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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 16:31

CHAPITRE I  (Suite)

INSTINCT D’AGRESSION ET L’INSTINCT D’AMOUR

 « Instinct de Caïn » : il plonge et saisit parmi les aspects du monde ceux dont il tirera le maxi­mum de profit. Il croit qu'une chose est expli­quée du moment que l'on sait user d'elle. Caïn dit : radio activité magnétisme, gravitation… (Lorsque Curie découvrit le radium, l'humanité entra dans une voie qui la conduira à la destruction de la vie ; n'aurait-il pas mieux valu que cette découverte ne fût jamais connue ? Aucune arme n'a tué autant d'hommes que telle cornue ou tel microscope.). Il croit avoir tout dit. L'esprit rationnel au ser­vice de l'action possessive et agressive a traité l'univers comme une utilité ! Elle l'a rendu étranger à l'homme. Analysé par la Science ou dominé par la technique, l'univers séparé de l'homme s'est retourné contre l'homme. (Celle des Grecs était strictement désintéressée. Euclide, Pythagore l'ont maintenue en contact avec la mys­tique née de l'instinct d'amour. Archimède, auteur d'une vingtaine d'inventions, refusa qu'on en prit acte et croyait qu'on peut faire de la science autrement qu'en construi­sant des machines).

 

L'esprit de Caïn poussera de plus en plus loin l'analyse de tout ce qui tombe sous les sens, mais cette analyse ne lui permettra jamais de saisir l'être des choses, et, en particulier, l'être des choses vivantes ; celui de la plante, de l'ani­mal et de l'homme restera toujours pour lui un inconnu, — mais qu'il ne se gênera pas de vio­lenter !

 

O science moderne, tu es les griffes, le bec et l'aile du bipède humain ! Des armes, rien de plus. Par elles, tu captes la nature. Mais tu ne la connais point ! Tu refuses obstinément de percer ses apparences et d'atteindre son secret ! Tu ne veux pas pénétrer jusqu'à son Cœur !

 

Notre civilisation est sortie toute entière des mains des enfants de Caïn : ils ont tout falsi­fié, empoisonné !

 

Cependant, en certains lieux du monde la « ci­vilisation » — que Dieu soit loué ! — retarde de quelques siècles ; les hommes mènent une vie paisible, les chiens ont de vrais poils et leur cou­leur est naturelle, le pain et le vin ne sont pas encore frelatés, les maisons sont à la mesure de l'homme. Mais dans cent ans ces lieux se feront rares : ils ne résisteront pas à l'activité destruc­trice des urbanistes : ils témoigneront d'une épo­que où les hommes n'étaient pas étouffés et encasernés dans les affreuses termitières qui engendrent, selon les statistiques actuelles, la délinquance juvénile et chez les adultes, l'hypertension artérielle, des affections cardio-vasculaires et des dépressions nerveuses : autant de bonheur en perspective...

 

Les enfants de Caïn furent sans doute des guerriers et des métallurgistes, alors que ceux d'Abel furent des contemplatifs. La Machine sor­tie des mains des fils de Caïn, le patriarche des athées, a détrôné Dieu sur les autels de la Science dont l'homme est le desservant très humble et très fidèle, — jusqu'à la mort inclusivement ! Depuis cent ans, quels pas de géants dans la construction des monstres d'acier ! Quelles splendides fusées capables de semer partout la mort ! Et ne faut-il pas chercher la véritable force de propulsion des fusées soviétiques dans le sang et les larmes de tout un peuple ?

 

Quel progrès de l'instinct d'agression !

Le danger est là : des hommes qui joignent désormais à leur puissance une toute-puissante méchanceté.

 

Se méfier quand l'instinct d'agression offre la « paix », cette paix qui absout ses crimes, le con­firme dans son « statu quo » actuel et lui permet de préparer en toute tranquillité le dernier bond qui lui donnerait la domination du monde. L'Oc­cident se déshonorerait et se suiciderait en accep­tant la « paix » des forçats sur une galère vivant sous l'empire de la terreur et la menace du fouet !

 

L'Occident se rappelle-t-il encore les paroles de Lénine : « La politique, même si elle prend l'aspect du pacifisme, n'est que la continuation de la guerre par d'autres moyens »... Voici l'ins­tinct d'agression au service de l'universelle et permanente révolution mondiale !

 

Voici l'œuvre terrifiante de l'instinct de la terre qui combat violemment l'instinct du ciel : mettre des « rideaux » partout, des rideaux de fer ou de bambou, des rideaux entre Dieu et nous ; empêcher des nations jadis chrétiennes de penser qu'il existe des biens meilleurs que la produc­tion industrielle ; leur interdire d'agir en tenant compte de l'existence des biens spirituels ; fon­der un monde sur le rejet de Dieu et persuader les chrétiens que cette entreprise est une simple question de justice sociale où la religion n'est pas en cause ; exciter les appétits d'une « Nouvelle Classe » et faire croire qu'elle est mue par un noble idéal ; non seulement rabaisser les hom­mes à la seule production des biens matériels, mais leur enlever toute possibilité d'accéder au moindre bien être sous prétexte qu'ils doivent se sacrifier au bonheur des futures générations !... Il ne semble pas que l'on puisse aller plus loin dans l'instinct satanique de Caïn et dans l'abaissement de l'humain !

 

« Instinct d'Abel » : recueillement qui donne la vue directe des choses par-delà les apparences. Du dehors au dedans. Vers le Centre. Toujours plus à fond. Lumière dans les profondeurs : vision de la hiérarchie de la création qui s'élève à travers ses paliers, du Multiple vers l'Un, de l'instinct d'agression à l'instinct d'amour ! Du Malheur au Bonheur !

 

L'instinct d'Abel pressent que l'univers est comme un iceberg : ce que l'on y voit est peu de chose à côté de ce qui est caché dessous ; alors Abel plonge dans les haut fonds invisibles...

 

Cet instinct ne peut pas ne pas être quelque peu haletant vers l'Essentiel ; mauvais signe, en vérité, s'il s'attarde trop aux apparences. Mais je ne dissimule pas mon enthousiasme pour l'ins­tinct d'amour qui n'est pas de ce monde et qui se manifeste si peu en ce monde...

 

Insistons un instant sur quelques trait de l'ins­tinct d'Amour. Passage du moi au toi pour aboutir au « nous ». Forme trinaire de l'amour. Miracle du point de vue de la chair. Car la chair est exclu­sive et impénétrable.

 

Miracle spirituel par lequel l'instinct d'agres­sion qui asservit se change en instinct d'amour qui sert.

 

Pour que cette transformation s'accomplisse dans sa plénitude, il faut que le palier le plus élevé de la nature humaine soit actualisé, ce qui suppose la réalisation de l'essence dans son ordre naturel : le moi, avec son action amoureuse dominant les autres paliers... Par conséquent, pour exercer une action amoureuse, le sujet doit être d'abord lui-même, en possession pleine et entière de son âme : on ne peut donner que ce que l'on a : « La plus belle fille du monde »...

 

Dans l'action amoureuse le sujet garde vis-à-vis de l'objet une attitude semblable à celle qu'il a envers lui-même : « Aime ton prochain comme toi-même »...

 

Ce don de soi est l'unique et véritable source de la joie : il n'y en a point d'autre.

 

S'oublier c'est se mettre à la place d'autrui, et ce déplacement, non seulement ne ruine pas le moi, mais il le dilate ; déplacement qui est pour lui, la vie, l'expansion de son être, et donc la joie... Quand on est l'autre on ne cesse pas d'être soi, bien au contraire, on l'est plus que jamais !

 

Divin épanouissement ! Si l'on ne t'avait pas oublié, la ferveur joyeuse n'aurait pas quitté ce monde !

 

Par l'instinct d'amour, l'âme se démure et pénètre enfin dans son royaume. Les sentiments altruistes : sympathie, amitié, enthousiasme, adoration... font rayonner l'âme comme un soleil. Ils sauvent l'âme en allant au delà des sentiments inspirés par la chair. Elle n'étouffe plus dans les limites de la chair ! Elle retrouve l'infinie étendue de son royaume spirituel...

 

L'instinct d'amour va, dans l'allégresse, jus­qu'au sacrifice même de la vie. Il sauve cette autre vie qui est en nous et ne meurt pas avec la chair : il l'affirme vigoureusement : l'instinct d'amour est un instinct de survie.

 

Par contre, les sentiments que l'on appelle égoïstes, ce sont eux qui tuent l'Ego et, avec lui, l'âme est entraînée dans la mort. Ils répon­dent à l'instinct d'agression de la chair, c'est-à-dire à la partie périssable de l'humain. Et ils tuent l'humain !

 

Et voici une question qui n'est pas sans importance. L'instinct d'amour a besoin, pour passer de la puissance à l'acte, d'une instruction et d'une éducation appropriée. Sans cela, il est facilement refoulé par les autres instincts de la nature humaine. Sans un milieu qui respecte l'humain, avec sa hiérarchie naturelle, la bête qui est en nous avec son instinct d'agression, envahira l'âme entière. Or, les personnes qui sont chargées, à notre époque, de l'instruction et de l'éducation ne sont, malheureusement, qu'as­sez rarement des personnes authentiques, c'est-à-dire des êtres normalement constitués, dont l'existence est un reflet fidèle de l'essence. Il se peut que l'âme de l'enfant soit de ce fait défor­mée, cela d'autant plus que le milieu où elle se développe, en plus de ses éducateurs, est propice à cette déformation. Un enfant dans de telles con­ditions n'aura pas un vrai moi, bien à lui, un moi spirituel avec son instinct d'amour, mais un moi charnel avec son instinct d'agression. Il ne sera pas un homme mais un sous-homme, un petit animal au masque humain... On le rencontre un peu partout, ce chérubin...

 

Un homme qui vit à l'intérieur d'institutions saines épanouit la meilleure part de lui-même et connaît la joie de cet épanouissement ; alors que cette part étouffée par de malsaines institu­tions lui donnera, plus ou moins tard, le mal de vivre. Je m'excuse de revenir sur cette question, mais il est, hélas, nécessaire d'y insister.

 

Des institutions qui ignorent la triple nature humaine, et la suprématie de l'instinct d'amour, aboutiront nécessairement à la ruine de l'hu­main. Elles le feront retourner au règne de la Bête, à la suprématie de l'instinct d'agression, à la basse époque où nous vivons...

 

Le règne de cet instinct — sous sa forme théo­rique et sa forme pratique — est imposé aujour­d'hui par la Harpie Rouge. Il ne pourra prendre fin que si le monde redevenait chrétien, que s'il remontait la pente pour retrouver l'Instinct d'Amour : le seul qui déclenche le signal de l'as­cension : la véritable joie de vivre, le bonheur !

 

On peut même prédire que sans cet Instinct qui unit, le corps du monde va bientôt éclater ; la bombe atomique n'étant que l'expression de l'instinct qui désunit. Aujourd'hui tout est désin­tégré et cela a commencé il y a deux cents ans, par le dedans...

 

L'humanité se trouve placée aujourd'hui entre le suicide et l'adoration : elle doit choisir !

 

Le combat qui se livre entre l'instinct d'agres­sion et l'instinct d'amour n'étant plus à l'échelle humaine nous aurions tort de compter sur nos seules forces. Nous ne pouvons combattre l'Ins­tinct satanique qu'en nous remettant à l'Amour divin en personne. C'est lui qui nous donnera de vaincre, c'est lui qui nous fera saisir la nature surnaturelle de notre propre amour et qui en préservera, en notre cœur fragile, sa vacillante flamme.

 

L'Instinct d'Amour se manifesta en 1917 à Fatima alors que l'instinct d'agression venait de déchaîner la première guerre d'extermination totale, alors que germait une nouvelle Révolution qui répandra à travers la planète les mœurs de l'athéisme. Manifestation de portée mondiale au moment où ce qui restait encore de l'instinct d'amour dans le monde subira le plus formidable des assauts, première tentative organisée de laïcisme universel : la contre-Eglise, avec son ins­tinct de haine, de rage et de malice va se ruer pendant quarante ans contre l'Église ! Aujour­d'hui elle a consacré, institutionnalisé l'Agression à la mesure de l'univers !

 

Dans ce deuil de l'Amour, au milieu des décombres amoncelés par la Haine, élevons les yeux vers l'unique salut, vers le plus grand amour humain qui a répondu à l'Amour divin... Et tu répondras au nôtre, ô Marie !

 

Tu écrasas la tête du Malheur, ô Mère qui enfantas le Bonheur sur terre... Tu l'enfanteras encore en nos âmes en nous donnant l'avant-goût des célestes Béatitudes !

 

A SUIVRE

 

Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)

 

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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