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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 14:09

   

 

L'ÉLUE DE JÉSUS CRUCIFIÉ…

 

« Une chose me fait de la peine, disait le doux Sauveur à sa petite servante, c'est qu'il y a  des âmes qui regardent la dévotion à mes Plaies  comme étrange, comme méprisable, comme une chose qui ne convient pas..., c'est pour cela qu'elle  tombe et qu'on l'oublie.

 

«Au Ciel, j'ai des Saints qui ont eu une grande  dévotion à mes saintes Plaies, mais sur la terre,  Il n'est presque plus personne qui m'honore de cette manière-là. »

 

Cette plainte n'est que trop fondée ! Dans un monde où « jouir » semble l'unique préoccupation, combien de personnes, même chrétiennes, ont comme perdu le sens du sacrifice !... Trop peu d'âmes comprennent la Croix! Trop peu s'atta­chent à méditer la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que saint François de Sales appelle si justement « la vraie école de l'amour, le plus doux et le plus violent motif de la piété ».

 

Or, Jésus ne veut point que reste inexploitée cette mine inépuisable, que demeurent oubliés et perdus les fruits de ses saintes Plaies. Il se choi­sira — n'est-ce pas sa coutume ? — le plus humble des instruments pour accomplir son œuvre d'amour.

 

Le 2 octobre 1867, Sœur Marie Marthe assistait à une « Prise d'Habit », lorsque la voûte des cieux s'entrouvrant, elle vit s'y dérouler la même céré­monie dans une splendeur bien autre que celle de la terre. Toute la Visitation du Ciel était présente : Les premières Mères se tournant vers elle, comme pour lui annoncer une bonne nouvelle, lui dirent, joyeuses :

 

« Le Père Éternel a donné à notre saint Ordre son Fils en trois manières :

Jésus-Christ, sa Croix et ses Plaies, à cette Maison plus particulièrement.

   Son Cœur Sacré.

 Jésus Enfant. Il faut que vous ayez toute la simplicité de l'enfant dans vos rapports avec lui. »

 

Ce triple don ne semble pas nouveau. En remon­tant aux origines de l'Institut, nous retrouvons, dans la vie de notre Mère Anne Marguerite Clément, contemporaine de sainte Jeanne de Chantal, ces trois dévotions dont toutes les Religieuses formées par elle portèrent le cachet.

 

Peut-être, et nous aimons à le croire, est-ce cette âme, également favorisée qui, de concert avec notre Sainte Mère et Fondatrice, vient aujour­d'hui les rappeler à l'élue de Dieu.

 

Quelques jours plus tard, notre T. H. Mère Marie Pauline Deglapigny, décédée depuis dix-huit mois, apparaît à son ancienne fille et lui confirme ce don des saintes Plaies :

 

«La Visitation avait déjà une grande richesse, mais elle n'était pas complète. Voilà pourquoi est heureux le jour où  j'ai quitté la terre, parce que, dès ce jour, au lieu d'avoir seulement le Cœur Sacré de Notre-Seigneur, vous aurez toute la sainte Humanité, c'est-à-dire, ses sacrées Plaies. J'ai demandé cette grâce pour vous. »

 

Le Cœur de Jésus? Ah ! Qui le possède ne possède-t-il pas tout Jésus ? Tout l'amour de Jésus ?... Sans doute. Mais les saintes Plaies sont comme l'expression prolongée — et combien éloquente — de cet amour. Aussi, Jésus veut-il que nous l'hono­rions tout entier, et qu'en adorant son Cœur blessé, nous sachions ne pas oublier ses autres Plaies, ouvertes, elles aussi, par l'amour. — Et il n'est pas sans intérêt, à ce propos, de rapprocher le don de l'humanité souffrante de Jésus, fait à notre Sœur Marie Marthe, de celui dont fut gra­tifiée à la même époque notre vénérable Mère Marie de Sales Chappuis : le don de l'Humanité sainte du Sauveur.

 

Saint François de Sales, notre bienheureux Père, qui, très souvent, visitait sa chère fille pour l'ins­truire paternellement, ne manque pas de l'affermir dans la certitude de « l'élection divine ».

 

Un jour qu'ils s'entretenaient ensemble : «Mon Père lui dit-elle avec sa naïveté ordinaire, vous savez que nos Sœurs n'ont guère confiance en mes  affirmations, parce que je suis bien imparfaite. »  Ma fille,répondit le Saint, «les vues de Dieu  ne sont pas celles de la créaturela créature juge selon les vues humaines, — Dieu donne ses grâces à une misérable qui n'a rien, afin que toutes retournent à Lui. Tu dois être bien contente des imperfections que tu as, parce qu'elles cachent les dons de Dieu. — Dieu t'a choisie pour compléter la dévotion au Sacré-Cœur : le Cœur a été montré à ma fille Marguerite-Marie et les saintes Plaies à ma petite Marie Marthe !... C'est un besoin pour mon cœur de Père, que cet honneur soit rendu par vous à Jésus Crucifié! Cela fait le complément de la Rédemption que Jésus a tant désirée! »

 

La Très Sainte Vierge vint aussi, un jour de la Visitation, confirmer la jeune Sœur dans sa voie. Accompagnée de nos saints Fondateurs, de notre sainte Sœur Marguerite-Marie : « Je donne mon Fruit à la Visitation, comme je l'ai porté à ma cousine. Elisabeth, lui dit-elle avec bonté. — « Ton saint Fondateur a reproduit les travaux, la  douceur et l'humilité de mon Fils; ta sainte Mère de Chantal ma générosité, en passant par-dessus tous les obstacles pour s'unir à Jésus et faire sa sainte volonté; ta bienheureuse Sœur Marguerite-Marie a reproduit le Sacré Cœur de mon Fils pour le donner au monde... Et toi, ma fille, tu es choisie pour arrêter la justice de Dieu, en faisant valoir les mérites de la Passion et des saintes Plaies de mon unique et bien-aimé Fils, Jésus!... »

 

Et comme Sœur Marie Marthe opposait quelques objections : « Ma fille, reprit l'Immaculée Vierge, « vous n'avez pas à vous inquiéter, ta Mère et toi, mon Fils sait bien ce qu'il doit faire... Pour vous, faites seulement, jour par jour, ce que veut Jésus. »

 

Les invitations et les encouragements de la Très Sainte Vierge iront, d'ailleurs, se multipliant et prendront toutes les formes : « Si vous voulez des richesses, il faut aller puiser dans les saintes Plaies de mon Fils... Toutes les lumières du Saint-Esprit sortent des Plaies de Jésus, mais vous recevrez ces dons à proportion de votre  humilité...»

 

« — Je suis votre Mère et je vous dis: allez puiser dans les Plaies de mon Fils!... Sucez le sang jusqu'à l'épuiser, ce qui n'arrivera cependant  jamais.»

 

« — Il faut que toi, ma fille, tu appliques les Plaies de mon Fils sur les méchants pour les convertir. »

 

Après les interventions des premières Mères, de notre saint Fondateur et de la Sainte Vierge, nous ne saurions oublier, dans ce tableau, celles de Dieu le Père, pour qui notre chère Sœur ressentit toujours une tendresse, une confiance d'enfant et qui en fut vraiment divinement gâtée. — On sait comment Il l'avait instruite de sa mission future. De temps à autre, Il la lui rappelle : « Mon enfant, je te donne mon Fils pour t'aider tout le long du jour, afin que tu puisses payer tout ce que tu dois à ma justice pour tous.»

 

« Tu prendras constamment dans les Plaies de Jésus de quoi payer les dettes des pécheurs. »

 

La Communauté faisait des processions et des prières pour différents besoins : « Tout ce que vous me donnez là n'est rien, déclara Dieu le  Père. » — « Si ce n'est rien, riposte l'audacieuse enfant, je vous offre alors tout ce que votre Fils a fait et souffert pour nous. » — « Ah ! Reprend le Père Éternel, ceci est grand!... »

 

De son côté, Notre-Seigneur, pour fortifier sa servante, lui renouvelle, à plusieurs reprises, l'assurance qu'elle est bien réellement appelée à raviver la dévotion aux Plaies rédemptrices : «Je t'ai choisie pour réveiller la dévotion à ma sainte Passion dans les temps malheureux où vous vivez. » Puis, lui montrant ses saintes Plaies comme un livre où Il veut lui apprendre à lire, le bon Maître ajoute : « Ne bouge pas les yeux de dessus ce livre et tu en apprendras plus que les plus grands savants. La prière aux saintes Plaies comprend tout. »

 

Une autre fois, pendant le mois de juin, tandis qu'elle était prosternée aux pieds du Très Saint Sacrement, Notre-Seigneur, ouvrant son Cœur Sacré comme la source de toutes les autres Plaies, insiste encore : « J'ai choisi ma fidèle servante Marguerite-Marie pour faire connaître mon divin Cœur, et ma petite Marie Marthe pour insinuer la dévotion à mes autres Plaies!... Mes Plaies vous sauveront infailliblement ; elles sauveront le monde. »

 

Dans une autre circonstance : « Ton chemin, lui dit-il, c'est de me faire connaître et aimer, surtout dans l'avenir. » Il lui demande d'offrir incessamment ses divines Plaies pour le salut du monde : « Ma fille, le monde sera plus ou moins troublé, suivant que tu auras fait ta tâche... Tu es choisie pour satisfaire ma Justice. — Enfermée dans ta clôture, tu dois vivre ici-bas comme l'on vit au Ciel, m'aimer, me prier sans cesse par mes Plaies pour apaiser ma vengeance.»

 

« Je veux que, par cette dévotion, non seulement les âmes avec lesquelles tu vis deviennent saintes, mais beaucoup d'autres encore! — Un jour, je te demanderai compte si tu as bien pris dans ce trésor pour toutes mes créatures.»

 

« Vraiment, lui dira-t-il encore plus tard, vraiment, mon Épouse, j'habite en ce lieu et dans tous les cœurs!... J'y établirai mon règne et ma paix, je détruirai par mon pouvoir tous les obstacles, parce que je suis le Maître des cœurs et que je connais toutes les misères... Toi, ma fille, tu es le canal de mes grâces. Apprends que le canal  n'a rien de lui-même, il n'a que ce que l'on fait passer dedans. Il faut, comme canal, que tu ne gardes rien et que tu dises tout ce que je te communique. — Je t'ai choisie pour faire valoir les mérites de ma sainte Passion pour tous; mais je veux que tu sois toujours cachée. — A moi de faire connaître plus tard que c'est par ce moyen que le monde sera sauvé et par les mains aussi de ma Mère Immaculée!... »

 

(À suivre)

 

Extrait de : Soeur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation.  1937

 

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