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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 08:53

Ce que nous avons dit dans la première partie de cet ouvrage nous a fait comprendre qu'il est nécessaire de prier pour nous-mêmes, afin d'obtenir toutes les grâces dont nous avons besoin pour sortir du péché, pour persévérer dans la grâce et pour arriver au ciel.

 

Aujourd’hui, il s'agit de la prière que nous devons faire pour les autres. Écoutons saint Thomas : « Saint Jacques dit : Priez les uns pour les autres afin d'être sauvés. Nous devons demander et désirer des biens, non seulement pour nous, mais encore pour les autres; c'est ce qui résulte de l'obligation que nous avons d'aimer notre prochain. Par conséquent, la charité nous fait un devoir de prier pour les autres. C'est pourquoi saint Jean Chrysostome dit : C'est la nécessité qui nous presse de prier pour nous, c'est la charité fraternelle qui nous exhorte à prier pour les autres. Elle est bien plus agréable à Dieu la prière que recommande la charité que l'on a pour ses frères, que celle que dicte la nécessité. C'est pourquoi Notre Seigneur nous a appris à dire : Notre Père, et non mon Père, donnez-nous et non donnez-moi. »

 

Il est vrai que plusieurs auteurs pensent que les promesses de Nôtre Seigneur d'accorder tout ce que l'on demande, ne s'appliquent pas à la prière faite pour les autres; mais beaucoup d'autres théologiens soutiennent un sentiment opposé. Ils s'appuient sur l'autorité de saint Basile qui enseigne que la prière, en vertu de la promesse divine, obtient infaillible­ment son effet, même quand on prie pour les autres, pourvu qu'ils n'y mettent pas un obstacle positif.

 

Ils se fondent aussi sur ces textes des Écritures : La confiance que nous avons en Dieu, c'est qu'il nous exauce, quoi que ce soit que nous lui demandions selon sa volonté. Or, quand nous prions pour les autres, nous ne faisons que demander selon la vo­lonté de Dieu qui a dit : Priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient ; et encore : Priez les uns pour les autres afin d'être sauvés.

 

Ceux qui sou­tiennent un sentiment contraire disent que quand on prie, pour un autre, il arrive parfois qu'il n'est pas en état de recevoir ce que l'on demande pour lui : « Mais, dit Suarez, on pourrait en dire autant quand on demande pour soi, car celui qui demande pour lui-même n'est pas toujours dans les dispositions voulues pour recevoir ce qu'il demande. Il est bien vrai qu'il peut plus facilement se disposer lui-même que disposer un autre à recevoir l'effet de la prière, et que, par ce côté-là, il est plus facile d'obtenir quand on demande pour soi ; mais ce n'est pas une condition particulière de l'efficacité de la prière de demander pour soi : c'est une condition générale que celui pour qui on prie ne mette pas d'obstacle à l'effet de la prière. »

 

Corneille de Lapierre parle comme Suarez, voici ses paroles : « La promesse de Nôtre Seigneur s'ap­plique aussi bien aux prières que nous faisons pour les autres, d'autant plus qu'en priant pour le pro­chain, et surtout pour des ennemis, nous faisons un acte de plus grande charité. Aussi voyons-nous que saint Etienne pria pour la conversion de saint Paul et l'obtint ; aussi lisons-nous dans l'Écriture que Job pria pour ses amis et obtint de Dieu leur pardon. Judith, soutenue par les prières de ses concitoyens, trancha  la  tête du général ennemi Holopherne ; Jérémie priait pour le peuple et sa prière liait les mains à la colère divine. Quand saint Pierre était en prison,  tous les fidèles  priaient pour lui,   et  ils obtinrent sa délivrance miraculeuse. Saint Paul priait pour les fidèles  et  demandait  pour lui-même  le secours de leurs prières.

 

Jésus-Christ lui-même a prié pour   ses   Apôtres  et  pour  tous les fidèles. Or,   il est plus utile de prier pour les autres que de prier seulement pour soi : d’abord parce que Dieu accepte plus volontiers le sacrifice de la prière quand il est parfumé par la charité. C'est pourquoi les prières communes et alternées ont plus de prix que les prières privées, comme le dit saint Augustin. De plus, quand chacun prie pour tous, tous prient pour chacun, comme le remarque saint Ambroise, et, en récompense de ce que chacun fait, il acquiert une participation aux suffrages de tous, et reçoit ainsi une grande abondance de grâces. Et n'est-ce pas déjà un grand bien d'avoir part aux prières des autres, parmi lesquels il y a des saints, aux supplica­tions desquels Dieu accorde souvent ce qu'il refuse­rait aux nôtres qui lui sont moins agréables? » Il  ne  s'ensuit pas  toutefois  qu'il  ne soit  pas permis, et souvent à propos, de prier spécialement pour soi, ou pour quelqu'un en particulier. C'est même en certains cas un devoir de charité ; et il est certain que la prière, au moins comme satisfactoire, profite plus à un particulier, quand on lui en ap­plique le fruit, que si on l'appliquait à un grand nombre.

 

Quand nous prions pour les autres, si nous ne sommes pas exaucés, cela peut venir ou de nous qui ne prions pas dans les conditions voulues, ou d'eux, qui, par leur malice ou leur lâcheté, ne se rendent pas dignes de recevoir la grâce ou même la mé­prisent.

 

Celui pour qui on prie doit s'aider lui-même à profiter de la prière des autres, comme un malade doit aider le médecin qui entreprend de le guérir. S'il ne le fait pas, le médecin perd son temps et sa peine. Que ceux qui prient pour les autres et qui ne sont pas exaucés sachent, pour leur consolation, que leur prière ne laisse pas d'être méritoire pour eux, comme l'enseigne formellement saint Thomas. Il est donc toujours de notre intérêt de prier pour les autres.

 

Mais pour qui devons-nous prier? Nous devons prier pour les vivants et pour nos défunts.  (A suivre)

 

 

Extrait de : LA CLÉ DU CIEL  (1904) P. Berthier. M. S.

 

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