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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 14:42

Le précieux Sang

Dans la nuit de jeudi à vendredi, il me fut donné de voir mon divin Sauveur crucifié, couvert de plaies et gisant dans son sang. Je vis surtout d'une manière très distincte les pensées cuisantes de son âme divine. J'ai compris que c'était pour mon amour que Jésus, l'Agneau sans tache, endurait de si cruelles souffran­ces ... Et ma douleur devint pour un moment profonde comme la mer. Le péché m'apparaissait dans toute sa malice. De l'oeil de l'intelligence, je voyais Dieu irrité des outrages qu'il reçoit de la part de ses créatures, et déchargeant les coups de sa justice sur la Victime immaculée. Au milieu de ces atroces tortures, la voix gémissante du Bien-Aimé se fit entendre à mon âme. Elle lui disait : Ouvrez-moi votre coeur, -mon épouse, parce que par­tout on me rebute. Mettez-moi à l'abri de mes persécuteurs; étanchez ma soif brûlante, donnez-moi de l'amour, aimez-moi pour ceux qui insultent à mes douleurs, qui se moquent de mon amour, qui foulent aux pieds le Sang que j'ai versé au milieu d'incom­parables douleurs, qui font de leurs âmes que j'ai créées à mon image, que j'ai imprégnées de mon Sang, de véritables repaires de démons... Tout hors de moi-même, en voyant le Dieu fait homme écrasé sous le poids des douleurs et des opprobres, j'ai juré à mon divin Époux que je voulais m'immoler avec Lui et verser jusqu'à la dernière goutte de mon sang, pour lui gagner des âmes... Jésus répétait encore : Je rejetterai ceux qui me rejettent, je me rirai de ceux qui me méprisent, je foudroierai ceux qui se moquent de moi et font peu de cas de la valeur de mon Sang. Mais ceux qui méditent ma Passion et ma mort, qui s'en appliquent souvent les mérites infinis, qui aiment à contempler mes souffrances, qui désirent partager mes angoisses et mes hu­miliations, ceux-là sont mes bien-aimés... Je les porterai dans mon coeur, je les nourrirai de mon Sang.

 

Venez donc, Aurélie, vous désaltérer avec confiance et amour à la source du salut et de la vie. Venez, mes plaies sont ouvertes pour vous recevoir, mon Sang coule pour étancher votre soif insa­tiable et vous vivifier ! Je m'approche avec tremblement du Dieu trois fois saint, j'applique ma bouche sur son divin Coeur et je bois à longs traits le Sang vermeil et chaud qui s'en échappe... Le ciel est dans mon coeur ou plutôt mon coeur est au ciel. Je jouis des promesses de Jésus. Je possède la récompense promise à ceux qui chaque jour boivent le Sang et qui travaillent à le faire connaître et glorifier. Mais bientôt, à cette paix profonde succè­de l'agonie de l'âme ... Je pleure de ne pouvoir assez aimer Celui qui vient de me donner des marques du plus tendre amour. Au sortir de cette union, je me sens dévorée d'un zèle brûlant... Ce fut dans ces dispositions que quelques heures plus tard, je reçus mon Bien-Aimé. Ai-je besoin de vous dire ce qui s'est passé dans l'union eucharistique ? ... L'Époux a donné du Sang à l'épouse, II a guéri ses infirmités, II a communiqué à son âme une fermeté inébranlable, II a dissipé ses doutes, II lui a assuré sa divine pro­tection par ces paroles : Chère épouse rachetée de mon Sang, met­tez-vous à l'œuvre et ne craignez rien ! Je serai près de vous pour vous secourir dans tous vos besoins...

 

La dévotion au Précieux Sang

Une lumière subite éclaira en même temps mon entendement, e vis d'une manière très distincte que j'étais appelée à travailler la fondation d'une arche où viendrait s'abriter une troupe d'éli­te ... Je ne doutais plus des promesses de Jésus-Christ et, dans l'enthousiasme  d'une  reconnaissance sans égale, je m'écriai : Je veux, je crois, j'espère !

 

— Mais, dit Jésus, il ne suffit pas de vouloir, de croire et d'at­tendre; il faut se hâter de faire ma volonté, que je t'ai plus d'une fois manifestée.

— Seigneur, vous voyez mon coeur, vous connaissez l'ardeur de mes désirs. Vos ministres n'ont qu'un mot à dire et je suis à l'Oeuvre.

 

Eh bien ! Mets de côté le sentiment de crainte qui t'arrête et, tout en confessant ton indignité, sollicite vivement de ma part, l'exécution de mes desseins sur toi et sur un grand nombre d'âmes. N'hésite plus à croire que je t'ai choisie pour être l'amante de mon Sang et que par toi, il doit être connu, aimé et glorifié.

 

Au moment où ces paroles sont prononcées, une figure res­plendissante de beauté et de lumière m'apparaît... C'est un hom­me revêtu d'une immortelle jeunesse et qui, en me montrant ses mains, ses pieds et son côté percés d'où s'échappent des rayons lumineux et des torrents de sang, me dit d'une voix forte et douce : Je suis l'Époux des vierges; je suis la vraie Voie, la Vérité souveraine et la véritable Vie.,. Suivez-moi et à votre suite mar­chera cette troupe de vierges que vous voyez. Le regard de mon intelligence fut illuminé et je vis qu'en effet un cortège de vier­ges plus blanches que la neige et plus vermeilles que la rosé s'avançait vers moi... Jésus les aspergeait de son Sang en disant : Soyez bénies, ô vierges, qui avez été jugées dignes de marcher à la suite de l'Agneau immaculé, de partager ses souffrances, ses humiliations, ses abandons... Pour prix de votre généreux dé­vouement, de vos sacrifices, de vos larmes et de vos prières, vous partagerez, dans le ciel, ma félicité. Je ferai jaillir sur vous la gloire que me procurera le salut des pécheurs. En retour des âmes que vous enfanterez à la vie de la grâce, je ceindrai vos fronts d'une auréole particulière dans la cité des élus. Au jour de mes vengeances, vous serez à l'abri des coups de ma justice; vous par­tagerez la gloire des Apôtres, la récompense des Martyrs, le bon­heur des Vierges.

 

Au nom de Jésus crucifié que j'ai vu, que j'aime et que j'ai choisi pour mon unique Époux, je viens vous conjurer, mon Père, de ne pas suspendre plus longtemps l'exécution de la volonté de Dieu. Ne retardez pas mon bonheur; ne laissez pas perdre l'orne­ment de gloire que l'Église recevrait de la pauvreté, de l'humilité, de la pureté et de l'amour des vierges adoratrices du Sang Pré­cieux, filles de Marie Immaculée. Sinon, vous aurez à rendre compte aussi exactement que possible de tout ce qui s'est passé vendredi. Il ne me reste plus qu'à m'anéantir profondément en la présence de Dieu... Je serais prête à perdre mille vies plutôt que de manquer à croire et à soutenir la vérité des paroles et des promesses de mon Époux d'amour... C'est dans ces sentiments qu'humblement prosternée devant l'adorable majesté de Dieu, je le conjure, au nom de la Passion de son Fils, au nom du Sang très précieux, au nom de la Vierge Immaculée, d'avoir pitié de moi, qui n'ai d'autre ambition que d'aimer mon Sauveur crucifié et de procurer la gloire de son Sang. A vous maintenant de peser toutes ces choses et à moi d'exécuter promptement tous vos ordres que je regarderai comme venant de Dieu même. Demandez à Ma­rie qu'elle me fasse part de son humilité et de sa soumission.

Mère Catherine Aurélie du Précieux Sang.

 

Extrait de : NOURRITURES  spirituelles.  Tome 1  (1956)

 

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