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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 13:03

 

DERNIÈRES ANNÉES ET   MORT   DE   SŒUR   MARIE-MARTHE

 

Le but de cette Notice était simplement de donner un aperçu de la vie de Sœur Marie Marthe en tant que dépositaire et apôtre des saintes Plaies.

 

Mais ce n'est là qu'un côté de sa vie intérieure. On en trouvera le complément dans un volume plus détaillé.

 

Les grâces et les communications divines rem­plissent vraiment toutes les heures de cette vie exceptionnelle, pendant vingt ans ! C’est-à-dire jus­qu'à la mort de notre T. H. Mère Thérèse Eugénie Revel (30 décembre 1887).

 

Bien longtemps auparavant, Jésus, montrant à Sœur Marie Marthe les deux Mères qui avaient le secret de toutes ses grâces, lui avait posé cette question : « Ne m'en ferais-tu pas le sacrifice ?... »

 

Et cette âme, dégagée de tout ce qui n'était pas Jésus, avait acquiescé — avec une réserve, toute­fois : c'est que, dès lors, rien ne paraîtrait plus des faveurs dont II la comblait..., que tout resterait bien caché entre eux deux seulement.

 

Jésus promit et tint parole. Après la mort de notre bonne Mère Thérèse Eugénie, Il couvrit d'un voile toujours plus impénétrable celle qu'il avait résolu de tenir cachée jusqu'à son dernier jour. Dieu permit — par un concours de circonstances trop longues à rapporter, — que les Supérieures qui vinrent ensuite n'eussent qu'une connaissance très vague des grâces reçues : les cahiers qui en contenaient le récit étant déposés en d'autres mains tant qu'elle vécut.

 

Pendant les vingt dernières années, c'est-à-dire jusqu'à sa mort, rien ne parut à l'extérieur de ces grâces merveilleuses, rien, sinon les longues heures où Sœur Marie Marthe demeurait au pied du Très Saint Sacrement, immobile, insensible, comme en extase !... Et personne n'osait l'interroger sur ce qui se passait dans ces instants bénis, entre son âme ravie et l'Hôte divin du Tabernacle.

 

Cette trame continue de prières, de travail et de mortification..., ce silence, cet effacement absolu, nous semble une preuve de plus — et non des moins convaincantes, — de la vérité des faveurs inouïes dont elle fut comblée. Une âme d'humilité suspecte, ou même ordinaire, eût essayé d'attirer l'attention, se serait fait une gloire de l'œuvre que Jésus opérait en elle et par elle... Sœur Marie Marthe, jamais !...

 

Elle se plongeait avec délices dans l'ombre de la vie commune et cachée... Mais, comme le grain de sénevé jeté en terre, la dévotion aux saintes Plaies germait dans les cœurs.

 

Pendant la dernière nuit de Noël que notre Sœur passa sur la terre, Jésus — nous aimons à le croire —l'avait avertie de son prochain départ de ce monde, et, en même temps, des souffrances qu'il voulait lui demander encore.

 

Une Sœur, près d'elle, pendant la Messe de Minuit, l'entendit s'écrier avec angoisse : « 0 mon « Jésus, pas cela !... tout, oui tout, mais pas cela !... »

 

« Cela ! » Ce devait être la maladie pénible, douloureuse...

« Cela !... » Ce devait être surtout le délaissement intérieur, l'absence du Bien-Aimé !...

 

Elle, habituée à sa chère présence, à sa conver­sation quotidienne, ne pouvait — sans un déchi­rement douloureux — en accepter la privation.

 

Aussi, avions-nous remarqué, dès ce jour, une tristesse profonde empreinte sur sa physionomie.

 

Atteinte d'un gros rhume, auquel vinrent se joindre diverses complications très graves, elle reçut avec joie l’Extrême-Onction, au début du Carême de 1907.

 

Un douloureux Calvaire lui restait à gravir : plusieurs semaines de suprêmes purifications pen­dant lesquelles son Sauveur l'identifia, plus que jamais, pour la rendre davantage semblable à Lui, aux agonies physiques et morales de sa Passion.

 

A l'avance, Il l'avait prévenue : « Le mal qui te donnera la mort sortira de mes Plaies. »

 

Nous sentions qu'il y avait quelque chose de mystérieux dans ce dernier combat de la nature...

Le 21 mars, après une nuit de souffrances terri­bles, un grand calme, un grand silence se fit...

 

Toute la Communauté entourait la mourante, en récitant des milliers de fois les chères invocations aux saintes Plaies.

 

Enfin, à huit heures du soir, aux premières Vêpres de sa Compassion, Marie venait chercher l'enfant à qui elle avait appris à aimer Jésus !...

 

Et l'Époux recevait pour toujours dans la blessure de son Cœur sacré, l'épouse dont II avait fait ici-bas sa Victime bien-aimée, sa Confidente et l'Apôtre de ses saintes Plaies.

 

(À suivre)

 

Extrait de : Soeur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation.  1937

 

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Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
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