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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 13:00

           

 

 

D'une manière philosophique, on pourrait dire que la gloire de l'Être, c'est d'aller jusqu'à se donner l'apparence du non-être tout en restant l'Être. Autant pour l'Amour. Infinem dilexi.

 

Au fond, vous le voyez, cher lecteur, l'affaire de la Crise de l’Église est loin d'être une question de Théologie, elle est surtout une question de Mystique, et de Mys­tique de la Passion.

 

La Théologie peut nous servir pour bien comprendre ce qui se passe, c'est d'ailleurs son rôle, elle sert principalement à poser les garde-fous, puis à tirer les conclusions formelles... et puis doit se retirer comme une humble servante qui n'a pas le droit ni la puissance de pénétrer plus avant, dans le Saint des Saints.

 

Après, c'est le Sacré-Cœur qui, dans l'Amour Charité, guide l'âme dans la Passion de l'Église pour lui faire porter sa Croix jusqu'à la Mort mystique, mais encore pour la faire parti­ciper à la Résurrection.

 

Ce n'est pas rien de vivre la Sainteté de l'Église dans l’apparence du péché... c'est le lot du catholique contemporain. Si onze Apôtres sur douze ont fuit la Passion lorsque le Christ "s'est fait péché pour notre salut", on comprend que lorsque l'Église doit également "se faire péché" à l'instar du Sauveur, une prodigieuse défection se produise, comme hélas elle se produit, et pas seulement chez les... modernistes.

 

Seul saint Jean ne s'est pas laissé déborder par les événements, c'était l'Apôtre mystique (ce n'est pas un hasard...) ; en notre temps, seuls ceux qui sauront s'élever dans la Mysti­que de la Passion ne se laisseront pas déborder... pour leur plus grande gloire dans le Christ.

 

Face à cette situation certes crucifiante pour la vertu, les chrétiens authentiques disent après le Christ : "Mon âme est triste jusqu'à la mort", mais ils n'hésitent pas à rentrer dans le Jardin des Douleurs, ils acceptent ce chemin spirituel qui les crucifie dans leur vie quotidienne ; et surtout, ils ne cèdent pas à la suprême tentation d'appe­ler mal ce qui est bien et bien ce qui est mal.

 

En effet, faire le Bien, depuis que l'Église est rentrée dans sa Passion, est invinciblement recouvert d'une apparence de péché ! Et à l'inverse, le pécheur véritable ne semble-t-il pas faire ce qui est bien et légitime à la gloire de l'homme ?

 

Il viendra même un temps affreux où le bien extérieur de l'homme, sous couleur de haute spiritualité, sera fait naturellement, sans l'aide du Saint-Esprit, et ce sera le temps de l'Antéchrist.

 

La glose du Cal Journet, quand il commente la dernière Parole du Christ en Croix, ne saurait mieux convenir à notre propos : "Il se peut, que l'ère dans laquelle nous entrons connaisse une nouvelle forme de martyre, moins fréquente aux âges antérieurs, très pauvre, très dépouillée, sans rien de spectaculaire pour la foi des communautés chrétiennes (tout le spectaculaire, au contraire, aura passé dans les camps de la Bête Apoc. XIII, 3-5), et où il sera demandé aux martyrs, avant de mou­rir corporellement pour Jésus, d'accepter, pour l'amour encore de Jésus, d'être avilis, et de renoncer à la joie de pouvoir, à la face du monde, confesser Jésus"288 ( Les sept Paroles du Christ en Croix, Charles Journet, p. 170, écrite en 1952.)

 

À ce tournant de notre méditation, quelle résonance, soudain, prend cette lapidaire prophétie de Mme Guyon, cette âme mystique: "Après les martyrs de Jésus-Christ qui ont été des «martyrs glorieux», viendront, viennent déjà, les «mar­tyrs du Saint-Esprit», martyrs de confusion et d'opprobre". Oh, alors, ce martyr-là, que cer­tains traditionalistes choisis de Dieu, fervents et prédestinés, vivent déjà dans leur âme dans l'attente de leur mort mystique qui sera pour l'humanité l'Apocalypse,

 

(... quand d'au­tres s'illusionnent encore bourgeoisement dans un "retour de Rome à la Tradition"... à  moins que ce ne soit dans un "retour de la Tradition à Rome", on ne saisit pas trop bien le sens de la formule !),

 

combien il faut de courage pour l'embrasser, pour y persévérer dans la Foi jusqu'à la Fin contre les humiliantes apparences !Comme était judicieuse la dernière recommandation de la très sainte Vierge Marie aux petites voyantes de Garabandal : "MÉDITEZ LA PASSION DE JÉSUS"...!

 

Tout est là, en effet, depuis 1965, c'est effectivement la seule "recette" pour tenir bon dans le "martyr de l'opprobre" : quelques mois seulement après que cette dramatique parole était prononcée, les Pères conciliaires signaient D.H.P. et faisaient rentrer par cet acte même l'Église dans la Passion !

 

Or donc, une fois cet acte ecclésial infaillible, mais hérétique authentiquement po­sé, comme il le fut à Vatican II, c'est une sottise impie, ou à tout le moins une irré­flexion superficielle, de dire qu'on doit l'effacer, le réparer par un... Vatican III, comme l'espère et le veut par exemple l'inénarrable abbé Georges de Nantes, puisque son ca­ractère formellement infaillible nous montre, justement, que c'est le Saint-Esprit qui l'a posé et voulu pour l'Église, précisément pour l'amener à son achèvement de perfection d'Amour sur cette terre !

 

En vérité, rien ne peut ni surtout ne doitecclésialement le ré­parer, car, comme le Christ, l'Église pourrait bien dire : "C'est pour cette Heure que je suis venue sur la terre, que j'y ai été engendrée par le Christ".

 

En vérité, après Vati­can II, il ne reste plus que la Parousie. Et en attendant, à vivre le plus saintement possi­ble la Passion du Christ revécue dans l'Église.

 

Bienheureux qui le comprenne et surtout qui le vive !

 

Bienheureux qui ne se scandalise pas de cette Passion du Christ revécue en son Église !

 

A Suivre

 

Extrait de : L’IMPUBLIABLE (2005)

                   Autoédition Vincent MORLIER

 

elogofioupiou.com

 

 

 

 

 

 

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