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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 12:24

 

Tout l'ouvrage de notre sanctification consiste à voir Dieu en tout, envisageant chacun des événements de la vie comme l'expression de la volonté de Dieu.

Voyons Dieu derrière tout ce qui nous arrive, et recevons tout de sa main, les peines comme les joies, les devoirs diffi­ciles à remplir comme ceux dont nous nous acquittons avec plaisir. Faisons cela de moment en moment, accomplissons chaque chose avec toute la perfection possible, et nous arri­verons en peu de temps à la plus haute sainteté.

Chaque instant de la vie apporte un devoir à remplir, c'est-à-dire une chose à faire ou à supporter. Cet instant est comme un ambassadeur qui déclare l'ordre de Dieu. Il faut donc se borner au moment présent, sans penser à celui qui l'a pré­cédé, ni à celui qui doit le suivre. Ce qui était bon au moment passé ne l'est plus, parce qu'il est destitué de la volonté di­vine. Et ce qui peut être bon l'instant d'après ne l'est pas en­core, parce que la volonté de Dieu n'est pas encore allée jus­que-là.

L'obéissance au moment présent est donc une action par laquelle l'âme fidèle se consacre tout entière à la volonté de Dieu. C'est une ligne directe où elle marche constamment, sans se détourner ni à droite ni à gauche, et sans regarder en arrière, ni trop en avant. Il lui suffit d'accomplir de son mieux le devoir que Dieu lui donne au moment présent, et elle le fait avec joie sous l'œil de la Providence.

Une âme sainte n'est qu'une âme librement soumise à la volonté divine, et qui s'applique à l'accomplir en toutes cho­ses. Elle aime en tout Dieu et son bon plaisir, tel qu'il se pré­sente, et elle ne désire rien de plus.

Allons donc à Dieu à travers les contrariétés, les souffran­ces, les impressions diverses. Élevons-nous au-dessus de ces nuages, les yeux fixés sur Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est le soleil, et sur nos devoirs qui sont ses rayons.

Il ne dépend pas de nous d'être insensibles ; mais songeons que cette vie n'est pas une vie de sentiments, et arrivons à cette région supérieure de l'âme où Dieu habite dans la paix.

Vous cherchez le secret d'être à Dieu ; il n'y en a point sinon de profiter de tout ce qui se présente pour aller à lui. Tout mène à cette union quand on le veut bien, et tout la per­fectionne.

« Dieu est vraiment dans ce lieu, s'écriait Jacob, et je ne le savais pas. »

Il est à côté de toi, ô mon âme, autour de toi, au dedans de toi, il te pénètre de sa présence, et tu le cherches au loin.

Tu cherches Dieu ? Il est dans tout ce qui t'arrive, dans tout ce qui se présente. Il vient sans cesse à toi sous le voile des actions les plus ordinaires et des croix qui s'y trouvent.

La main de Dieu s'y cache pour te soutenir et te porter. Lui-même daigne te tracer le chemin à mesure que tu t'avan­ces. Les divers événements de la vie sont comme des voiles derrière lesquels il faut toujours voir Dieu caché.

« Donnez-moi, ô mon Dieu, l'esprit de foi, car je sens qu'a­vec cela je serai heureuse, » disait une bonne âme qui avait expérimenté ce bonheur.

Avec l'esprit de foi, en effet, on voit Dieu en tout, et que peut-on désirer quand on a Dieu ? Dieu se cachât-il par moments — et cela arrive aux âmes les plus saintes — on sait qu'il est là, et on ne se trouble pas.

Y a-t-il rien que la foi n'accepte et ne surmonte ? Elle passe au delà de tout, elle perce les ombres pour arriver jusqu'à Dieu. L'âme simple, élevée par la foi, est contente de tout. Elle trouve que rien ne lui manque et que rien n'est de trop. Elle bénit en tout cette main divine qui fait couler si suavement les eaux de la grâce dans le plus intime de son être. Elle reçoit tout avec la même douceur, comme lui venant de la main de Dieu.

La foi nous apprend que Dieu veut toujours ce qui contri­bue le plus à notre perfection, et qu'il nous y mène comme par la main, pourvu que nous le laissions faire.

Avec un peu de foi naïve et simple, nous verrions Dieu se révéler sans cesse à nous, et nous nous rendrions compte de son action dans tout ce qui nous arrive.

La vie de foi n'est qu'une poursuite continuelle de Dieu, à travers tout ce qui le cache.

L'âme fidèle ne s'arrête jamais dans sa course : toutes les routes l'avancent également vers Dieu ; tout est moyen pour la conduire à lui. Soit qu'il l'afflige, soit qu'il la console, elle l'adore, l'aime et le reconnaît toujours pour son Seigneur et son Dieu. Si nous avions la foi, nous saurions bon gré à toutes les créatures, nous les remercierions intérieurement de ce que, en nous faisant souffrir, elles se rendent si favorables à notre perfection.

Quand il vous plaît, Seigneur, de faire briller à nos yeux un rayon de votre lumière, nous voyons alors clairement que tout ici-bas n'est que vanité et mensonge.

Qu'il y a, en effet, de différence entre les idées de Dieu et les nôtres ! Tout ce qui se passe dans ce monde n'est qu'une ombre, et nous nous arrêtons aux apparences au lieu de lever les yeux en haut où est la réalité des choses.

Nous agissons d'après ce que nous voyons, d'après ce que nous sentons, et nous faisons fausse route, quand il serait si facile de marcher à la lumière de la foi qui nous montre Dieu en tout.

 

Les sens ne voient que les dehors, la foi voit à l'inté­rieur l'action divine qui s'exerce en toutes choses. Oh ! Vivons donc, maintenant et toute notre vie, de l'esprit de foi !

 

Saint Eucher, évêque.

Saint Eucher naquit à Orléans de parents nobles, riches et pieux, qui, avertis par une révélation de la future sainteté de leur enfant, le consacrèrent à Dieu dès sa naissance.

On le fit étudier dès l'âge de sept ans et ses progrès dans la vertu et dans la science furent merveilleux. Devenu religieux au monastère de Jumiège, il fut tiré de cette retraite par Charles Martel qui le fit sacrer évêque d'Orléans à la prière du clergé et du peuple.

Le saint religieux dut céder à tant d'instances, et fit briller dans cette nouvelle dignité les vertus du cloître en même temps que le zèle pastoral. Il eut à résister aux empiétements de son protecteur sur les droits de l'Église, et sa constance lui mérita les honneurs de l'exil pour le service de Jésus-Christ.

Charles bannit l'énergique pontife à Cologne, où le duc Robert le reçut avec tous les égards dus à son mérite et à ses vertus. Il le nomma grand aumônier du palais, mais Eucher, insensible aux honneurs, ne sollicita du prince que la faveur de se retirer dans l'abbaye de Saint-Trond, près de Liège, pour y servir Dieu librement dans la solitude et la priè­re. Il vécut six ans dans cet exil, et mourut le 20 février 731.

 

Tiré de : LECTURES MÉDITÉES  (1933)

 

elogofioupiou.com

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