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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 07:57

D.H.P. est formellement infaillible ; son contenu doctrinal est formellement hérétique. Ce sont pourtant ces faits, ecclésiaux authentiques et incontournables, qui nous montrent la Crise de l’Église. C'est-à-dire, que nous montre le Saint-Esprit. Précisément parce que Paul VI était pape ; parce que l'acte posé était doté de l'infaillibilité ; parce que l'hérésie y contenue est formelle. En posant cet acte ecclésial par la main inconsciente et utopique du pape Paul VI (... et on ne saurait lui faire porter le chapeau de la Crise de l'Église sans le faire porter en même temps à tous les papes depuis Pie VII...), le Saint-Esprit a voulu nous montrer que, pour l'Église, l'heure était venue, dans les insondables Décrets divins, où elle devait être "faite péché pour notre salut" (saint Paul) comme le Christ le fut sur la croix, sans cesser d'être PARFAITEMENT SAINTE.

 

C'est cela la signification ultime de la Crise de l'Église, ce que veut dire le Christ à l'oreille de notre âme par ces événements ecclésiaux certes humainement renversants et même scandaleux295.

 

Il est inutile de s'échiner à esquiver à tout prix, l'un ou l'autre de ces trois lieux théo­logiques de l'acte D.H.P. que nous venons d'énoncer, comme hélas les chefs de file traditionalistes dans leur ensemble nous en ont très mal édifiés : c'est fuir la Vérité, c'est lutter contre Dieu (et non pas à la sainte manière de Jacob luttant contre l'Ange), c'est fuir Jésus-Christ Nôtre-Sauveur comme saint Pierre l'avait fait lors de la Passion du Christ et comme il s'apprêtait encore à le faire, l'incorrigible, quelque trente ans après (fuyant la Rome persécutrice des chrétiens, l'an 64, il vit, dans une apparition, le Christ qui prenait la direction opposée à la sienne ; et de l'interpeller : "Où allez-vous, Seigneur ?" — "Je vais à Rome pour y être crucifié de nouveau", lui répondit-Il ; saint Pierre com­prit cette fois-ci, et rebroussa chemin...).

 

Ce qui est demandé aux catholiques de notre temps, ou aux âmes de bonne volonté qui se trouvent dans l'église officielle (... ou, pourquoi pas, même à celles qui ne s'y trouvent pas, du moment qu'elles comprennent par une motion du Saint-Esprit ce devoir de sainte crucifixion qui est celui réservé à notre Temps de la Fin pour toute âme), c'est de ne pas prendre le chemin historique opposé à celui eschatologique emprunté par Nôtre Seigneur : car, quand on s'oppose à Dieu, on trouve immanquablement Satan, tôt ou tard."Maudit est celui qui est pendu au bois [crucifié]"296 : cela s'applique excellemment au Christ pendant sa Passion, et à l'Église depuis le 7 décembre 1965 (et pareillement, à l'Institution divine politique, la France Très Chrétienne, depuis la décapitation de Louis XVI, le 21 janvier 1793).

 

L'Église ne peut pas pécher, étant immaculée comme la très sainte Vierge qui en est d'ailleurs la plus touchante figure.

 

Et cependant, la réalité des faits montre un ex­térieur de péché bien réel, non illusoire, pas du tout fantomatique ! Cependant, si l'on veut rester catholique, il faut préférer la réalité (objective) au raisonnement théologi­que, selon le principe scolastique bien connu : "Contra factum, non argumentum" (contre les faits, on n'argumente pas).

 

Et ceci, précisément, pour comprendre VRAIMENT ce qui se passe. Il faut donc s'entretenir de la réalité du péché matériel dont on voit l'Église recouverte, comprendre qu'elle signifie pour l'âme catholique non plus une Foi ordinaire mais héroïque, et la préférer à tout raisonnement intellectuel qui voudrait commencer par ne pas la voir.

 

C'est là qu'on a failli, généralement, chez les traditionalistes, jus­qu'à présent. Cela se comprend d'ailleurs assez bien parce que, la chose humainement considérée, c'est totalement incompréhensible, c'est éminemment scandaleux, abomi­nablement anéantissant. Tous les pharisiens du monde entier, réunis en magistère or­dinaire et universel évidemment... infaillible ! , vous diront en effet qu'il n'y a aucune différence entre l'apparence du péché formel (c'est-à-dire : péché seulement matériel) et le péché formel.

 

C'est chez eux un dogme révélé depuis, à vrai dire, leur premier père, Satan, que la sainte Écriture appelle aussi le Grand Accusateur, l'Homicide, ce Satan réprouvé qui fut l'inspirateur maudit des faux amis du saint homme Job, dont, remar­quez-le bien, tous les discours cruels et injustes avaient pour seul et unique but de vou­loir convaincre cette figure du Juste persécuté qu'il avait péché puisqu'il était sous la malé­diction du péché, qu'il en était extérieurement revêtu (en fait, c'est drôlement impres­sionnant, le Saint-Esprit a rédigé tout un Livre biblique pour bien nous enseigner sur la terrible question morale qui regarde très précisément notre Crise de l'Eglise II).

 

Et c'est bien là qu'est le nœud de la question ! Un péché matériellement commis n'est pas toujours un péché réel, cela peut même être... le summum de la perfection, quand on y est invinciblement contraint contre son propre bon vouloir.

 

Ce qui, bien sûr, est éminemment le cas pour le Christ et pour l'Église (... et pour tout chrétien qui tâche, malgré son imperfection, de rentrer dans le Plan divin...), car c'est justement le moyen employé par la Providence divine pour mener l'Église à sa perfection ultime d'Amour.

 

Yahweh, d'ailleurs, a déjà tranché notre cause en rendant publiquement bonne justice à Job contre ses faux amis : oui, dit-Il en finale de ce Livre biblique si poi­gnant, que Job en soit loué, béni et glorifié à jamais, cette plus haute figure prophétique du Christ de la Passion avait bien raison de leur soutenir que, quoique soumis à l'appa­rence du pécheur, il n'avait point péché...

 

A fortiori en sera-t-il de même pour l'Église ; nous avons, nous catholiques, l'absolue certitude qu'à son Heure, Dieu lui rendra aussi bonne justice, au-delà même de la mesure bien tassée dont parle l'Évangile : bien que soumise au péché matériel de D.H.P., elle n'en est pas moins restée toujours absolu­ment SAINTE, pure de tout péché réel, le plus petit soit-il. Et cela sera glorieusement montré à la face du monde, pour la confusion éternelle de Satan et des impies impéni­tents. La vie de Job contient même une très belle prophétie pour l'Église : après son épreuve, il lui fut non seulement redonné ce qu'il avait perdu, mais "le double"297,  ce qui signifie que la Restauration de l'Église qu'on attend ne sera pas comme celles qu'on a déjà vues dans l'Histoire, imparfaite, toute relative, mais elle sera au contraire ordonnée à l'Eschatologie, absolue, parfaite ! La Restauration sera doublée, comme incluant la Création inférieure, le corps humain, et non plus seulement l'Église, l'âme !... Ce sera le Millenium...

 

Marana Tha !, comme disaient les premiers chrétiens en se saluant (cela signifie non seulement : reviens, Seigneur Jésus,mais c'est en même temps une formule d'ex­communication, d'exécration et d'exorcisme du monde maudit qui nous entoure, qu'on trouve d'ailleurs dans certains conciles œcuméniques orientaux ; Crampon en donne la signification suivante : "Nôtre-Seigneur vient pour le jugement"298).

 

Tout le reste, comme le vous le voyez, est du vent.

Oui, vraiment du vent.    Rien que du vent.

 

 

295 Le lecteur comprendra aisément que ce qui est exposé ici n'est pas le fruit d'une réflexion passagère mais au contraire, l'aboutissement synthétique d'une longue et presque torturante méditation qui m'a a été comme invinciblement imposée par le Bon Dieu depuis surtout les années 1980 (beaucoup plus que poursuivie par un libre choix), méditation ramenée sans cesse devant mes yeux, je peux bien dire sans exagération pratique­ment tous les jours (car moi aussi, pécheur indigne, j'ai bien cherché à fuir la Passion de l'Église à toutes jambes, mais cela m'a été tout à fait interdit, invinciblement interdit, mon être tout entier y étant plongé, corps, esprit, cœur et âme, sans qu'aucune permission ne m'eût été préalablement demandée, on est instam­ment prié de le croire ; en particulier, ô terrible Nuit de Pâques 1975, comme je me souviendrai de toi toute ma vie...!, comme tu me fus mortelle et épouvantablement ténébreuse au moment même où l'Épouse du Christ fêtait la... RÉSURRECTION DU CHRIST !).

 

On demande donc au lecteur de ne pas rejeter ces présentes lignes avant au moins une réflexion soutenue, d'ailleurs beaucoup moins intellectuelle que mystique, spiri­tuelle. Je ne révèle pas cela pour me glorifier, Dieu m'en garde à l'heure de la Passion, mais seulement pour que l'absence d'autorité cléricale qui est mienne ne soit pas préjudiciable à ce que je dis. Pour paraphraser saint Paul, je peux bien écrire :

 

 "Ils se disent théologiens, eh bien, je vais parler en fou, moi aussi je le suis, et plus qu'eux encore"...! Ils disent que "l'exposé qui va suivre est un résumé très simplifié d'un gros travail entrepris depuis dix ans" (abbé Marcille, Eglise & contre-Église, p. 256), eh bien, moi aussi, j'ai réfléchi comme un ascète à qui il est interdit de bouger du problème, cloué sur la Croix de l'Église pour ainsi dire par vocation, et apparemment j'ai réfléchi spirituellement, théologiquement, beaucoup plus qu'eux tous réunis (je parle évidemment en insensé), n'ayant d'ailleurs, je m'empresse de le dire, pas spécialement de mérite à cela puisque le Christ m'y poussait invinciblement et avait tout ordonné dans ma vie pour qu'il en soit ainsi...!

 

296 Deut. XXI, 23, bien rappelé par saint Paul dans Gai. III, 13. Autrement dit, les Deux Testaments, l'An­cien et le Nouveau, sont unanimes à professer cette terrible loi que celui qui est crucifié est maudit de Dieu ; ce qui, à propos du Christ crucifié, signifie très précisément qu'"Il est fait péché pour notre salut",comme l'explicite bien le même saint Paul dans II Cor. V, 21, et comme il ne manque pas de le rappeler dans Gal. III, 13 : "Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, en se faisant malédiction pour nous, car il est écrit : «Maudit quiconque est pendu au bois»". C'est la "si grande contradiction" à laquelle est soumise le Christ crucifié dont il parle dans Héb. XII, 3-4 (notez bien qu'il ne dit pas "contradiction", ni même "grande contradiction", mais "si grande contradiction" pour bien souligner que le Christ, le Saint des saints, est fait matière du péché pour la Rédemption, ce qui effectivement est le summum de la contradiction, l'extrême indé­passable). Tout se recoupe bien dans la Parole de Dieu, pour celui qui accepte de passer humblement sous les fourches caudines du Saint-Esprit...

 

297 Job XLII, 10.

 

298 Glose de I Cor., XVI, 22, dans la Bible Crampon 1923. Et non "Maran Atha", comme on l'écrit parfois, qui signifie : "Le Seigneur est venu ".

 

 

A suivre

 

Extrait de : L’IMPUBLIABLE (2005)

                   Autoédition Vincent MORLIER

 

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