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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 04:55

DÉRÈGLEMENTS CATASTROPHIQUES DE LA NATURE HUMAINE

CHAPITRE I   RÈGNE DE LA CHAIR     (Première Partie)

Dans le chapitre précédent, j'ai signalé que l'âme qui a refoulé son centre, mettra l'accent sur le « sentir » ou sur le « connaître ». Je m'in­téresserai ici au premier cas.

 

L'âme, coupée de ses racines célestes, devait fatalement s'attacher à ses racines terrestres. Attachement qui engendrera des glissades, des éboulements, des retournements...

 

L'irréligion a altéré profondément la structure de la Psyché humaine : la « chair » (dans le sens paulinien) a tout envahi, elle fait vivre la pau­vre Psyché «cul par-dessus tête», — et ce n'est pas une position bien commode... (Ah mon Dieu ! Comme c'est vulgaire ! Comme j'écris mal ! Je sais, je ne suis pas un styliste, j'aime mieux dire la vérité à 1'emporte-pièce ! Et tant pis pour le style !)

 

Marx, n'a-t-il pas défini l'homme par le ventre et Freud, par le bas-ventre ?

( Ce n'est pas en vain que Dieu a laissé dans le monde, comme témoin de l'infidélité, le peuple juif ; et qu'il lui permet, dans la mesure de nos crimes, de nous entraî­ner dans le sillon de ses mirages catastrophiques, mirages d'ordre scientifique, politique ou psychologique : Darwin, Marx, Freud...)

 

Et font-ils autre chose, nos fameux psychia­tres, quand ils confondent psychologique et bio­logique ?

 

Pour ces gens-là, le moral n'est-il pas devenu de l'humoral ?

 

Certes, ils constatent un état actuel, mais con­fondre l'anormal avec le normal, l'ériger en loi universelle, faire de l'âme une simple émanation du corps... il me semble qu'ils exagèrent un petit peu... Où si l'on veut, pour parler en argot philo­sophique, ils « extrapolent ».

 

Le malaise contemporain provient d'une chute de l'énergie spécifiquement religieuse qui fut portée sur le dernier palier de la nature humai­ne : le «sentir». Si elle était maintenue à sa place, en hauteur, elle rayonnerait sur l'âme entière et la rassemblerait dans l'unité et l'har­monie. Mais quand cette énergie est arrachée à son foyer et projetée au plus bas des paliers de l'âme, elle fait naître des incubes et des succubes, des « dadas », des utopies, des engouements vio­lents. Tous ces faux dieux — le Sexe, l'Argent, l'Économique, etc. — détournent, pillent, spo­lient l'énergie religieuse... Et, ce faisant, ils engendrent les dérèglements catastrophiques des temps présents.

 

Les faux absolus attirent l'âme d'où l'on a chassé Dieu, comme le vide attire l'air. Et ce n'est pas l'air des montagnes, c'est l'air croupis­sant des souterrains qui s'y engouffre...

 

Je fais observer, dès maintenant, que la primauté du « sentir » est une inversion aux réso­nances incalculables, en faisant naître une vision du monde, des hommes et des choses à l'envers. Les bas-fonds deviennent des sommets et les sommets s'enfoncent dans la boue. Les âmes, vivant dans les pénombres de la « chair », sont annihilées : elles tourbillonnent en un immense manège fouetté par le Prince de toutes les âmes déboussolées....

Et voici l'homme occidental : succession de pensées sans liens ; adhésions superficielles et momentanées ; une âme qui croit et ne croit pas, se caresse et se bat, accueillant les impulsions, ne s'attachant à rien, demandant toujours du nouveau...

 

Qu'en sortira-t-il de cette âme privée de son centre stable et sans Dieu ? Un fait divers — entre mille — va nous répondre : un « blouson noir » tue un de ses camarades. Sans émotion ni regret, il reconnaît avoir tué son ami : « Marcel était un chic copain, il ne m'avait jamais rien fait de mal, je ne sais pas ce qui m'a pris »... Beau fruit de l'école laïque : âme sans centre, âme prête à accueillir les impulsions les plus mor­bides sans pouvoir les contrôler... Et, je le répète, ce n'est pas une exception : ces jeunes hommes, vous les rencontrerez partout aujourd'hui, en Angleterre, en France, en Suède, en Norvège, en Allemagne, en Amérique... Vous les rencontrerez dans la rue, dans le métro, chez vous-même, dans votre maison : votre enfant sorti de l'école sans Dieu est atteint : il subit le même déséquilibre et connaîtra donc le même malheur...

 

Et cette école sans Dieu qui désarçonne les âmes ne suffit pas : le rut, le vice, l'assassinat, ne sont-ils pas joliment caressés dans les livres, les revues, la radio, les cinémas ?

 

Le problème des « tricheurs », ce n'est pas tant leur amoralisme, lequel n'est qu'un effet ; la cause, c'est le vide de leur cœur que n'arrive à combler aucune foi ; c'est bien ce vide qu'ils vou­draient combler et qui les pousse aux pires excès.

 

La société surveille les dents, les yeux, les pou­mons de l'enfant, enfin tout son corps ; on l'oblige à l'aérer, à faire du sport, mais elle ne cherche pas à savoir si son milieu moral et spiri­tuel est ce qu'il doit être ; il faudra pour cela une totale contre-révolution.

 

Car il ne s'agit même plus de meurtres pas­sionnels, c'est pire : il s'agit d'un vertige d'in­conscience. On n'est plus « le père de ses actes » comme disait Aristote. A notre époque où l'on ne parle que de « prise de conscience », on voit s'épaissir de plus en plus l'obscurcissement des consciences ! Il s'agit du règne aveugle des instincts déréglés, de la primauté de la périphé­rie de l'âme où il n'y a pas — ne peut pas y avoir ! — de bien et de mal : sans le centre de l'âme, le seul qui embrasse la succession, on ne peut ni juger ni comparer : le crime est nor­mal. (Voilà le conseil qui mène au crime : « Soyez bon ou mauvais, c'est égal, mais avec franchise ! » Non, soyez bon, même si cela vous coûte ! Aujourd'hui la SINCE­RITE justifie tout ! Or, il faut dire le juste et le vrai, même si l'on se ment à soi-même ! Voyez saint Paul : « Fais ce que je dis et non ce que je fais ! ! ! ».

Ah je sais ! J'ai le tort de m'exprimer rudement, mais la charité ne consiste pas à faire plaisir, mais à faire le bien ; et faire le bien c'est d'abord dénoncer le mal : n'est-il pas charitable de cautériser au fer rouge un membre pour sauver le corps ? Mais on ose à peine aujourd'hui réclamer pour la vérité les mêmes droits que l'on accorde à l'erreur !)

 

Il s'agit de l'indulgence envers le meurtre ; du bon marché de la vie humaine et, en effet, que vaut-elle si Dieu n'est pas en elle ? Aboutisse­ment logique des « droits de l'homme » sans les « Droits de Dieu »... L'anthropophagie laïque, gratuite et obligatoire !

 

Ce n'est plus Jésus, c'est Satan qui dit : « Lais­sez venir à moi les petits enfants... Venez dans mes bras, laissez-vous attirer par mon abîme. Vous tous, enfants du monde, soyez élevés dans mon culte ! Amen ! »

 

Et surtout que Dieu vous garde de rappeler les paroles de Pie XI : « Faute d'être un temple, l'école laïque devient une tanière ». Eh oui, une pondeuse de gens de sac et de corde !

 

Et pourquoi punirait-on les crimes ? Ne fau­drait-il pas fonder « La société de protection des criminels » ? Un film célèbre ne proclame-t-il pas que « Nous sommes tous des assassins » ! Et alors, pourquoi se gêner de tuer ? Et pourquoi interner les assassins, je vous le demande ?

 

Un monde qui a oublié de « s'interner » lui-même, de creuser son âme et d'atteindre Dieu, ne faudrait-il pas qu'il aboutisse à l'inter­nement forcé du marxisme, qu'il vive en une société devenue une immense prison et qu'il soit enfin écrasé par le règne total de la «. CHAIR » !

 

                                                              ***

 

J'ai indiqué, dans la première partie de ce livre, que l'essence humaine se développe au cours de l'existence en sens inverse, en commen­çant par le plus bas de ses paliers. En ce cha­pitre où il s'agit du règne de la chair, je dois approfondir cette question.

 

En vérité, l'âme qui naît s'adapte aux lois de la chair : elle se morcelle et s'abîme en naissant... L'enfant pleure et rit, craint et désire, aime et hait, sans la moindre continuité. État de flotte­ment et de ruptures. L'âme vit dans l'instanta­néité ; elle ne se rappelle pas l'état précédent : le moi n'est pas encore incorporé, aucune force n'est là pour embrasser la succession. Ce qui explique qu'il ne faut pas chercher des phéno­mènes de continuité et de liberté dans les âmes de nos contemporains, mais de perpétuelles amnésies, (Cela explique aussi le mépris actuel pour tout ce qui est passé et tradition. Or, plus une nation plonge ses racines dans le passé et plus elle s'élance avec force vers l'avenir. Et le peuple français est un peuple privé de son histoire ! Son vrai patrimoine moral, l'histoire de ses saints, de ses rois, de ses héros, l'expansion spirituelle de la France du moyen âge est ignorée par les manuels scolaires. Ce peuple, maintenu à l'écart de son passé, subit en outre, des passes magnétiques destinées à l'en­dormir ; de temps en temps, il se réveille (dernièrement hors de la métropole) mais les passes redoublent et le voilà rendormi... Mais je ne le suis pas et je ne peux donc mettre en balance dix-huit siècles de sagesse qui firent la France avec deux siècles de folies qui l'ont démolie.), âmes qui virent et qui chavirent...

 

On verra le politicien oublier ce qu'il a dit la veille, des hommes d'État proclamant, par exem­ple, que « l'Algérie est française à jamais »... et la mettre au vote peu après... On verra des savants oubliant l'expérience d'Hiroshima, des religieux oubliant le Dogme et «témoigner chré­tiennement» pour le marxisme ; on verra des Prix Nobel dédicacer leurs livres aux ennemis de leur patrie et ensuite affirmer qu'ils ont toujours « résisté » aux mêmes ennemis ; on verra des écrivains chanter la gloire d'un chef d'État et, peu après, en faire autant, pour celui qui l'a laissé mourir en prison... Ce sont là des baga­telles, de petits exemples — nous en verrons d'autres dans cet ouvrage — il s'agit de com­prendre pourquoi il n'y a plus de caractères en ce monde dominé par ce qu'il y a de plus super­ficiel dans l'âme humaine : le sensible ; pourquoi il n'y a plus d'êtres capables de se déterminer eux-mêmes et non par les « conjonctures » ; pourquoi il n'y a plus d'hommes qui connaissent la joie profonde d'être en paix avec eux-mêmes, d'être fidèles à eux-mêmes !

 

Les volte-face de l'élite actuelle sont la marque d'une déliquescence de l'humain envahi par la « Chair » (Je rappelle encore que je comprends par ce terme le plan sensible, tout ce qui vient du monde extérieur.). Plus de force qui puisse résister au milieu ambiant. Quand le Divin rayon s'éteint dans les âmes, elles suivent « le sens de l'histoire » comme de légères bar­ques sans gouvernail, au gré des vents de leurs petits intérêts momentanés... Âmes sur le qui-vive qui sont loin de connaître la sérénité qui pré­lude au bonheur.

 

La stabilité est une notion qui dépasse l'enten­dement actuel.

 

Un autre aspect du monde contemporain est la soif de sensations ; la soif du « cirque », si bien connue des romains de la décadence, et qui a accaparé presque toute la vie moderne : spec­tacles, cinémas, courses de chevaux, d'automo­biles, de motos; fêtes, salons, expositions, journaux, revues où les photos dévorent les textes... Tout cela, c'est du sensoriel, du charnel !

 

L'homme qui se recueille paraîtra bientôt si fabuleux qu'on doutera qu'il ait jamais existé !

 

Le but secret de notre civilisation luciférienne est de détruire les âmes en les lançant et en les éparpillant sur leur périphérie. Et pourquoi donc ? Parce que le Christ vit en chacune, au centre de l'âme de chacun ! Il faut à tout prix les empêcher de l'atteindre et de connaître la sérénité et le bonheur.

 

A SUIVRE

 

Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)

 

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

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