on réfléchisse bien à ce détail : après seulement cinq jours de pseudo-combat... Or Staline admit lui même que les 2/3 du matériel de guerre utilisé  par son  pays durant la guerre, provenait des États-Unis, sans compter les biens d'équipement.

Tout ceci étant prouvé, quel homme sensé supposerait un seul instant, que les Américains se seraient acharnés pendant quatre ans à lutter contre les Japonais pour libérer le Pacifique de leur domination, puis ayant réussi, l'auraient remis aux Soviétiques ; que les États-Unis auraient attaqué partout les forces considérables japonaises éparpillées dans les îles du Pacifique, défiant sa flotte puissante et son armée égaillée dans plus d'une centaine d'îles éloi­gnées les unes des autres, au prix de 200 000 morts, sans compter la perte de la plus grande partie de son aviation, et de sa marine, engloutissant des milliards de dollars, pour finir par abandonner les fruits de sa victoire à la ty­rannie implacable du pays des Soviets.

Cependant Stali­ne dressa ses plans de la façon que nous avons décrite et réussit parfaitement. Staline qui dépendait de l'aide américaine pour les 2/3 de son matériel de guerre dans le conflit européen, et qui quitta la scène en empochant tranquillement une partie de l'Asie sans avoir tiré un coup de feu, après être entré en guerre contre les Japo­nais cinq jours avant leur reddition. Comment une cho­se aussi incroyable a-t-elle pu arriver ?

En fait l'explication est très simple lorsqu'on a saisi la nature du pouvoir acquis par les « Initiés » en notre siècle. Aucune autre réponse ne convient qui puisse jus­tifier un tel comportement. Voici les faits tels qu'ils se sont réellement passés. Les Japonais, tout comme les Allemands en Europe, avaient engagé des pourparlers de paix douze bons mois avant leur reddition. Comme les Japonais n'étaient pas en guerre avec l'URSS, ils se ser­vaient de leur ambassade à Moscou pour envoyer des éclaireurs. Staline tout à ses projets ambitieux sur le Japon, utilisaient naturellement ces émissaires pour fai­re avancer ses projets. Plus tard les Japonais entrèrent en contact avec le général Mac Arthur en personne, et lui firent des propositions de paix. Ainsi qu'il advint par la suite, leurs propositions coïncidaient exactement avec la convention passée entre les deux belligérants pour mettre fin à la guerre en 1945.

Le général Mac Arthur. Commandant-en-Chef des Forces Armées américaines dans le Pacifique, accepta les propositions japonaises et prit les dispositions nécessaires pour mettre fin aux combats le plus rapidement possible. Ce qui arriva en­suite est inconcevable, et l'on a peine à y croire, mais c'est hélas, la stricte vérité.

Deux jours avant que Roosevelt ne parte pour Yalta — et sept mois avant la capitulation finale du Japon — lui, Roosevelt, reçut du général Mac Arthur un mémo­randum de quarante pages contenant un document non officiel, mais émanant d'une source autorisée, dans le­quel les Japonais faisaient des offres de paix, dans exac­tement les mêmes termes que ceux qui mirent fin à la guerre américano-japonaise. Mac Arthur demandait ins­tamment que des négociations soient engagées sur la base de ces propositions. A présent considérons la situa­tion telle qu'elle était à ce moment crucial. Roosevelt n'emporta pas même avec lui ce mémorandum. Il repose dans les archives du Haut-Commandement et sa teneur est à la base de la rédaction de l'ultimatum envoyé par les États-Unis aux Japonais sept mois plus tard et qui exigeait leur capitulation. DONC APRÈS L’HOLOCAUSTE DE HIROSHIMA, OKINAWA et NAGASAKI. Ainsi la bombe atomique n'aurait jamais dû être lancée sur Hi­roshima. Les Japonais savaient parfaitement fin 1944 que la guerre était virtuellement perdue pour eux. Les Américains de même, ou plutôt les « Initiés », maîtres et complices de Roosevelt le savaient. Quand Roosevelt re­çut le mémorandum de Mac Arthur il le mit de côté et ajouta dédaigneusement : Mac Arthur est notre meilleur général, mais c’est un piètre politicien... » Les trois Commandants-en-Chef de l'Armée et de la Marine amé­ricaine ainsi que l'amiral Leahy, Conseiller de Roose­velt, s'opposèrent tous trois à ce que Staline entrât à la dernière minute dans la guerre du Pacifique. Mais le général Marshall, Chef d'État-major prit le parti de Roo­sevelt. Il fut chuchoté à l'époque par un singulier person­nage qui déjà, subodorait l'existence d'une organisation secrète, plus puissante encore que l'Internationale com­muniste, que l'un des mystères de cette guerre était la façon dont, à chaque tournant décisif, quelque influence occulte s'emparait de l'esprit de Marshall et le poussait à céder aux combinaisons échafaudées par Staline, ou plus exactement par les maîtres cachés et inconnus du tyran géorgien.

Où et quand la dangereuse politique de laisser entrer Staline dans l'ultime phase de la guerre du Pacifique prit naissance ? Stettinius dit que les pressions dans ce sens commencèrent en 1943, et qu’Harry Hopkins, l'homme mystérieux qui était vraisemblablement le mauvais gé­nie de Roosevelt, apparut un jour au Caire, apportant un mémorandum qui ordonnait impérativement de laisser l'URSS entrer en guerre contre le Japon. En 1943, cette proposition était encore acceptable, mais en 1944 c'était plus que déraisonnable. En 1945, quand Roosevelt signa l'accord, c'était pure folie, selon les normes d'une con­duite sensée en temps de paix comme en temps de guer­re. Aucune explication n'est plausible sauf celle-ci ; Roo­sevelt n'était qu'un instrument entre les mains de ma­çons de haut grade, qui au milieu de toutes leurs intri­gues, ne perdirent jamais de vue leurs projets de domi­nation mondiale. Or il n'existait pas de moyen plus sûr d'en hâter l’avènement, que d'introduire le marxisme chez des peuples sans défiance, soit par la guerre, soit par des cabales subtiles où pas un seul coup de feu ne serait tiré. Un livre a été écrit que bien des personnes devraient lire, sur la prise de pouvoir par les Rouges en Tchécoslovaquie, qui se nomme « And not a shot was fired » (Et pas un coup de feu ne fut tiré).   (A suivre)

Extrait de : FATIMA ET LA GRANDE CONSPIRATION. Deirdre Manifold

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

 

Repost 0
Published by elogofioupiou - dans Divers sujets ...
commenter cet article
2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 16:08

La Visitation de très Sainte Vierge, le 2 juillet…

marie, au jour de l'Annonciation, était devenue la Mère du Rédempteur, et bientôt, il lui fallut quitter sa douce retraite de Nazareth pour travailler, elle aussi, au salut du monde. Peu de jours après le message de l'ange Gabriel, Marie, dit l'Évangile, se leva en toute hâte pour aller visiter sa cousine Élisabeth, épouse de Zacharie. C'était plus de tren­te lieues à parcourir à travers les montagnes de la Judée, mais Marie allait pour la première fois porter Jésus aux hom­mes pour les sauver, et sa charité « abaissait les collines et aplanissait les chemins abrupts. » Accompagnée de Joseph, Marie arriva à la demeure de Zacharie, et dans son humilité elle salua la première sa cousine. Dès son entrée dans cette maison, l'Esprit-Saint fit connaître à Élisabeth que Marie était mère du Messie. Elle la proclama aussitôt, dans un trans­port de joie, bénie parmi toutes les femmes ; elle la déclara bienheureuse d'avoir cru à la parole de l'ange, plus heu­reuse encore d'être devenue la mère de son Dieu. Parmi toutes ces louanges, les plus hautes, les plus vraies qui furent ja­mais adressées à une créature, Marie s'humiliait et renvoyait toute cette gloire à Dieu en s'écriant : « Mon âme glorifie le Seigneur ! » Quel admirable exemple d'humilité pour nous !

Extrait de LECTURES MÉDITÉES. (1933)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

Repost 0
1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 15:16

COMMENT LA CHINE FUT LIVRÉE AUX COMMUNISTES…

L'homme moyen à qui l'on dirait que 200 millions de Russes ont été livrés à la tyrannie communiste, la plus monstrueuse tyrannie jamais connue dans l'histoire de l'humanité, par un petit groupe d'individus parmi les plus riches du monde, qui se servirent de la Russie com­me d'un tremplin leur permettant d'assouvir leur rêve de domination mondiale, cet homme moyen considére­rait cette affirmation trop extravagante pour être crue.

Et pourtant... « Le Nouvel Ordre du Monde », telle est l'expression euphémique choisie par les fondateurs de cette redoutable association.

Mais si la remise de l'empire des Tsars à la barbarie communiste semble incroyable, la façon dont la Chine devint la proie des mondialistes haut placés (dont les dirigeants communistes ne sont que des pions sur l'échiquier des nations), déroute l'esprit de celui qui essaye e reconstituer le puzzle gigantesque de la politique mondiale. Beaucoup de livres ont été écrits dernière­ment sur ce sujet, les documents abondent et ont été répertoriés. Les professeurs les plus connus et les plus autorisés ont étudié cette masse de documents ; il ne pouvait y avoir et il n'y eut pas de démentis quand ils publièrent leurs travaux. Mais comme dans le drame de la Russie, l'homme moyen ignore la vérité. Il a été nour­ri du genre de prose fabriqué tout spécialement pour lui par les « Initiés », qui contrôlent et possèdent la plu­part des moyens d'information. Si le service de la météo­rologie nationale vous annonce pour le lendemain un beau ciel bleu, vous le croyez sur parole, car vous jugez que c'est un expert en la matière. De la même façon l'homme de la rue accepte les explications données par la presse parlée et écrite sur les événements mondiaux. Il reconnaît qu'il y a beaucoup de fripouilles et qu'il y en a partout, que ces fripouilles commettent les actions les plus abominables, mais il ne lui vient pas à l'idée que ces actions si répréhensibles puissent être inspirées par des personnages très haut placés. Comment pourrait-il le savoir si personne ne lui a dit ? L'homme qui n'a ja­mais étudié l'algèbre ignore ce qu'est l'algèbre, mais ce n'est pas de sa faute.

Comment 600 millions de Chinois furent livrés à la dictature maoïste est l'histoire qui suit. Évidemment dans un récit de ce genre, seulement les faits les plus significatifs peuvent être relatés, mais n'importe quel lecteur anxieux de voir le genre humain délivré entière­ment du totalitarisme marxiste, fera bien de lire atten­tivement quelques uns des livres très remarquables écrits sur ce sujet.

Il a déjà été dit que les « Initiés » n'aiment rien tant qu'une bonne guerre fraîche et joyeuse. L'état de guerre leur laisse les mains beaucoup plus libres pour réaliser leurs desseins sataniques et leur permet d'atteindre bien plus rapidement le but qu'ils se sont fixés : l'établisse­ment d'un Nouvel Ordre du Monde, dont le titre est si plaisant à l'oreille...

La guerre 1914-1918 fut conduite avec succès pour assurer au communisme une position géographique im­portante en Russie. La guerre de 1939-1945 fut suscitée pour étendre le totalitarisme rouge à l'Europe centrale et au continent chinois.

La guerre en Europe était effectivement terminée en 1944, une bonne année avant qu'elle ne se termine offi­ciellement. Le Haut-Commandement allemand deman­dait avec insistance la paix depuis 1944, par l'intermé­diaire de leur ambassadeur en Turquie, ajoutant qu'il se chargerait de neutraliser Hitler. Le Haut-Commande­ment allemand était parfaitement capable de le faire. Évidemment ces pourparlers devaient être menés dans le plus grand secret, et le message ne fut envoyé qu'à Franklin  Delano Roosevelt. Celui-ci, n'en fit part qu'à ses plus intimes collaborateurs, qui étaient tous des « Initiés ». Ceci est raconté par un Américain très patriote, Curtis Dale, qui se trouvait être l'unique gendre de Roosevelt, dans un livre  F.D.R. My exploited father in law ». Les généraux américains qui commandaient en Europe en 1944, voulaient aller jus­qu'en Tchécoslovaquie, et de là remonter jusqu'à Ber­lin, ce qu'ils auraient pu faire aisément à cette époque. Mais ils en furent empêchés par Eisenhower, un des « Initiés » de haut grade, ou peut-être comme l'était F. D. Roosevelt un agent haut placé des mondialistes. Natu­rellement les généraux allemands ne furent jamais mis au courant de cette offre de paix demandée par le Haut-Commandement allemand.

Puisque nous mentionnons le général Eisenhower, il serait bon de rapporter, qu'il fut personnellement res­ponsable d'un crime qui devrait remplir de honte les occidentaux. Je veux me référer au renvoi dans les bras de Staline de deux millions de réfugiés, dont une partie avait fui la Russie au début de la Révolution d'octobre et vivaient en Allemagne. La question du sort des réfu­giés en Allemagne avait été débattue à Potsdam et Yalta, et il avait été explicitement entendu par Staline, Roose­velt et Churchill, qu'il n'y aurait pas de rapatriement forcé. Malgré cet accord, et sur les ordres d’Eisenho­wer, pas moins de deux millions de réfugiés furent en­fermés par la force des baïonnettes dans des wagons à bestiaux, ou autres transports rudimentaires, et expé­diés vers l'URSS. Beaucoup se jetèrent dans la mer et se suicidèrent de toutes sortes de manières, plutôt que de rejoindre l'archipel du Goulag, qu'ils savaient devoir être leur ultime destination. (Cet épisode honteux est maintenant parfaitement connu grâce à plusieurs livres parus sur ce sujet. Pour les lecteurs français a paru la traduction du livre de Lord Bethell « Le dernier secret » aux éditions du Seuil en 1975, (dont la presse aux ordres n'a pas soufflé mot.)

Si il était aisé à l'Armée américaine de remonter jusqu'à Berlin et d'entrer en Europe centrale, elle aurait pu aussi faire mouvement vers la Pologne, la Poméranie et la Prusse orientale. Cependant, si la guerre avait été dé­clenchée pour imposer le communisme dans tous ces pays, les armées américaines devaient être immobili­sées. Arthur Bliss Lane était ambassadeur des États-Unis en Pologne en 1945. Il était donc aux premières lo­ges pour observer toutes les intrigues qui se nouèrent pour établir en Pologne un gouvernement communiste. (Souvenez-vous que la guerre avait été déclarée par l'An­gleterre, sous le prétexte de garantir la liberté de la Pologne.) L'ambassadeur Bliss Lane envoya communique sur communiqué à Washington, dépeignant la situa­tion dramatique de la Pologne et priant instamment les Alliés, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France d'in­tervenir pour sauver le pays. Quand il s'aperçut que ses dépêches étaient complètement ignorées, il se démit de son poste, rentra aux États-Unis et écrivit un livre « I saw Poland betrayed » (J’ai vu la Pologne trahie). Com­me tous les autres livres excellents que des hommes courageux écrivirent à cette époque pour éclairer leurs contemporains, et les mettre en garde, le silence le plus complet entoura la parution de ce livre ; un silence de mort. Il ne s'agissait pas que des gens influents et capa­bles de remédier à la situation, prennent connaissance de l'affreuse vérité. Ainsi la liberté des Polonais pour la­quelle une guerre inexpiable était sur le point de s'ache­ver, était abandonnée aux tendres soins de Staline. Ain­si qu'il a été dit pour le pseudo-traité de paix qui suivit la fin de la guerre 1914-1918, ce n'était pas un traité de paix, mais une pause entre les hostilités.   (A suivre)

Extrait de : FATIMA ET LA GRANDE CONSPIRATION. Deirdre Manifold

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Repost 0
Published by elogofioupiou - dans Divers sujets ...
commenter cet article