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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 15:54

Comment Benelli a-t-il pu devenir cardinal sans tricher…

Le remplacement du Pape PAUL VI, par un sosie, ne s’est pas fait sans complicité et instantanément. On y travaillait depuis plusieurs années.

Au Consistoire du 17 juin 1977, le substitut à la secrétairerie d'État du Vatican, l'archevêque titulaire Mgr ( ?) Benelli, fut nommé cardinal. ? Ceux qui connaissent les circonstances et ses ambitions pour la curie, qui aboutirent finalement à ôter tout pouvoir au Pape Paul VI et à l'emprisonner brutalement, tiennent pour exclu que le Pape Paul VI ait pu nommer Benelli cardinal, lui qui est l'un des principaux responsables de ces événements.

Benelli a-t-il, par hasard, montré un repentir effectif, s’est-il réconcilié avec le Pape, a-t-il jamais promis de réparer l'injustice faite au Pape Paul VI depuis des années et le grave préjudice porté à l'Église ?

Il faudrait alors, tout d'abord, que la totale liberté d'action fut redonnée au Pape Paul VI. Sinon, on ne peut sans doute parler que d'une auto­nomination de Benelli en accord avec ses frères maçons cachés au Vatican, dans laquelle l'acteur agissant comme pape à s'acquitter du cérémonial protocolaire.

Était-ce donc le Pape Paul VI qui convoqua et dirigea le consistoire ? Était-ce le Pape Paul VI qui tint les discours, qui posa la barrette de cardinal sur la tête de Benelli et lui mit l'anneau au doigt ?

Les discours du pape à l'occasion du Consistoire sont publiés dans l'Osservatore Romano (édition hebdomadaire en langue allemande, 7ème année, N-26, du 1er juillet 1977).

Dans le discours pendant la partie secrète du Consistoire, ce qui frappe, ce sont surtout les attaques massives réitérées contre l'ancien archevêque Monseigneur Lefebvre. Jamais pendant tout son pontificat le Pape Paul VI n'avait attaqué et accusé ou compromis en public aucune personne, amie ou ennemie, et moins que quiconque un confrère dans l'épiscopat.

[(J.-B. A.) Comme un Mgr Ghika, il ne répondait pas à la violence par la violence. Son arme était la douceur. C'est ainsi qu'il avait converti des masses d'ouvriers communistes lorsqu'il était archevêque de Milan. Les biographies de Paul VI insistent sur son calme presque légendaire et sur sa grande maîtrise de lui-même. Il ne se mettait presque jamais en colère. Même lors de l'attentat à la bombe, il demeura serein, comme on le voit dans les archives de l’INA.]

Il ne le fit même pas quand une commission cardinalice établie par le pape exigea au nom du pape le retrait de nombreuses erreurs doctrinales du « catéchisme hollandais » et que le cardinal Alfrink déclara en public que le « catéchisme hollandais » ne serait modifié sur aucun point.  [(J.-B. A.) Impudente et vile effronterie. Voici les serviteurs dont disposait notre malheureux pape. ]

Et il ne le fit pas quand ce cardinal avec ses acolytes ruina presque entièrement une province ecclésiastique autrefois florissante par sa désobéissance et son entêtement en face du Pape et de l'Église.

La façon grossière de rabrouer en public les dissidents est en totale contradiction avec la façon délicate et pleine de tact du Pape Paul VI. Ce n'est qu'avec le pape-imposteur qu'elle s'introduisit dans la diplomatie vaticane.

Si cette allocution avait pour but d'éveiller l'impression que c'était le Pape Paul VI qui avait tenu ce discours, cette attaque contre Mgr Lefebvre fut une faute de régie manifeste.

Mais c'est surtout l'allocution dans la salle d'audience pendant la partie publique du Consistoire, le 27 juin 1977, que le Pape Paul VI n'aurait jamais pu tenir. Il ne s'agit dans cette allocution que d'un « seul thème, qui semble être fondamental et spécifique pour cette solennité » : la fidélité. « C'est précisément celui-ci » était-il dit dans l'allocution, « que nous avons voulu souligner cette année par l'annonce d'un Consistoire ».

Les nouveaux cardinaux, cela fut souligné, « se distinguent tous, justement, de façon tout spéciale, par cette vertu : la fidélité absolue. Celle-ci a été vécue par eux... dans un don sans réserve au Christ, à l'Église, au Pape, avec persévérance, inébranlablement et sans faux égards. En remplissant ces difficiles missions, ceux que nous appelons à partir d'aujourd'hui nos fils bien-aimés, ont donné à l'Église tout entière un incomparable témoignage de fidélité. Nous sommes heureux de pouvoir témoigner ici, ouvertement, de cette fidélité : surtout de la vôtre, Cardinal Benelli, qui nous avez été si proche depuis longtemps déjà, en particulier dans les dix dernières années, pendant lesquelles en tant que substitut de la secrétairerie d'état, vous avez mis à exécution toujours consciencieusement nos directives et décisions... ».

Pour saisir toute l'ampleur de l'hypocrisie qui est contenue dans ces termes, il faut avoir quelques faits sous les yeux :

Avec la réforme de la curie (1967), la secrétairerie d'état vint se placer à la tête de toutes les organisations du Saint-Siège. Toutes les relations du pape avec les différentes congrégations vaticanes et les offices de la curie, avec l'épiscopat mondial, avec les représentants du Saint-Siège dans les différents pays, avec les gouvernements, les organisations et les individus passèrent désormais par la secrétairerie d'état, par le secrétaire d'état, le Cardinal Villot et ses deux collaborateurs les plus étroits, le substitut a la secrétairerie d'état, l'archevêque titulaire  Giovanni Benelli (l'archevêque-titulaire Giuseppe Caprio depuis la nomination de Mgr Benelli au cardinalat et comme archevêque de Florence), et le secrétaire du « Conseil pour les affaires publiques de l'Église », l'archevêque-titulaire Monseigneur Agostino Casaroli dont la charge consiste dans l'entretien des relations avec les gouvernements étrangers.

Or, si depuis la réforme de la curie, les contradictions entre les déclarations orales -du Pape Paul VI dans les audiences générales et les autres allocutions officielles d'une part, et les ordonnances écrites du pape d'autre part devinrent de plus en plus grandes et frappantes, la source de ces contradictions ne pouvait se trouver qu'ici, dans la secrétairerie d'état, chez Villot —Benelli —Casaroli.

Nous nous souvenons de ce que la Sainte Vierge a dit à Bayside à ce sujet, le 27 septembre 1975 : «Antonio Casaroli, tu te condamnes toi-même à l'Enfer : Giovanni Benelli, quel chemin as-tu pris ? Tu es sur le chemin de l'Enfer et de la damnation. Villot, conducteur du mal, éloigne-toi de ces traîtres ; tu n'es pas inconnu du Père Éternel ; tu pactises avec la synagogue de Satan, la loge maçonnique! Crois-tu qu'il ne te faudra pas payer pour la destruction des âmes dans la maison de mon Fils ?... ».

« Le plan diabolique de Satan est d'orienter la haine du monde vers le Vicaire, le pape Paul VI, à Rome. Le plan de Satan est d'amasser sur ses épaules toutes les erreurs et tous les méfaits. Mais ceux à qui il a fait confiance, l'ont trompé, ont entièrement mis la main sur sa mission. Il y a actuellement, en langage figuré, trois papes à Rome, sans compter Paul VI. Trois hommes qui sont dirigés par Satan. Actuellement, vous ne pouvez rien accepter de ce qui vient de Rome, car ces bulles pontificales ne viennent pas du Pape Paul VI, et ces directives ne sont pas écrites de la plume du Pape Paul VI. Elles sont écrites de la plume de Benelli et de Villot...

Il me faut maintenant faire savoir que ces changements qui ont produit de mauvais fruits, ne vous ont pas été donnés par le Saint-Esprit et par votre Vicaire le Pape Paul VI. C'est le filet jeté par Satan. Actuellement, beaucoup sont des marionnettes. Les ficelles sont tirées par Benelli, Villot, Casaroli et leurs partisans. »

Le 2 octobre 1975 : «Je vous ai avertis qu'il y a maintenant trois papes dans la ville de Rome. Je le répète, ils ont mis en place un imposteur, car ils ont renversé le Pape Paul VI, votre véritable père. C'est l'imposture du siècle ! ... Il faut que l'imposture soit dévoilée à l'humanité. C'est la seule façon d'empêcher que le trône de Pierre ne capitule et ne tombe entièrement aux mains des puissances de l'Antéchrist 666... »

Le 5 juin 1976 : «Le Saint-Père, le Pape Paul VI, souffre beaucoup, mes enfants. Ceux auxquels il a fait confiance se sont tournés contre lui, ont mangé à sa table, ont joui de sa confiance pour le tromper ensuite ! Oh ! Mes enfants, vous n'écoutez pas. Vous suivez vos voies, le coeur endurci, et vous avez fermé vos oreilles à mes avertissements ! »

Le 21 août 1976 : « Votre Saint-Père, le Pape Paul VI, porte sa croix avec une grande dignité. Sa force s'épuise, il a accepté la vie de martyr. Priez pour lui, mes enfants, il y a beaucoup de traîtres autour de lui. Il n'y en a que très peu qui sont restés fidèles. »

Le 7 septembre 1976 : « Ne disloquez pas l'Église de mon Fils ! Ne vous séparez pas du Saint-Père ! Restez pour le protéger, car il y a beaucoup d'ennemis autour de lui. Vos mass-médias, mes enfants, sont dirigés, de même que les autres moyens de communication. Il faut que vous soyez très prudents dans ce que vous lisez actuellement, car on vous trompe souvent ! Bien des choses qu'on prétend venir du Saint-Père, ne viennent pas de lui, mais de ceux qui l'entourent et qui sont actuellement complètement au pouvoir. »

Voilà donc les faits au sujet de la « fidélité » de Benelli ! Il ne se peut pas que le Pape Paul VI ait jamais tenu ces allocutions ! Ces louanges pour sa nomination au cardinalat, c'est Benelli lui-même qui les a écrites ! Car l'acteur qui paraît en tant que pape n'est qu'un instrument de la troïka Villot —Benelli —Casaroli. Les discours qu'il a à lire sont écrits à la secrétairerie d'état, sous la rédaction de Benelli et de Villot.

Si déjà les discours permettent de voir que le Consistoire du 17 juin 1977 n'était pas sous la, direction du Pape Paul VI, ce fait est nettement éclairci par les photos des cérémonies de la nomination au cardinalat, qui sont parues dans l’Osservatore Romano et beaucoup d'autres journaux et revues.               (À suivre)

Inspiré de : L’IMPOSTURE DU SIÈCLE…        Pages 73-77 http://www.lasurviedupapepaulvi.com/2014/06/l-imposture-du-siecle-theodor-kolberg.html

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 15:30

Cinquième  qualité de la prière : Prier avec confiance

Cette humilité, si elle est vraie, si elle est chrétienne, ne nuit en rien à la confiance qui est une ferme et entière persuasion que Dieu nous accordera tout ce que nous lui demanderons de juste et de raisonnable.

C'est la confiance qui rend tout particulièrement .la prière agréable à Dieu. " Tout ce que vous demanderez, dit Jésus-Christ, croyez que vous le recevrez et il vous sera accordé selon votre désir."  Au paralytique qui venait lui demander sa guérison, il lui dit : « ayez confiance si vous voulez que je vous rende l'usage de vos membres."  Et il disait à cette pauvre femme travaillée par une douloureuse maladie de douze ans ; ayez confiance, ma fille, vous serez guérie. " " Si quelqu'un, dit l'Apôtre, a besoin des grâces du ciel, qu'il les demande à Dieu qui communique ses dons avec largesse. "

Ce point est de la plus haute importance ; car plus notre con­fiance sera grande, plus notre prière sera puissante. " Notre confiance, dit saint Ignace, sera la mesure des grâces que nous recevrons de Dieu ; si la confiance est grande, les grâces seront abondantes."

"Si le mérite de notre prière vient de la charité, dit le Doc­teur Angélique, son efficacité vient de la confiance." Saint Ber­nard va même jusqu'à dire que la confiance est l'unique moyen d'être exaucé, parce qu'elle proclame davantage l'infinie miséri­corde de Dieu.

Nôtre-Seigneur a révélé à sainte Gertrude que «celui qui prie avec confiance lui fait en quelque sorte une telle violence qu'il est forcé de l'exaucer en tout ce qu'il demande

Dieu est d'autant plus vulnérable sous ce rapport qu'il a plus envie de nous accorder ses dons que nous de les recevoir ; que ses mains sont non seulement ouvertes, pour répandre sa béné­diction mais percées de part en part et que la miséricorde en découle à l'insu de la justice. Aussi saint Jean Climaque appelle la prière " une pieuse tyrannie qui s'exerce contre Dieu. "

C'est là ce qui explique la sainte audace des âmes généreuses qui souvent parlaient à Dieu avec une familiarité et un air de commandement que l'homme comprend à peine. Et le Seigneur autorise des paroles étranges sur les lèvres de ses serviteurs. "O mon Dieu, vous ne devez pas me refuser cette faveur, disait sainte Thérèse, comment cela peut-il s'allier avec votre miséricorde ? Comment l'amour que vous avez pour moi peut-il le souffrir ? Non, Seigneur, cela ne peut se tolérer ; est-ce que j'agirais ainsi à votre égard ? "

Il faut toujours prier avec le ferme espoir que Dieu ne restera pas sourd à notre voix. Considérons la confiance de la Sainte Vierge aux noces de Cana. Elle désire que son Fils opère un mira­cle; elle se contente de l'avertir qu'il n'y a plus de vin. Jésus lui fait entendre que le temps de faire des prodiges n'est pas encore venu et que cette heure est fixée par Dieu et non par un homme. Marie ne va-t-elle pas perdre courage après une décla­ration semblable ? Non. Assurée que sa prière n'a pas été faite en vain, elle recommande aux serviteurs de faire tout ce qui leur sera commandé, et quelques instants plus tard, elle voit sa con­fiance qui triomphe. Jésus avance pour elle l'heure des miracles et change l'eau en vin.

Puis les raisons de cette confiance ne manquent pas. D'abord qui pourrait douter que Dieu soit assez puissant pour nous accor­der tout ce que nous lui demandons ? Nos besoins ont beau être grands, ils sont toujours infiniment moindres que la toute puis­sance de Dieu.

Et Dieu veut nous secourir dans tous nos besoins ; son bon­heur est de nous être utile et tout ce qu'il nous accorde ne dimi­nue en rien ses trésors inépuisables.

Un père ne peut rien refuser à ses enfants ; il est heureux quand il peut les combler de ses bienfaits ; son bonheur est de les rendre heureux. Or Dieu notre père par excellence, puisque c'est lui qui nous a créés du néant et rachetés au prix de son sang-adorable. Comment donc pourrions-nous ne pas avoir une con­fiance sans bornes en un père si bon pour ses enfants ?

Puis Dieu a promis solennellement d'exaucer toutes nos de­mandes. Pourrions-nous après cela manquer de confiance en lui ? Dieu étant la vérité même ne peut nous tromper. "Ah ! comment, dit saint Augustin, pouvons-nous craindre de n'être pas exaucés ? Dieu qui est la vérité même a promis de nous ac­corder ce que nous lui demandons dans la prière. Nous devons être certains qu'il ne nous exhorterait pas à lui demander ses grâces s'il ne voulait pas nous les donner. Autant nous sommes sûrs que Dieu ne peut manquer à sa parole, autant nous devons recourir à lui avec confiance. "

Suivons donc le conseil que nous donne saint Jacques : "Ap­prochons-nous de Dieu avec confiance et Dieu s'approchera de nous " (st jacques, IV).

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 12:52

Quatrième qualité de la prière : Prier avec humilité

" Dieu, dit un pieux auteur, est la vérité et il ne peut écouter favorablement ses créatures qu'autant qu'elles restent dans la vérité. " Or la vérité, c'est que la créature n'est rien et que Lui est tout. Tenons-nous donc dans notre néant et aussitôt la bonté divine jettera sur nous un regard de complaisance. "

La foi nous fait voir les grandeurs infinies de Dieu ; elle nous montre aussi l'abîme incommensurable de notre néant, de notre indignité, et elle est nécessairement accompagnée de l'humilité. Saint François d'Assise s'écriait souvent: " Qui êtes-vous, Sei­gneur, et qui suis-je ! Ah ! Que vous êtes grand et que je suis petit. Votre droite a semé les mondes dans l'espace comme les grains de sable sur les bords de la mer, pendant que je ne suis moi-même qu'une pauvre créature sans force et sans puissance. Vous êtes tout et je ne suis rien. Non seulement je ne mérite pas de m'entretenir avec vous, mais je ne suis pas même digne de paraître en votre présence. Il faut toute votre charité, ô mon Dieu pour me supporter devant votre Majesté. "

Humilions-nous donc profondément devant le Seigneur, si nous voulons rendre nos prières efficaces. L'humilité n'est pas de la bassesse, c'est la vraie grandeur de l'homme dont toute la grandeur consiste à être soumis à Dieu. Reconnaître ses misères, sa faiblesse, son impuissance, c'est demeurer dans le vrai et mon­trer qu'on se sent homme ; chercher sa force dans la force de l'Être infini est une preuve de profonde sagesse ; s'abaisser devant Lui est la plus belle gloire de la créature.

La vertu d'humilité nous est spécialement nécessaire quand nous prions le Seigneur ; l'acte même de la prière est l'acte d'un suppliant, disons même, c'est l'acte d'un mendiant, pour ne rien changer à l'expression de saint Augustin. Mais le mendiant ne doit pas s'enorgueillir ; l'humilité est son attitude naturelle et le seul sentiment qui lui convienne.

Que fait le mendiant qui vient implorer votre charité, dit saint Augustin ? Il frappe timidement à votre porte. Admis en votre présence, c'est d'une voix tremblante et voilée par les larmes qu'il vous raconte en longs détails l'histoire de ses infortunes. S'il a des plaies, il vous les montre; s'il est père de famille, il vous dira que ses petits enfants n'ont pas mangé depuis la veille et que sa pauvre femme consumée par la fièvre, privée du nécessaire, succombe au désespoir sur son grabat. Ces récits vous émeuvent; ces plaies vous font pitié et vous donnez sans compter. "Or, poursuit le grand docteur, la prière n'est que le cri d'une grande misère auprès d'une grande miséricorde. "

Nous devons donc prier comme des pauvres qui demandent l'aumône, des malades qui attendent leur guérison, des criminels qui sollicitent leurs grâces, disant avec saint Augustin : "Vous êtes un véritable médecin et je suis un pauvre malade acca­blé de toutes sortes d'infirmités ; vous possédez tous les biens et je suis plongé dans le plus profond dénuement de toutes choses ; vous êtes infiniment miséricordieux et je suis accablé sous le poids d'une infinité de péchés. "

Non seulement Dieu met son bonheur à exaucer les cœurs humbles, mais il leur accorde bien souvent plus qu'ils ne lui de­mandaient. L'exemple de l'enfant prodigue le montre clairement puisque le meilleur traitement qu'il croyait pouvoir espérer de son père, c'était d'être reçu au nombre des serviteurs de sa maison, et voilà que, contre son attente, il est rétabli dans son ancien état et jouit de tous les avantages d'un fils bien-aimé.

L'Écriture Sainte nous enseigne de la manière la plus expresse la nécessité de l'humilité dans la prière et l'efficacité de son pou­voir sur le cœur de Dieu. "La prière de celui qui s'humilie perce les nues, dit l'Esprit Saint, et elle ne redescend point avant d'a­voir été accueillie favorablement par le Très Haut. (Ec.. 35) ; car " Dieu ne méprise jamais le cœur qui s'humilie ; (Ps. 1) " "La prière des humbles vous a toujours plu, ô.mon Dieu, disait Judith, exaucez-moi, car je suis une humble suppliante qui espère en votre miséricorde. "

Voyez comment priait le Roi Prophète quand il s'écriait : " Qu'est-ce que l'homme, ô mon Dieu, pour que vous daigniez vous souvenir de lui ! Ayez pitié de moi, Seigneur, parce que je suis pauvre et infirme, parce que je suis un ver de terre et non pas un homme, parce que je suis un pécheur et que j'ai été conçu, dans l'iniquité " (Ps. 50).

Voyez comment priait le Prince des Apôtres quand il disait à Jésus-Christ: " Éloignez-vous de moi, Seigneur, parce que je suis un pécheur " (Luc, v),

Telle était aussi la prière de cette femme pécheresse qui, péné­trée d'un vif regret de ses crimes, vint se jeter aux pieds du Sau­veur et les arrosa de ses larmes, sans oser proférer un seul mot, se contentant de laisser parler sa douleur.

Jésus-Christ nous prouve cette vérité d'une manière frappante par le trait du pharisien et du publicain. " Deux hommes mon­tèrent au temple pour prier ; l'un était un riche pharisien et l'autre un pauvre publicain. Le pharisien, homme plein de suf­fisance et d'orgueil, se tenait debout et priait ainsi : Je vous rends grâces, Seigneur, de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes qui sont voleurs, injustes, et même comme ce publi­cain. Je jeûne deux fois la semaine ; je donne la dîme de tout ce que je possède. Le publicain, au contraire, se tenait humble­ment prosterné au bas du temple et n'osait pas lever les yeux vers le ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : " Seigneur, ayez pitié de moi, je suis un pécheur." Le publicain, nous affirme le Divin Maître, se retira pleinement justifié, grâce à l'humilité de sa prière et l'orgueilleux pharisien s'en retourna plus coupable ; car quiconque s'élève sera abaissé et quiconque s'abaisse sera élevé" (Luc XVIII).

Imitons ces beaux exemples ; qu'un profond sentiment de notre infirmité accompagne toujours notre prière. Ne craignons pas de trop nous abaisser, la grâce est comme les fleuves : elle descend toujours en fuyant les lieux élevés ;  elle descend et coule dans les vallées.

Saint Bonaventure dit que l'âme qui est humble, est disposée " à recevoir toutes sortes de grâces, comme la cire molle est dis­posée à recevoir toutes sortes d'impressions, et il ajoute que, dans le festin que Joseph fit à ses frères, ce fut le plus petit qui eut la meilleure part.

Il est donc de notre intérêt de ne jamais nous présenter à Dieu sans l'humilité ; non seulement notre prière n'aurait aucun prix à ses yeux, mais encore elle serait rejetée avec mépris. Nous ne devons jamais rien demander à Dieu sans reconnaître aupara­vant que nous sommes indignes d'obtenir ce que nous sollicitons de son infinie bonté ; car rien ne convient mieux à celui qui demande que le sentiment de sa misère.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 14:49

Troisième qualité de la prière : Prier avec foi

Pour chasser loin de nous les pensées importunes et les trop vifs désirs qui parfois nous agitent, pour nous soustraire avec une sainte violence à des préoccupations qui pour être trop pro­longées deviennent trop absorbantes, pour rappeler à nous notre esprit, notre cœur, notre mémoire, toutes les facultés de notre âme ; pour éloigner toutes les distractions qui souvent nous font perdre le fruit de nos prières, ranimons notre foi, pensons que nous donnons rendez-vous au trois personnes de la Sainte Tri­nité, que nous assistons à la plus solennelle des audiences. Et dans ce mystérieux colloque, ne perdons pas de vue notre bas­sesse en face de Dieu si grand, si saint, si parfait qui écoute nos demandes. Suivons la recommandation de l'Apôtre : " Priez avec foi " (jacques I). Et si nous ne sentons pas cette foi assez vive dans notre cœur, faisons à Dieu la prière des Apôtres: "Sei­gneur, augmentez notre foi. " " Plus le vaisseau de foi que nous portons en nous-mêmes sera grand et spacieux, dit saint Cyprien, plus nous puiserons de l'eau dans les fontaines de la miséricorde de Dieu. "

Quelle belle prière est celle du centurion ! Avec quelle foi ardente cet homme élevé au milieu des camps s'adressa à Nôtre-Seigneur ! Écoutons le récit de l'Évangile : Un jour, au milieu de ses courses évangéliques, le Sauveur entrait dans la ville de Capharnaüm, lorsqu'un centurion s'approcha avec respect et lui fit cette prière : " Seigneur, mon serviteur est atteint d'une cruelle maladie ; il est sans mouvement et il souffre beaucoup." Jésus répond avec bonté : "J'irai et je le guérirai. " Mais, Sei­gneur, ajoute l'officier, je ne suis pas digne de vous recevoir dans ma maison ; dites seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi qui ne suis qu'un homme, je commande à mes soldats; si je dis à l'un : va, il part aussitôt ; à un autre: viens et il accourt en toute hâte ; et si je dis à mon serviteur : fais cela, il obéit sans retard. " Jésus, voyant la foi extraordinaire de ce militaire, fut émerveillé et, dans son admiration, il s'écria devant la foule : "Je n'ai pas encore vu une si grande foi en Israël. " Puis s'adressant à l'heureux centurion, il ajouta : "Va et qu'il soit fait selon ta foi." Au même instant la maladie disparut et le serviteur fut guéri.

Ce sont les prières animées d'une foi vive qui toucheront le cœur de Dieu et feront descendre sur nous ses bénédictions.

Sous les feuillages de l'Éden, disait Milton, lorsque chantait le rossignol, le silence écoutait ravi. Et le poète français disait à son tour : les oiseaux gazouillaient un hymne charmant, si frais, si gracieux, si suave et si tendre, que les anges distraits se penchaient pour l'entendre.

Prions avec foi ; ce n'est pas le silence, mais les anges se pen­cheront pour nous entendre. Pendant ce temps béni de la prière fervente, avec les yeux de la foi, nous pourrons voir se dessiner l'échelle de Jacob ; nous serons au pied, priant avec amour ; le long de l'échelle, les anges monteront et descendront, les pre­miers emportant nos prières, les seconds rapportant les grâces célestes, enfin là-haut, tout au faîte, Dieu qui regardera et nous sourira.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 13:40

Pourquoi, lisez en  les raisons sur le blog: http://mission-divine-econe.over-blog.com/2017/05/votez-marine-le-pen-pour-dieu.html

Sainte Jeanne d'Arc sauvez la France, la Fille Ainée de la Sainte Église

Sainte Jeanne d'Arc intercédez pour nous

Sainte Jeanne d'Arc priez pour Éric Faure et pour Simon André.

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 13:28

  Deuxième QUALITÉ  DE LÀ PRIÈRE…

  Prier avec attention

Il faut penser non seulement à qui on parle, mais penser aussi à ce qu'on lui dit, c'est-à-dire, suivre le sens des paroles qu'on prononce. "Quand vous priez, dit saint Augustin, méditez dans votre cœur les choses que vous dites de bouche." Les paroles qui passent sur les lèvres doivent être l'expression des sentiments que l'âme éprouve dans le moment même.

Prier, c'est élever son âme à Dieu ; or celui qui ne pense pas à Dieu pendant qu'il prie, n'élève pas son âme vers lui et par con­séquent il ne prie pas. Si au lieu de nous appliquer à Dieu et d'apporter l'attention que demande une si sainte action, nous nous laissons aller à d'autres pensées, si nous nous contentons de réciter du bout des lèvres quelques formules de prière sans penser à ce que nous disons, ce n'est pas là ce qu'on appelle prier. Il ne faut donc pas être étonné si Dieu se montre parfois sourd à nos paroles et ne nous exauce pas, puisque souvent nous manifestons, par la négligence que nous apportons à nos prières, que nous ne désirons pas qu'il nous écoute. " Comment pouvez-vous espérer, disait saint Augustin, que Dieu vous écoute et vous exauce, quand vous ne vous écoutez pas vous-mêmes ? "

Toutes les fois que nous prions sans attention, nous méritons le reproche que le Divin Maître adressait aux juifs : "Ce peuple m'honore du bout des lèvres, mais son cœur est loin de moi ". (isaïe 24). C'est mépriser Dieu que de le prier en pensant à autre chose, à ses biens, à ses affaires. C'est imiter la conduite d'un pauvre mendiant qui, admis, en audience, par son souve­rain, ne fait aucun cas de lui, se met à converser avec les domestiques et les étrangers. Dieu veut bien nous donner au­dience, écouter les demandes que nous avons à lui adresser ; et nous, trop souvent, au lieu de nous occuper entièrement de lui et de ce que nous avons à lui dire, nous nous entretenons de toutes sortes de pensées étrangères ; ou bien, pressés d'en finir, nous nous précipitons, nous nous embrouillons dans un verbiage tellement confus qu'on aurait peine à dire à quelle langue il appartient. Prières alors perdues, prières coupables. En nous adressant à Dieu, notre prière doit toujours s'exprimer par des paroles mesurées, distinctes, graves, respectueuses.

 Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 18:00

  PREMIÈRE QUALITÉ DE LÀ PRIÈRE,  Bien s'y préparer…

Pour que le soldat triomphe de ses ennemis, il ne lui suffit pas d'avoir entre les mains une arme d'une grande valeur, il faut encore qu'il sache bien s'en servir. De même aussi le chrétien ne tirera de la prière les effets qu'il en attend qu'à la condition d'en user avec les dispositions requises.

La première est de ne point traiter la prière avec légèreté, comme un acte vulgaire. Il faut s'y bien préparer ; il faut se recueillir au moins quelques instants avant de la commencer, bien se pénétrer de la grande action que l'on va faire, réveiller en son âme la présence de Dieu avec qui on va s'entretenir, les sen­timents de foi, de respect, d'humilité, d'amour et de confiance, que nous lui devons ; surtout en pareilles circonstances.

C'est avec la suprême majesté de Dieu que nous nous mettons en rapport par la prière ; c'est notre Père des cieux que nous invoquons ; c'est le Maître dispensateur de toute vie et de toute grâce, disposant les événements au gré de son vouloir souverain et pouvant suspendre jusqu'au terme fixé par lui l'accomplisse­ment de ses désirs.

Ne pas s'adresser à lui avec le profond senti­ment de sa grandeur et de notre bassesse, avec cette piété sincère et confiante qui est le devoir des enfants, ce n'est pas bien prier. Puisque Dieu nous convie à l'insigne honneur de communiquer avec lui par la prière, ce commerce sacré est un besoin pour nous en même temps qu'un devoir, la prudence chrétienne exige de nous une préparation digne de Celui qui nous appelle au festin de ses grâces, à ce saint rapprochement d'ou notre vertu doit sortir plus vigoureuse, plus riche, plus féconde en bonnes œuvres. " Quand vous voulez prier, dit l'Esprit Saint, préparez votre âme à la prière." (Eccl.18).

Nous mettre à prier sans aucune préparation, c'est vouloir tenter Dieu. On ne va pas se présenter à un roi de la terre sans préparation pour lui demander quelques faveurs. Au contraire, on examine attenti­vement ce qu'on doit lui dire; on se présente à lui avec respect, décence et dignité. Apportons aux pieds de Dieu un profond recueillement, si nous voulons qu'il nous écoute.

  Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 14:33

LA PRIÈRE, les forces du ciel à la disposition de l'homme …            

Soyons donc intimement convaincus de l'efficacité de la prière et servons-nous de ce moyen que Dieu a mis à notre disposition pour obtenir tout ce dont nous avons besoin.

Sainte Madeleine de Pazzi avait coutume de dire que Dieu est tellement satisfait quand nous lui demandons des grâces qu'il nous en remercie en quelque sorte ; parce qu'il semble alors que nous lui donnons le moyen de nous combler de biens et de contenter son désir bienfaisant. " Soyons persuadés que lorsque nous demandons des grâces à Dieu il nous donne toujours plus que nous ne demandons." (jac. 1) Ainsi parle l'Apôtre saint Jacques pour apprendre que Dieu n'est pas comme les hommes avare de ses biens. Les hommes, quelque riches, quelque pieux et libéraux qu'ils soient, quand ils font des aumônes, donnent presque toujours moins qu'on leur demande, parce que leurs richesses, quelque grandes qu'elles soient, sont néanmoins des richesses finies ; ainsi plus ils donnent, moins il leur reste... Mais Dieu, lorsqu'on le prie, donne à pleines mains, parce que ses richesses sont infinies ; plus il donne, plus il reste à donner.

Quelles que soient les difficultés de la vie, nous ne devons donc perdre courage, puisque nous pouvons dire avec saint Paul que tout nous est possible avec l'aide de la prière. (Phil. IV)

" La prière est toute puissante, dit Théodoret ; seule elle peut tout obtenir." Saint Bonaventure soutient qu'elle nous procure tous les biens."  Saint Bernard ne craint pas d'avancer que la prière est plus puissante que le Tout Puis­sant lui-même, qu'elle désarme celui qui est invincible."

Saint Jean Chrysostôme dit que la prière est une arme avec laquelle nous pouvons triompher de tous les efforts du démon, un moyen de défense qui nous préserve de tous les dangers, un port assuré qui nous met à l'abri de toutes les tempêtes, un trésor où nous trouvons tous les biens réunis.

" La prière, dit saint Laurent Justinien, apaise le courroux de Dieu qui s'empresse de pardonner celui qui le prie ; elle nous obtient toutes les grâces que nous désirons ; elle nous met au-dessus de toutes les forces de nos ennemis ; en un mot, elle change les hommes d'aveugles en clairvoyants, de faibles en forts, de pécheurs en saints."

La prière est une puissance qui commande à Dieu lui-même ; elle triomphe du Tout-Puissant, dit Tertulien : " La prière bien faite domine le cœur de Dieu ; c'est lui-même qui, dans sa bonté paternelle, a établi cet ordre de chose admirable où l'amour des enfants enchaîne la justice du père. Dieu nous a fourni des armes contre lui ;  heureux celui qui sait s'en servir. " Le Christ, dit saint Nil, tressaille de joie quand on lui fait violence.

Nous voyons-nous dans les ténèbres, ignorant l'avenir, ou­blieux du passé ? Cherchons-nous à connaître ce qui nous serait le plus utile à l'heure présente ? Tournons-nous vers Dieu ; la prière attirera sur nous la lumière d'en haut ; elle éclairera nos doutes ; elle dissipera les ténèbres de notre esprit et nous donnera le calme et la sagesse qui assureront le succès de nos démarches. "Seigneur, disait le Prophète, faites-moi connaître la Voie où je dois marcher; car j'ai élevé mon âme vers vous." (Ps. 142)  Tout le secret de la vie est dans cette prière : connaî­tre sa route, c'est-à-dire, connaître ce qu'on doit croire ici-bas, ce qu'on doit espérer et pratiquer, ce qu'on doit faire pour que cette vie soit comme l'antichambre du ciel, voilà bien l'homme tout entier.  (Eccl. XII)

Mais Dieu seul peut ainsi éclairer la vie, la pénétrer de ces vives clartés qui montrent le vrai chemin, parce que Dieu est la lumière indéfectible qui sait tout et que rien ne peut obscurcir. Et quand on se rapproche de Dieu on voit clairement ce qu'il faut croire ce qu'il faut faire. (Ps. 33).

Sommes-nous dans la peine, dans la douleur ? Ne perdons pas courage ; ayons confiance en la protection et la miséricorde de Dieu. Il nous appelle à lui, il nous tend les bras, il nous offre son secours, il veut nous consoler, essuyer nos larmes, nous aider à porter le fardeau de nos misères, venez à moi vous tous qui êtes affligés et je vous soulagerai " (math. XI).

Dans les moments d'angoisse, rien ne soulage le cœur comme une prière bien faite. Une main invisible alors sèche nos larmes ; chacune de nos paroles, chaque mouvement de notre cœur semble monter vers les cieux et retomber sur nous comme un vent léger qui dissipe les nuages, comme une rosée qui ranime la plante des­séchée ; le calme revient, l'amertume s'adoucit, la sérénité de la conscience fait ouvrir ce cœur qui allait se fermer à la joie. " La prière, dit saint Jean Chrysostôme, est le refuge des âmes tristes, le fondement de la joie, la source d'un perpétuel bonheur. " Elle est, dit saint Nil, un talisman contre la tristesse et le décourage­ment. " Ces paroles ne sont que le commentaire de cette parole de l'Apôtre : "Si quelqu'un de nous est triste, qu'il prie " (jac. v). Qu'il prie avec son âme, avec sou cœur ; qu'il prie avec amour, avec confiance ; qu'il se jette comme un enfant bien-aimé entre les mains de Dieu et jamais sa confiance ne sera trompée.

Lacordaire, ayant un jour à définir la prière, le fit en termes magnifiques : la prière, dit-il, est l'acte tout puissant qui met les forces du ciel à la disposition de l'homme. Quelle belle pen­sée ! C'est parce qu'elle est vraie que Jésus, le vaincu divin, ne peut s'empêcher de confesser sa défaite : " Demandez, dit-il et vous recevrez ; frappez et l'on vous ouvrira ; tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donnera. " Que d'exemples nous avons de cette vérité dans nos saints Livres !

Voyez Moïse ; le Seigneur veut exterminer Israël, ce peuple idolâtre, qui, oublieux de tant de bienfaits, s'est mis à adorer le veau d'or. Moïse n'a pas encore ouvert la bouche, il n'a pas encore dit une seule parole, mais son âme va prier et c'est assez pour que la colère divine soit désarmée. Dieu ne peut plus sévir. " Laisse-moi, dit-il à Moïse, afin que mon courroux s'enflamme et que je les détruise. " Mais Moïse ne renonce pas à son dessein et Israël est épargné. Ainsi donc la seule approche de la prière suffit pour sauver ces âmes.

Voyez Agar. Elle est partie désespérée, folle de douleur, abandonnant son fils sous un palmier où il meurt de faim et de soif. Elle n'a plus que cette pensée : ''Au moins je ne verrai point mourir mon enfant. " Mais bientôt elle n'y tient plus, elle se met à sangloter, elle pleure, " elle envoie, dit Mgr Bougaud, je ne sais quel cri. " Et à l'instant même, un ange apparaît qui lui montre une source d'eau vive. C'est la vie ! C'est le salut ! Et à quoi sont-ils dus ? A la puissance que possède sur le cœur de Dieu la prière.

Cela est encore plus frappant dans l'Évangile. Voyez le cen­turion dont le serviteur va mourir et qui demande à Jésus de le sauver. " J'irai, répond le Maître, et je le guérirai. " (math. VIII) Voilà Jaïre qui vient de perdre sa fille unique, à douze ans, l'âge de tous les charmes et de toutes les espérances " Ne crains rien, lui répond Jésus, aie la foi et elle sera sauvée. " Et l'en­fant est rendue à son père. (Luc VIII) Voilà un homme qui se jette à ses genoux et lui demande la guérison de son fils possédé du démon. Jésus de suite délivre le petit. (math, xvn) — Et le jeune homme de Naïm ! Sa mère, elle ne va pas se prosterner aux pieds du Sauveur ; elle ne le voit même pas ; aveuglée par ses larmes, absorbée par sa douleur, elle suit le cercueil de son fils ; mais Jésus l'aperçoit ; cette douleur silencieuse l'émeut ; il ne peut voir plus longtemps souffrir cette femme. " Ne pleure pas," lui dit-il. Puis de sa voix toute puissante, s'adressant au mort: "Jeune homme, dit-il, je vous le commande, levez-vous, et le jeune homme se lève, l'enfant est rendu à sa mère (Luc, 7).

Comme les saints ont bien prouvé cette efficacité de la prière ! Voyez sainte Catherine de Sienne, l'admirable fille de saint Do­minique ; elle convertit tant d'égarés par ses supplications que le Pape, saint Grégoire XI est obligé de lui adjoindre quatre con­fesseurs qu'elle tient incessamment occupés au tribunal de la pénitence. Voyez sainte Thérèse ; il a été dit d'elle que, par ses oraisons, elle avait ramené autant d'âmes à Dieu que saint Fran­çois Xavier par ses prédications et ses miracles.

Allons donc dans nos prières trouver le vrai consolateur, l'ami souverain qui connaît le mieux les routes de l'âme pour y faire pénétrer la vie et la confiance. Disons-lui : " Seigneur, répandez, la joie dans mon âme, parce que j'ai élevé mon cœur vers vous." (Ps. 85). "Au jour de la tribulation, j'ai cherché le Seigneur et je n'ai point été déçu dans mes espérances ; mon âme a refusé les consolations de la terre et j'ai trouvé la joie. (Ps. 76).

La porte du cœur de Jésus est toujours ouverte à toutes les heures du jour et de la nuit ; il est toujours prêt à entendre nos supplications avec la plus grande bonté. Non content de cela, il nous invite, il nous sollicite, il nous presse, il va même jusqu'à nous menacer pour nous déterminer à aller à lui. Jamais il ne se rebute de nos importunités et des ennuyeux récits que nous lui faisons de nos misères et de nos besoins ; on n'a jamais ouï dire que personne se soit retiré mécontent d'auprès de lui ; chacun, au contraire, y a trouvé la consolation et le secours qu'il cherchait.

Prier, c'est donc détacher de la terre nos pensées, nos senti­ments, nos affections, et élever notre esprit, notre cœur, notre volonté, tout notre être jusqu'au trône du Très Haut, notre Créateur et notre Maître, notre bienfaiteur et notre Père.

La prière est le premier moyen de sanctification que nous a donné le Père Céleste, celui qui nous fait obtenir tous les autres ; c'est en elle que tous les saints ont placé la meilleure espérance du salut.

Quelle douce satisfaction de savoir que nous pouvons beau­coup auprès de Dieu. Lorsqu'un homme jouit de la confiance d'un de ses semblables haut placé, ses amis le flattent, en lui disant : " Heureux mortel, vous n'avez qu'à demander pour obtenir. "

Eh bien ! Nous sommes tous de ces heureux mortels ; nous avons nos entrées libres, non pas chez un ministre ou chez un roi de la terre, mais chez le Roi des rois pour y recevoir des secours pour tous nos besoins temporels et la promesse d'un, trône glorieux dans l'éternité.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 15:47

Les secours de Dieu sont acquis par ceux qui prient…     

Mais la mère est toujours en prières ; n'est-il pas juste que les enfants prient aussi avec elle ?

C'est du reste la doctrine de tous les saints Pères que notre salut se trouve dans la prière.

"L'homme, dit saint Alphonse de Liguori, est tout à fait in­capable d'obtenir son salut par lui-même, puisque Dieu a voulu que tout ce qu'il a et tout ce qu'il peut avoir lui vînt du seul secours de sa grâce. Mais ce secours, Dieu ne l'accorde, suivant sa Providence ordinaire, qu'à celui qui prie." Ces paroles du saint docteur résument l'enseignement commun des théologiens qui sont d'accord sur ce sujet avec les plus grands docteurs de l'Eglise.

" L'humidité est nécessaire aux plantes pour leur garder la fraîcheur et la vie, dit saint Jean Chrysostome ; la prière est encore plus indispensable à notre âme pour la maintenir dans la vie de la grâce et pour la sauver." "La prière, dit encore ce grand Saint, est à notre âme ce que le soleil est au monde : le soleil éclaire, réchauffe, réjouit, donne la vie ; de même la prière éclaire notre entendement, échauffe notre volonté, réjouit notre cœur et donne la vie à notre âme. " Otez le soleil au monde, ce ne sera plus que ténèbres, que glace, que tristesse, qu'ombre de mort ; mais que l'on nous ôte la prière, ce n'est plus qu'obscu­rité dans notre esprit, que glace, qu'amertume dans notre cœur, que crainte et menace de mort dans notre âme. Un chrétien sans la prière est comme un soldat sans armes ; il sera bientôt taillé en pièces par son ennemi ; c'est un aveugle sans guides, il ne sera pas longtemps sans tomber dans quelque précipice ; c'est un oiseau sans ailes, il demeurera toujours sur terre sans pouvoir s'élever vers le ciel.

" Comme le corps ne peut se soutenir sans la nourriture, ainsi l'âme, dit saint Augustin ne peut conserver la vie sans la prière. " Et le même docteur affirme que " celui-là ne saura jamais bien vivre qui ne saura pas bien prier. "

" La prière, dit encore saint Augustin, est la force de l'homme et la faiblesse de Dieu. Par elle, l'homme peut monter au ciel, s'ouvrir un chemin parmi les saints, fendre la foule des anges, forcer les gardes du plus grand des monarques, s'élever jusqu'à son trône, enlever la foudre de ses mains puissantes, la faire des­cendre des hauteurs de sa majesté et de sa gloire infinie jusqu'à nos misères et l'obliger à nous faire miséricorde. "

C'est la même pensée qu'exprimait Tertulien quand il dit : " La prière est une puissance qui commande à Dieu lui-même ; elle triomphe du Tout Puissant. "

" Et le Christ, dit saint Nil, tressaille de joie quand on lui fait violence. "

Saint Thomas ne craint pas de dire que " celui-là est perdu qui ne prie pas. " Saint François d'Assise avait coutume de dire que " sans la prière on ne peut espérer rien de bon de la part d'une âme."

Ce que le soleil est à la nature pour la vivifier, ce que l'air est aux pommes, ce que les armes sont au soldat, le pain à la vie matérielle, l'eau au poisson, l'âme au corps, la prière l'est à l'âme. " La prière dit sainte Thérèse est la porte céleste par où passent les dons du Seigneur. "

Cela nous montre avec une consolante évidence que si chétif que soit l'homme ici-bas, il a cependant sous la main le moyen infaillible de s'élever au dessus de sa condition et d'opérer des merveilles puisqu'il peut s'approprier la force de Dieu par la prière.

C’est ce que nous prouve la conduite de toutes les âmes vrai­ment désireuses d'opérer leur salut et de gagner le ciel. Elles se sont toujours appliquées avec le plus grand soin à la prière dont elles se sont fait une arme puissante.

C'est ce que nous prouve surtout l'admirable conduite des saints, de ces héros du christianisme qui se sont élevés si haut sur les degrés de la perfection et ont fait l'admiration de leur siècle par leur dévouement au service de Dieu et par la grandeur de leurs vertus. C'est la puissance de la prière qui leur a permis de mener une vie admirable qui les a conduits pleins de gloire dans la cour céleste. Tous savaient que, pour sauver une âme, il faut combattre généreusement et vaincre ses ennemis ; car, selon la parole de saint Paul : " Personne n'est couronné s'il n'a com­battu vaillamment ! " (II tim. 11) Et d'un autre côté, il nous est impossible de triompher d'ennemis puissants et nombreux sans le secours de Dieu. Or ce secours nous venant de la prière, il en résulte que la prière est indispensable et que sans elle il n'y a pas de salut." Dieu veut nous donner l'appui de ses grâces, dit saint Augustin, mais il ne le donne qu'à celui qui l'invoque.

Tous les saints ont compris que ce ne sont pas les efforts et les industries de l'homme qui convertissent, mais la grâce de Dieu, laquelle s'obtient surtout par la prière. Ils comprenaient que la prière est à celui qui veut glorifier Dieu par le salut des âmes, ce que les armes sont au soldat, et qu'on avance plus la conversion des pécheurs, la sanctification des justes, l'œuvre de la rédemp­tion, en s'adressant directement à Jésus-Christ qui seul a la clef des cœurs pour les ouvrir à la grâce, que par n'importe quel autre moyen. Aussi quelles longues heures n'ont pas consacrées à la prière ! Lorsqu'ils ne pouvaient pas converser à loisir avec Dieu pendant le jour, absorbés qu'ils étaient par les exigences d'un ministère ou d'un travail incessant, ils le faisaient pendant la nuit.

C'est même ce que prouve la conduite des hommes les plus indifférents, même de ceux qui se proclament impies. Que faut-il pour réveiller en eux l'instinct de la prière ? Que faut-il pour ramener sur les lèvres les accents, le langage de la prière ? Un simple accident, un malheur subit, la nouvelle d'un trépas imprévu, un grand danger, une catastrophe, quelque chose enfin qui les mette face à face avec la mort et qui les rappelle au sentiment de leur petitesse et de leur impuisance. Cela s'est vu en tout temps et cela s'est vu quelquefois au prix des plus étranges contradictions.

En 1795, Voleny, le trop fameux auteur des Ruines, s'embar­quait au Havre pour New York. Le navire qui le portait fut as­sailli par une affreuse tempête, il faillit être englouti. L'impiété du prétendu philosophe se démentit en cette occasion, et lui qui n'avait pas rougi d'écrire deux ans auparavant que "la prière était une dépravation de la morale, lui, esprit fort, libre penseur, lui, athée, fut aperçu, pendant l'orage, blotti dans un coin du navire, tenant un chapelet à la main. Il avait aperçu un chapelet et il l'avait saisi, il en avait armé ses mains et son cœur, il priait." Et après que l'orage fut passé, comme quelques passagers lui témoignaient leur surprise: "Messieurs, dit-il, on est athée au coin de son feu ; on ne l'est plus quand la foudre gronde et entr'ouvre des abîmes.'’

Que d'aveux sont tombés des lèvres d'autres grands hommes, revenus de leurs égarements ! Que ceux qui ne veulent connaître les angoisses et les luttes qui ont précédé leur retour imitent ces chrétiens plus généreux et plus glorieux tout à la fois qui ont demandé dès leur jeunesse un appui à la prière contre leur infir­mité naturelle, pour n'être pas obligé de recourir plus tard à elle après de lamentables chutes. Le siècle dernier nous fournit de nombreux modèles de ces dignes fils de l'Eglise.

C'est O'Connel, qui, au milieu des travaux sans nombre de son apostolat politique, assistait chaque jour à la messe, communiait souvent la semaine et répétait le Souvenez-vous avec la ferveur d'un religieux.

C'est Ampère qu'on surprenait parfois, agenouillé dans un coin de l'église, récitant pieusement son chapelet.

C'est Récamier qui poussa bien plus loin cette tendre dévotion à la Sainte Vierge et déclarait lui-même multiplier chaque jour les Ave Maria dans ses courses, en voiture, dans sa chambre et par­tout.

C'est Drouot dont Lacordaire a pu dire : " La prière jail­lissait de son cœur avec une onction qui a été plus d'une fois remarquée. Un jeune artiste introduit furtivement dans sa chambre pour recueillir ses traits, vit l'illustre aveugle, qui se croyait seul avec Dieu, lever à plusieurs reprises ses mains vers le ciel dans un épanchement religieux, attesté sur sa noble figure par l'illumination d'une joie divine. "

C'est Ozanam qui s'écriait dans l'élan de sa foi : " O vous à qui la prière semble un hom­mage inutile, regardez et voyez tous ces peuples à genoux devant leur Dieu ; entendez ce concert immense, cette vaste harmonie qui monte vers le ciel. Au milieu du silence de la nature, l'intel­ligence de l'homme s'élève seule, mais elle s'élève vers le Tout Puissant. Ainsi l'homme, le roi de la création, en est en quelque sorte le pontife ; il la représente devant Dieu quand il prie. " La prière est donc le cri naturel de l'âme humaine.

Un fils se plaît dans la société de ses parents ; il aime à s'entre­tenir avec eux ; il leur témoigne toutes sortes de prévenances ; il ne s'épargne pas quand il peut leur rendre quelque service ; il les aide dans leurs travaux et les console dans leurs peines ; à aucun prix il ne voudrait les contrister, même par une légère offense. Si quelque faute lui échappe, il s'empresse d'en exprimer du regret et de solliciter un pardon.

Que cette conduite d'un fils envers son père soit donc la nôtre à l'égard de notre Père du ciel. Aimons à prier ; efforçons-nous de nous rendre agréables à Dieu par la pratique de toutes les ver­tus ; que la prière tienne une grande place dans notre vie. Elle établira un mystérieux commerce entre la créature et le Créateur, entre la faiblesse et la puissance, entre l'indigence et l'Auteur de tout bien.

La prière est une puissance dont nous pouvons disposer en toute circonstance ; elle est une arme qui assure la victoire dans l'épreuve de la tentation. La persévérance finale est accordée à la prière et les biens temporels eux-mêmes ne sont pas refusés, s'ils sont utiles pour le salut. Ne pas prier c'est donc méconnaî­tre un devoir et méconnaître ses plus graves intérêts. Combien de grâces perdues pour n'avoir pas été sollicitées ? Que de fautes commises parce qu'on omet de recourir à la prière !

On a dit que la prière était la respiration de l'âme ; nulle image ne saurait en donner une idée plus nette et plus fidèle.

Quand on respire, dans ce va-et-vient de la poitrine qui s'ouvre à l'air pur, tour à tour nous exhalons les gaz délétères et aspirons le gaz vivifiant dans lequel toute vie terrestre est plongée.

De même, par la prière, notre âme exhale ses misères ; cha­grins, besoins, péchés ; puis elle attire en elle la grâce qui la ranime ; la bénédiction qui la console, la miséricorde qui l'ab­sout.

Prions donc ; la prière est le point d'appui de l'impuissance et le secours de ceux qui manquent de tout secours humain ; elle est la flèche rapide et sure qui ouvre le cœur de Dieu et qui fait couler de cette source divine Fondée sanglante de la grâce.

Celui qui ne prie pas, manquant de cette fécondante rosée, se desséchera comme cette jeune tige que l'eau du ciel ne vient pas vivifier ; il ne portera ni rieurs ni fruits ; bien plus, celui qui ne prie pas est déjà mort devant Dieu.

La prière ouvrira le ciel sur notre vie ; elle épanchera la lumière qui éclairera nos pas ; l'aliment qui nourrira notre vertu, la céleste pluie qui fécondera nos travaux, l'huile sacrée qui adou­cira nos douleurs et fermera nos blessures.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 15:06

La prière est la clef des trésors du ciel…                              

Le besoin de prier naît avec nous et toujours il demeure en nous comme un merveilleux soutien au milieu des tristesses de notre vie. Celui qui connaît Dieu avec sa puissance suprême et sa bonté infinie et qui comprend sa faiblesse et son néant, ne peut s'empêcher à certains moments, surtout quand il est brisé par la tristesse, meurtri par la douleur ou menacé par le danger, de pousser un cri d'appel à la Toute-Puissance qui, seule, peut le secourir, et ce cri, c'est la prière. Ce cri de l'âme est un aveu de notre faiblesse et en même temps c'est une marque de notre confiance en notre Père céleste. Ce qui a fait dire justement que la prière " est l'aveu d'une indigence qui espère. "

Et Dieu, a toujours voulu que nous recourrions à sa libéralité. Il veut ne rien nous refuser mais à la condition que nous lui de­mandions tout. "Demandez et vous recevrez." (jean XVI) Demander pour recevoir, voilà la loi et, parmi les commandements que Dieu nous a donnés, il n'y en a pas de plus précis.

Cette loi de la prière date de l'origine du monde. Ouvrons l'Ancien Testament et nous verrons que le Saint Esprit s'y atta­che d'une manière toute particulière à nous faire comprendre que la prière est notre lumière dans le doute, notre force dans la fai­blesse, notre consolation dans la peine, notre soutien dans le péril et les maux de la vie, l'unique moyen de rendre à Dieu la gloire, les hommages et les actions de grâces qui lui sont dues à cause de ses infinies perfections et des bienfaits sans nombre qu'il ne cesse de répandre sur nous.

Les Livres Saints sont remplis des supplications des patriar­ches et des prophètes ; et les prières ferventes d'Abraham, de Moïse, de David et de tant d'autres saints personnages de l'An­cienne Loi sont un témoignage de la grande et antique loi de la prière.

David comprenait si bien la nécessité de la prière qu'il priait en tout temps, tantôt pour appeler Dieu à son secours contre les pièges de ses ennemis, tantôt pour le remercier des grâces qu'il lui accordait ou pour bénir son saint nom : "0 mon âme, s'écrie-t-il à chaque instant, bénis le Seigneur. "

C'est la prière qui fut la force de Moïse, la ressource de sa foi, le secret de son courage, l'unique défense que ce grand législa­teur présentait humblement à Dieu pour fléchir sa colère et ob­tenir le pardon de son peuple.

C'est la prière qui sauva Ninive de la haine que Jonas lui avait annoncée ; c'est elle qui délivra Béthulie des soldats d'Holo-pherne, Jérusalem des menaces de Sennachérib ; c'est elle qui donnait à Josué ses victoires, à Gédéon son indomptable éner­gie, à David son audace contre ce géant philistin qui insultait le peuple de Dieu et que le jeune pâtre terrassa de sa fronde.

Pendant la captivité de Babylone, c'est elle qui sauva Daniel de la fureur des lions, qui préserva les trois jeunes hébreux dans la fournaise ardente, qui justifia Suzanne accusée de crimes par des juges prévaricateurs etc…, toutes ces choses ne s'accompli­rent que par le secours de la prière.

Si de l'Ancien Testament nous passons au Nouveau, nous y trouverons des témoignages, encore plus expressifs et plus frap­pants, de la nécessité de la prière. Cette nécessité, Jésus nous l'insinue presqu'à chaque page de l'Évangile. En parcourant les villes et les bourgades de la Judée, il ne se lasse pas de redire à ses nombreux disciples et aux foules nombreuses qui venaient l'entendre. "Il faut toujours prier. " " C'est moi qui vous le dis, demandez et vous recevrez. " (Luc XI) " Si vous demandez quelque faveur à mon Père en mon nom, vous serez exaucé. "

Qu'il est consolant pour nous d'apprendre, au sein de notre indigence et de notre néant, que nous n'avons qu'à nous adresser à Dieu pour obtenir tout ce que nous demanderons. Et ce qui doit être le comble de notre bonheur, c'est que Dieu s'engage à se rendre à tous nos désirs justes et raisonnables sans exception ; " Demandez-moi ce que vous voudrez et je vous le donnerai." (marc VI)

De nous-mêmes, nous ne sommes que poussière, faiblesse et néant ; cependant nous avons des ennemis nombreux et puis­sants qui ne travaillent qu'à nous perdre. Si nous sommes livrés à nous-mêmes nous serons infailliblement perdus, notre perte est assurée ; nous n'avons d'autres ressources que de nous attirer la protection du ciel et cette protection, nous ne pouvons l'obte­nir que par la prière. C'est ce que le Divin Maître s'est attaché à nous faire comprendre au jardin des oliviers quand il dit à ses Apôtres : " Veillez et priez, afin que vous ne succombiez pas à la tentation ; "c'est-à-dire, vous êtes faibles et l'ennemi est fort ; la prière vous est nécessaire afin de ne pas tomber entre ses mains.

Jésus savait quelle tâche gigantesque serait celle des Apôtres et, après les avoir quittés pour monter au ciel, il ne sera plus là pour les soutenir. Aussi au soir du Jeudi Saint, après l'institu­tion de la Sainte Eucharistie, il leur dit le moyen infaillible qu'il allait leur laisser pour obtenir la grâce, l'arme toute puis-saute avec laquelle ils vaincraient leurs ennemis ; et ce moyen, cette arme, c'est la prière : " En vérité, je vous le dis, tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donnera. "

Et Jésus ne n'est pas contenté de prêcher par ses paroles la nécessité de la prière, il le fit encore par ses admirables exemples. En présence du tombeau de Lazare, avant d'opérer sa résur­rection, Jésus-Christ lève les yeux en haut et fait monter vers le ciel le précieux encens de sa prière qui est favorablement accueil­lie de la part de son Père. " (jean XI)

Souvent fuyant les bruits du monde, il allait demander un abri au désert et à la solitude et là, dans un divin ravissement, que lui procurait son zèle incommensurable pour le salut des âmes, il prolongeait sa prière, parfois même il passait sa nuit en prière.

Les Apôtres, ces hommes à la foi naissante, étaient dans l'ad­miration d'entendre Jésus leur parler si souvent de la prière et surtout de le voir prier avec une si religieuse assuidité.

Une vie passée tout entière dans la prière ne pouvait se ter­miner que par la prière. Aussi attaché à la croix, élevé entre le ciel et la terre, sur le point de rendre le dernier soupir, Jésus-Christ n'ouvre la bouche que pour prier. Il prie d'abord pour les bour­reaux qui l'ont maltraité ; il demande à son Père de leur pardon­ner, il cherche à les excuser : " Père, pardonnez leurs car ils ne savent ce qu’ils font." (Luc, xxIII) Et sa dernière parole est adressée à son Père ; entre ses mains il remet sa belle âme.

Les Apôtres comprirent les enseignements de leur Divin Maî­tre et, au soir de l'Ascension, nous les voyons réunis dans le Cénacle avec la Très Sainte Vierge Marie, s'adonnant avec calme à la prière. (Act. 1, IV)

Les Apôtres comprirent cet enseignement. Aussi n'y a-t-il rien qu'ils recommandent avec plus de sollicitude que la prière, ni sur quoi ils reviennent et insistent plus souvent : "Soyez prudents et persévérez dans la prière, dit saint Pierre. Et saint Paul de dire : " Priez sans relâche, rendez grâces à Dieu en tou­tes choses ; car telle est la volonté de Dieu en Jésus-Christ par rapport à vous tous. " (1 tim. v)

Ce n'est pas seulement par leurs discours que les Apôtres exhor­taient les fidèles à la prière, mais ils les entraînaient encore par leurs touchants exemples ; car ils partageaient leurs temps entre la prière et les saintes fonctions de leur ministère. Et pour pou­voir s'appliquer eux-mêmes entièrement à la prière et à la prédica­tion de l'Evangile, ils élurent sept diacres pour les charger du soin des aumônes.

Les Apôtres, disait saint François de Sales, joignaient tou­jours la prière à la prédication. "Et de fait, s'ils convertirent le monde, ce n'est pas par la force des armes, ni par la puissance,. de l'or, ni par le prestige du savoir et de l'éloquence, c'est par quelque chose de bien plus merveilleux que tout cela, c'est par la prière, la souffrance et la prédication de l'Evangile. "

A l'exemple de Jésus-Christ et des Apôtres, l'Église a toujours cherché à faire comprendre à ses enfants que la prière est la clef des trésors du ciel.

Elle prie pour l'enfant afin que Dieu l'appelle dans sa miséri­corde aux enseignements de la foi et ouvre devant ses pas la voie de la piété et, plein des suaves parfums des préceptes de la loi sainte, il fasse la joie de l'Eglise et croisse de jour en jour en grâces et en vertu.

Elle prie pour le malade afin de lui obtenir la santé du corps, si telle est la volonté de Dieu, ou de le préparer au grand voyage de l'éternité, si Dieu juge à propos de l'appeler à Lui.

Elle prie sur la tombe comme sur le berceau. Revêtue des or­nements de deuil, elle prononce d'une voix plaintive, autour du cercueil, ces douloureuses lamentations : "N'entrez pas, Seigneur, en jugement avec votre serviteur, car personne ne saurait être purifié sans que vous lui accordiez la rémission des péchés ; ne l'accablez pas de votre sentence redoutable, mais secourez-le par votre sainte grâce afin qu'il évite la rigueur de vos jugements.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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