Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 09:23

 

1. «Consacrez à Dieu les prémices de votre journée, dit saint Jean Climaque : car elle sera tout entière à celui qui en aura pris possession le premier ».

 

Si, dès notre réveil, nous nous donnons à Dieu de tout notre cœur, il nous sera facile de nous conserver tout le jour dans cette disposition.

 

 Que notre première pensée, notre pre­mière parole, notre première action, nos premiers sentiments, soient pour Dieu : notre première pensée, en nous le re­présentant à côté de nous : n'a-t-il pas veillé sur nous pen­dant la nuit et ne nous offre-t-il pas son assistance pour tout le jour ? Notre première parole, en prononçant les noms de Jésus, Marie, Joseph ; notre première action, en faisant le signe de croix ; nos premiers sentiments, en lui rendant nos devoirs d'adoration, d'amour, de reconnaissance, et lui offrant toute notre journée avec l'intention de ne vivre que pour lui en Jésus-Christ.

 

L'âme qui sera ainsi une fois bien établie en ces saintes dispositions aura une grande facilité à s'y maintenir. Si, au contraire, nous commençons la journée dans la dissipation, l'oubli de Dieu, la recherche de nos aises, l'amour de nos caprices et de nos fantaisies, l'oisiveté, la lâcheté, il nous sera bien difficile de changer ces mauvaises dispositions.

 

Et pourquoi donc refuserions-nous à Dieu les prémices de la journée, que nous savons lui être spécialement chères ? Ce serait une injustice, puisque ces premiers moments lui appartiennent ; ce serait une ingratitude, après le bienfait de notre conservation pendant la nuit ; ce serait un aveuglement, puisque de cette première action dépendent toutes les au­tres, et qu'ainsi il y va de nos plus grands intérêts de la bien faire. Avons-nous jusqu'à présent réfléchi sérieusement sur l'importance de sanctifier le lever ?

 

2. — Trois vertus doivent sanctifier cette première action de la journée: l'obéissance, la modestie et la religion, l'obéissance veut que nous nous levions à l'heure précise de notre règlement, sans rien accorder ni à la paresse ni à la rêverie, et que nous mettions le moins de temps possible à nous vêtir : car c'est gaspiller le temps que d'employer cette action plus que les moments strictement nécessaires.

 

La modestie veut, de son côté, que nous évitions la moindre indécence en nous habillant, la recherche dans la mise, la délicatesse dans les soins du corps, l'affectation d'excessive propreté.

 

Enfin, la religion doit occuper notre intérieur (le pieuses et saintes pensées : « Vous garderez mes paroles dans votre cœur, dit Dieu à son peuple, et vous les méditerez à votre lever ». C'est le moment de nous appliquer à faire toutes nos actions en union avec Jésus-Christ et sous son regard.

 

3. — L'acte du coucher ne demande pas moins de vigi­lance. Il faut d'abord se coucher à l'heure fixe, sans écouter le caprice qui voudrait avancer ou retarder cette action. Il finit ensuite se bien souvenir que la modestie exige qu'on se déshabille décemment, ne se découvrant que dans la mesure du nécessaire, par respect pour les regards de Dieu fixés sur nous ; qu'on se couche de même et qu'on se tienne au lit dans une posture qui atteste également le respect pour Dieu et pour l'ange gardien qui nous voient.

 

La re­ligion demande, de son côté, qu'on ne se couche jamais sans avoir fait la prière du soir avec l'examen de conscience, suivi d'un acte de contrition ; elle souhaite qu'on prenne de l'eau bénite et qu'on en jette sur le lit pour éloigner le démon pendant la nuit ; qu'étant couchés, notre der­nière action soit le signe de la croix ; nos dernières paroles, les noms de Jésus, Marie, Joseph ; et qu'après cela, nous nous abandonnions entre les bras de Jésus, pour nous endormir sur son sein et prendre en lui notre repos. Avons-nous ob­servé ces règles ?

 

4. — Enfin, il y a certaines dispositions intérieures à gar­der pour faire saintement l'action du coucher.

 

En nous déshabillant, désirer vivement nous dépouiller de nous-mêmes et de toutes nos attaches, et nous considérer comme indignes d'avoir un vêtement, après avoir perdu celui de l'innocence.

 

En nous couchant, honorer Notre-Seigneur, qui a fait cette même action, et rendre hommage au mystère de sa mort et de sa sépulture ; regarder notre lit comme notre sépulcre, nos draps comme notre suaire, le sommeil comme l'image de la mort, et entrer en con­séquence dans les sentiments où nous voudrions être à notre dernier soupir, accepter la mort avec l'état de corruption qui la suivra, et désirer que le monde nous oublie comme on oublie les morts.

 

 Étant au lit, offrir notre repos à Dieu en l'honneur du repos de Jésus-Christ pendant qu'il était sur la terre, et plus encore en l'honneur du repos éternel que le Père céleste prend en lui-même, en son Fils, en la très sainte Vierge et en tous les saints; puis, entrer dans l'aban­don que Notre-Seigneur fit de son âme à son Père, et dire en nous endormant ce qu'il dit en mourant :

 

 « Mon Père, je remets mon âme entre vos mains » ; après quoi, tâcher de nous endormir en quelque bonne pensée, afin que nous n'en ayons que de bonnes en nous éveillant, et que notre sommeil même soit une prière devant Dieu.

 

C'est encore une excellente pratique d'avoir notre chapelet enroulé à notre main droite et de nous endormir en le récitant.

 

Observons bien ces petites industries spirituelles ; elles nous préserveront de tentations dangereuses ou nous ob­tiendront la force de les vaincre.

 

22 avril  FÊTE DU JOUR:

Saint  Epipode et saint Alexandre, martyrs.

 

Épipode et Alexandre subirent le martyre à Lyon, dans l'année qui suivit la grande persécution qui désola l'Église de cette cité. Tous deux étaient jeunes ; ils avaient passé ensemble leur enfance et avaient vécu dans une gran­ité pureté de mœurs. Le chrétien qui raconte leur martyre voit dans cette innocence le véritable motif de leur mort et de leur gloire, car, dit-il, ils avaient vécu en hommes dignes d'être offerts un jour comme victimes au Seigneur.

 

Épipode et Alexandre s'étaient réfugiés, pour fuir la rage des persécuteurs, dans un petit hameau à quelque distance de Lyon. Ils y furent néanmoins découverts et soumis à la torture.

 

Épipode, le plus jeune des deux, fut jugé seul, afin que personne ne pût soutenir sa faiblesse. Frappé jusqu'à ce qu'il vomît le sang par la bouche, étendu sur le chevalet tandis qu'on lui tordait les chairs avec des tenailles rougies au feu, il ne cessait de répéter au milieu des tourments : «Je confesse que Jésus-Christ est Dieu, avec le Père et le Saint-Esprit. Je ne perds pas ma vie, je la change en une vie meilleure ». Saint Épipode consomma son martyre par le glaive, qui lui trancha la tête.

 

Alexandre entra dans la voie douloureuse de son martyre avec d'autant plus de courage que son frère avait déjà conquis le ciel. Il fut cloué à une croix, et mourut sur l'instrument de notre rédemption, en invoquant Jésus-Christ jusqu'au dernier soupir.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES  (1933)

 

elogofioupiou.com

Partager cet article

Repost 0
Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
commenter cet article

commentaires