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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 06:32

 

Une jeune fille, avant d'entrer en religion, alla trouver le saint Curé d'Ars. Dans le cours de la conversation, celui-ci lui dit : «Vous souvenez-vous, mon enfant, d'un certain bal, auquel vous avez assisté, il y a peu de temps? — Dans ce bal, vous avez, rencontré un jeune homme inconnu, distingué et admiré de tout le monde? — Oui, mon Père, répondit la jeune fille. — Vous auriez bien voulu danser avec lui, vous étiez; jalouse, chagrine, pleine de dépit de voir qu'il vous préférait les autres et ne vous demandait pas pour dan­ser avec lui. — En effet, mon Père. — Vous rappelez-vous que, quand il partit, vous avez, cru apercevoir à la porte, sous ses pieds, deux flammes bleues que vous avez prises pour une illusion de vos yeux trompés par l'obscurité ? — C'est vrai, mon Père. — Eh bien, ma fille, ce jeune homme était un démon. Celles avec les­quelles il a dansé sont damnées ou en état de damnation. Et savez-vous pourquoi il ne vous a pas demandé à danser avec lui ? C'est à cause du scapulaire que vous aviez sur vous, et que par dévotion à Marie, vous aviez avec raison conservé comme une sauvegarde ! »

(Annales du Carmel, 1881, p. 199.)

 

En 1845, le « King of the Océan » quittait le port de Londres se dirigeant vers l'Australie. Parmi les passagers se trouvait un pasteur protestant, le Révérend James Fisher, accompagné de son épouse et de ses deux enfants. Lorsque le navire entra dans l'océan Indien, une tornade d'une force inouïe balayait la mer. Les vagues en furie soulevaient le vaisseau comme s'il eut été un fétu de paille. Les membres de l'équipage, comme les passagers, eurent la certitude que sans une inter­vention divine leur perte était inévitable. Le pasteur protestant, avec sa famille et quelques autres agenouillés sur le pont et cramponnés au bastingage, demanda à tous de se joindre à eux dans une prière confiante pour obtenir du ciel pardon et miséricorde. Mais la tempête, redoublant de rage et de fureur, semblait se moquer de leurs cris et de leurs supplications.

 

Parmi l'équipage, se trouvait un jeune matelot Irlandais ; tout à coup, mû par une inspiration surnaturelle, il entrouvrit sa vareuse et retira son scapulaire, puis le tenant dans sa main, il traça un grand signe de croix dans l'espace et le lança dans la mer. Aussitôt les flots se calmèrent ; les hurlements de la rafale se turent et une légère brise berçait doucement le navire. Puis, gracieuseté suprême de l'Étoile de la mer, une petite vague, sautant par-dessus bord, rapporta aux pieds du petit matelot le scapulaire qu'il avait lancé quelques instants auparavant dans l'océan en furie.

 

Alors, le Révérend Fisher, s'approchant avec un profond respect du jeune homme lui demanda ce que signifiait cette pièce d'étoffe brune marquée des ini­tiales B.V.M. qu'il tenait en main et qui avait opéré un tel prodige.

 

Bientôt renseigné sur l'origine et la puissance du scapulaire, il résolut d'abjurer le protestantisme et de se joindre à l'Église catholique qui possède une si puissante avocate dans la Vierge du Carmel. Rendu à destination, à Sydney, il se fit instruire des vérités de la foi catholique ainsi que tous les mem­bres de sa famille, et peu après, tous avec le plus grand bonheur, furent admis dans l'Église catholique, introduits par celui qui devait être plus tard Mgr l'arche­vêque Paulding. (Cf. «Mary in her Scapular Promi­se », 1942, p. 120, by J.M. Haffert.)

 

Un évêque missionnaire, Mgr Paulding, voyageait dans une partie peu fréquentée de l'Australie intérieure. Il tomba malade en route et fut soigné avec dévouement par une pieuse veuve. Revenu à la santé, le prélat promit à sa charitable hôtesse de venir lui administrer les derniers sacrements quand elle mourrait. Plusieurs années se passèrent, lorsqu'une nuit d'automne, arriva une lettre invitant le pontife à remplir la promesse qu'il avait faite à sa bienfaitrice. En dépit de la rigueur de la saison, l'évêque se mit en route sans hésiter. Après avoir marché plusieurs jours, il arriva enfin, accablé de fatigue à la maison qu'il était venu chercher de si loin. A son grand étonnement, il trouva le logis vide. C'était au milieu de la forêt ; tandis qu'il méditait sur ce qu'il allait faire, son attention fut attirée par le bruit d'une hache. C'était un robuste bûcheron irlandais qui abattait des arbres. Il apprit de lui que la pauvre veuve s'était confessée et qu'elle était morte. L'évêque comprit que le bon Dieu l'avait envoyé pour un autre que sa bienfaitrice. Fatigué de sa longue route, il s'assit sur un tronc d'arbre et s'adressant au bûche­ron, il lui dit :

 

« Eh bien, mon cher ami, après tout, je ne veux pas être venu ici pour rien. — Mettez vous à genoux, je vais vous confesser. » L'Irlandais s'excusa d'abord, alléguant son manque de préparation, en ajoutant ces mots : « Il y a si longtemps que je me suis confessé que je ne puis m'y résoudre. » Pour motiver son refus, il invoquait mille raisons que l’évêque combattit avec force et douceur. Finalement, la grâce triompha. Le brave bûcheron s'agenouilla et contrit, fit sa confession.

 

L'évêque lui fit promettre d'aller communier le diman­che suivant, et ils se séparèrent. A peine le missionnaire avait-il fait quelques pas, qu'il entendit un bruit suivi de quelques faibles gémissements. Il revint en toute hâte sur ses pas et trouva son pénitent mort, écrasé par la chute d'un arbre.

 

Si l'on veut savoir maintenant à quoi est due cette admirable miséricorde de Dieu, appelant ainsi un évêque à des centaines de lieues de sa résidence, dans une mauvaise saison d'automne, et par des chemins pleins de dangers et difficultés, pour ouvrir le ciel à l’âme d'un pauvre bûcheron ; c'est que cet homme portait le scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel. Qui n'admirera ici la fidélité de la sainte Vierge à tenir la promesse qu'elle a attachée à son scapulaire ! (Chro­niques du Carmel de Bruxelles, avril 1893.)

 

En 1640, sur les frontières de la Lorraine, une escouade de soldats fut surprise par l'ennemi. Le chef, profitant de sa force, ordonna de ne pas faire quartier aux soldats de l'escouade. Tous furent impitoyable­ment mis à mort. Il s'en trouva cependant un, un seul qui tout en ayant été percé de plusieurs coups mortels, ne rendait pas le dernier soupir. Pour l'achever, les uns lui assenaient sur le corps et sur la tête des coups de crosse de fusil. Le voyant toujours en vie, ils redoublaient leurs coups sans pitié, quand tout à coup, le pauvre blessé leur dit, avec un calme qui les étonna : « C'est en vain que vous cherchez; à m'ôter la vie, je ne mourrai pas sans confession ; je porte le scapulaire du Carmel. » — « Pourquoi ne le disais-tu plus tôt, dit un cavalier, nous t'aurions laissé la vie. Crois-moi, fais un acte de contrition, car il n'y a pas de prêtre ici

 

« J'espère, dit le moribond, que Dieu me fera la grâce d'en trouver un. » Le protégé de Marie survécut à tant de blessures mortelles, et quoique mutilé, il se traîna comme par inspiration sur le chemin de Mets. Un prêtre conduit par la Providence, vint à passer. Le soldat fit sa confession, reçut l'absolution que son âme semblait attendre de la protection miraculeuse de la Reine du ciel. Il expira aussitôt aux pieds du prêtre, plein de foi, en paix du Seigneur. (Brocard, « Instruc­tions sur le scapulaire», p. 275.)

 

En 1648, au siège d'Ypres par les Français, le capitaine du régiment de Lomboy reçut en pleine poitrine un coup de mousquet d'une force irrésistible. La balle dont il fut frappé, s'aplatit sur son scapulaire, de sorte qu'il n'en reçut pas la moindre égratignure. On trouva la balle dans ses habits ; elle portait très visiblement l'empreinte de l'image de la sainte Vierge et de l'Enfant Jésus. (Brocard, opus cit.)

 

Un homme qui avait failli à l'honneur, était bourrelé de remords. Pour se soustraire aux poursuites de la justice et aux tourments de sa conscience, il résolut de se suicider. Quoi qu'on puisse lui représenter, raconte le Père Milleriot, Jésuite, rien ne pouvait l'empêcher d'attenter à ses jours.

 

Lors d'une rencontre, le Père dit au malheureux : « Au moins, mon ami, accordez-moi une grâce ; je vais vous donner le saint scapulaire, promettez-moi de ne pas le quitter. » L'autre accepta l'of­fre, et s'en alla. Le Père se disait tout bas : « Mon ami, je te tiens... Tu peux essayer de te tuer si tu veux... tu n'en mour­ras pas. » Le même jour, le malheureux, obsédé par la tentation du désespoir, alla se jeter dans la Seine. Mais il ne parvient pas à se noyer quoiqu'il s'y précipitât à deux reprises et qu'il ne sût nullement nager. Il avait gardé son scapulaire, cela explique tout. Il fut cepen­dant très malade; touché d'une protection aussi mira­culeuse, il se convertit. (Chronique du Carmel d'Alost, Belgique, 1893.)

 

La sainte Vierge est fidèle à sa promesse du scapu­laire non seulement à l'égard de ses enfants de l'Église catholique mais elle secourt également les non catho­liques qui portent sa livrée. Il y a quelques années, un jeune prêtre commençait à exercer son ministère à l'hôpital Bellevue de New York. Un matin, un appel lui vint de la chambre d'un malade.

 

Aussitôt il se munit des objets nécessaires et se dirigea vers l'endroit d'où lui semblait être parvenu l'appel. Il s'approcha du lit du patient qui lui parut être bien près de sa fin, et demanda à ce dernier s'il aimerait à se confesser. « Je ne suis pas catholique », vint la surprenante réponse.

 

Confus, le jeune prêtre se tourna vers la garde-malade et lui dit : « Il doit y avoir erreur, cet homme dit qu'il n'est pas catholique » — « Pourtant, il porte un scapulaire, mon Père. »

Le prêtre retourna auprès du moribond et lui dit : « Si vous n'êtes pas catholique, pourquoi portez-vous un scapulaire ? »

— « Parce que des religieuses catholiques, qui recueillaient des aumônes près de notre usine m'ont prié de le porter. »

— « Bien, aimeriez-vous à devenir catholique ? »

— « O mon Père, il n'est rien que je désirerais autant ! ...»

Quelques jours plus tard, il s'éteignit doucement après avoir été régénéré dans les eaux du baptême. (Cf. Haffert, opus cit., p. 102.)

 

II y a quelques années, un journal, « The Irish Çatholic », rapportait un fait qui illustre bien le pouvoir que nous avons à notre disposition par le scapulaire.

 

Le Docteur Francis Zaldiia, ex-Président de la Colombie, en Amérique du Sud, était un magistrat éminent mais en opposition ouverte avec l'Église catholique. On doit lui attribuer, en partie, l'expulsion des Jésuites. Néanmoins, il avait un fils à qui il avait fait donner une éducation soignée, et qui était à terminer ses études au Collège américain, à Rome. Le jeune clerc qui se destinait à la prêtrise avait une dévotion particulière envers la Sainte Vierge. Bien qu'il eût prié la Madone avec instance pour obtenir la conversion de son père, tous ses efforts avaient été vains.

 

Après avoir été ordonné prêtre, le jeune Colombien retourna dans sa patrie. Quelques années après le retour de son fils, l'ex-Président tomba gravement ma­lade, mais il ne donnait nullement à penser qu'il son­geait à mourir en chrétien ; au contraire, il attendait la mort avec une placidité déconcertante, comme si la chose ne l'eût pas concerné.

 

Ceci jetait dans des tran­ses mortelles son fils prêtre, accouru auprès de son père mourant. Faisant une suprême tentative, et profondé­ment attristé, il dit à son père : « Cher père, tout ce que la science peut faire a été fait. N'aimeriez;-vous pas à recevoir maintenant quelque assistance spirituelle? S'il vous plaît, acceptez, ce scapulaire. »

 

Le mourant accepta la livrée de Marie, et peu après, il fit une confession générale et déclara, avec une joie marquée, vouloir mourir en fils soumis et repentant de la sainte Église. (Cf. Haffert, opus cit., p. 100.)

 

II faudrait être bien mal intentionné et d'une mau­vaise foi inconcevable pour abuser de la promesse atta­chée au scapulaire et prendre prétexte de ce privilège pour donner libre cours à ses passions. « Ne vous y trompez; pas, s'écrie le Bx de la Colombière, dans un de ses sermons ; être assez heureux pour rendre le der­nier soupir, revêtu du saint scapulaire, voilà, quoi que vous en pensiez, ce qui ne dépend plus de vous...

 

«Libre à vous de prendre le saint scapulaire et de le profaner toute votre vie, en ne vous servant d'un objet aussi saint que pour en couvrir vos désordres, et vous en assurer l'impunité. Mais écoutez, ceci et ne l'oubliez jamais : — Mourir avec le scapulaire du Carmel, oui, c'est être assuré de son salut, car la promesse de Marie est formelle : « Quiconque mourra revêtu de ce saint habit, sera préservé des feux éternels », toutefois, nous le répétons, cette grâce est un don gratuit.

 

Vous même, s'il le faut, par un secret et très juste jugement de Dieu, vous aurez pris soin de vous en dépouiller aupa­ravant de vos propres mains. Ainsi échoueront tous les calculs de votre trompeuse sagesse... »

 

Nous pourrions multiplier les exemples de pauvres malheureux qui, par un juste châtiment de Dieu dont ils avaient outragé la bonté, se sont eux-mêmes dé­pouillés du scapulaire au moment de la mort.

 

« Un homme, livré au vice honteux de l'ivrognerie et à tous les désordres qui en sont ordinairement la suite, donnait de grands scandales dans le pays. Il n'en­trait jamais à l'église et ne pouvait voir un prêtre sans blasphémer. Il ne cessait pourtant pas de porter le sca­pulaire qu'il avait sans doute reçu dans sa jeunesse après la première communion. La maladie, celle dont il devait mourir, vint le surprendre au milieu de ses désordres . . .

 

L'approche de la mort ne changea rien à ses dispositions; il refusa obstinément de recevoir le prêtre. Or, quelques jours avant de rendre l'âme, il tomba dans une sorte de léthargie que l'on considéra comme un indice certain de sa fin prochaine. On s'at­tendait à chaque instant à recueillir son dernier soupir. Mais, voilà que tout à coup, les personnes qui entou­raient son lit, le voient s'agiter, se débattre avec une extrême violence, comme un homme qui cherche à se débarrasser d'un grand poids sous lequel il est pris. On s'empresse autour de lui et on lui demande ce qu'il éprouve : « J'étouffe »... s'écrie le moribond avec une sorte de désespoir : « J'étouffe ...» et en disant ces paroles, il écarte de ses deux mains, avec une fiévreuse impatience, les vêtements qui couvraient sa poitrine, ayant enfin rencontré son scapulaire. « Voilà, dit-il, ce qui me fait tant souffrir ... et l'arrachant aussitôt il le jeta loin de lui. . . Un moment après, il expirait dans toutes les apparences de la réprobation, et dépouillé de son scapulaire. » (Chroniques du Carmel d'Alost, Belgique, septembre 1892.)

 

Un prêtre du diocèse de Montréal racontait un fait bien affligeant arrivé à l'un de ses compagnons d'en­fance : « Ce jeune homme qui habitait une des parois­ses environnantes de la métropole disparut tout à coup. Cette disparition soudaine fit beaucoup de bruit aux alentours. Tout le monde en parlait. Sa famille s'en inquiéta et fit des recherches de toutes parts mais en vain. Deux mois environ après cet événement, quel­qu'un de l'endroit qui connaissait parfaitement le jeune homme, traversait par hasard la montagne au pied de laquelle demeurait la famille du pauvre infortuné. Il aperçoit tout à coup un cadavre suspendu à un arbre. Il recule d'effroi, mais la première impression passée, il s'approche, et examinant de plus près, il reconnaît dans ce malheureux le jeune homme soudainement disparu; et à quelque distance de lui, son scapulaire suspendu à une petite branche ! ...» (Cf. Savaria, opus cit., p. 126.)

 

Extrait de : LE  SCAPULAIRE DE NOTRE-DAME DU MONT-CARMEL

                        Par une Carmélite de Montréal. (1955)

 

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