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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 09:47

Cette promesse, comme tout ce qui contribue ef­ficacement au salut des hommes, ne manqua pas, ainsi que nous l'avons déjà dit, d'exciter la haine de l'enfer. On vit bientôt surgir de toutes parts, et même au sein de l'Église, une foule d'objections spécieuses qui furent victorieusement réfutées. Pour illustrer la portée de la promesse du scapulaire et éviter toute confusion dans les esprits, nous citerons quelques témoi­gnages qui fortifieront notre croyance.

 

L'erreur de beaucoup de chrétiens et ce qui fait leur difficulté à réaliser la puissance de Marie et à admettre sa promesse admirable et vraiment extraordinaire du scapulaire, c'est qu'ils séparent l'action de Marie de celle de son divin Fils. Ils ne supposent ni assez étroite ni assez constante l'union de ces deux vo­lontés inséparables. Quand la Vierge promet le ciel à quiconque meurt revêtu du scapulaire du Carmel, sa promesse est l'effet de son intercession déjà exaucée. C'est Marie qui parle, mais c'est Jésus qui l'inspire ou plutôt elle n'est que l'écho fidèle de son Fils. D'ailleurs, c'est la sainte Église elle-même qui nous apprend à re­courir à Marie avec la plus grande confiance ; elle nous presse même de le faire par la voix de ses saints et de ses Docteurs, fidèles interprètes de la tradition.

 

En voici quelques-uns :

«Quelque coupable que soit un pécheur, s'il est dévot à Marie, il ne périra pas éternellement. »  (Saint Hilaire.)

 

«Vierge bénie, il est impossible que celui qui se tourne vers vous et que vous regardes, périsse à ja­mais. » (Saint Anselme.)

 

«Celui qui espérera en Marie verra s'ouvrir un jour devant lui les portes du ciel.» (Saint Bonaventure.)

 

Voici ce texte du Bx Claude de la Colombière : «La promesse que fait Marie de protéger les confrères du scapulaire ne renferme aucune condition ; la sainte Vierge s'est engagée à ne point souffrir qu'ils soient éternellement malheureux, c'est-à-dire qu'Elle leur don­ne toutes les assurances de salut que l'on peut avoir en cette vie.

 

« S'ils persévèrent dans son service, ils seront in­failliblement dans la grâce, à l'heure de la mort. Mais quoi, me dira peut-être quelqu'un, la Vierge me viendra-t-elle retirer de l'enfer, après que mes désordres m'y auront précipité ? Portera-t-elle au ciel une âme impure et souillée ? M'obtiendra-t-elle le privilège de revenir sur la terre pour me purifier par la pénitence ?

 

« Le récit de quelques exemples authentiques font voir qu'en faveur du scapulaire, Marie a quelquefois arrêté des âmes impénitentes dans des corps épuisés de sang et percés de coups, pour leur donner le loisir de se réconcilier avec Dieu. Mais, il serait téméraire de s'attendre à des miracles de ce genre. Marie a des moyens de nous sauver qui sont plus naturels et plus conformes à la conduite ordinaire de la Providence ; « Elle a entre les mains toutes les grâces et miséricordes du Sei­gneur », dit saint Pierre Damien...

 

« Elle choisira une grâce douce et puissante qui changera votre coeur, le remplira de componction... Lorsque vous y penserez le moins, elle fera luire sur votre âme un rayon surnaturel qui vous dégoûtera de la vanité du monde et vous fera voir le malheur d'une âme qui n'aime pas Dieu... »

 

« Mais enfin, si nonobstant toutes ces grâces, je m'obstine à ne point changer de vie, si je ferme les yeux à tant de lumière, si de plein gré, je me livre moi même à mon ennemi, en un mot, si je veux mourir dans mon péché ? — Vous y mourrez;  car Dieu même, dit saint Augustin, ne peut forcer une volonté mauvaise et déterminée à se perdre. Oui, vous mourrez; dans l'impénitence, vous mourrez; dans votre péché, mais vous ne mourrez; pas avec votre scapulaire. Si Marie ne peut vous retirer de vos désordres, elle trouvera bien moyen de vous arracher sa livrée : vous-même, oui vous-même vous vous dépouillerez; de ce saint habit plutôt que d'y mourir en réprouvé. »

 

La dévotion au scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel est encore bien vivante de nos jours et avec le renouveau marial qui s'épanouit de tous cotés, nul doute qu'elle ne prenne un plus vigoureux essor dans le coeur de tous les fidèles. Le scapulaire, effectivement, est un des derniers signes religieux que quitte le chrétien négligent. Pendant la vie, ce saint habit fait l'espoir du pécheur repentant, mais faible ; après la mort, il demeure un indice de salut pour celui qu'on en trouve revêtu.

 

 C'est si vrai, que l'Église ne fait aucune difficulté pour accorder les honneurs de la sépulture ecclésiastique à la dépouille mortelle de l'in­connu portant le scapulaire, tant elle est persuadée que cette livrée sainte est l'emblème du catholique et de l'enfant de Marie.

 

Depuis bientôt sept cents ans, la terre voit la réalisation des promesses de la Vierge. Des miracles de tout ordre et en nombre incalculable attestent que la Reine du ciel suit du regard ceux qui ont confiance en sa parole et portent fidèlement le gage de sa maternelle protection.

 

C'est la nature qui suspend le cours de ses lois pour protéger ceux que marque ce signe marial : le feu ne brûle plus, les torrents arrêtent leurs flots dévastateurs, la mer calme ses flots courroucés, les balles et les obus épargnent ceux qui semblaient devoir être leurs victimes, les maladies respectent ou délivrent ceux que protège la vertu de cet habit céleste ; les passions déchaînées s'apaisent au contact de ce vêtement sacré ; les adversaires se sentent impuissants, le démon lui même s'avoue désarmé devant ce talisman du ciel.

 

Le Vénérable François Yépès, frère de saint Jean de la Croix, fut en butte aux vexations diaboliques à cause de son grand zzèle à répandre la dévotion au saint scapulaire du Carmel. Un jour que le pieux tertiaire prenait une rude discipline, son scapulaire tomba par terre, mais il s'en revêtit aussitôt. Ce fut un bonheur pour lui, car les démons accouraient en fureur et lui criaient : « Ôtes, ôtez cet habit qui nous enlève tant d'âmes ; toutes celles qui en sont revêtues, meurent pieusement et nous échappent. » Ils ajoutèrent que trois choses surtout les tourmentaient : « La première c'est le nom de Jésus ; la deuxième, le nom de Marie et la troisième, le scapulaire du Carmel. » (Savaria, opus cit., p. 179.)

 

On pouvait lire dans une revue missionnaire le récit d'un fait bien émouvant dans sa simplicité. Un condamné à mort — nouvellement baptisé — au moment où le bourreau allait déclencher la bascule, se tourna tranquillement vers le missionnaire qui l'assistait et lui dit : « Père, vois, mon scapulaire est accroché dans la corde et dans ma chute, il va se rompre. Je ne voudrais pas pourtant paraître devant Dieu sans cet habit protecteur. » Tout ému, le bourreau démêla les cordons du scapulaire tandis que le geôlier, un Européen protestant, exprimait sa stupéfaction au missionnaire ; « Mon Père, de quels charmes usez vous donc pour rendre vos gens si insensibles devant la mort ? De ma vie je n'ai vu chose semblable. »

 

C'était la scène touchante du Calvaire sous une autre forme, en faveur d'un criminel qui, absous par Dieu et muni du précieux gage de salut qu'est le scapulaire, attendait en paix l'heure de la justice humaine avant d'aller recueillir le fruit de la réhabilitation divine en paradis.

 

Béringer, dans son traité des indulgences dit que pour obtenir la grâce d'une bonne mort, c'est-à-dire pour être préservé des feux de l'enfer, « il faut : 1 °) appartenir à la confrérie du scapulaire du Carmel ; 2°) porter toujours le scapulaire avec piété (c'est-à-dire en s'appliquant à mener une vie chrétienne), et en être revêtu au moment de la mort. « Sans doute, ajoute-t-il, les efforts que l'on fait pour mener une vie chrétienne sont déjà une garantie contre le feu de l'enfer, mais la persévérance finale n'en est pas moins une grâce spéciale que la Très Sainte Vierge, selon sa promesse, met toute sa sollicitude à obtenir aux membres de la Confrérie du scapulaire. »

 

Le scapulaire est plus qu'une dévotion mariale c'est le don de Marie elle même à ses enfants. Marie est vraiment là. Dans la préface de la messe spéciale de Notre Dame du Mont Carmel, l'Église chante ces paroles : « Per sacrum scapulare filios dilectionis assumpsit », ceux que la bienheureuse Vierge a adoptés (en ce jour) par le saint scapulaire comme enfants de prédilection. Or une mère appartient à ses enfants. Quand elle leur donne naissance, elle devient leur mère, leur nourrice, leur protectrice, elle leur appartient réellement. Ainsi, par le fait que Marie nous prend sous son manteau pour assurer notre salut, nous pouvons conclure que Marie se donne à nous, ouvrant ses bras tout grands pour nous presser sur son coeur.

 

Un jour, elle apparut à la bienheureuse Angèle d'Arena, vêtue de l'habit du Carmel, portant le grand scapulaire brun. Autour d'elle se trouvaient groupés tous les saints qui lui avaient voué une particulière dévotion durant leur vie. Aucun enfant du Carmel ne se trouvait là. «Chère Mère, mais où sont donc vos Carmélites ? » de s'exclamer la Bienheureuse. Alors la sainte Vierge, repoussant vivement les bords de son manteau blanc, lui fit voir une touffe de roses magnifiques reposant sur son sein, « Voici mes enfants du Carmel », dit la Mère de Dieu, dans un ravissant sourire.

 

Les objets qui ont appartenu aux saints nous deviennent choses sacrées du fait qu'ils semblent les rapprocher de nous et nous donner un droit spécial à leur intercession. Ces reliques qui sont le véhicule de nombreux miracles sont avidement recherchées et vivement estimées.

 

Une relique, donnée par la Reine du ciel elle-même, a naturellement été le véhicule de plus de miracles que n'importe quelle autre relique de saints que la terre a possédée. Cette relique unique, incomparable, et que chaque enfant de Marie peut avoir en sa possession ; cette relique qui se multiplie à l'infini et qui, depuis plus de sept siècles, a ébloui le monde par d'innom­brables et incessants miracles, c'est le saint scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel.

 

Par son scapulaire Marie a opéré des prodiges semblables à ceux que son divin Fils a opérés durant sa vie mortelle comme la résurrection des morts, la guérison des aveugles, des sourds, des muets, etc... délivrance des démoniaques, secours de toutes sortes, merveilles de tous genres.

 

En 1830, on fit la reconnaissance des restes du pape Grégoire X décédé en 1276, afin de les placer dans un autre tombeau ; on retrouva, intact, un petit scapulaire reposant sur les épaules du pontife. Aujourd'hui encore, il est dans un état de parfaite conservation et est considéré comme un des plus grands trésors du célèbre musée d'Arezxo. On retrouva également intact le scapulaire de Dom Bosco, lorsqu'on procéda à l'ouverture de son cercueil, après plusieurs années d'inhumation.

 

Extrait de : LE    SCAPULAIRE DE NOTRE-DAME DU MONT-CARMEL

                      Par une Carmélite de Montréal. (1955)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

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