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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 16:48

Dieu est Père, Fils et Esprit Saint. Il est Trinité…

DIEU INTIME.

Ta   vie  secrète.

TOUTE âme a sa vie secrète... La tienne aussi.  C'est le sanctuaire impénétrable où tu  caches  le meilleur de tes pensées et tes désirs les plus généreux, ou, tout au moins, cette nostalgie de grandeur et de beauté qui travaille l'âme la plus terne et la plus déchue. Tu vaux mieux que ta vie...

Tu es plus grand que toi...

Autour de toi, on t'ignore. Au public, aux camarades aux maîtres, aux parents même tu ne montres souvent que la surface froide, indifférente, impassible, moqueuse. Et l'on ne sait pas quelle âme s'abrite derrière l'âme qu'on voit. A moins que, ne soulevant le voile, tu ne permettes à quelqu'un d'y pénétrer, d'y tout voir et tout regarder, d'y vivre en quelque sorte comme tu y vis toi-même ou comme il vit dans son âme à lui. Pas de plus grand honneur que tu puisses faire à quel­qu'un... pas de plus grande joie que tu puisses lui procurer... pas de plus grand don que tu puisses lui faire : lui livrer l'inaccessible toi-même. C'est cela qu'on appelle amitié, intimité, fusion des âmes.

La  vie   secrète   de   Dieu.

Dieu, Lui aussi, a sa vie secrète, son royaume intérieur, voilé aux investigations du philosophe, hors de portée de nos désirs. Le vrai Dieu vaut mieux que le Dieu que ma raison prouve. Il est plus grand que le Dieu des philosophes.

Il est Père, Fils et Esprit Saint; il est Trinité.

Pour toi, ce n'est peut-être qu'une formule algébrique quelque peu inquiétante.  En réalité,   c'est  une vie, la vie secrète, intime, profonde de Dieu, la vie la plus riche, la vie la plus vie, la vie vraiment vie.

Jamais nous ne l'aurions soupçonnée, si Dieu ne nous avait, dans ses confidences, révélé ce secret « Lui-même », et invités à y pénétrer, à y vivre comme Il y vit Lui- même.

Tu es, toi, comme toute créature intelligente, appelée à l'intimité, à l'amitié, à la vie divine.

Crois!... Adore!... Aime!

Extrait de : AU LARGE – Méditations pour Étudiants. (1960)   Jean Le Presbytre

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 11:21

Une pauvre clarisse, qui venait de mourir, apparut…

à son Abbesse qui priait pour elle et lui dit :

 

  « JE SUIS ALLÉE DROIT AU CIEL, CAR PAR LE MOYEN DE LA PRIÈRE SUIVANTE, QUE JE RÉCITAIS CHAQUE SOIR. JE PAYAIS TOUTES MES DETTES ET JE RÉPARAIS MES IMPERFECTIONS. »

 

                                                   ****

Père Éternel, je vous offre le Sacré-Cœur de Jésus avec tout son amour. Je vous offre également toutes ses souffrances, toutes ses humiliations et tous ses mérites :

 

POUR EXPIER, tous les péchés qu’ont commis au cours de cette journée chacune des personnes qui me sont chères.

POUR EXPIER également, tous les péchés qu’ont  commis au cours de leur vie, les personnes qui m’étaient proche et qui sont maintenant dans l’éternité.  Ainsi soit-il.

 

Gloire au Père, en même temps qu’au Fils et a vous  Esprit  Saint.

Comme autrefois, ainsi que maintenant et dans les siècles a venir.   Ainsi soit-il.

                                                   ****

Père Éternel, je vous offre le Sacré-Cœur de Jésus avec tout son amour. Je vous offre également toutes ses souffrances,  toutes ses humiliations et tous ses mérites :

 

POUR PURIFIER, le bien qu’ont mal fait au cours de cette journée chacune des personnes qui me sont chères.

POUR PURIFIER également, le bien qu’ont mal fait cours de  leur vie, les personnes qui m’étaient proche et qui sont maintenant dans l’éternité.  Ainsi soit-il. 

 

Gloire au Père, en même temps qu’au Fils et a vous  Esprit  Saint.

Comme autrefois, ainsi que maintenant et dans les siècles a venir.   Ainsi soit-il.

                                                   ****

Père Éternel, je vous offre le Sacré-Cœur de Jésus avec tout son amour. Je vous offre également toutes ses souffrances, toutes ses humiliations et tous ses mérites :

 

POUR SUPPLÉER, au bien qu’ont négligé de faire au cours de cette journée chacune des personnes qui me sont chères.

POUR SUPPLÉER également, au bien qu’ont négligé de faire au cours de leur vie, les personnes qui m’étaient proche et qui sont maintenant dans l’éternité.  Ainsi soit-il.

 

Gloire au Père, en même temps qu’au Fils et a vous  Esprit  Saint.

Comme autrefois, ainsi que maintenant et dans les siècles a venir.   Ainsi soit-il.

 

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 11:32

Le Vrai catholique et le Pseudo-catholique…

Pseudo-catholiques

Les faux catholiques sont légion. Ce sont ceux qui ne voient dans le catholicisme qu'une doctrine pleine d'abstractions et de mystères, sans relation avec la vie, mais qu'il faut bien croire pour ne pas manquer le ciel.

Ce sont ceux qui ne voient dans le catholicisme qu'une morale sévère assez inadaptée à notre siècle, mais qu'il faut respecter en gros, de peur d'aller en enfer. Ce sont ceux qui ne voient dans le catholicisme que des rites un peu désuets et vides de sens, auxquels il convient de recourir  selon le minimum imposé par l'Église pour ne pas se faire regarder de travers par ses parents ou par les gens bien-pensants. Ce sont ceux qui se rendent à tous les pèlerinages, et qui recourent à tous les saints lorsqu'ils ont une grâce temporelle à obtenir, mais qui délaissent Dieu lorsque la fortune et la santé leur sourient. Ce sont ceux qui croient que le catholicisme consiste en un parti politique pour lequel on colle des affiches au moment des élections, mais nullement dans l'obli­gation de mener une vie honnête et de donner le fond de son âme à Dieu.

Ce sont ceux qui vont tous les jours à la communion mais qui n'affichent aucun souci de mettre dans leur vie plus de justice, de bonté, de charité et de dévoue­ment.

Ce sont ceux qui cherchent à tout concilier, qui accep­tent toutes les compromissions, ceux qui rêvent d'être simultanément avec le Christ et avec le monde, et qui s'arrangent pour ne pas manquer le royaume des cieux sans toutefois renoncer à celui de la terre.

Le Vrai catholique

 « C'est quelqu'un qui sait ce qu'il fait et où il va, au milieu de gens qui, pires que les bêtes brutes, ne savent pas la différence entre le bien et le mal, entre le oui et le non. Il est comme un Dieu au milieu d'un peuple d'infirmes et d'alcooliques, non pas par lui-même, mais parce qu'il s'est mis en ordre avec toute la nature en se soumettant à qui il doit se soumettre. Lui seul à la liberté entre les esclaves. » (Claudel).

« C'est un homme absorbé par le sentiment de la pré­sence de Dieu au-dedans de lui..., vivant de cette pensée que Dieu est là... au cœur de son cœur. Un homme dont la conscience est illuminée par Dieu, si bien qu'il vit dans l'impression habituelle que chacune de ses pensées, toutes les fibres de sa vie morale, tous ses motifs et tous ses désirs sont étalés devant le Tout-Puissant... Au sanctuaire de son cœur, le Christ a ses entrées libres...» (Newman). C'est un homme qui, tout en vivant en Dieu et parce qu'il vit en Dieu, vit aussi pour les autres hommes. Il se sait leur frère en humanité, et leur frère dans la grâce du Christ, au moins en espérance. Et s'il marque une prédilection pour ceux de sa famille et de son pays, il n'exclut personne de son cœur et se voudrait infini pour se dévouer à tout le monde. C'est un être qui commence, un enfant qui se forme, un adolescent qui grandit, jamais un adulte avant le ciel. Il sait qu'il doit poursuivre son achève­ment jusqu'à son dernier souffle, et qu'en lui la nature et la grâce doivent croître et s'épanouir entrelacées jusqu'au moment de l'éclosion et de la floraison éternelle.

C'est un être qui attend, un voyageur en route vers la maison du Père. Le repos parfait lui est inconnu, la quiétude complète lui est interdite. Il ne s'installe pas dans la vie présente. Il ne dit pas : Arrêtons-nous ici.

Il est essentiellement un homme de désirs... un cœur inquiet tant qu'il ne trouve pas le repos éternel en Dieu. Et pourtant il est plein d'assurance, de joie, de paix, de calme et de sérénité, car il sait où il va et « à qui il a cru ».

Le chrétien qu'anime l'espérance, est établi dès ici-bas dans une invincible sécurité.

Il est comme polarisé vers l'au-delà, vers le ciel. Là est son bien suprême : Dieu; là, sa demeure définitive; là, sa famille idéale, qui ne connaîtra plus ni deuils ni séparations. Les yeux fixés sur ce terme définitif, il passe à travers ce monde comme un voyageur.

Comme tout homme, il accomplit une tâche terrestre, le plus parfaitement possible, mais sans y voir le tout de sa vie, prêt à l'abandonner quand viendra l'heure. Ce n'est pas lui qui devient neurasthénique parce que la bourse baisse. Même les cataclysmes, les ouragans les plus redoutables, sans le trouver indif­férent, le laissent calme et serein.

Il sait que « rien ne peut le séparer du Christ » et que « tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu » (S. Paul). Il peut se réjouir dans les tribulations, car elles passent et le préparent à un bonheur qui ne passe pas.

Extrait de : AU LARGE – Méditations pour Étudiants. (1960)   Jean Le Presbytre

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 15:45

Demandez et vous recevrez, voilà le secret…

La prière est la clef des trésors du ciel : --                             

Le besoin de prier naît avec nous et toujours il demeure en nous comme un merveilleux soutien au milieu des tristesses de notre vie. Celui qui connaît Dieu avec sa puissance suprême et sa bonté infinie et qui comprend sa faiblesse et son néant, ne peut s'empêcher à certains moments, surtout quand il est brisé par la tristesse, meurtri par la douleur ou menacé par le danger, de pousser un cri d'appel à la Toute-Puissance qui, seule, peut le secourir, et ce cri, c'est la prière. Ce cri de l'âme est un aveu de notre faiblesse et en même temps c'est une marque de notre confiance en notre Père céleste. Ce qui a fait dire justement que la prière " est l'aveu d'une indigence qui espère. "

Et Dieu, a toujours voulu que nous recourions à sa libéralité. Il veut ne rien nous refuser mais à la condition que nous lui de­mandions tout. "Demandez et vous recevrez." (jean XVI) Demander pour recevoir, voilà la loi et, parmi les commandements que Dieu nous a donnés, il n'y en a pas de plus précis.

Cette loi de la prière date de l'origine du monde. Ouvrons l'Ancien Testament et nous verrons que le Saint Esprit s'y atta­che d'une manière toute particulière à nous faire comprendre que la prière est notre lumière dans le doute, notre force dans la fai­blesse, notre consolation dans la peine, notre soutien dans le péril et les maux de la vie, l'unique moyen de rendre à Dieu la gloire, les hommages et les actions de grâces qui lui sont dues à cause de ses infinies perfections et des bienfaits sans nombre qu'il ne cesse de répandre sur nous.

Les Livres Saints sont remplis des supplications des patriar­ches et des prophètes ; et les prières ferventes d'Abraham, de Moïse, de David et de tant d'autres saints personnages de l'An­cienne Loi sont un témoignage de la grande et antique loi de la prière.

David comprenait si bien la nécessité de la prière qu'il priait en tout temps, tantôt pour appeler Dieu à son secours contre les pièges de ses ennemis, tantôt pour le remercier des grâces qu'il lui accordait ou pour bénir son saint nom : "O mon âme, s'écrie-t-il à chaque instant, bénis le Seigneur. "

C'est la prière qui fut la force de Moïse, la ressource de sa foi, le secret de son courage, l'unique défense que ce grand législa­teur présentait humblement à Dieu pour fléchir sa colère et ob­tenir le pardon de son peuple.

C'est la prière qui sauva Ninive de la haine que Jonas lui avait annoncée ; c'est elle qui délivra Béthulie des soldats d'Holopherne, Jérusalem des menaces de Sennachérib ; c'est elle qui donnait à Josué ses victoires, à Gédéon son indomptable éner­gie, à David son audace contre ce géant philistin qui insultait le peuple de Dieu et que le jeune pâtre terrassa de sa fronde.

Pendant la captivité de Babylone, c'est elle qui sauva Daniel de la fureur des lions, qui préserva les trois jeunes hébreux dans la fournaise ardente, qui justifia Suzanne accusée de crimes par des juges prévaricateurs etc.…, toutes ces choses ne s'accompli­rent que par le secours de la prière.

Si de l'Ancien Testament nous passons au Nouveau, nous y trouverons des témoignages, encore plus expressifs et plus frap­pants, de la nécessité de la prière. Cette nécessité, Jésus nous l'insinue presqu'à chaque page de l'Évangile. En parcourant les villes et les bourgades de la Judée, il ne se lasse pas de redire à ses nombreux disciples et aux foules nombreuses qui venaient l'entendre. "Il faut toujours prier. " " C'est moi qui vous le dis, demandez et vous recevrez. " (Luc XI) " Si vous demandez quelque faveur à mon Père en mon nom, vous serez exaucé. "

Qu'il est consolant pour nous d'apprendre, au sein de notre indigence et de notre néant, que nous n'avons qu'à nous adresser à Dieu pour obtenir tout ce que nous demanderons. Et ce qui doit être le comble de notre bonheur, c'est que Dieu s'engage à se rendre à tous nos désirs justes et raisonnables sans exception ; " Demandez-moi ce que vous voudrez et je vous le donnerai." (marc VI)

De nous-mêmes, nous ne sommes que poussière, faiblesse et néant ; cependant nous avons des ennemis nombreux et puis­sants qui ne travaillent qu'à nous perdre. Si nous sommes livrés à nous-mêmes nous serons infailliblement perdus, notre perte est assurée ; nous n'avons d'autres ressources que de nous attirer la protection du ciel et cette protection, nous ne pouvons l'obte­nir que par la prière. C'est ce que le Divin Maître s'est attaché à nous faire comprendre au jardin des oliviers quand il dit à ses Apôtres : " Veillez et priez, afin que vous ne succombiez pas à la tentation ; "c'est-à-dire, vous êtes faibles et l'ennemi est fort ; la prière vous est nécessaire afin de ne pas tomber entre ses mains.

Jésus savait quelle tâche gigantesque serait celle des Apôtres et, après les avoir quittés pour monter au ciel, il ne sera plus là pour les soutenir. Aussi au soir du Jeudi Saint, après l'institu­tion de la Sainte Eucharistie, il leur dit le moyen infaillible qu'il allait leur laisser pour obtenir la grâce, l'arme toute puissante avec laquelle ils vaincraient leurs ennemis ; et ce moyen, cette arme, c'est la prière : " En vérité, je vous le dis, tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donnera. "

Et Jésus ne n'est pas contenté de prêcher par ses paroles la nécessité de la prière, il le fit encore par ses admirables exemples. En présence du tombeau de Lazare, avant d'opérer sa résur­rection, Jésus-Christ lève les yeux en haut et fait monter vers le ciel le précieux encens de sa prière qui est favorablement accueil­lie de la part de son Père. " (jean XI)

Souvent fuyant les bruits du monde, il allait demander un abri au désert et à la solitude et là, dans un divin ravissement, que lui procurait son zèle incommensurable pour le salut des âmes, il prolongeait sa prière, parfois même il passait sa nuit en prière.

Les Apôtres, ces hommes à la foi naissante, étaient dans l'ad­miration d'entendre Jésus leur parler si souvent de la prière et surtout de le voir prier avec une si religieuse assiduité.

Une vie passée tout entière dans la prière ne pouvait se ter­miner que par la prière. Aussi attaché à la croix, élevé entre le ciel et la terre, sur le point de rendre le dernier soupir, Jésus-Christ n'ouvre la bouche que pour prier. Il prie d'abord pour les bour­reaux qui l'ont maltraité ; il demande à son Père de leur pardon­ner, il cherche à les excuser : " Père, pardonnez leurs car ils ne savent ce qu’ils font." (Luc, XXIII) Et sa dernière parole est adressée à son Père ; entre ses mains il remet sa belle âme.

Les Apôtres comprirent les enseignements de leur Divin Maî­tre et, au soir de l'Ascension, nous les voyons réunis dans le Cénacle avec la Très Sainte Vierge Marie, s'adonnant avec calme à la prière. (Act. 1, IV)

Les Apôtres comprirent cet enseignement. Aussi n'y a-t-il rien qu'ils recommandent avec plus de sollicitude que la prière, ni sur quoi ils reviennent et insistent plus souvent : "Soyez prudents et persévérez dans la prière, dit saint Pierre. Et saint Paul de dire : " Priez sans relâche, rendez grâces à Dieu en tou­tes choses ; car telle est la volonté de Dieu en Jésus-Christ par rapport à vous tous. " (1 tim. v)

Ce n'est pas seulement par leurs discours que les Apôtres exhor­taient les fidèles à la prière, mais ils les entraînaient encore par leurs touchants exemples ; car ils partageaient leurs temps entre la prière et les saintes fonctions de leur ministère. Et pour pou­voir s'appliquer eux-mêmes entièrement à la prière et à la prédica­tion de l'Évangile, ils élurent sept diacres pour les charger du soin des aumônes.

Les Apôtres, disait saint François de Sales, joignaient tou­jours la prière à la prédication. "Et de fait, s'ils convertirent le monde, ce n'est pas par la force des armes, ni par la puissance de l'or, ni par le prestige du savoir et de l'éloquence, c'est par quelque chose de bien plus merveilleux que tout cela, c'est par la prière, la souffrance et la prédication de l'Évangile. "

A l'exemple de Jésus-Christ et des Apôtres, l'Église a toujours cherché à faire comprendre à ses enfants que la prière est la clef des trésors du ciel.

Elle prie pour l'enfant afin que Dieu l'appelle dans sa miséri­corde aux enseignements de la foi et ouvre devant ses pas la voie de la piété et, plein des suaves parfums des préceptes de la loi sainte, il fasse la joie de l'Eglise et croisse de jour en jour en grâces et en vertu.

Elle prie pour le malade afin de lui obtenir la santé du corps, si telle est la volonté de Dieu, ou de le préparer au grand voyage de l'éternité, si Dieu juge à propos de l'appeler à Lui.

Elle prie sur la tombe comme sur le berceau. Revêtue des or­nements de deuil, elle prononce d'une voix plaintive, autour du cercueil, ces douloureuses lamentations : «N'entrez pas, Seigneur, en jugement avec votre serviteur, car personne ne saurait être purifié sans que vous lui accordiez la rémission des péchés ; ne l'accablez pas de votre sentence redoutable, mais secourez-le par votre sainte grâce afin qu'il évite la rigueur de vos jugements.»

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 09:22

L’origine du Notre Père qui êtes aux cieux…

Parmi les nombreuses formules de prières que l'Église approuve et qu'elle met à la disposition des fidèles, il en est une qui doit occuper la première place dans notre estime et dans la pratique de notre vie : c'est le Notre Père.

Son origine

Cette prière est, en effet, d'origine divine : c'est Nôtre-Seigneur Lui-même qui l'a composée pour ap­prendre à ses apôtres comment prier. Ceux-ci étaient un peu comme nous : négligents à s'acquitter du devoir de la prière. Notre-Seigneur avait beau les talonner et leur répéter qu'il faut toujours prier et ne jamais cesser, ceux-ci ou bien faisaient la sourde oreille, ou bien ou­bliaient vite les recommandations de leur Maître.

Un jour que Jésus revenait à la charge en leur di­sant : « Demandez donc : vous ne demandez jamais rien. Priez ! », les apôtres tentèrent d'excuser leur négligence en disant : « Seigneur, nous ne savons pas prier; mon­trez-nous comment faire. »

C'est alors qu'il leur enseigna la formule du Pater : prière vraiment divine, chef-d’œuvre incomparable tant par la concision et la simplicité de la formule que par la perfection des actes qu'elle contient.

Le chef-d’œuvre du « Notre Père »

Pour bien comprendre la vérité de cette assertion, il faut se rappeler que l'acte le plus parfait que puisse faire un être doué d'intelligence et de liberté, c'est l'acte de charité par lequel on aime Dieu pour Lui-même ou bien le prochain pour l'amour de Dieu. Cet acte est aussi éminemment salutaire, puisqu'il a la vertu de remettre automatiquement en état d3 grâce celui qui est coupable de péché mortel.

Il s'agit évidemment ici de la charité parfaite, c'est-à-dire de l'amour de bienveillance par lequel on veut du bien à celui qu'on aime. En ce qui concerne Dieu, nous ne pouvons pas, à proprement parler, lui faire du bien, puisqu'il est infini et que l'infini ne peut ni aug­menter ni diminuer en lui-même. Il n'en est pas de même de sa gloire extérieure qui est susceptible de recevoir des accroissements. Nous pouvons donc aimer Dieu de la charité parfaite en voulant qu'il soit glorifié par l'amour, par la louange, par l'adoration et par la soumission de tous les hommes à son adorable volonté, maintenant et dans l'éternité.

A l'égard des hommes, la charité parfaite nous com­mande de leur vouloir le plus grand de tous les biens : le bonheur éternel et les moyens d'y parvenir, c'est-à-dire le pardon des péchés, la grâce sanctifiante et la préservation du mal de l'enfer.

Ajoutons enfin que l'acte de charité du prochain a la même vertu que l'amour de Dieu; il nous obtient le pardon des péchés avant même l'absolution et, si nous avons le bonheur d'être déjà en état da grâce, il nous mérite un degré nouveau de grâce et de honneur éternel.

Grâce à ces remarques préliminaires, il nous sera facile d'apprécier à sa juste valeur la prière qu'un Dieu a bien voulu nous composer pour nous enseigner à prier.

• « Notre Père qui êtes aux cieux »

Dans ces premiers mots, Nôtre-Seigneur nous ap­prend que nous devons nous adresser à Dieu avec la confiance et l'amour d'un enfant envers un Père infini­ment bon et puissant.

C'est dans cette disposition d'âme que Nôtre-Seigneur nous fait ensuite formuler trois désirs qui seront trois actes d'amour parfait envers Dieu et quatre demandes qui sont autant d'actes de charité parfaite à l'égard du prochain. On peut facilement s'en rendre compte en parcourant le texte de la formule.

Les trois premières demandes

• « Que votre nom soit sanctifié »

Cette expression signifie que nous voulons que Dieu soit glorifié, c'est-à-dire qu'il soit loué, adoré, aimé, obéi, béni par tous les êtres intelligents, maintenant et dans les siècles des siècles. Cette première demande, par laquelle nous désirons la gloire de Dieu et le salut de tous les hommes, est donc un acte d'amour parfait de Dieu et du prochain.

• « Que votre règne arrive »

Ces paroles expriment encore le désir de la gloire de Dieu et du salut des âmes. En effet, demander que le règne de Dieu arrive, c'est désirer que Dieu règne sur le monde, d'abord par l'extension et le triomphe de l'Eglise, qui est le royaume de Dieu sur terre; par la grâce sanctifiante dans le coeur de tous les hommes; enfin par le bonheur éternel des élus dans le royaume des cieux.

• « Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

Nôtre-Seigneur nous fait exprimer ici le désir que tous les hommes soient soumis sur la terre à la sainte et adorable volonté de Dieu, comme les élus le sont dans le ciel. Cette soumission consiste aussi à accepter de la main de Dieu tout ce qu'il nous réserve dans son plan de Providence jusqu'à la mort inclusivement.

Que ce soit là le sens de cette demande, nous en avons la preuve dans le fait que Nôtre-Seigneur a repris la même formule, pour son propre compte, lorsque à la fin de son agonie il a accepté le genre de mort sanglant et douloureux que le Père avait choisi pour son Fils bien-aimé : « Que votre volonté soit faite et non la mienne. »

Or, saint François de Sales affirme que la soumission de notre volonté à l'adorable volonté de Dieu, surtout en ce qui concerne la mort, est un acte de charité par­faite.

Conclusion

Et ainsi se termine la première partie de cette prière merveilleuse et vraiment divine que Notre-Seigneur a bien voulu composer Lui-même pour nous enseigner à prier. Il nous fait faire en quelques secondes trois actes d'amour parfait de Dieu, dont deux au moins sont en même temps des actes de charité parfaite du prochain.

Si nous nous rappelons ce que nous avons dit de la valeur et de l'efficacité de la vertu de charité, il faut avouer qu'il est difficile de condenser en si peu de mots autant d'actes salutaires.

Les quatre dernières demandes

La seconde partie du Pater est non moins admi­rable: elle est composée de quatre demandes qui con­tiennent cinq actes d'amour parfait du prochain. Voici le sens de ces quatre demandes :

1. — « Donnez-nous aujourd'hui notre pain quo­tidien »

L'expression « pain quotidien » ne doit pas être prise dans le sens restreint de « nourriture ». De l'avis des meilleurs commentateurs, elle signifie tout ce qui est nécessaire pour notre vie naturelle : nourriture, logis, vêtement, etc., et aussi pour notre vie surnaturelle : grâce sanctifiante, inspirations divines, sacrements et particulièrement le Pain céleste que Nôtre-Seigneur a institué pour la nourriture de nos âmes.

Remarquons que ces moyens nécessaires à la vie temporelle et éternelle, Nôtre-Seigneur nous les fait demander au pluriel, c'est-à-dire pour chacun de nous et pour les deux milliards d'hommes, de femmes et d'enfants qui vivent actuellement dans cette vallée de larmes. Cette première demande contient donc un acte de charité parfaite qui embrasse d'un seul coup toute l'humanité.

2. — « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés »

Cette demande est évidemment un acte de contrition dont l'efficacité est infaillible. En effet, Notre-Seigneur ne nous fait pas demander pardon seulement pour nos péchés personnels; il nous fait demander miséricorde au pluriel, pour les deux milliards d'hommes dont se compose l'humanité actuelle.

Or le pardon des péchés est une grâce incomparable qui comporte non seulement l'effacement de la tache que le péché imprime dans l'âme, mais encore la divi­nisation du pécheur par la production de la grâce sanctifiante et surtout le bienfait incroyable par lequel Dieu se donne Lui-même à son offenseur en lui confé­rant un droit véritable de propriété sur la Trinité tout entière. Il faut en conclure que demander à Dieu de pardonner à tous les hommes, c'est leur vouloir le plus grand des biens, le bien infini. La formule de contrition que Nôtre-Seigneur nous apprend à réciter est en même temps un acte de charité parfaite qui obtient in­failliblement à celui qui le fait le pardon de ses fautes.

« Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »

Voilà un nouvel acte de charité d'un mérite spécial, puisqu'il nous fait pratiquer le commandement parfait qui nous oblige à aimer même nos ennemis et à rendre le bien pour le mal.

3. — « Ne nous laissez pas succomber à la tentation »

D'après l'interprétation générale, cette demande si­gnifie : « Ne permettez pas que nous succombions à la tentation » ou, en d'autres termes : « Accordez-nous le secours de votre grâce pour nous aider à éviter le péché. »

Il s'agit donc ici d'une formule de ferme propos qui contient encore un acte de charité parfaite, puisque la grâce d'être préservé du péché n'est pas une faveur que nous demandons seulement pour chacun de nous personnellement, mais pour tous les hommes.

4. — « Mais délivrez-nous du mal »

De quel mal s'agit-il dans cette demande ?

Les théologiens distinguent trois catégories de maux :

II y a, d'abord, les maux d'ordre physique : souf­frances de toute sorte, du corps et de l'âme, qu'on désigne sous le nom d'épreuves et qui sont le lot com­mun de tous ceux qui vivent dans cette vallée de larmes.

On peut évidemment demander à Dieu de nous épargner ce genre de maux, mais personne ne peut raisonnablement espérer être complètement à l'abri dans ce domaine. Il y a des épreuves inévitables aux­quelles toute personne sensée doit se résigner : telles sont, entre autres, les séparations, les deuils, la mort...

Ces souffrances font d'ailleurs partie des maux que les philosophes appellent « accidentels », parce que, s'ils sont un mal sous un rapport, ils peuvent être un très grand bien sous un autre rapport. Il suffit, par exemple, de les accepter de la main de Dieu pour en faire un bien qui dépasse en valeur toutes les richesses d'ordre naturel. C'est précisément cette soumission à l'adorable volonté de Dieu que Nôtre-Seigneur nous enseigne à faire lorsqu'il nous fait dire : « Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

II y a, en second lieu, le mal moral, c'est-à-dire le péché. Mais il ne peut s'agir de ce genre de mal dans la demanda présente, puisque, dans les deux demandes précédentes, nous avons déjà imploré Dieu d'en être délivrés en le suppliant de nous pardonner nos pé­chés passés et de nous en préserver à l'avenir par le secours de sa grâce.

Reste enfin le mal suprême : la damnation éternelle, mal que les théologiens qualifient d' «essentiel», car il ne peut être un bien sous aucun rapport.

C'est évidemment de ce mal de la damnation éter­nelle qu'il est surtout question dans la quatrième de­mande et nous supplions « Notre Père qui est aux cieux » d'accorder à tous ses enfants la grâce d'une bonne mort afin de les préserver du sort terrible de l'enfer éternel.

La deuxième partie de l'oraison dominicale se ter­mine donc par un cinquième acte de charité parfaite.

En résumé,  dans le Notre Père, qu'on peut réciter en quelques secondes, Nôtre-Seigneur nous apprend d'abord à nous adresser à Dieu avec la confiance filiale d'un enfant envers son père; il nous fait faire ensuite trois actes d'amour de Dieu, dont deux sont en même temps des actes d'amour du prochain; et la prière se termine enfin par cinq actes de charité parfaite envers le prochain. Le pécheur qui récite cette prière atten­tivement et avec sincérité recouvre infailliblement l'état de grâce et celui qui a le bonheur de posséder déjà la grâce sanctifiante obtient une augmentation de plusieurs degrés de cette même grâce.

On est donc en droit de conclure que le Notre Père est une prière vraiment divine, un chef-d’œuvre de simplicité et de concision. Ici, aucune prétention à la littérature, aucun raisonnement savant; l'on va droit au but. Les actes d'amour jaillissent du coeur à coups ré­pétés, comme les explosions d'un feu d'artifice.

Il est à remarquer que Nôtre-Seigneur, dans la se­conde partie du Pater, nous fait prier uniquement au pluriel. Par là, l'oraison dominicale diffère d'un trop grand nombre de prières savantes et éloquentes, où le « moi » et le « je » émaille toutes les phrases.

Malgré l'extraordinaire perfection de sa formule, la récitation du Notre Père ne produit pas toujours les effets salutaires que nous avons signalés au cours de cet article. Deux défauts surtout contribuent à en dimi­nuer l'efficacité ou même à la rendre stérile.

Il y a d'abord le manque d'attention

Le Notre Père est une des premières prières que nous avons apprises par coeur. On nous l'a enseigné à un âge où il nous était impossible d'en saisir le sens; nous l'avons ensuite récité pendant des années d'une façon toute machinale et sans penser au sens des paroles.

L'habitude prise au cours de notre enfance de marmonner nos prières sans penser à rien à la tendance na­turelle de durer toute la vie et elle est fort difficile à dé­raciner. Pour la combattre, les maîtres de la vie spiri­tuelle conseillent de réciter de temps en temps quelques-unes de nos prières lentement, en laissant quelques secondes entre les groupes de mots qui forment un sens complet, afin de pouvoir ainsi réfléchir suffisamment au sens de la prière. C'est ce que l'on devrait faire chaque jour pour le Notre Père; et le temps qui semble le plus approprié pour cet exercice, c'est le matin, immédiatement après le réveil. On est sûr ainsi de commencer la journée en état de grâce et le coeur rempli d'amour de Dieu et de charité envers notre prochain.

• Il y a ensuite l'égoïsme

Le second défaut qui vicie notre récitation du Pater, c'est la tendance instinctive que nous avons tous de faire au singulier les demandes que Nôtre-Seigneur nous fait faire au pluriel. En effet, nous sommes tous égoïstes par nature; nous sommes portés à penser d'abord ou uniquement à nous-mêmes; notre salut nous intéresse et le salut des autres nous laisse indifférents. Il arrive donc que quand nous disons : « Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien », dans notre intention et notre pensée, ces mots ont le sens de : « Donnez-moi » et « pardonnez-nous nos offenses » devient : « Pardonnez-moi... »

II faut réagir contre cette tendance égoïste et se rap­peler que le moyen le plus efficace d'obtenir beaucoup pour soi, c'est de demander beaucoup pour les autres. Nôtre-Seigneur, en effet, nous a avertis expressément qu'on nous traitera avec la même mesure que nous aurons traité les autres.

Fin

Extrait de : Le Pater  MéditéPère A. Bettinger  

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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 15:58

Connaissez-vous le pouvoir de l’Acte de contrition…                

La contrition est l'acte par lequel l'âme se détourne du péché et se retourne vers Dieu pour lui demander pardon et pour implorer en même temps le secours de sa grâce afin de ne plus pécher à l'avenir.

Il y en a deux sortes : la contrition imparfaite et la contrition parfaite.

La contrition est imparfaite lorsque le motif de notre regret du péché est le mal que le péché nous cause à nous-mêmes : par exemple, la perte du droit au ciel et le châtiment de l'enfer auquel nous aurions été condamnés si la mort nous avait surpris en état de péché.

La contrition imparfaite suffit pour obtenir le pardon des péchés lorsqu'elle est accompagnée de la réception d'un des trois sacrements que Notre -Seigneur a institués pour la rémission des péchés : le Baptême, la Péni­tence et l'Extrême-Onction.

La contrition est parfaite lorsque le motif de notre regret est le mal que le péché fait à Dieu : offense à sa majesté, à sa sainteté, révolte contre son autorité sou­veraine, mépris de son amour, souffrances de Notre -Seigneur, etc. Autrement dit, la contrition parfaite consiste à regretter le péché par un motif d'amour.

Et c'est précisément parce que la contrition est une des variétés de l'amour de Dieu, qu'elle obtient le par­don du péché sur-le-champ et avant même la réception du sacrement de Pénitence. Il faut cependant que cet acte contienne la résolution au moins implicite d'accuser ses péchés à sa prochaine confession.

Il est donc d'une souveraine importance de faire souvent des actes de contrition ou de charité parfaite, puisque ces actes ont la vertu d'assurer en nous l'état de grâce. En agissant de la sorte, on se conforme à l'esprit de l'Eglise qui tâche par tous les moyens d'in­culquer dans l'âme des fidèles l'esprit de contrition. A cette fin elle consacre deux périodes de l'année — l'Avent et le Carême — à l'acquisition de cette vertu. En effet, la pénitence dont elle nous recommande la pratique au cours de ces deux périodes, c'est d'abord et surtout la pénitence intérieure, c'est-à-dire la con­trition. On peut, pour des raisons valables, être exempté de la pénitence extérieure et du jeûne; mais personne n'est exempté de la pénitence intérieure, parce que nous sommes tous des pécheurs; et c'est l'intention de l'Eglise que nous répétions souvent des actes de contri­tion pendant ces temps consacrés à la pénitence afin d'en acquérir l'habitude pour le reste de l'année.

Quant aux formules, elles sont nombreuses et nous pouvons les varier à l'infini.

Nous possédons d'abord celle que nous avons ap­prise dès notre enfance et que notre langue a consacrée sous le titre d'Acte de contrition. C'est un acte de contrition parfaite, car tous les motifs de regret qu'il contient sont tirés de l'offense que le péché fait aux attributs de Dieu.

« Mon Dieu, j'ai un extrême regret de vous avoir offensé parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que le péché vous déplaît; pardonnez-moi par les mérites de Jésus-Christ, mon Sauveur, je me propose - moyennant votre sainte grâce - de ne plus vous offenser et de faire pénitence.»

Il y a aussi le Confiteor, qui est la formule de contri­tion officielle de l'Eglise. Dans un chapitre précédent, nous avons montré que cette prière est un petit chef-d'oeuvre de contrition parfaite.

On peut encore se servir de formules plus courtes, sous la forme d'oraisons jaculatoires, afin de pouvoir les répéter plusieurs fois au cours de nos journées : « Mon Jésus, miséricorde!», c'est-à-dire: «pardonnez-moi mes péchés ! », ou mieux encore : « pardonnez-nous nos péchés ! » Il suffit, en effet, de faire l'acte de contrition au pluriel pour lui acquérir la valeur d'un acte de con­trition parfaite, puisqu'il contient alors un acte de charité parfaite à l'égard du prochain. C'est ainsi d'ail­leurs que Nôtre-Seigneur nous a enseigné à implorer la miséricorde de Dieu dans le bel acte de contrition qu'il a inclus dans le Pater : « Pardonnez-nous nos of­fenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »

Nous avons d'excellentes raisons de nous attacher à cette dernière formule.

D'abord, à cause de sa brièveté, nous pouvons très bien l'employer à la façon d'une oraison jaculatoire qui peut se répéter plusieurs fois chaque jour, même au mi­lieu des occupations les plus absorbantes.

De plus, le fait qu'elle a été composée par le Fils de Dieu lui-même lui confère une valeur exceptionnelle bien propre à nous inspirer une confiance absolue en son efficacité pour nous-mêmes et pour les autres.

N'oublions pas enfin que chaque fois que nous im­plorons le pardon divin pour nos péchés personnels et pour ceux des autres, nous procurons à Dieu l'occasion d'exercer l'attribut qui, au dire de l'Eglise, est la carac­téristique de sa divine perfection : Sa Miséricorde in­finie.

Extrait de : LES PLUS BELLES PRIÈRES.  Léon Lebel S. J. (1950)

Voir aussi: http://elogofioupiou.over-blog.com/article-l-acte-de-contrition-falsifie-ampute-de-sa-partie-la-plus-importante-124166969.html

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 00:33

Tous les chrétiens ont une destinée et une mission…

Tous les chrétiens ont  par la grâce de leur bap­tême, une destinée à poursuivre et une mission à remplir.

Une destinée : votre sanctification et votre salut.

Une mission : collaborer à la sanctification et au salut des âmes.

Or, le point de départ de votre destinée et le point d'appui de votre mission, c'est l'état de grâce.

Les parents seront de dignes mandataires de Dieu, ils coopéreront à l'accroissement au moins qualitatif de la grande famille du Père, ils atti­reront ses bénédictions sur leur foyer, dans la mesure où ils lui demeureront unis par la grâce.

Les enfants puiseront dans l'amitié avec Dieu, outre les joies épanouissantes dont leur âge est justement avide, la plus solide initiation à la vie sérieuse.

Les élèves qui rêvent d'avenir, qui se promet­tent d'être quelqu'un et de faire quelque chose dans la vie, courraient indubitablement au fiasco s'ils ne travaillaient en équipe avec Dieu.

Les cultivateurs, les ouvriers de tout métier, aussi longtemps qu'ils resteront fidèles à Dieu, trouveront une surabondante compensation de leurs fatigues et de leurs ennuis, dans la certitude de ne pas souffrir ni besogner en pure perte et dans l'espérance de la récompense promise aux justes.

Les professionnels et les hommes politiques rempliront au mieux leur fonction sociale si, d'abord, il n'y a pas de cloison étanche entre leur âme et Dieu ; ensuite, s'ils subordonnent les intérêts et la politique de la terre aux biens du ciel.

Les apôtres de l'Action catholique s'agiteraient en vain et tourneraient à vide, qui ne demeure­raient acharnement unis à la source de tout apos­tolat.

La société souffre de nombreux malaises, dont plusieurs .graves. Des sociologues de tout acabit se penchent sur elle pour diagnostiquer son mal et appliquer le remède. Chacun y va de sa sugges­tion et risque sa conjecture. Mais n'est-il pas clair jusqu'à l'évidence que ce dont elle a besoin avant tout, c'est l'état de grâce ? Le reste, au moins logiquement, est conséquent. Le Christ l'a déclaré nettement il y a vingt siècles, et il n'a jamais ré­tracté sa parole : « Cherchez d'abord le, règne de Dieu et sa sainteté, le reste vous sera donné par surcroît ! » Or, chercher le reste comme s'il tenait lieu de tout, c'est renverser l'échelle des valeurs et ne pas croire à la sagesse du Christ.

La vie divine, l’amitié avec Dieu, l'état de grâce, quoi !... c'est cela qu'il faut à notre société avant tout, au-dessus de tout, moyennant tout. Et cette restauration spirituelle est l'affaire de tout le monde : prêtres et laïcs. Les uns et les autres, dans leur sphère respective et par les moyens qui leur sont propres, ont une part à fournir et un rôle à jouer.

Tant que la société ne sera pas ressuscitée à la vie surnaturelle, ses médecins travailleront sur un cadavre. Ils se montreront peut-être excellents croquemorts, embaumeurs experts, mais rien que cela ! Voilà une de ces choses que l'on sait et que l'on ne sait pas.

Que vaudraient en définitive toutes les entre­prises de bienfaisance corporelle (absolument né­cessaires), quelle consistance et quelle efficacité auraient-elles, si on ne travaillait pas avec autant d'intrépidité à ré­intégrer Dieu dans les âmes. Le Créateur a uni intimement l'esprit et la matière, l'âme et le corps. Pour ne pas mutiler le plan divin, il faut mener de front prophylaxie corporelle et prophylaxie spirituelle, hygiène du corps et hygiène de l'âme, santé naturelle et santé surnaturelle.

Le saint Curé d'Ars disait : « Notre peuple fut heureux dès qu'il eût compris qu'il n'y a pas de meilleur gouvernement que celui du Bon Dieu. » Que Dieu règne dans les cœurs, dans les foyers, dans la société, et le reste ira rondement !

Avec la grâce, on ne vit pas à vide. Par la grâce, tout peut être monnayé pour le ciel.

Par contre, toute activité, si brillante paraisse-t-elle, aboutit fatalement à la stérilité quand elle n'est pas vivifiée par l'influx divin. Au soir de la vie, il faudrait dire comme les apôtres : « Nous avons travaillé sans rien prendre. »  (Évangile selon saint Luc, ch. V, v. 5.)

Qui ne construit pas sur la grâce sanctifiante, s'épuise en vain. « Voilà, dit le Saint-Esprit, le ver qui corrompt le fruit des meilleures œuvres. » Il ne faut pas le chercher ailleurs. On a laissé

s'étioler son âme et finalement elle est morte d'asphyxie. La rupture violente d'avec Dieu a ruiné du coup toutes les entreprises. On a peut-être beaucoup semé, on n'a rien récolté. On a bâti, péniblement parfois, mais sur le sable. Beaucoup d'agitation, peu d'activité. Fébrilité bruyante et... inféconde !

Si l'on n'est pas en grâce avec Dieu, qu'est-on devenu ? On n'ose le dire ; il est déjà tellement épouvantable de le penser.

Être en état de grâce, c'est être à Dieu un trône, une maison, une cité. Connaît-on rien de plus honorable que de servir de demeure à Dieu ? Conçoit-on rien de plus juste sinon qu'il habite dans sa demeure et n'en soit jamais chassé ?

« Plus une chose va de soi, plus il faut, paraît-il, la crier sur les toits. »  (Henri Brémond ; Introduction à la philosophie de la prière.),

Eh bien ! Voici une vérité qu'il faudrait répéter avec insistance, comme une prière, à genoux : sans l'état de grâce, rien de durable sur la terre, rien de valable pour le ciel. On travaille en vain, on souffre en vain, on se démène en vain. Pendant tout ce temps, l'âme crie famine. N'est-ce pas trop dommage, quand on pourrait, en renouant l'amitié avec Dieu, don­ner à cette activité multiple une valeur éternelle ?

Qu'en est-il au juste de vous, lecteur ?

Êtes-vous un de ces morts qui cherchent la vie ? Sachez que depuis longtemps Jésus vous poursuit de la sainte persécution de sa miséricorde et vous traque dans les réseaux de son amour. Il met plus d'empressement à vous offrir ses pardons que vous à les solliciter.

Que de fois peut-être, par le passé, vous l'avez trouvé sans le chercher, alors même que vous cherchiez autre chose ! En réalité, lui vous cher­chait. Il ne demande encore qu'à se donner. Ce besoin qu'à certaines heures de vide vous sentez de sa présence, de son amitié, ne vient pas de vous mais de lui. Dans tout retour vers Jésus, c'est toujours lui qui fait les premiers pas. Il frappe des coups de grâce et lance des appels suppliants.

Toutefois, il ne s'impose pas, il se fait accepter.

Il ne veut pas forcer votre liberté. Il n'entrera pas en vous malgré vous.

Il vous veut : le voulez-vous ?

Il vous appelle : irez-vous à lui ?

Il fait la première démarche : consentirez-vous à la deuxième ?

Il a soif de votre amour, il a soif que vous ayez soif de lui : n'êtes-vous pas désireux du sien ?

Il n'a qu'une haine au cœur, mais forte et terri­ble : celle du péché. Par contre, il se penche sur le pécheur avec une tendresse vraiment compa­tissante. Aucune misère ne le rebute. On dirait même qu'elle l'attire.

Pour traiter avec sa miséricorde, l'heure est toujours propice et tous les lieux sont bons.

Il n'y a jamais de honte à accuser un péché et à le réparer. Il n'y a de honte qu'à le com­mettre et à l'approuver.

De tout l'élan de votre confiant repentir, dites-lui : « Seigneur, ayez pitié de moi selon votre grande miséricorde ! »

Un vrai chrétien est donc, pour commencer, un homme en état de grâce.

Son cœur a été fait pour se draper dans l'amitié de Dieu.

Ce qu'il faut, par conséquent, c'est qu'on cesse de convoiter les jouissances défendues et qu'on apprécie davantage les richesses de l'état de grâce qui auraient bien pu manquer.

Ce qu'il faut, ce sont des parents et des enfants jaloux de leurs privilèges divins, fermement résolus à ne jamais échanger leur droit d'aînesse pour quelque plat de lentilles.

Ce qu'il faut, c'est que, chez tous, la conser­vation de l'état de grâce devienne un parti-pris, une idée fixe, une implacable obstination, un apport personnel au Que votre règne arrive, une première preuve du Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur.

Ce qu'il faut, enfin, c'est que l'état de grâce soit mis au-dessus de tout, à la fois par une appré­ciation de l'esprit et par une préférence de la volonté.

L'homme a été christianisé pour vivre en amitié avec Dieu, uni au Christ. S'il veut s'en convaincre, il n'a qu'à s'y mettre.

VIVRE EN ÉTAT DE GRÂCE !... voilà la consigne chrétienne, le premier article au pro­gramme évangélique, le mot d'ordre divin.

Telle est l'option nécessaire !

Extrait de : L’État de Grâce.  Marie-Antoine ROY, o.f.m.

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 10:54

 L'état de grâce n'est pas facultatif…  

Premier postulat de la vie chrétienne, plus qu'instamment recommandé, il est strictement commandé.

Il n'est pas de conseil, mais de précepte. S'il y a des devoirs plus élevés, il n'en est pas de plus urgent.

Toutefois, ce n'est qu'un point de départ, non un achèvement.

Qui ne s'astreint pas à ce minimum indispensablement nécessaire, répudie le Christ et renonce au ciel.

Ce qui est triste, c'est la défaveur discrète que l'état de grâce que l’on rencontre chez ceux qui per­sistent à se dire bons chrétiens quand ils font tout justes la grimace de l'être. Ils produisent quelque bien en public pour se sentir plus libres de commettre le mal en secret. Infects en dedans, ils veulent paraître candides au dehors.

Tout est feint en eux. Leurs paroles sont niées par les actes. La réalité ne répond pas à l'appa­rence, elle est trompeuse. Les vices cachés démentent la façade d'honnêteté. Baiseurs, de crucifix et insulteurs du Crucifié  louangeurs du clergé et détracteurs de prêtres, vaniteux de leur catholicisme et paresseux pour en pratiquer les devoirs, beaux discoureurs sur la foi et dénigreurs impénitents de la morale, gémissant sur les dé­sordres du monde et absolvant à mesure les leurs, prompts à faire des cadeaux publiquement et lents à payer leurs dettes privément, stigmatisant le divorce et pratiquant l'adultère, dénonçant le vol et commettant l'injustice, se gourmant jusque dans l'accusation de leurs péchés et n'en regrettant aucun, prêts à communier le matin et à flancher le soir.

À voir ces faussaires du christianisme, à en­tendre ces charlatans de la religion, on croirait que l'Église n'a jamais eu de plus fidèles amis. Ils paraissent contents de leurs affaires et satisfaits de leur conscience. Ils sont des maîtres de la pose, des cérémoniaires de l'apparence. Pour un peu, on jurerait qu'ils ont pris le Christ sous leur pro­tection. Plus soucieux de paraître bien que de bien agir, ils ont fini par se convaincre qu'ils sauveront leur âme en sauvant la face. Le diable trouve toujours quelque truc pour rassurer la ca­naille !

Pécheurs hypocrites ? Pécheurs cyniques ?

On n'ose choisir. En tout cas, champions de la double conscience.

Sinistres farceurs ! En trompant les autres, ils se sont trompés eux-mêmes au point de ne même plus soupçonner qu'ils sont morts depuis long­temps. Sous de beaux dehors de vertu, ils cachent un cœur criminel. Si tout à coup leur âme se dé­masquait et laissait voir son fond bourbeux, com­me ils se sentiraient gênés d'afficher un titre si beau et de mener une vie si laide ! « Ah ! Combien y en a-t-il aujourd'hui qui, sous les dehors de la vie, portent en eux leurs funérailles et, semblables à des sépulcres blanchis, sont pleins d'ossements de morts ! » (Saint Jérôme; Épître 43.)

Une voix intérieure leur crie : « Vous passez pour vivants, alors que vous êtes morts. » (Apocalypse, ch. III, v. 1.)

Ils se sont faits prisonniers de leurs habitudes. Un secret besoin de ne pas se dénoncer et même de se justifier, leur suggère des arguments spé­cieux pour légitimer leurs reniements. Dans leur résignation au suicide, ils sont disposés à s'accom­moder de n'importe quelle vilenie. Ce n'est pas le royaume du ciel qu'ils prennent d'assaut, c'est le royaume du mal qu'ils affermissent sur la terre.

Certes, ils sont, hélas ! bien libres de se refuser à leur destinée. Au moins, qu'ils n'essaient plus de faire croire que c'est ça être chrétien.

Moins coupables devant Dieu sont les pécheurs avouant et déplorant leur état. Pauvres cœurs tourmentés, ils portent la guerre au dedans d'eux. Précisément parce qu'ils ne sont pas en paix avec le Christ, ils se sentent comme figés d'effroi et de stupeur à la pensée qu'entre le Maître et eux, c'est l'abîme. Ils savent bien que, de toutes les façons de renier le Sauveur, vivre en état de péché mortel sans se racheter par le repentir, n'est pas la moins ignoble. Puissent-ils, sans tarder, mettre fin à cette torture en purifiant leur cœur par un acte de contrition parfaite et faire la démarche et la demande qui leur assureront l'abso­lution sacramentelle !

Peut-on se faire une idée du coulage dans une vie vécue en marge de l'amitié divine ; une vie dont LA VIE est absente ; une vie au cours de laquelle on s'attache à la terre comme s'il n'y avait pas de ciel et on ne pense pas plus au ciel que si on ne devait jamais quitter la terre ; une vie enfin où, recevant tout de Dieu, on ne lui donne même pas l'hospitalité dans son âme ?

Ah ! Ces vies renversées, nous savons où elles mènent.

Vies meurtrières pour Dieu et pour soi. «Com­bien peu de chrétiens sont en état d'agir pour Dieu et pour eux-mêmes si, pour agir de la sorte, il faut être ami de Dieu, en grâce avec lui ! De ceux que nous appelons honnêtes gens, combien peu conservent cette pureté de conscience si né­cessaire pour se maintenir dans la grâce de Dieu ! Désolation générale que déplorait le Prophète : « Ils se sont tous égarés et, en s'égarant, ils se sont rendus inutiles.»  (Psaume 52, v. 4.)

Inutiles pour Dieu et inutiles peur eux-mêmes : pour Dieu, qui ne se tient plus honoré du bien même qu'ils font ; pour eux-mêmes, parce que tout ce qu'ils font, quoi que ce soit, n'est point marqué dans le livre de vie. En sorte que, faisant même le bien et le faisant avec ardeur et persévérance, ils ne font rien.» (Bourdaloue ;  Sermon  pour  le   mercredi  de  la  5e  se­maine du carême, sur l'état du péché et l'état de grâce.)

Cette aberration, l'explique qui pourra !

Pour être chrétien de fait, il ne suffit pas d'en porter le titre et d'en avoir l'apparence, ni de réussir à garder intacte une réputation menacée par des désordres secrets. Hélas ! Cette duplicité de l'âme qui bifurque dans la religion devient de moins en moins rare.

II faut d'abord garder l'état de grâce, en appré­ciant plus ce qu'il vaut qu'en se plaignant de ce qu'il coûte.

Voilà l'exigence préliminaire du christianisme.

Si cet élément manquait, le reste s'avérerait façade mensongère. 

Dieu aime les êtres dans la proportion où ils participent à ses perfections et les reproduisent. Il ne peut pas ne pas aimer ses infinies perfec­tions, d'abord en lui-même et ensuite partout où il les retrouve.

Il aime le grain de sable, parce qu'il a l'existence.

Il aime davantage la plante, parce qu'elle a la vie végétative.

Il aime plus encore l'animal, parce qu'il a la vie sensitive.

Il aime beaucoup plus l'homme, parce qu'il a la vie rationnelle.

Il aime immensément plus le chrétien, parce qu'il a sa propre vie divine.

Chrétien pour chrétien, il aime davantage celui qui davantage fait fructifier ce don surnaturel.

La grâce sanctifiante est infiniment plus pré­cieuse que tous les dons de la nature : richesses, talents, honneurs, prestige. « Le bien d'une seule grâce l'emporte sur le bien naturel de l'univers entier », affirme saint Thomas.  

Toute beauté est un reflet de Dieu. La grâce sanctifiante est incommensurablement plus que cela : elle est la vie même de Dieu communiquée à l’âme.

Tout l'amour que Dieu a pour les autres créa­tures n'égale pas celui qu'il donne à une âme en état de grâce.

Un seul degré de vie divine vaut mieux que tous les mondes ensemble. Par ce seul degré, Dieu met dans le chrétien plus de lui-même, plus de ses perfections, plus de sa ressemblance, qu'il ne s'en trouve dans le reste de l'univers.

On ne s'en étonne pas quand on se rappelle qu'une âme en état de grâce, c'est :

— une âme qui a été gratuitement lavée de la tache du péché originel et miséricordieusement purifiée de toute faute mortelle qu'elle aurait commise dans la suite ;

— une âme sanctifiée, d'une sainteté sans doute toujours perfectible, par la vie divine que le Saint-Esprit a infusée en elle ;

— une âme que Dieu a adoptée comme enfant et qu'il honore de son amitié paternelle ;

— une âme en laquelle Dieu habite paternelle­ment, pour l'aimer, l'embellir, l'enrichir des biens surnaturels ;

— une âme que le Christ s'est incorporée, qu'il a comme greffée sur lui, pour lui transmettre dans la plus large mesure possible sa propre vie filiale ;

— une âme divinisée non seulement en elle-même, mais aussi dans ses facultés, dans ses puis­sances d'actions, en sorte qu'elle est rendue ca­pable de produire des actes divins, surnaturels, méritoires pour le ciel ;

— une âme, enfin, marquée par anticipation du sceau des élus et destinée à la gloire éternelle.

Comprend-on mieux maintenant pourquoi Jésus, dans son entretien avec Nicodème, (Évangile selon saint Jean, ch. III, 1 à 21.), a appelé la vie de la grâce une renaissance, c'est-à-dire, une seconde naissance, naissance à une vie supérieure : la vie même de Dieu ? Ce qui faisait dire à saint Augustin : « Il y a deux vies en nous : la vie du corps et la vie de l'âme. La vie du corps, c'est l'âme ; la vie de l'âme, c'est Dieu. » (Commentaire sur le psaume 70, sermon 2, n. 3.)

La grâce sanctifiante, loin de détruire notre vie naturelle reçue des parents, la surélève, la sur-naturalise, l’élève au-dessus de toute nature, même angélique. Toutefois, elle ne lui demeure pas sim­plement superposée : elle la pénètre tout entière, la transforme et la divinise jusqu'à nous rendre capables de connaître Dieu tel qu'il se connaît, dans sa vie intime, et de l'aimer tel qu'il s'aime. Pour un peu, on pourrait dire qu'elle nous donne de voir avec les yeux de Dieu et d'aimer avec son cœur.

La grâce sanctifiante est donc un rejaillissement de la divinité dans l'âme, une pénétration de la vie de Dieu et de Dieu lui-même dans l'âme, une sorte d'invahissement de l'âme par Dieu. Saint Pierre l'appelle une participation à la nature di­vine.

On parle beaucoup aujourd'hui de la transfu­sion de sang. Par analogie, on pourrait dire de la grâce qu'elle est comme une transfusion de vie divine dans l'âme, à cette différence pourtant que Dieu ne perd rien de ce qu'il donne. Cette trans­fusion, commencée au baptême, se continue tant que l'âme reste fidèle à Dieu.

L'état de grâce !... c'est donc, à n'en pas douter, le bien au-dessus de tout bien, la vraie richesse incorruptible. En fait de noblesse, il n'y a, en définitive, que celle-là. Personne ne peut se faire une idée de ce qui se passe de sublime dans une âme habitée par Dieu.

Louis de Blois disait : « Si nous pouvions con­templer la beauté d'une âme dans la grâce de Dieu, nous tomberions en extase. »

Et sainte Madeleine de Pazzi : « Si nous savions combien Dieu nous aime quand nous avons la grâce sanctifiante, nous mourrions de joie. »    (A suivre)

Extrait de : L’État de Grâce.  Marie-Antoine ROY, o.f.m.

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 18:23

LES SAINTES PLAIES ET LES AMES RELIGIEUSES… 

« Dans la Maison de Dieu, il faut vivre unies à mes Plaies, dit le Sauveur. — « Vos vœux sortent de mes Plaies !... »

Un jour, Sœur Marie Marthe étant au Chemin de la Croix et arrivant à la dixième station, Jésus fait comprendre à son épouse le mérite de son dépouillement en regard du vœu de pauvreté, lui demandant d'offrir les saintes  Plaies — « pour celles de ses épouses qui ont besoin de dépouillement, afin qu'elles sachent le revêtir par une pratique plus exacte du vœu de pauvreté ».

Puis, au Crucifiement, Il ajoute — « qu'étant vouées à Lui, nous devions être clouées à la Croix avec Lui..., lorsque nous suivons notre propre volonté, nous nous déclarons ennemis de la Croix...  — il faut vous laisser gouverner par votre Supérieure, comme Moi, tendant les mains, je me suis laissé attacher à la Croix. »

Il lui demande encore de prier — « pour celles qui voudraient se déclouer de la Croix, en manquant à l'obéissance... »

« Ma fille, redit-Il une autre fois, regarde ma couronne, et tu verras la mortification, — mes mains étendues, et tu apprendras l'obéissance, — tu comprendras la pauvreté en me voyant tout nu sur la Croix, — la pureté en Celui que tu adores et qui est si pur !... »

Il lui enseigne que les âmes religieuses sont aussi des âmes vouées à la souffrance : « Je voudrais voir toutes mes épouses des Crucifix !...

« Ne faut-il pas que l'épouse ressemble à son Époux ? Déclare Celui que la sainte Amante des Cantiques dépeint ainsi : « Mon Bien-Aimé est blanc et vermeil. »

« Je te donnerai des souffrances pour toute la  journée, lui promet-Il, afin que tu ailles plus souvent aux Sources heureuses de mes divines Plaies. Je veux que tu sois crucifiée avec Moi ; je le veux de toutes manières... — A mesure que tu diras: oui, je te crucifierai davantage.

« Ma fille, regarde ma couronne ! Je n'ai pas dit : elle me fait trop souffrir — je l'ai acceptée de mon Père, pour vous !

«Regarde mes mains ! Je n'ai pas dit : Je ne les donne pas, cela me fera trop souffrir ! et de même pour mes pieds. »

Puis, Jésus montre à sa servante sa chair sacrée, déchirée, en lambeaux : « Partout tu trouveras des Plaies en ton Époux ! — Je veux que tu sois ainsi ! — Contemple-Moi sur la Croix : lorsque  j’y étais, je ne regardais ni les bourreaux ni leurs outrages..., je regardais mon Père. — Il faut ainsi accomplir votre devoir, en faisant ce que je veux, sans autre regard vers la créature..., comme Moi je regardais mon Père uniquement ! »

Un autre jour, lui apparaissant sur la Croix tout décharné, n'ayant que la peau sur les os, ce tendre Maître s'écrie : « Voilà, ma fille, où doivent passer ceux que je me suis choisis et qui veulent arriver à la gloire, — non pas ceux qui lèvent la tête. — Ma Mère a passé par ce chemin... Il est bien rude pour ceux qui vont par force et sans amour ; mais doux et consolant est le chemin des âmes qui portent leur croix avec générosité. — « Il faut que les épouses de Jésus Crucifié souffrent...  — Je n'ai plus que mes épouses pour me dédommager. »

Dans un autre entretien, Jésus dit encore : « Ma fille, il faut bien aimer le Crucifix et vous crucifier pour aimer Jésus, afin de pouvoir mourir comme Jésus et ressusciter dans la vie comme Lui.

« Je renouvelle maintenant les grâces de ma Passion... c'est à vous d'en répandre le bénéfice sur le monde entier. »

(À suivre)

Extrait de : Soeur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation1937

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 15:11

LES PÉCHEURS, qui méprisent le Crucifix, seront rejetés…      (14)

Les Plaies de N.S. J.-Christ sont des sources de grâces pour les pécheurs, et des leçons éloquentes pour les âmes religieuses :

« Il y a bien longtemps, — c'est toujours Jésus qui parle, — que je désire vous voir distribuer les fruits de ma Rédemption ! Vous faites maintenant ce que je veux pour le salut du monde.  A chaque mot que vous prononcez du chapelet de la miséricorde, je laisse tomber une goutte de mon Sang sur l'âme d'un pécheur.

« Les hommes foulent aux pieds mon Sang, je veux que vous, mes épouses, vous m'aimiez et travailliez pour mon amour.

« Si, avec toutes les richesses dont mes Plaies sont remplies pour vous, vous n'en profitiez pas, vous seriez bien coupables...

« Les âmes qui ne vénèrent pas mes saintes Plaies, et qui, au contraire, les ridiculisent,  ces âmes-là, je les rejette.

« Les pécheurs méprisent le Crucifix : je prends patience, mais un jour viendra où je me vengerai.

« Viens avec ton cœur, mon épouse, viens avec ton cœur bien vide, parce que Moi, j'ai de quoi le remplir : viens à la conquête des âmes. »

Et lui faisant voir dans le monde une quantité de pécheurs : « Je te les montre, afin que tu ne perdes point de temps. »

En temps de Carême ou de Retraites, la vision de Jésus souffrant durait parfois des journées entières :

« Ma fille, j'ai autant souffert pour une seule âme, que pour toutes ensemble... La Rédemption a été abondante !  Et le Sang rédempteur coulait à flots des blessures adorables, et Jésus murmurait avec amour : « C'est le Sang de ton Époux !... de ton Père !... C'est pour vos âmes qu'il a été versé !  Il n'y a que Moi qui puisse verser ainsi ce Sang divin !...  Ma fille, je suis ton Époux ! Je suis tout à toi pour les âmes !... »

Quelquefois, elle voyait la Justice de Dieu irritée, prête à s'appesantir sur le monde : « Ne me prie pas, je veux punir, disait le Christ dans son indignation. « Le monde, pour être régénéré, aurait besoin, d'une  seconde rédemption. ».

Le Père Éternel, interve­nant, déclarait : « Je ne puis donner mon Fils une seconde fois. » Mais notre Sœur comprenait que, par l'offrande réitérée des saintes Plaies, nous pouvions opérer cette rédemption.

A mesure qu'elle les offrait, elle voyait la colère divine se changer en une douceur de grâce qui se répandait sur le monde.

« Ma fille, disait une autre fois le Seigneur Jésus, il faut remporter la palme de la victoire : elle vient de ma sainte Passion... « Au Calvaire, la victoire paraissait impossible, et cependant, c'est de là que mon triomphe a éclaté. Je désire, constamment que vous profitiez de ma Rédemption par la correspondance à mes grâces que tant d'hommes méprisent... »

Notre-Seigneur l'épouvanta en lui donnant une vue de sa Justice excitée par les péchés des hommes... Alors, tout éperdue, elle s'écria, en s'humiliant profondément : « Mon Dieu, ne regardez pas notre misère, mais regardez votre miséricorde. »

Et elle recommençait à apaiser le Sauveur par les invocations multipliées aux saintes Plaies.

«Offre-les moi souvent pour me gagner des pécheurs, encourageait le bon Maître, car j'ai faim des âmes !... »

(À suivre)

Extrait de : Sœur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation.  1937

elogofioupiou.over-blog.com

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