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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 09:29

S. S. Paul VI et les vocations sacerdotales…  (21 nov. 1973)   

Ne pas minimiser l'importance de la présence du prêtre

Il nous semble que le premier travail est de faire prendre conscience plus profondément aux fidèles de la valeur et du caractère indispensable du ministère sacer­dotal sur le plan du salut. Il faut réagir contre une mentalité répandue qui tend à minimiser l'importance de la présence du prêtre, après que le Concile ait telle­ment valorisé le sacerdoce commun des fidèles. Cela voudrait dire que l'on ne comprend pas le plan de Dieu, qui au contraire a voulu appeler dans l'Eglise ceux qui croient en lui et les sauver en en faisant un peuple hié­rarchiquement constitué. Cette nécessité indispensa­ble s'avère plus évidente encore aujourd'hui : d'une part, en raison des conditions spirituelles du monde moderne, qui tend toujours davantage à se séculariser et à perdre le sens du sacré; d'autre part, parce que l'Eglise s'enga­ge de plus en plus au service de l'humanité; à long ter­me, ce service ne pourrait être assuré sans la vertu sanc­tificatrice et l'autorité pastorale de ceux qui ont été cons­titués « intendants des mystères de Dieu » (1 Cor., 4, 1).

Confiance en Dieu et dans les jeunes.

Nous reconnaissons certainement les multiples et graves, difficultés que vous devez rencontrer pour sur­monter l'actuelle crise des vocations, laquelle a des ra­cines vastes et profondes. Chez certains, ces difficultés auront peut-être pu faire naître une tentation de doute ou de découragement sur la réelle possibilité, en un monde aussi intoxiqué par le matérialisme et l'hédonis­me, de faire entendre aux jeunes la voix du Christ qui leur dit aujourd'hui comme hier, et même plus qu'hier: « Viens et suis-moi ». Voici alors notre seconde recom­mandation: travaillez avec confiance. Confiance en Dieu parce que les vocations, avant d'être l'œuvre de l'homme, sont principalement l'œuvre de Dieu. En aucune ma­nière nous ne devons douter que Dieu veuille pourvoir aux besoins de son Eglise à laquelle il a promis assistance jusqu'à la fin des temps (cf. Mt 28, 20). Et puis con­fiance dans les jeunes dont la générosité n'est pas moin­dre aujourd'hui qu'hier. Nous pensons que le manque de vocations dépend, certes, en grande partie du milieu familial et social qui rend la conscience des nouvelles générations réfractaire à l'appel du Christ. Mais nous croyons aussi dans l'immense richesse d'énergie qui se trouve chez les jeunes de notre temps, si ouverts aux grand idéaux de justice, si soucieux d'authenticité, si disponibles pour se donner à leurs frères. Si nous les voyons si sensibles devant l'humanité qui souffre des injustices, de la faim, de la violence, comment se rési­gner à penser qu’ils ne peuvent pas l'être aussi devant une humanité qui demande avec non moins de force la présence de Dieu et sa grâce distribuée par le ministère du prêtre ? Nous pensons donc qu'ils sont encore nom­breux ceux qui sont capables de suivre généreusement et fidèlement l'idéal d'une existence consacrée au Christ et aux âmes jusqu'à l'héroïsme.

Ce n'est pas en présentant le sacerdoce sous un jour plus facile qu'on le fera désirer davantage

Mais comment présenter cet idéal ? Nous répon­drons qu'aux jeunes, qui sont généreux et forts par na­ture, cet idéal doit être présenté dans toute sa dimension, sans cacher ou atténuer les sévères exigences qu'il comporte, mais en montrant bien leur haute signification et leur valeur surnaturelle. On doit même croire que cette présentation exerce un attrait plus grand sur les jeunes qu'une présentation humainement plus ac­ceptable et apparemment plus facile, mais qui risque de dénaturer le caractère éminemment et essentiellement spirituel du service sacerdotal. Ce n'est donc pas en pré­sentant le sacerdoce sous un jour plus facile qu'on le fera désirer davantage. Ce n'est pas dans ce sens que l'on devra s'orienter pour développer quantitativement et qualitativement les vocations et pour répondre aux be­soins pressants de l'Eglise aujourd'hui.

Les séminaires.   Réagir contre le relâchement

Mais, comme vous le savez bien, le problème des vo­cations ne se limite pas au recrutement des candidats au sacerdoce. Il faut aussi tout un ensemble d'efforts et de soins pour que le germe déposé par Dieu dans le coeur des jeunes puisse parvenir à maturation et surtout fruc­tifie et soit persévérant. Cela nous conduit tout natu­rellement à parler des séminaires, qui devront re­tenir votre attention d'une façon toute particulière. Il faudra s'employer résolument à relever leur ni­veau spirituel et à en faire vraiment ce qu'ils ont toujours été dans l'Eglise: des lieux privilégiés de piété, d'étude, de discipline. On devra à tout prix dissiper le climat de conformité au monde, de relâchement dans l'esprit de prière et d'amour de la croix, qui malheureu­sement tente de pénétrer dans beaucoup d'entre eux, si nous ne voulons pas voir compromis les efforts les plus généreux dans ce domaine si délicat et si vital pour l'Eglise.

Extrait de : RETOUR AU MAGISTÈRE. Mgr Joseph Louis Beaumiere (1974)

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 11:07

S. S. Paul VI et le vrai   prêtre catholique…     

(17 février 1972)

Prenons garde à une chose importante. Dans toute cette problématique, à la fois interne et externe, de no­tre sacerdoce, une question domine les autres, et en un certain sens les récapitule toutes. Elle est désormais devenue monnaie courante dans la discussion complexe qui nous concerne. C'est la question le l'identité du prêtre : Qui est le prêtre ? Dans la religion chrétienne existe-t-il véritablement un prêtre ? Et, s'il existe un ministre de l'évangile, quelle figure doit-il avoir ?

Les tentations se sont insinuées jusqu'au fond même de la conscience intime du prêtre pour détruire en lui la bienheureuse certitude intérieure de son statut ecclésial : « Tu es Sacerdos in aeternum-», et la remplacer par une interrogation obsédante : Qui suis-je ? Ne suffisait-elle pas, la réponse de l'Eglise donnée depuis toujours, qui nous a été transmise par les années de séminaire, allumée comme une lampe inextinguible au centre de notre âme, et devenue comme connaturelle à notre propre menta­lité ?

Interrogation aussi superflue que dangereuse à première vue, oui certes. Mais le fait est qu'elle a été lancée, comme une flèche, dans le coeur de nombreux prêtres, et surtout de quantité de jeunes au seuil de l'or­dination, et dans le coeur de quelques-uns de nos frères dans le sacerdoce arrivés à l'âge mûr. Les prêtres qui se sont trouvés sur ce récif ont eu tendance à douter d'eux-mêmes, de l'autorité de l'Eglise. Une telle tendan­ce peut être légitime en soi, mais elle se transforme bien vite en tentation et en déviation, dans l'impossibilité où l'on est d'y trouver une réponse satisfaisante. On est alors allé chercher l'identité du prêtre dans l'état civil profane, dans la sociologie en particulier, ou la psycholo­gie, ou même dans la comparaison avec des dénomina­tions chrétiennes détachées de la racine catholique, ou enfin dans un humanisme qui prend toutes les apparen­ces d'un axiome : le prêtre est avant tout un homme, un homme complet, un homme comme tous les autres...

Nous nous limitons ici à une affirmation fondamen­tale : la définition de l'identité du prêtre, nous devons la chercher dans la pensée du Christ. Seule la foi peut nous dire qui nous sommes et ce que nous devons être.

a) Nous sommes des appelés.

Demandons donc humblement à notre Maître Jésus : qui sommes-nous ? Ne devons-nous pas nous interroger sur la façon dont il nous considère, dont il nous veut ? Quelle est, devant lui, notre identité ?

Une première réponse nous est donnée tout aussi­tôt. Nous sommes des appelés. Notre Évangile commen­ce par notre vocation. (Il nous semble que nous avons le droit de reconnaître dans l'histoire des Apôtres notre histoire à nous, prêtres.)

C'est Jésus qui prend l'initiative. Lui-même le fait remarquer : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, niais c'est moi qui vous ai choisis. » (Jn 15).

Ce dessein évangélique nous concerne personnelle­ment. Je le répète : nous sommes des appelés. La fa­meuse question de la vocation touche la personnalité et le destin de chacun d'entre nous. Quelles qu'aient été l'évolution et l'éducation de notre vocation, celle-ci cons­titue ce qu'il y a de plus intéressant dans l'histoire per­sonnelle de notre vie. Il serait stupide de vouloir la ré­duire à un ensemble de circonstances banales et extérieures. Il faut plutôt souligner les soins toujours plus rigoureux et attentifs avec lesquels l'Eglise cultive, choi­sit et assiste les vocations sacerdotales; il y a là un élé­ment de certitude pour conformer notre identité que, bien souvent aujourd'hui, on dépèce artificiellement pour la déclarer inauthentique. Pourtant, il est bien difficile de nos jours qu'une vocation ecclésiastique soit fondée sur des motifs intérieurs et extérieurs que l'on puisse honnêtement attaquer.

Nous devons plutôt penser à certains aspects de cet­te vocation qui est venue frapper à notre porte. Elle a marqué le moment où notre liberté a joué à plein. Celle-ci a pensé, réfléchi, voulu, décidé. Elle a provoqué le grand choix de notre vie. Analogue au oui de celui qui contracte mariage, notre réponse, à l'opposé de la versatilité de l'homme dépourvu d'un idéal qui le dépasse, a engagé notre existence, la forme, la mesure et la durée de notre offrande. C'est pour cela qu'elle est la page la plus belle, la plus idéale de notre histoire d'homme : prenons garde de la dévaluer ! Et tout aussitôt elle a marqué de son formidable oui notre vie, qui sera désor­mais mise à part, différente de celle des autres. Saint Paul le dit de lui-même : «mis à part pour annoncer l'Évangile de Dieu », un oui qui en un seul instant nous a arrachés à tout ce qui nous appartenait : « laissant tout, ils le suivirent» (Luc, 5, 11); un oui qui nous met en apparence dans le camp des idéalistes, des rêveurs, des fous, des ridicules; mais aussi, grâce à Dieu, dans le camp des forts, de ceux qui savent pour quoi ils vivent, pour qui ils vivent. C'est à tout cela que nous sommes appelés. Mis à part du monde, oui, mais non séparés de ce monde pour lequel nous devons être avec le Christ et pour le Christ ministres du salut....

b) Nous sommes des disciples

Nous sommes donc appelés, mais dans quel but ? No­tre identité s'enrichit d'une autre note essentielle : nous sommes des disciples. Le terme disciple est corrélatif à un autre terme qui ne peut faire défaut, celui de maître. Qui est notre Maître ? C'est le moment de le rappeler : « Vous n'avez qu'un Maître, et tous vous êtes des frères. Vous n'avez qu'un docteur, le Christ » Par le fait même que les appelés sont des disciples, ils seront élevés à la fonction de maîtres chargés d'enseigner, non .leur propre doctrine, cela est clair, mais celle qui leur a été révélée par le Christ, d'une façon analogue, en dépit de la distance infinie, à ce que le Christ a dit de lui-mê­me : « Ma doctrine n'est pas de moi, mais de Celui qui m'a envoyé. » (Jn 7, 16.) C'est pourquoi, dans la mesure où nous sommes des disciples, nous pouvons dire égale­ment que notre identité sacerdotale comporte une attri­bution de magistère : nous sommes disciples et nous sommes maîtres; nous sommes des auditeurs de la Pa­role du Christ et des messagers de la Parole elle-même.

Le caractère de disciples du Christ comporte, vous le savez, Frères très chers, un double devoir fondamen­tal pour la vie du prêtre en quête d'authenticité : le premier est celui du culte de l'enseignement du Christ. Si cet enseignement se ramifie en de nombreuses direc­tions, toutes tendent vers des buts essentiels à la défini­tion du prêtre. Énumérons-les rapidement : écouter. Écouter la voix de l'Esprit du Christ, c'est-à-dire les as­pirations qui ont une véritable origine surnaturelle; écouter la voix de l'Eglise quand elle parle dans l'exer­cice de son magistère, soit ordinaire, soit extraordinaire; écouter l'écho de la voix du Seigneur dans celui qui nous parle en son nom, comme l'évêque ou le maître spirituel, ou l'ami à la bonté éclairée; écouter aussi la voix du Peuple de Dieu quand elle nous rappelle à nos devoirs ou nous demande parfois quelque service conforme à notre ministère. Écouter en étudiant les sciences sacrées (bien souvent les laïcs sont mieux informés des matiè­res de leur compétence que nous des doctrines religieu­ses.) Écouter enfin en nous livrant à l'oraison mentale, à la méditation : nous savons bien à quel point celle-ci sert d'aliment à notre vie personnelle et spirituelle.

c) Nous sommes des apôtres.

Dans la pensée de Jésus, il y a encore une note es­sentielle pour notre identité. C'est le fait que, de disci­ples, il nous a promus apôtres. Écoutez, comme en syn­thèse de ce que nous sommes en train de dire, l'évangéliste saint Luc : « il appela ses disciples et en choisit douze, auxquels il donna le nom d'apôtres ». L'applica­tion aux prêtres de ce titre souverain d'apôtres ne nous paraît pas abusive, servatis servandis; ni même la re­cherche, en ce titre même, des pouvoirs et des fonctions propres au prêtre du Christ.

Chacun de nous peut dire : je suis apôtre. Que veut dire ce mot d'apôtre ? Il veut dire envoyé. Envoyé par qui ? Et envoyé à qui ? La réponse à l'une et l'autre question, c'est Jésus lui-même qui nous la donne le soir de la Résurrection : « Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Réfléchissez à cela. Il y a de quoi rester frappé de stupeur : d'où vient mon sacer­doce et vers quoi tend-il ? Qu'est-il, sinon un chemin de vie divine qui, en prolongeant la mission de salut, à la fois divine et humaine du Christ, sert à communiquer les mystères divins à l'humanité ? ...

Que l'on nous considère, dira saint Paul, comme intendants «des mystères de Dieu». Nous sommes des ministres de Dieu. C'est-à-dire des serviteurs : nous ne donnerons jamais un sens assez plein à ce terme, re­latif à notre personne et encore plus à notre mission, par lequel le Christ a voulu définir la sienne aussi bien que la nôtre, dans une profonde humilité, dans une par­faite charité : «... vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ». Mais en même temps, quelle dignité, quels pouvoirs comporte un tel service : c'est celui d'un ambassadeur ! « Nous sommes en am­bassade pour le Christ, comme si Dieu exhortait par nous. » Et il y a aussi les pouvoirs sacramentels qui fe­ront de nous les instruments de l'action même de Dieu dans les âmes. Ce n'est plus notre seule activité humai­ne qui nous caractérise, mais l'investiture des vertus di­vines agissant dans notre ministère. Une fois compris le sens et la valeur sacramentelle de notre ministère, c'est-à-dire de notre apostolat, toute une série d'autres défini­tions peuvent donner un éclairage spirituel, ecclésial et même social au prêtre catholique, de manière qu'on puis­se l'identifier parmi tous, aussi bien au-dedans qu'au-dehors de la société ecclésiastique.

Il est non seulement le presbytre qui préside aux actes religieux de la communauté, mais il est véritable­ment l'indispensable et l'exclusif ministre du culte offi­ciel accompli in persona Christi et en même temps in nomine populi, l'homme de la prière, le seul à pouvoir offrir le sacrifice eucharistique, celui qui redonne vie aux âmes mortes, le trésorier de la grâce, l'homme des bé­nédictions. Lui, le prêtre-apôtre, il est le témoin de la foi, le missionnaire de l'Évangile, le prophète de l'espérance, le centre où progresse et se récapitule la communauté, le constructeur de l'Eglise du Christ fondée sur Pierre.

Et voici enfin son titre propre, humble et sublime : il est le pasteur du Peuple de Dieu, l'ouvrier de la cha­rité, le protecteur des orphelins et des petits, l'avocat des pauvres, le consolateur de ceux qui souffrent, le père des âmes, le confident, le conseiller, le guide, l'ami de tous, l'homme « pour les autres » et, s'il le faut, le héros volontaire et silencieux.

Si l'on regarde bien le visage anonyme de cet homme solitaire, sans foyer, on découvre l'homme qui ne sait plus aimer comme hom­me, parce que tout son coeur il l'a donné, sans rien rete­nir en propre, à ce Christ qui s'est donné lui-même jus­qu'à la croix pour lui, et à ce prochain qu'il s'est donné comme but d'aimer à la mesure du Christ. Tel est, en effet, le sens de sa belle et grande immolation dans le célibat : en un mot, c'est un autre Christ. Là se trouve en définitive l'identité du prêtre. Nous l'avons entendu répéter tant de fois : c'est un autre Christ. Alors pour­quoi avoir peur ?

Crions-le AVEC  CENT  MILLE LANGUES: LE PRÊTRE EST UN AUTRE CHRIST !

Extrait de : RETOUR AU MAGISTÈRE. Mgr Joseph Louis Beaumiere (1974)

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 10:15

Importante exhortation finale de S.S. Paul VI

La vie religieuse, est la vie d'Eglise…                          

Parlons quelque peu maintenant de la vie religieuse. Eglise, Sacerdoce, Vie religieuse, voilà de grandes et su­blimes réalités qui se tiennent intimement.

Dans la substantielle conférence donnée à des reli­gieuses à Rome, le 3 mars dernier, le regretté Cardinal Daniélou disait : « II n'y aurait pas de vie religieuse s'il n'y avait pas d'Eglise, s'il n'y avait pas de sacrements, et par conséquent s'il n'y avait pas de sacerdoce ». (Doc. C., 21-4-74).

Soyons réalistes

Dans le contexte historique actuel, il faut porter une attention spéciale à la vie religieuse. Inutile d'enchaî­ner d'interminables et stériles jérémiades sur la vie re­ligieuse ébranlée aujourd'hui. Il suffit de regarder avec réalisme et courage l'état de chose actuel chez nous. C'est l'image de ce qui se passe un peu partout dans le monde. Avec cette différence qu'au Québec nous méritons, sem­ble-t-il, une mention peu «honorable». C'est humiliant, gênant et douloureux ! Mais hélas ! C’est vrai.

Le jugement du Cardinal Daniélou à ce sujet est aus­si juste qu'accablant. Ce n'est pas le fait d'un esprit pes­simiste. Il voit les choses avec une extrême lucidité et justesse. «On ne fondera jamais, dit-il, une vie religieuse authentique sur des opinions théologiques erronées. Et il est certain qu'une des grandes menaces pour la vie religieuse, aujourd'hui, c'est un fatras d'opinions théolo­giques contestables qui, en minimisant l'aspect surnaturel du don de Dieu, par là même détruit à la base ce qui permet à l'a vie religieuse de se construire... Dans une période troublée comme la nôtre, la responsabilité de la vie religieuse dans l'Eglise est très grave. Je veux dire par là que la pire corruption est celle des choses excellentes. Corruptio optimi pessima. Autant une vie religieuse fidèle et fervente est bénéfique pour l'Eglise, autant une vie religieuse dégradée est détestable. C'est une de nos peines d'entendre dire par des évêques que c'est par des religieux et par des religieuses que le mal a commencé à se faire dans leur diocèse. » (Doc. C. 21-4-74).

Voilà des affirmations qu'on n'écrit pas à la légère. S'il faut un grand courage pour les dire, il en faut aussi pour y réfléchir salutairement, et surtout pour réagir avant qu'il ne soit trop tard.

On parle de renouveau partout dans l'Eglise, depuis 1964. En général la vie religieuse a fait des bonds en avant, mais aussi elle a subi un formidable assaut dans le domaine de ce renouveau. Nous paraissons arriver à une sorte de point mort où il faut évaluer ce renouveau. Dans beaucoup de milieux la vie religieuse s'est détério­rée en voulant se renouveler. C'est un malheur pour l'Eglise. Le Cardinal Daniélou le disait avec énergie : « Le renouveau de la vie religieuse a toujours été, dans tous les siècles, le point de départ des renouveaux de l'Eglise. Et la corruption de la vie religieuse — voyez le XVIe siècle —, a toujours été un des signes de la dé­cadence dans l'Eglise. »

Depuis quelques années, des instituts religieux pré­parent plus ou moins inconsciemment leur décadence. Qu'on relise l'histoire de la ruine de grands monastères ou de puissantes abbayes des siècles passés ! "Trop de richesses, écrit D. Rops, trop de terres à gérer, peut-être aussi trop d'études... au détriment du travail et de l'ef­fort ascétique »... Tout cela faisait dire un jour à un célèbre Abbé de Cluny, Pierre le Vénérable : « A l'ex­ception d'un petit nombre de moines, le reste n'est qu'u­ne synagogue de Satan. Que peuvent-ils revendiquer des moines, si ce n'est le nom et l'habit ? » (Vol. 3, 163). C'é­tait au Xlle siècle.

Suis-je loin de la vérité, si je dis aujourd'hui : « Trop de gros salaires, un trop large train de vie à mener, trop de réunions, cours ou sessions à suivre... N'y a-t-il pas là une porte ouverte à l'esprit du monde ? N'y a-t-il pas là une ruse du démon ? »

Le Souverain Pontife ne dit-il pas que le religieux, dans la civilisation actuelle, est exposé à se laisser « en­traîner par une recherche sans frein de ses aises ? ... Pour beaucoup le risque s'est accru d'être englué dans l'appât et la sécurité de l'avoir, du savoir et du pouvoir ». (Évang. Test, n.19).   Le danger et le mal ne sont sûre­ment pas illusoires.

Saint Bernard nous parle

Comme nous venons de faire allusion au Xlle siècle, le nom de saint Bernard vient spontanément à l'esprit : il a tellement marqué son siècle. Faisons appel à son témoignage, qui ne manque pas de valeur. Dans une homélie sur les gloires de la Vierge Marie, il en arrive à parler des moines (disons aussi des religieuses, pour notre temps) :

 « O douleur de mon âme, s'écrie saint Bernard, j'en vois beaucoup, après avoir méprisé les pompes du siècle à l'école de l'humilité, devenir de plus en plus orgueil­leux ... J'en vois d'autres qui, après s'être enrôlés dans la milice du Christ, s'engagent de nouveau dans les affaires du monde, et se replongent dans les cupidités ter­restres ... Sous prétexte de bien général, ils vendent leurs paroles aux riches et leurs salutations aux dames ». Ce qui pourrait signifier dans le langage contemporain : ils donnent de nombreux cours universitaires à gros sa­laires; ils enseignent des choses qu'ils ne croient guère et ne pratiquent peut-être pas; ils fréquentent les milieux sociaux et y rencontrent beaucoup de mondaines, etc ...

Quant à l'habit religieux, « on se met plus en peine de les soigner que d'acquérir les vertus ». S. Bernard compare certains moines à des «femmelettes», qui ne se soucient que de toilettes. Que dirait-il des religieuses sé­cularisées qui, par leurs nouveaux atours, rivalisent avec les femmes du monde ? ... « Laissant de côté toute pen­sée religieuse, ajoute-t-il, ces soldats du Christ ne voient qu'une parure, non une armure, dans l'habit qu'ils por­tent ... Ainsi ramenés aux goûts du siècle, ils deviennent semblables aux chiens de l'Écriture (Prov.26) qui retour­nent à leur vomissement » (Oeuvres de S. Bernard, vol. 2, p. 766).

Pauvres humains que nous sommes ! Par delà les siècles, nous les reconnaissons. Ils se rejoignent dans les mêmes faiblesses, les mêmes misères !

Aujourd'hui encore, dans trop de cas, l'armature du costume religieux a fait place à la parure. De tous côtés, on obéit à l'agressivité massive d'un monde sécularisé.

Le fléchissement actuel de la vie religieuse se pré­sente sous trois aspects :

Un premier celui de l'abandon total, ou du retour dans le monde. On se désengage avec une légèreté et une faiblesse qui scandalisent les bons chrétiens. N'in­sistons pas; le nombre de sécularisées est alarmant.

Un deuxième aspect celui de la vie de plus en plus mondaine de nombreuses religieuses, vivant à la manière de laïques assez relâchées. Là aussi on sème le scandale et on soulève de sérieuses critiques, qui condamnent à bon droit une vie désaxée. Et puis, le malheureux exem­ple de nombreux clercs et religieux ne fait qu'aggraver la situation.

Le troisième aspect se manifeste par le tarisse­ment des vocations. « La preuve que l'Eglise est vivante dans un pays, c'est qu'elle suscite les vocations religieu­ses. Et là où il n'y a pas de vocations religieuses, on peut dire que l'Eglise marche mal.» (Daniélou).

Quand on croit à l'Eglise et à la vraie vie religieuse, quand on aime l'Eglise et la vie religieuse, il faut faire quelque chose. Et ça presse !

Réagissons

1 Tout d'abord allons puiser aux sources. Non pas à telle citerne crevassée du Père untel ou de la Commis­sion X ou Y. Mais aux sources vives et inépuisables de l'Eglise : doctrine traditionnelle, documents pontificaux, enseignements du Magistère, esprit et écrits des Fonda­teurs. Que ceux qui s'occupent de vie religieuse soient, selon le mot du Cardinal Daniélou, « les maîtres spiri­tuels et théologiques qui représentent l'authentique pen­sée de l'Église. Il faut un souci d'unité très profond avec le Souverain Pontife et avec les orientations données par le Souverain Pontife, précisément en ce qui concerne la vie religieuse, dans Perfectae caritatis ».

Sans cesse il faut revenir à quatre documents de base : Lumen Gentium, chapitre VI; Décret Perfectae caritatis; Motu proprio Ecclesiae sanctae; l'Exhortation apostolique Evangelica Testificatio. Les ignorer est un signe d'infidélité à l'Eglise, gardienne et Mère de la vie religieuse.

2 — Il faut s'arrêter à quelques idées-clefs sur la vie religieuse. La fonction de la vie religieuse est de témoi­gner de la fécondité de la grâce communiquée par les sa­crements, «de témoigner, non pas de ce dont l'homme est capable, mais de ce dont Dieu est capable, suivant le mot de l'Évangile : « En vous voyant, ils rendront grâce à Dieu ».

On comprend dès lors la qualité de l'engagement en­vers Dieu dans la vie religieuse : un engagement total, définitif, sans retour en arrière. Les saints voeux en sont l'expression. « Tout ce qui est grand est définitif : le mariage est définif, le sacerdoce est définitif, la vie reli­gieuse est définitive. Et c'est une des aberrations de no­tre temps que de penser qu'on puisse n'être un prêtre, un époux ou un religieux que pour un certain temps. C'est la négation du don». (Gard. Daniélou).

3 — Un danger actuel pour la vie religieuse est la tendance à assimilier la religieuse au prêtre. Des reli­gieuses rêvent de devenir prêtres ! C'est vraiment du rêve ! Par leur mission, elles n'ont rien à envier au prêtre. Dans l'Eglise chaque fonction a sa nécessité et sa valeur. «Un des drames de l'Eglise, actuellement, ajoute le Cardinal, c'est que chacun veut prendre la pla­ce des autres. Les laïcs veulent jouer aux prêtres et les prêtres veulent jouer aux laïcs. A ce moment-là, rien ne marche plus et tout est confondu. »

Ce ton ne déplairait pas à sainte Catherine de Sienne !

Si les religieuses comprennent bien la finalité de leur vie consacrée, si les prêtres comprennent eux aussi la pleine fonction de leur ministère, si chacun reste à sa place à plein temps, l'Église y gagnera.

4— La vie religieuse, pas plus aujourd'hui qu'autre­fois, ne peut pactiser avec le monde. Flirter avec le mon­de, c'est flirter avec le démon. Et celui qui flirte ou « s'amuse avec le diable ne pourra se réjouir avec le Christ», selon le mot de saint Pierre Chrysologue.

Sainte Thérèse d'Avila

C'est dans un semblable contexte historique que sain­te Thérèse d'Avila, au XVIe siècle a entrepris son œuvre de réforme. La Madré Theresa nous offre le double avantage d'une réussite de quatre cents ans et d'une doctrine spirituelle sûre, sanctionnée par son récent titre de Docteur de l'Eglise. Toute vie religieuse, peu importe sa finalité apostolique, peut y recourir en toute sécurité.

En face d'un ennemi qu'elle savait ne pas vouloir désarmer, Thérèse dresse une artillerie qui ne faiblira pas : prier et se sacrifier pour l'Église et ses ministres. « Le monde est en fièvre, disait-elle à ses soeurs; les hommes semblent désirer que le Christ soit de nouveau condamné; ils veulent détruire l'Eglise, la réduire au ras du sol. Ce n'est pas le moment de prier pour les inten­tions de moindre importance ».

En Espagne, elle multiplie les fondations, véritables bastions de la chrétienté menacée. Après sa mort, la France est littéralement gagnée : 30 monastères au XVIIe siècle « Le catholicisme renaît de ses cendres, écrit Mgr Rupp, l'action centrifuge est stoppée, la sainte­té de nombreux personnages éclate, le clergé se réforme, la charité fait des miracles, des séminaires se constituent et font florès. Saint-Sulpice, l'Oratoire, La Mission et les Missions étrangères donnent à la France religieuse une armature spirituelle sans égale ». (Mgr Rupp, Docteurs, p. 127).

Il est urgent de nous mettre à l'école de sainte Thé­rèse d'Avila.

Si de nos jours quelque âme courageuse veut con­server ou redonner à la vie religieuse son vrai caractère, elle peut s'attendre à rencontrer des adversaires de tail­le. « La médiocrité universelle et le pullulement des sots » de l'époque de sainte Thérèse peuvent encore se rencon­trer aujourd'hui. La vie religieuse subit un terrible choc par l'ambiance délétère qui l'enveloppe. Même l'œuvre de sainte Thérèse est attaquée.

 « Ceux qui de nos jours, écrit Mgr Rupp, veulent détruire son œuvre au nom d'un aggiornamento mal compris, qui trahit papes et concile, ne savent pas ce qu'ils font. Ils veulent des carmélites non cloîtrées, ba­vardes, sans pénitence, sans office, vouées à je ne sais quelles tâches humanitaires assez triviales, tout le temps sur la route... Le Doctorat de Thérèse est une consé­cration, par l'Eglise infaillible, de son enseignement... Il rappelle son mot d'ordre : prière, pauvreté, solitude ... retour aux traditions primitives ... Puissent les Carmels sortis de leurs gonds y revenir et retrouver la tradition élianique... Il est temps. La santé, peut-être même la survie du monde chrétien en dépend largement ». (Doc­teurs, page 124).

Si des Carmels ont subi une telle agression, rien d'é­tonnant que « dans l'assaut livré à l'Église par Dame Folie », depuis quelques années, on voit faiblir tant d'ins­tituts religieux, qui ne possédaient pas leur armature spirituelle.

Point n'est besoin de partager les misères des hu­mains dans le monde pour connaître les nécessités spi­rituelles du peuple. Le Concile déclare nettement : « Il ne faut pas penser que les religieux (ses), du fait de leur consécration, deviennent étrangers aux hommes et inu­tiles dans la cité terrestre». (Lum. Gent. n.46). Loin de là!

Ce n'est pas des soeurs sécularisées qu'il nous faut, accomplissant des tâches de bonnes filles dans le mon­de : infirmières, assistantes sociales, professeurs, etc... . Mais des religieuses consacrées dont l'engagement est reconnaissable et reconnu. Le peuple attend des religieu­ses, non pas le témoignage d'œuvres humaines, tel le courage, la force, la générosité, l'habileté, mais le témoi­gnage d'oeuvres divines, d'œuvres de sainteté.

Voici l'exemple assez récent d'une religieuse mis­sionnaire en Palestine pendant un bon demi-siècle. Mor­te en 1927, Soeur Joséphine de Jérusalem est de l'époque que les malins appellent « avant-concile », donc de l'époque des « bonnes soeurs », conduites comme des enfants par une Règle rigide, incapables d'initiatives, formées dans le même moule ! Donc des mineures !

Cependant l'apostolat de cette religieuse a suscité le respect des foules musulmanes, des hauts fonctionnaires de l'État et des pays étrangers, et même des savants comme les Pères Lagrange et Vincent, O.P. C'est qu'elle se comportait, comme d'ailleurs des milliers d'autres, en vraie religieuse, qui ne cachait pas son identité. « Déjà au début du siècle, comme le fait remarquer justement L'A­mi du Clergé (16-5-74), par sa conduite, Sœur Joséphine dénonce à l'avance l'erreur des religieuses qui croient bien faire en se sécularisant. Elle leur rappelle cette vérité vieille comme le christianisme que la sainteté au­thentique est le meilleur garant d'un humanisme complet et équilibré. »

Comme conclusion à ces pages, l'exhortation finale de S.S. Paul VI devrait faire l'objet d'une méditation salutaire pour toute âme consacrée, désireuse de répon­dre à sa vocation :

« Nous vous supplions, nous dit le Saint-Père : gar­dez la simplicité des « tout petits » de l'Évangile. Sachez la retrouver dans le coeur à coeur secret avec le Christ, ou dans l'accueil direct de vos frères. Vous connaîtrez alors le tressaillement de joie dans l'action de l'Esprit Saint de ceux qui sont admis aux secrets du Royaume. Ne cherchez pas à devenir de ces sages et habiles que tout conspire à multiplier, auxquels ces secrets sont ca­chés. Soyez vraiment des pauvres, des doux, des affamés de sainteté, des miséricordieux, des cœurs purs, de ceux par qui le monde connaîtra la paix de Dieu ». (Évang. Test. n.54).

Pour crier ces vérités à toutes les religieuses du monde CENT MILLE LANGUES suffiraient-elles ?

Extrait de : RETOUR AU MAGISTÈRE. Mgr Joseph Louis Beaumiere (1974)

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 11:45

Savez-vous pourquoi vous vivez…

« La plupart des hommes n'ouvrent les yeux qu'une seule fois. C'est au moment de la mort... Et l'on s'empresse de les leur fermer ! (H. Bordeaux)

Cependant, il faut vivre. Dès lors, tout homme doit choisir une attitude pratique devant les problèmes de la vie.

Quelle sera l'attitude pratique de ces indifférents ? Souvent ce sera celle que leur dicte l'intérêt ou le caprice.

N'ayant pas réfléchi personnellement à la vie, ils empruntent à gauche et à droite quelques lambeaux de doctrine, les assemblent grossièrement et revêtent ce costume d'arlequin, fait de vieux res­tes de toutes couleurs.

A tout moment, ils modifient leur costume pour s'adapter au goût du jour et au rythme de leur fantaisie.

C'est ainsi qu'ils seront tantôt catholiques, tantôt protestants, aujourd'hui communistes, demain capitalistes : catholiques, parce que les traditions de famille ou les conve­nances l'exigent d'eux, à certains moments de la vie ; protes­tants parce qu'ils jugent devoir « protester » contre certaines me­sures de l'Eglise catholique à laquelle néanmoins ils désirent ap­partenir ; communistes, si le voisin est mieux loti qu'eux ; capitalistes, le jour où ils ont quelque bien à défendre.

Aujourd'hui ils se proclameront les défenseurs de la justice parce qu'ils ont été victimes des agissements d'un scélérat ; mais demain, ils jetteront par-dessus bord les plus élémentaires pres­criptions de la morale parce que cela les gêne.

Ils se plaindront que la main-d'œuvre manque ; mais ils au­ront soin de ne pas avoir d'enfants.

Leur solution est donc de vivre au jour le jour, au gré de leurs impressions agréables ou désagréables, portés par le flux des événements et le reflux des profits immédiats !

«Pour la plupart des hommes, l'essentiel de la vie, c'est le tem­porel, ce qui passe, ce qui touche les sens. Le spirituel peut être vérité en théorie mais en pratique c'est une nuée ...

Beaucoup sont dans la vie sans jamais s'être demandé pourquoi  ils vivent ? Ils obéissent à l'instinct obs­cur qui s'accroche à la vie. Mais ils n'ont pas découvert ce qu’ils doivent faire dans la vie.

Au jour le jour ils s'arrangent pour être le mieux ou le moins mal possible. Ils travaillent, si c'est nécessaire, pour vivre ; sinon ils ne font rien. Ils prévoient, dans la mesure de quelques fins immédiates. La mort, ils évitent d'y penser. Et ils y restent, parce qu'ils y sont et n'attendant rien de plus, après et après. »

(Chan. J, Leclercq, Dialogue de l'homme et de Dieu.)

c) à cause des conséquences qu'ils prépayent

Beaucoup évitent de chercher une solution parce qu'ils se ren­dent compte que la vérité, s'ils la trouvaient entraînerait avec elle certaines exigences morales qui leur font peur.

« Ce furent, je le dis franchement, la crise de l’adolescence et la honte de certains aveux Qui me firent renoncer à mes habitudes de piété. Bien des hommes nui sont dans ce cas conviendraient, s'ils étaient sincères, que ce qui les éloigna d'abord de la religion, ce fut la règle sévère qu'elle impose à tous au point de vue des sens, et qu'ils n'ont demandé que plus tard, à la raison et à la science, des arguments métaphysiques qui leur permettent de ne plus se gêner. » (François Coppée, La bonne souffrance, p. 5)

«Mon expérience de onze ans d'internat de lycée et celle de mes quatre années d'École normale m'ont montré que, dans le plus grand nombre de cas, le jeune homme cesse d'être catholique moins pour des raisons d'ordre intellectuel que pour des raisons d'ordre moral. C'est parce qu'il n'a plus le cœur pur qu'il se détourne de Dieu et qu'il se refuse à ces règlements de comptes que sont let confessions et surtout la communion pascale. »

(Jean Guiraud, Pourquoi je suis catholique.)

«Ce recul intellectuel (dans la croyance en Dieu) est ordinaire­ment la conséquence d'un déchet moral. Sous l'influence d'une passion, on en arrive à désirer que Dieu ne soit pas et, sous l'ac­tion de ce désir, on finit par se persuader que Dieu n'est pas. »  (Duplessy, Apologétique, I, 89)

 « L'homme, en se détachant de la foi, se détache surtout d'une chaîne insupportable à ses plaisirs. Je n'étonnerai aucun de ceux qui ont traversé les études de nos lycées en affirmant que la pré­coce impiété des libres-penseurs en tunique, a pour point de départ quelque faiblesse de la chair accompagnée d'une horreur de l'aveu au confessionnal. Le raisonnement, quel raisonnement !  Arri­ve ensuite et fournit des preuves à l'appui d'une thèse de négation acceptée d'abord pour les besoins de la pratique. »

(Bourget, Essais de psychologie contemporaine)

« L'histoire de saint Augustin se répète pour chacun de nous : la perte de la Foi coïncide toujours avec l'éveil des sens. Ce n'est pas la raison qui  détourne de Dieu l'adolescent,  c'est la chair.

L'incrédulité ne fait que fournir des excuses à la vie nouvelle qu'il mène. » (Louis Bertrand, Vie de St-Augustin)

d) à cause de leurs préoccupations matérielles

Groupons à part tous ces honnêtes gens qui, ayant reçu souvent une éducation chrétienne, ont perdu la foi parce que les nécessi­tés matérielles de la vie absorbent tout leur temps. Combien d'ou­vriers, par exemple, en sont là ? Ce n'est pas légèreté ; ce n'est pas refus des obligations qu'entraînerait la vérité ; mais c'est la dureté de l'existence qui les empêche de garder vivante leur foi.

e) à cause de l’abandon de la Vérité par la fausse église et son concile hérétique.

Cette contradiction avec ce que la sainte Église a toujours enseigné comme étant la VÉRITÉ et ne pouvait changer, les gens pensent qu’on leur a menti. Alors que c’est aujourd’hui qu’on leur ment en prétendant canoniser Luther,  un des excommuniés qui ne s’est jamais repenti... etc.

Note : cette dernière réflexion est du bloggeur.  Deo Gratias

Extrait de : La Solution du Problème de la Vie.  (F. Lelotte  S.J.)

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 11:26

La danse du soleil il y a 100 ans à Fatima, le 13 octobre…

 

 

 

Le 13 octobre 1917, dans la campagne portugaise, 70 000 personnes assistaient médusées à l'un des plus grands miracles du XXe siècle.

Le 13 octobre 1917, près de 70 000 personnes, provenant de toutes les régions du Portugal, se rassemblent à la « Cova da Iria » (Fatima). Depuis plusieurs semaines circule la nouvelle de l’apparition de la « Dame » et du miracle qu’elle a promis d’accomplir. Au milieu de citoyens ordinaires se trouvent aussi des nobles, des ingénieurs, des médecins, des notaires et, évidemment, des journalistes et des photographes.

Du ciel, complètement couvert par les nuages, tombe une pluie incessante. François, Jacinthe et Lucie arrivent, acompagnés de leurs familles. Ils atteignent à grand peine le chêne sur lequel se pose habituellement la « Dame » et commencent à réciter le chapelet. Cependant, à midi, la pluie continue de tomber. Lucie ordonne de fermer les parapluies et la foule obéit. Peu après, la Vierge apparaît, plus lumineuse que d’ordinaire.

Lucie demande : « Qui êtes-vous et que voulez-vous de moi ? ». La Vierge répond qu’elle est « Notre-Dame du Rosaire » et qu’elle veut que soit bâtie en ce même lieu une chapelle en son honneur. Elle conseille de réciter constamment le rosaire puis conclut : « Tous doivent se convertir, demander pardon pour leurs péchés et ne plus blesser Notre Seigneur ».

Après ces paroles, elle ouvre ses mains qui se reflètent sur le soleil. À ce moment, pendant que Lucie crie : « Regardez le soleil », le miracle se produit : les épais nuages se dispersent et le soleil commence à tournoyer, à changer de couleur, à danser dans le ciel puis à s’approcher progressivement de la terre.

Voici le témoignage du docteur Almeida Garrett :

« Soudain, j’entendis la clameur de centaines de voix, et je vis toute cette multitude s’étendre à mes pieds, tourner le dos à l’endroit vers lequel, jusque-là, convergeaient toute leur impatience, et regarder le soleil du côté opposé… Je me tournai à mon tour vers ce point qui attirait tous les regards, et je pus voir le soleil apparaître comme un disque au bord net, à l’arête vive, qui luisait sans blesser la vue… Il ne pouvait se confondre avec le soleil vu à travers le brouillard – il n’y en avait d’ailleurs pas à ce moment – car il n’était ni voilé, ni brouillé. À Fatima, il conservait sa lumière et sa chaleur, et se dessinait nettement dans le ciel, avec ses arêtes vives, comme une large table de jeu… Le plus étonnant est d’avoir pu fixer aussi longtemps le disque solaire étincelant de lumière et de chaleur, sans avoir mal aux yeux et sans abîmer leur rétine. On entendit une clameur, le grand cri d’angoisse de la foule. En effet, le soleil, conservant son mouvement rapide de rotation, sembla pouvoir se détacher du firmament, et, rouge sang, avancer vers la Terre, menaçant de nous détruire sous son poids énorme. Ce furent des secondes terrifiantes. »

L’évêque de Leiria, dans sa lettre pastorale sur le culte à Notre-Dame de Fatima, écrivit : « Le phénomène solaire du 13 octobre 1917 fut encore plus merveilleux et laissa une impression indélébile chez ceux qui eurent le bonheur d’y assiter. Il a été constaté par des personnes de toutes les classes sociales, des croyants, des non-croyants, des journalistes des principaux journaux portugais et des personnes qui se trouvaient à plusieurs kilomètres ».

Jacinthe et François, après de grandes souffrances, vont au paradis. En revanche, la Vierge dit à Lucie : « Dieu veut que tu restes dans le monde pour faire connaître mon Cœur Immaculé… Ensuite tu iras au paradis ». Lucie entre au couvent de Coimbra où elle demeure jusqu’à sa mort le 13 février 2005.

DANSE DU SOLEILFATIMAMIRACLESAINTE VIERGEVIERGE MARIE – Wikipédia

 

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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 00:39

 

Des initiatives prises sans autorisation

Un bref rappel des événements…

Réponse à catholicapedia.net

Voici la citation : «Après le concile Vatican II, Montini-Paul VI a modifié les rites de tous les sacrements. Une réforme aussi générale est pour le moins risquée. En effet, si quelque chose d’essentiel a été modifié, le nouveau rite n’est plus efficace, il ne produit plus la grâce ni l’effet sacramentel, car il n’est plus le rite que le Christ a institué.»   http://catholicapedia.net/pages_html/Rore-Sanctifica_Benoit.html

Comment quelqu’un peut écrire une affirmation aussi injuste et aussi fausse…???

Nous n’avons pas l’intention  de dire que le parcours de Mgr Montini-Paul VI ne fut pas sans erreurs. Il est un être humain comme nous, et s’il a péché, nous aussi nous sommes des pécheurs. Mais l’accuser aussi injustement sans preuve c’est un manque de charité chrétienne.

Vous devez savoir la vérité sur la nouvelle messe, et qu’elle date de plusieurs années avant le faux concile.  Voici quelques points importants: 

En 1956, l'assemblée des cardinaux et archevêques français éditait un…. « Directoire pour la pastorale de la Messe à l'usage des diocèses de France », document, comme on le voit, est des plus officiel.

L'ouvrage de l'Abbé Bonneterre (1) est certes très révélateur sur ce sujet : dès 1925 avec l'œcuméniste Dom L. Beauduin, il y eut un mouvement subversif de plus en plus général dans l'Eglise amenant à terme la déliquescente « nouvelle messe ». Or, celle-ci est déjà pratiquement enfantée dans les cerveaux des chefs officiels de l'Eglise DÈS AVANT le Concile Vatican II et l'élection de S.S. Paul VI...

Il est déjà remarquable de constater, comme le fait l'Abbé Bonneterre, que « l'Ordo de Taizé », rédigé en 1959 par des protestants et des catholiques « avancés » est quasi semblable à la nouvelle messe de 1969, dite de Paul VI. Mais nous avons dans nos archives un document combien plus probant ! Qu'on en juge : En 1956, l'assemblée des cardinaux et archevêques français éditait un « Directoire pour la pastorale de la Messe à l'usage des diocèses de France », document comme on le voit on ne peut plus officiel.

En couverture,  on montrait une photo d'une Messe « modèle ». Cette photo est un document historique extraordinaire.

Autel face au peuple. Crucifix et autel « à la protestant ». Différences entre les acolytes et le célébrant principal, tous en aube, gommées au maximum (à tel point qu'on se demande s'il ne s'agit pas d'une concélébration !). Magnifique soleil de l'ostensoir négligemment posé sur le pilier, dans l'ombre (rien n'est l'effet du hasard dans cette photo très officielle destinée à tous les presbytères de France)…. La (fausse) Messe ressemble tellement au « novus ordo missae » de 1969, dit de Paul VI, que nous avouons avoir regardé à deux fois la date d'édition de ce « Directoire », croyant que nos sens nous trompaient. Mais non, c'est bien cela : 1956. Huit ans avant le Concile Vatican 2, 13 ans avant (!!!) la « nouvelle messe » dite de Paul VI, l'ensemble des cardinaux, archevêques et évêques français avec certainement une bonne partie de leur clergé avaient déjà toute la nouvelle messe dans la tête ! Car ce « Directoire » très officiel était fait pour être diffusé en masse dans tous les presbytères de France et de Navarre... « Les mauvais livres abonderont sur la terre », tel que prédit par Notre  Dame de la Salette...

Le contenu de ce « Directoire », tout en reprenant pharisaïquement l'exposé traditionnel de la Messe, ouvre en même temps par de petites phrases... On connaît la méthode, style Vatican II. On a reproché la définition hérétique de la Messe dans le « Novus Ordo Missae » de 1969 (2). Mais elle n'est jamais que la reprise de la définition cosignée par Nosseigneurs les cardinaux et archevêques Français... en 1951, soit 18 ans avant !!!

    Nos « Princes de l'Eglise » définissaient ainsi la Messe :

« Elle est l'assemblée solennelle de la communauté chrétienne, le grand moyen de faire vivre le Christ dans la communauté paroissiale et dans les cœurs de chacun de ses membres. »

C'est à la page 13 de notre « Directoire » de 1956, lequel, pour cette magistrale définition qui occulte l'aspect essentiel et premier du Saint-Sacrifice de la Messe, fait appel à un autre « Directoire pour la pastorale des sacrements — adopté par l'Assemblée plénière de l'Épiscopat pour les diocèses de France », de 1951.

Dans le même temps (et c'est notre deuxième exemple) c'est-à-dire en 1952, on construisait des Églises préparant le nouveau culte dit de Paul VI, face au peuple… avec le « Pèlerin du XXe s. », revue démocrato-progressiste à coloration religieuse très pâle, patronnée par la Hiérarchie qui n'a pas été pour peu dans la dégénérescence de la Foi du peuple chrétien et la subversion de l'ordre social. Dès 1963, « une église retenait l'attention du rédacteur ». Nous aussi, elle retient notre attention, « 25 ans » après, car elle est effectivement historique. Qu'on en juge par la lecture attentive de l'article en question...

... Vraiment, quelle astuce proprement diabolique ! Nous faisons ci-dessous un croquis de cette mignonne église néo-rustique dont il faut reconnaître la belle esthétique extérieure et l'art du meilleur goût... camouflant magnifiquement le venin mortel de l'intérieur... comme avec l'AntéXst : On voit tout de suite le piège, consommé en hypocrisie. Cette église a été conçue architecturalement pour l'expérimentation liturgique. Voilà pourquoi le rédacteur du « Pèlerin » qui ne pouvait tout de même pas l'avouer ouvertement voulait « retenir l'attention » de ses lecteurs... Il est bien facile de comprendre qu'une fois le rideau tiré, il y avait une partie des assistants qui avaient la Messe dos au prêtre tandis que l'autre l'avait FACE AU PEUPLE. C'est ce que le rédacteur du « Pèlerin » appelle suivre les offices d'une façon parfaite.

D'autre part, il est bien évident que cette église ne s'est pas construite « à la sauvage » et que l'architecte avait l'approbation de l'Évêque et du prêtre du lieu : autrement dit, la veule et hypocrite Hiérarchie cautionnait voire promouvait (3) le mouvement liturgique subversif. Et le pli venant de haut, de très haut, il ne pouvait qu'être pris irréversiblement par le peuple, en ces années prémisses du laxisme total qui éclatera dans les années 1960-70, cette « espèce de fausse paix dans le monde »...

Supposons un moment que S.S. Pie XII, au courant de ces constructions d'églises équivoques, ait donné l'ordre de déplacer le Maître-autel du milieu pour le mettre au fond : mais c'est que l'église si jolie était construite artistiquement pour un maître-autel AU MILIEU de l'église, « avec ses tribunes circulaires »... Fallait-il faire casser l'église ? Tout le monde se serait levé à la suite du clergé et de l'Évêque contre une telle mesure !

Cette révolte larvée mais très réelle, soudée du bas jusqu'en haut de la Hiérarchie n'est pas avouée. Et, chers lecteurs, retenez bien que nous sommes en 1952.

Ce genre de situations se généralisera et s'aggravera dans tous les domaines et dans toute l'Eglise Universelle lorsque le Pape Paul VI accédera en 1963 au Souverain Pontificat, qui n'était plus « souverain » que par la Passion à endurer, le Châtiment Divin à expier sous ce pontificat.

Après ces documents types que nous venons de donner, on peut voir que la déclaration du Cardinal Guth, loin d'être un prétexte pour blanchir S.S. Paul VI d'avoir signé le N.O.M., n'est rien moins que l'exacte expression de la vérité : « Nous espérons que, désormais, avec les nouvelles dispositions contenues dans les documents, cette maladie de l'expérimentation va prendre fin. Jusqu'à présent il était permis aux évêques d'autoriser des expériences mais on a parfois franchi les limites de cette autorisation et beaucoup de prêtres ont simplement fait ce qui leur plaisait. Alors, ce qui est arrivé parfois, c'est qu'ils se sont imposés. Ces initiatives prises sans autorisation, on ne pouvait plus, bien souvent, les arrêter, car cela s'était répandu trop loin. Dans sa grande bonté et sagessehélas, celle du Roy-martyr Louis XVI..., le Saint-Père a alors cédé, souvent contre son gré » (4).

Nous croira-t-on à présent, quand nous disons que le pauvre Pape Paul VI vient seulement en fin de parcours pour endosser tout le poids du péché, signant la « nouvelle messe » forcé d'ailleurs [« On a eu toutes les peines du monde pour lui arracher cette autorisation ! Et maintenant il (le Pape) continue à célébrer avec l'Ordo Missae de Saint Pie V en privé ! » (5)] ?

Comme le rapprochement s'impose avec Louis XVI, cédant toujours un peu plus, « dans sa grande sagesse et bonté », allant jusqu'à revêtir le bonnet phrygien, puis, impuissant, jusqu'à déclarer le « Tiers-État » Assemblée Consti­tuante, jusqu'au couperet fatal !

Oui, après ces exemples majeurs, on peut voir que tout mettre sur le dos du Pape Paul VI est la solution de facilité, une solution SIMPLISTE, à laquelle malheureusement cèdent beaucoup trop de fidèles traditionnels.

LA VÉRITÉ, LA VOILÀ: LA RÉVOLUTION ÉTAIT DÉJÀ FAITE DANS L'ÉGLISE AVANT L'INTRONISATION DE S.S. PAUL VI. De même qu'elle était déjà faite dans le corps social français à la fin du règne de Louis XV. Après Louis XV et Jean XXIII, « c'est le déluge », plus exactement le Châtiment divin qui tombe. Inexorablement. Irréversiblement.

 

     (1) « Le mouvement liturgique », Abbé Bonneterre,  1980.

(2) Rappelons pour les mémoires défaillantes que celui-ci a été concocté par Bugnini et sa clique franc-maçonne, et que Paul VI n'a signé que forcé... ce que reconnaît, entre autres, Jean Madiran dans sa plaquette « La Messe, état de la question », en 1975; il en faisait d'ailleurs une de ses quatre fondamentales raisons du refus du N.O.M. et affirmait, en exergue, que ces quatre arguments développés publiquement depuis 1972 (dont la non-liberté de S.S. Paul VI), « n'ont fait l'objet d'aucune tentative de réfutation »...

(3) Qu'attendre d'autre de fonctionnaires concordataires, de surcroît francs-maçons pour beaucoup d'entre eux : G. Riquier précise que le Cardinal Liénart était Franc-maçon — ce que tout le monde sait, mais ce qui est beaucoup moins connu c'est la suite — : « il était un des dix-sept évêques francs-maçons français dont Mgr Beaussart avait donné la liste à Pie XI en 1938. Ils étaient peut-être plus nombreux : l'un des enquêteurs, Mgr Bouteloup avait été assassiné pendant l'enquête. » (p. 41 « L'avenir du monde ... »).

(4) « Documentation Catholique » n" 1551 du 16 novembre 1969, p. 1048.

(5) Déclaration de Mgr Bugnini à un de ses amis en parlant de la signature du Pape Paul VI pour ce N.O.M., cf. « La Messe Catholique est-elle encore permise ? » Père Barrielle, p. 19, plaquette qui apporte beaucoup d'autres faits prouvant la non-liberté du Pape Paul VI.    

Extrait de : L’extraordinaire Secret de La Salette. (1988)  Disponible  aux Editions  D F T.  (Louis de Boanergès)  

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 09:53

Prière au Christ Roi…

O CHRIST Jésus, je vous reconnais pour Roi universel. Tout ce qui a été fait, a été créé pour vous. Exercez sur moi tous vos droits. Je re­nouvelle mes promesses du baptême en renonçant à Satan, à ses pompes et à ses œuvres et je promets de vivre en bon chrétien. Et tout particulièrement je m'engage à faire triompher selon mes moyens les droits de Dieu et de votre Eglise.

Divin Cœur de Jésus, je vous offre mes pauvres actions pour obtenir que tous les cœurs reconnaissent votre Royauté sacrée, et qu'ainsi le règne de votre paix s'établisse dans l'univers entier. Ainsi soit-il.

(Une Indulgence plénière une fois chaque jour )

 

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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 10:18

Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés….

Aimez vos ennemis…                                   

Le devoir du pardon est une des formes de cette obligation de la charité envers le prochain que notre divin Sauveur Jésus a promulguée comme un précepte nouveau, son précepte à lui : Ceci est mon com­mandement, le commandement nouveau que je vous donne :  à savoir: que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés moi-même,  et dont il a pris soin, pour que nous n'en limitions pas l'exercice, de déterminer lui-même l'étendue. Et moi je vous dis : Aimez vos ennemis ;  faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous calomnient et vous persécutent.  (Matt., V, 44.).

Certes, ainsi formulée, la loi est claire, elle n'admet aucune réserve, aucune limita­tion, et, dès lors, nous n'avons pas besoin d'en savoir davantage ; pénible ou non, la loi est portée, il faut nous soumettre sans prétendre entrer en discussion avec Dieu, car qui es-tu, ô homme, dit saint Paul, pour entrer eh contestation avec Dieu.

Mais, d'ailleurs, Jésus ne nous défend pas de fortifier sa loi de toutes les raisons de conve­nance qui nous apparaissent et qui peuvent aider à la soumission de nos esprits et de nos cœurs.

Vous nous faites donc, ô Jésus, une loi du pardon, et vous y attachez une récompense bien digne de nous tenter, une récompense qui nous est absolument nécessaire, et en cas de violation de la loi, une sanction qui, si nous la comprenons bien, doit nous faire frémir.

Et ce prix que vous mettez à l'amour des enne­mis, au pardon des offenses nous montre assez combien vous y tenez. Mais pourquoi payez-vous de ce prix infini qu'est le ciel, puisque votre pardon à vous, c'est pour chacun de nous l'assurance du ciel, le pardon sincère que nous accordons à nos frères ? Ah ! C'est que ce par­don est, je le comprends, la condition de la paix entre les hommes qui doivent vivre ensemble, qui ne peuvent se fuir, et qui, par la faiblesse et la corruption de la nature, sous la poussée de l'intérêt, de l'ambition, de l'éosine, se heurtent, se blessent, s'opposent les uns aux autres. Il n'y a pas de paix possible dans la famille et dans la société,, si chacun s'arroge le droit de se faire justice lui-même, d'user de représailles ou même d'entretenir en son cœur des sentiments de haine et de rancune; une société où la loi du pardon n'est pas admise, observée, peut bien avoir les apparences de la civilisation ; en fait, ce que cachent ces apparences, c'est la barbarie. A l'opposé, quelle société idéale, parfaite, que celle dont tous les membres s'aimeraient les uns les autres, se supporteraient mutuellement, (Ephese., IV, 2), se pardonneraient réciproque­ment leurs torts ! Cette société idéale a existé ; cet esprit de paix a été la marque distinctive de la première communauté chrétienne, dont tous les membres ne faisaient " qu'un cœur et qu'une âme ", à la grande admiration des païens.

Et la paix sociale sera toujours, à la mesure de l'influence et de l'autorité que garde sur les mœurs publiques votre commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés!

Ainsi, ô Jésus, c'est notre bien que vous pour­suivez par cette loi qui, parfois, nous paraît si rigoureuse, quand c'est nous qui avons à pardon­ner, et que nous savons bien revendiquer dans le cas contraire.

Mais d'ailleurs, que nous demandez-vous, ô Jésus ? Est-ce de nous prouver à nous-mêmes, parfois contre l'évidence, que notre prochain ne nous a pas offensé, ne nous a pas fait tort? Non certes, vous ne nous demandez pas de justifier le prochain, puisque, s'il était innocent, il n'y aurait aucun pardon à lui accorder.

Exigez-vous que nous aimions notre ennemi pour lui-même, que nous lui pardonnions pour lui-même ? Non encore, la personne qui nous offense, si nous la considérons en elle-même, n'a rien qui puisse nous attirer, et vous ne nous demandez pas l'impossible.

Bien au contraire vous nous dites : Pardonnez à celui qui vous a offensé, non parce qu'il le mé­rite, mais parce que je le mérite moi ; aimez-le, non parce qu'il est aimable, mais parce que je le suis, moi, et que je vous ai pardonné bien plus que vous n'aurez jamais à remettre à votre frère, et que je vous ai aimé, d'un amour sans limite, alors que vous étiez mon ennemi et que cepen­dant vous n'étiez, par rapport à moi, qu'un être de néant qu'un souffle de ma colère eût suffi à renverser : oui, moi qui pouvais, en toute jus­tice, te plonger pour toujours dans les supplices de l'enfer, je t'ai pardonné, et pardonné tant de fois, moi, ton Dieu ; n'est-il donc pas souverai­nement juste que tu pardonnes, toi aussi, des offenses infiniment moins graves.

Donc, ô Jésus, le principe de cette loi du pardon, c'est la substitution que vous établissez, par rapport à chacun de nous, du prochain dans tous vos droits.

Saint Paul écrivait à son disciple Philémon, au sujet d'Onésime : «Recevez-le comme moi-même.». S'il vous a déplu, s'il a contracté quelque dette vis-à-vis de vous, impu­tez-la moi, c'est moi qui acquitterai sa dette, et souvenez-vous d'ailleurs que vous aussi êtes mon débiteur.

Ainsi envisagée, ô Jésus, quoi de plus légitime que cette loi que vous promulguez pour notre bien ? Et que ce contrat est avantageux pour nous !

Mais d'ailleurs, vous n'êtes pas seulement pour nous un maître qui ordonne, vous êtes un modèle, vous pratiquez vous-même ce que vous nous commandez pour avoir le droit de nous dire : Je vous ai donné l'exemple, afin que vous fassiez vous-même comme vous me voyez faire.

Regardez toute ma vie et vous verrez que mon Cœur n'a jamais connu l'amer­tume et le ressentiment. J'ai pardonné à tous, j'ai pardonné toujours. J'aurais pardonné à Judas lui-même, si son cœur misérable n'eût désespéré de la bonté et de la miséricorde du mien. Sous la blessure de ce baiser homicide, par lequel il me livrait à ceux qui allaient me crucifier, ai-je eu un mouvement de colère, d'indignation, de répulsion ? Non, je l'ai appelé mon ami, pour essayer d'attendrir son cœur !

Et quand sur la Croix, suspendu par ces plaies affreuses, secoué par toutes les affres d'une agonie terrible, mourant de soif, torturé dans mon corps et dans mon âme, j'entendais les provocations de ceux qui m'avaient conduit là, après m'avoir abreuvé d'outrages, qui comptaient mes souffrances et attendaient avec d'horribles désirs que la der­nière goutte de sang s'échappât de mes veines, qu'ai-je dit ? Ai-je appelé la colère, de mon père sur ce peuple ingrat qui n'avait reçu de moi que des bienfaits et qui me crucifiait ? Non, si je me suis tu, pendant ma Passion, au dernier moment, j'ai ramassé toutes mes forces pour une dernière supplication: «Père, pardonnez-leur, parce qu'il, ne savent ce qu'ils font !»

Oui, c'est bien vrai, ô Jésus, après ce pardon de vous à ces infâmes, le cœur qui ne sait pas pardonner n'est pas un cœur chrétien, il n'est pas vôtre.

Mais regardez encore. Je n'ai pas quitté la terre, je suis encore au milieu de vous, dans l'Eucharistie, et ma Passion n'a pas pris fin au Calvaire. De nouveaux Judas viennent encore m'imposer le baiser de leurs lèvres sacrilèges, de nouveaux bourreaux me crucifient ; est-ce que je les châtie, est-ce que je ne pardonne pas tous les jours, partout, tous les coupables, s'ils ne refusent pas mon pardon ? Est-il une âme, si cou­pable qu'elle fût, qui soit venue devant mon tabernacle, qui ait poussé vers moi un cri de supplication et qui n'ait pas entendu de suite, dans son cœur transfiguré, la réponse du mien ?

Oui, c'est encore vrai, ô Jésus, à vos pieds, vous contemplant, hostie adorable, et si douce, qui donc peut garder de l'amertume dans son cœur ? Celui-là ne croit pas à votre présence d'amour.

Mais vous nous donnez plus que vos exemples, ô bon Jésus, pour triompher de nos natures orgueilleuses et implacables ; vous nous donnez votre propre Cœur. Vous venez en nous, divine nourriture, fortifier tout ce qui est bon, détruire tout ce qui est mauvais ; vous venez combattre directement l'égoïsme, source de toutes les riva­lités, de toutes les contestations, de toutes les antipathies, de toutes les haines, par la puissance de votre amour qui s'empare victorieusement de nos cœurs. Et là, dans ce tête à tête, dans ce cœur à cœur, quelle n'est pas votre puissance de persuasion, de pacification! Vous parlez, ô Jé­sus, et c'est pour dire : Celui que tu hais, celui contre lequel ton cœur se soulève, je l'aime comme je t'aime, toi ; je suis à lui comme je suis à toi; il m'a reçu comme tu m’as reçu toi-même; je me suis emparé de son cœur comme du tien; il est un autre moi-même, il faut l'aimer, si tu m'aimes.

Oh ! La puissance de la communion pour trans­former les cœurs, les retourner, les dompter et leur faire en même temps bénir leur défaite ! Que d'exemples dans l'histoire de l'Eglise! Par exemple, cette coutume du moyen-âge, de scel­ler la réconciliation de deux ennemis par la com­munion reçue l'un à côté de l'autre.

Comme vous avez bien le droit, ô Jésus, de nous dire : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Vous êtes les membres d'un même corps, et ce corps, c'est mon corps mystique; vous êtes les grains de froment qui formez un même pain, et ce pain, c'est l'hostie de Dieu, ce pain, c'est vous et moi, moi en vous, vous en moi. Aimez-vous donc, pardonnez-vous, supportez-vous, servez-vous mutuellement, dé­pensez-vous les uns pour les autres. J'ai le pre­mier donné ma vie pour vous, ayant d'abord donné sans compter mon temps, mes forces, mon labeur, ma parole, ma prière et mes larmes; n'ai-je pas le droit de vous demander de faire pour vos frères qui sont les miens ce que j'ai fait, ce que je continue à faire pour vous ?

Extrait du : Pater Médité devant le très Saint Sacrement. Père Albert Bettingger. (Imprimatur 1915)

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 08:43

Si je ne pardonne pas, que va-t-il m’arriver…                                                      

Pardonnez-moi comme je pardonne…                                          

Je vous redis tous les jours, ô mon Jésus, cette prière que je tiens de vous : Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; je vous la dis en communion avec l'Eglise, avec tous les chrétiens mes frères; c'est sur elle que vous me jugerez.

Si je ne pardonne pas, je vous demande donc de ne pas me pardonner; si je pardonne sans oublier, je vous demande donc de vous ressouvenir de mes crimes sans nombre ; si je pardonne en me proposant de n'avoir plus de rapports avec qui m'a offensé, je vous demande donc de me considérer comme n'existant plus ; si je pardonne, mais en refusant la bonne parole, le secours que je pourrais donner, je vous dis donc équivalemment : privez-moi de tous vos dons, refusez-moi toute faveur, tout secours, tout bien.

Et il en est vraiment ainsi. Quand mon âme s'absorbe dans la rancune et l'aigreur, elle se rend insensible à votre grâce, votre cœur n'a plus d'action sur elle, vous ne visitez pas les âmes superbes et implacables. Et alors, c'est le désert, c'est le souffle glacé qui passe sur mon âme et qui y détruit toutes les fleurs des vertus.

Ne permettez pas, Sauveur Jésus, Coeur infini­ment miséricordieux, que je ferme jamais mon cœur à vos leçons, que j'écoute jamais un autre maître, un maître tyrannique et cruel, mon orgueil excité parle prince de l'orgueil.

Faites de suite que je sentirai le trouble se faire dans mon âme, je vienne à vos pieds implorer votre secours, confesser ma faiblesse, solliciter une grâce puis­sante qui fasse la paix en moi. Vous avez commandé à la tempête et il s'est fait un grand calme. Ainsi ferez-vous en moi si j'ai recours à vous.

O Marie, mère de douleurs, qui avez, le cœur broyé et transpercé, pardonné aux bourreaux de votre divin Fils et qui les avez adoptés, veillez sur mon cœur que je vous confie ; défendez-le contre ses susceptibilités et son orgueil ; appre­nez-moi à m'oublier, à me compter pour rien, à ne me considérer jamais comme offensé, afin qu'au jour des justices, fort de l'observation, fidèle de la loi du pardon, je puisse le revendi­quer avec assurance pour moi-même et recevoir la récompense de celui qui n'a plus aucune dette à expier.

Fin de la cinquième demande du Notre Père.

Extrait du : Pater Médité devant le très Saint Sacrement. Père Albert Bettingger. (Imprimatur 1915)

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 08:32

J'aime mon prochain, mais je ne puis oublier…                      

Point de miséri­corde à celui qui…

Nous devons faire réparation pour ceux qui ne pardonnent pas; d'abord, par un sentiment de charité, de pitié, d'inquiétude pour le malheureux état de leur âme, puisque chaque fois qu'ils ré­pètent l'oraison dominicale, ils prononcent leur propre condamnation; puisque, selon la parole terrible de la sainte Écriture : point de miséri­corde à celui qui n'a pas fait miséricorde.  (Jac., II, 13); nous devons faire réparation pour consoler le Cœur de Jésus qui est si doulou­reusement affecté quand il voit dans des cœurs chrétiens l'esprit d'inimitié et le ressentiment.

Nous le devons aussi par un sentiment de justice, principalement quand nous sommes nous-mêmes l'objet de ce ressentiment, parce que nous ne devons pas croire qu'il est sans objet, mais penser au contraire que, par la fragilité de notre nature, nous avons été la cause du mécon­tentement, de l'aversion de notre frère et que nous devons donc l'aider de nos prières à le surmonter.

Mais, si nous faisons un examen sincère de notre âme, nous trouverons ample matière à réparer pour nous-mêmes, car il n'est peut-être pas de prescription de la loi chrétienne dans l'observation de laquelle l'illusion se glisse plus facilement que dans la loi du pardon des offenses.

Nôtre-Seigneur, sur ce sujet délicat, n'a rien laissé au hasard de nos interprétations; il nous a tracé lui-même le programme que nous devons remplir; méditons-le, et sans distinguer ce qui est de prescription absolument rigoureuse de ce qui n'est que de conseil de perfection, exami­nons-nous sur toutes les manifestations que, selon notre divin éducateur et modèle, doit revêtir notre pardon pour être sincère et parfait, et nous assurer la récompense promise.

Aimez vos ennemis (Matt., v, 44). C'est-à-dire, au minimum, ne vous réjouissez pas de ce qui les afflige. Le propre de l'affection vraie, c'est de rendre communes les joies et les peines; c'est là, dans la matière, un critérium certain : tenez pour assuré que si vous ressentez une joie maligne de voir ou éprouvé, ou humilié celui qui vous déplaît, vous n'avez pas encore commencé à observer le précepte; j'entends, bien entendu, une joie que vous ne combattez pas ; car il n'est question que de sentiments délibérés et acceptés. L'illusion se glisse ici bien facilement. Oh! certes, se dit-on, ce n'est pas par rancune que je me réjouis, mais, au contraire, par un sincère sentiment d'amitié, parce qu'une telle humiliation ne peut être que très utile à un caractère naturellement orgueil­leux, etc. A cela je réponds : Êtes-vous parfait ? Êtes-vous parvenu à ce sommet où l'âme, vivant dans la clarté de Dieu, voit de suite tous ses mo­biles intérieurs, sans pouvoir s'y tromper ? Si oui, vous pouvez peut-être tenir ce raisonne­ment, mais alors, comme instinctivement, vous y joindrez de suite la pitié sympathique et la prière pour que la grâce vienne abondante à celui que l'épreuve visite.

Autre illusion : J'aime sincèrement mon ennemi, donc je pardonne. Mais on ne peut tout de même me demander d'être avec lui, comme auparavant ; il est pour moi mon pro­chain, et rien de plus.

Je réponds que ce prétendu amour est suspect et très probablement illusoire. Sans doute, notre amour pour le prochain comporte des degrés et des préférences légitimes mais ces degrés et préférences tiennent, non point au plus ou moins de satisfaction que nous ressentons des liens avec le prochain, mais de la proximité de ces liens. Vous aimiez hier comme un frère, par exemple, parce qu'il était vraiment votre frère, selon la nature, ou selon la grâce d'une vocation commune celui qui vous a offensé ; si vous ne l'aimez plus aujourd'hui que comme votre pro­chain ordinaire, ne dites pas que vous avez par­donné, vous êtes dans l'illusion, car vous devriez dans ce cas l'aimer, comme si l'offense n'avait pas existé.

J'aime, mais je ne puis oublier. Si vous voulez dire, par là, que la sensibilité reste émue, mais que vous combattez courageusement et loyalement ses retours, ne vous inquiétez pas ; l'heure viendra de l'oubli, et la récompense de votre générosité sera une affection plus profonde qu'auparavant, mais si vous voulez vous per­suader qu'il vous suffit de cette prétendue affec­tion de volonté, sans commander à vos nerfs, à vos yeux, à votre bouche, vous êtes dans l'illu­sion, et vous y resterez.

Dites du bien de ceux et à ceux qui vous disent du mal. (Luc., VI, 28).

La bouche parle de l'abondance du cœur, dit Nôtre-Seigneur lui-même. Voilà donc un moyen de s'assurer de ce que ressent le cœur. Ce que ressent le cœur de votre ennemi n'est que trop manifeste, puisqu'il vous diffame ; si vous faites de même, comment pourriez-vous croire que vous n'avez aucun ressentiment ?  Mais il faut bien que je me défende ? Si je ne réponds du tac au tac, je serai vite perdu de réputation.  Mais la question n'est pas de savoir ce que vous devez faire au jugement du monde, mais ce que Dieu demande de vous ; vous pouvez, à coup sûr, protester contre des allégations fausses, mais rien de plus.

D'ailleurs Nôtre-Seigneur nous demande quel­que chose de plus que de ne pas maudire nous-mêmes, il nous demande de dire du bien de qui dit du mal de nous et surtout de parler douce­ment et avec bonté à qui est mal disposé pour nous. Oh ! La puissance d'une bonne parole pour dénouer les malentendus et apaiser les que­relles !

C'est ce que le Père Faber appelle " les vertus médicinales ", des paroles de bonté. Elles demandent un effort, c'est vrai, parfois un effort qui n'est pas loin de l'héroïsme, mais aussi presque toujours elles emportent la place d'assaut, car un cœur implacable, "un cœur inacces­sible au pardon est un monstre assez rare"; le cœur de notre adversaire n'est pas fait autrement que le nôtre, et nous savons bien qu'une parole de bonté n'est jamais perdue auprès de nous, qu'elle finit par triompher de nos résistances.

Que si nous ne sentons pas l'énergie intérieure pour faire cette avance, même à celui qui, à notre jugement, a eu tous les torts, humilions-nous devant Dieu et implorons son aide; nous avons encore beaucoup à faire pour pouvoir arguer devant Dieu, dans notre propre cause, d'un pardon sincère accordé à notre frère.

Que si, surtout, nous nous retranchons dans notre dignité et attendons que le coupable fasse les premiers pas, nous pouvons bien nous faire illusion, mais la vérité est que nous avons peut-être la sagesse mondaine, mais non certes pas la prudence et la générosité chrétiennes.

Faites du bien à ceux qui vous haïssent. (Matt., V, 44). Ici nous entrons plus avant dans le domaine de la per­fection, mais aussi plus grande est notre sécurité contre l'illusion, car, puisque nous dépassons ce qui est strictement exigé, c'est que nous sommes mus par le désir non seulement de pardonner sincèrement, mais de reconquérir le cœur de notre frère, non seulement pour nous, mais pour Nôtre-Seigneur. Oh! La belle entreprise ! Se dire: Voilà une âme aigrie, une âme dès lors qui ne connaît plus la paix des enfants de Dieu, qui souffre et qui pèche, qui ne sait plus prier; je veux à force de bonté, d'oubli de moi-même, la rendre à Nôtre-Seigneur. Oh! Que les chrétiens seraient puissants dans notre monde si troublé s'ils étaient bien pénétrés, bien enveloppés de la bonté et de la mansuétude du Cœur de Jésus. C'est là l'apostolat par excellence ; celui qui ne laisse après lui aucun insuccès. C'est l'honneur de l'Eglise catholique d'en manifester à tous les âges et à tous les siècles la toute-puissance sur le cœur humain.

Priez pour ceux qui vous persécutent. (Matt., V, 44.)

Tous ne peuvent pas atteindre directement ou par la bonne parole ou par le bienfait ceux qui les haïssent, les diffa­ment, les poursuivent; il y faut certaines condi­tions, mais ce que nous pouvons tous c'est prier, et du fond du cœur et avec ferveur, pour ceux contre lesquels nous sentons en nous des mou­vements de colère et de ressentiment. Oui, prier pour eux et prier pour nous en même temps, confondre aux pieds de Jésus leurs intérêts avec les nôtres, opérer dans le Cœur de Jésus cette fusion que les circonstances extérieures rendent impossible ou imprudente. Oh! Certes, ce faisant, nous accomplissons la loi dans sa plénitude, nous n'avons plus l'illusion à craindre, car enfin, nous sentons bien que nous prions sincèrement et il dépend toujours de nous, de notre volonté de le faire avec persévérance.

Et quels merveilleux résultats n'a pas la prière dans  ces conditions !  Tout  d'abord, elle nous pacifie nous-mêmes ; par un mystère où se sent l'action ineffable du Cœur de Jésus, il se fait peu à peu comme une transformation de nos senti­ments,   l'amertume   disparaît et bientôt c'est l'affection qui revient, l'affection éprouvée, vrai­ment surnaturelle. Et chose plus  merveilleuse encore et qui se vérifie bien souvent, sinon tou­jours, il y a comme une action insensible  de cette prière sur l'âme de .celui auquel nous avons ainsi pardonné ; bien souvent les torts sont réci­proques, eh bien!

Il suffit de  prier pour  un adversaire, pour celui qui nous est hostile, pour que Dieu lui inspire de prier aussi pour nous. Oh! Qu'il sera doux et beau, au dernier jour, de contempler ce monde intérieur de la grâce, d'admirer ses merveilles, de voir quelle récompense Dieu donnait à une prière sincère, quelles répercussions inconnues de nous, elle avait sur d'au­tres cœurs. Oh ! Que nous sommes puissants, sans le savoir et, hélas ! Sans excuse de nous servir de cette puissance !

Humilions-nous aux pieds de Jésus, faisons amende honorable à ce Cœur sacré qui est le lien de nos cœurs; demandons-lui pardon d’être si rebelles à ses ordres, si indifférents à ses exemples, si peu généreux, en sa société à Lui qui l'est tant, et prenons la résolution de ne jamais garder sans lutte d'aigreur contre qui que ce soit. Entre ceux qui se font gloire d'appartenir au Cœur de Jésus, de vivre en commun de Lui, il n'y a qu'un unique sentiment permis, possible : la divine charité.

Extrait du : Pater Médité devant le très Saint Sacrement. Père Albert Bettingger. (Imprimatur 1915)

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