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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 20:30

 


Dans le portefeuille d'un jeune homme vivant au milieu du monde on a trouvé la règle de conduite  suivante, qui est de sainte Thérèse. Cette règle ne le quittait jamais : Il en faisait le directoire de sa vie journalière : exem­ple bien digne d'être imité. Nous ne pensons pas qu'on puisse trouver nulle part une formule plus sage, plus précise, plus complète dans sa brièveté.

 

Parlez peu, quand vous serez avec plusieurs personnes, ne contestez jamais, principalement en des choses peu importantes.

Accoutumez-vous à l'humeur des personnes auxquelles vous avez affaire. Soyez joyeux avec ceux qui sont joyeux, triste avec ceux qui sont dans la tristesse ; faites-vous tout à tous pour les gagner tous.

Ne vous excusez jamais, à moins qu'il n'y ait grande raison de le faire.

Ne dites ja­mais de bien de vous, soit pour l'esprit, soit pour la vertu, soit pour la naissance, à moins que vous n'ayez sujet d'espérer que cela pourra être de quelque utilité aux personnes à qui vous le direz ; encore faut-il alors le dire avec humilité, vous souvenant que ce sont de purs dons du ciel.

Ne parlez jamais avec exagération ; mais dites simplement, sans chaleur, ce que vous pensez.

N'assurez jamais rien sans le bien savoir.

Faites toutes choses comme si vous voyiez véritablement Dieu pré­sent devant vous : c'est un moyen sûr de faire de grands pro­grès dans la vertu.

N'écoutez jamais ceux qui disent du mal des autres ; n'en dites jamais de personne, si ce n'est de vous-même ; encore le mal qu'on dit de soi est-il souvent un acte de vanité déguisée.

Lorsque vous serez dans la joie, ne vous laissez pas empor­ter par des rires immodérés ; mais que votre joie soit humble, douce, modeste et édifiante...

Ne pensez point aux imperfec­tions des autres, mais seulement à leurs vertus ; pour ce qui vous regarde, ne pensez qu'à vos défauts. Détachez votre cœur de toutes les choses de ce monde ; recherchez Dieu, vous le trouverez.

Fuyez toujours la singularité, autant qu'il vous sera possi­ble : c'est un mal fort dangereux dans toute société. Ne faites point paraître la dévotion que vous avez dans le cœur, si quelque grande nécessité ne vous y engage. « Mon secret est pour moi », disaient saint Bernard et saint Fran­çois.

 

Pour ce qui regarde les mœurs, ne faites jamais rien qui ne puisse se faire devant tout le monde. Ne faites jamais de com­paraisons entre les personnes, parce que les comparaisons sont odieuses.

Fuyez la curiosité dans les choses qui ne vous regardent point ; évitez d'en parler et de vous en informer.

Faites souvent des actes d'amour, parce qu'ils enflamment et attendrissent le cœur.

Soyez doux envers les autres et ri­goureux à vous-même.

Ayez grand soin d'examiner tous les soirs votre conscience.

Lorsque vous serez en colère, ne reprenez jamais personne, mais attendez que vous n'y soyez plus, si vous voulez que votre correction soit utile...

Songez que vous n'avez qu'une âme, que vous ne mourrez qu'une foie, que vous n'avez qu'une vie qui est courte et qu'il n'y a qu'une vie qui est éternelle. Cette pensée vous détachera de beaucoup de choses. Que votre désir soit de voir Dieu, que votre crainte soit de le perdre, votre douleur de ne pas le pos­séder encore, et votre joie de ce qu'il peut vous tirer a lui ; par là, vous vivrez dans un grand repos... Cette heureuse pau­vreté est un si grand bien qu'il renferme tous les biens du inonde ; oui, je le redis encore, il renferme tous les biens du inonde, puisque mépriser le monde, c'est être le maître du inonde.

 

Voici encore le programme d'une autre personne du monde, résumé, comme elle le disait plaisamment, en trois conseils, six avis et dix recommandations.

 

Les trois conseils étaient les suivants :

 

1. Veillez avec soin sur vos regards.

2. Tâchez d'acquérir l'habitude des prières jaculatoires.

3. A chaque peine, chaque épreuve, chaque humiliation, faites monter vers le ciel un merci.

 

La première de ces choses conserve la vertu.

La deuxième procure le recueillement et l'amour de Dieu.

La troisième fait de nous des Saints.

 

Venaient ensuite six avis ; ceux-ci ne regardaient pas le perfectionnement moral, mais simplement la bonne organisation à l'intérieur de la maison :

 

1. Mettre chaque chose à sa place.

2. Ne pas laisser les portes ouvertes.

3. Ne pas les claquer en les fermant.

4. Ne pas courir dans les escaliers.

5. Ne jamais crier, ni rire aux éclats.

6. Tout tenir dans un tel état de convenance et de propreté que, si un étranger pénétrait subitement à l'intérieur de la maison, nous n'ayons pas à rougir.

 

Enfin, les dix recommandations :

 

Faire du bien à tout le monde ; — ne dire du mal de personne ; — écouter avant de se prononcer ; — ne jamais parler lorsqu'on est en colère ; — ne jamais refuser un service qu'on peut rendre; — être secourable aux malheureux; —conve­nir de ses torts ; —être patiente pour tout le monde ; — ne pas encourager les racontars, se défier de tous les rapports malveillants.

 

Le 17 janvier c’est la fête de Saint Antoine, solitaire.

Saint Antoine naquit dans la Haute Égypte, en 251. Ayant entendu un jour à la messe ces paroles de l'évangile : « Si tu veux être parfait, vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres ». Il se dépouilla de tous ses biens, qui étaient consi­dérables, et pria un vieil ermite de lui enseigner les préceptes de la vie spirituelle. Afin de servir Dieu plus parfaitement. Antoine se retira dans le désert, se renferma dans une masure en ruine et en mura lui-même la porte pour que personne ne pût l'y venir visiter. C'est là qu'il subit ces terribles assauts du démon, qui lui apparaissait sous la forme des plus horri­bles monstres et qui le blessa même dangereusement. Mais le courage d'Antoine ne défaillit jamais, et il triompha de tou­tes ces tentations par la confiance en Dieu et la vertu du signe de la croix. Il ne se nourrissait que de pain et d'eau, encore ne mangeait-il que le soir, après le coucher du soleil, et par­fois seulement tous les deux, trois et même quatre jours. Son vêtement consistait en un sac et une peau de brebis ; il lui arrivait souvent de passer la nuit entière à genoux et en priè­re. Des foules nombreuses accouraient à lui pour lui deman­der conseil ; après vingt années de solitude, il consentit à devenir leur guide et fonda le premier des monastères. Ses miracles attirèrent à lui un tel concours de peuple qu'il s'enfuit de nouveau dans la solitude. Il y mourut paisible­ment à un âge très avancé.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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