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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 07:01

 

D.H.P. nous montre donc vraiment l'Église recouverte du péché, sans faute réelle de sa part.

 

Le Bon Dieu s'est servi pour cela principalement de l'aveuglement u topique de Paul VI 283 prenant la suite de Pie XII et plus généralement de l'obscurcissement dans lequel, par rapport au monde, on voit les papes se plonger dès le Concordat de Pie VII, favorisant pratiquementla démocratie parmi les chrétiens (car cette erreur dans le Poli­tique, issue des scolastiques notamment de saint Thomas d'Aquin, était très grave : c'est elle qui, en moins de 200 ans, a finalement amené les papes et l'Église à se retrou­ver pieds et poings liés face au monde... et cette fois-ci plus sur la question politique, mais sur la question religieuse ! Le libéralisme politique amène en effet obligatoirement, tôt ou tard, au libéralisme religieux au niveau des États, qu'a consacrée officiellement la doctrine de D.H.P.284).

 

D.H.P. nous oblige à comprendre, d'une compréhension cette fois-ci spirituelle, mystique, et non plus intellectuelle ou théologique, que le Saint-Esprit se devait de mener l'Église à la Mort mystique, à la fin de ses jours terrestres, pour que l'Épouse soit parfaitement configurée à l'Époux. Et donc, en ne supprimant pas l'ignorance invincible de l'erreur dans laquelle les Chefs de l'Église post-ré­volutionnaire se sont plongés et tragiquement fourvoyés, il faut finalement compren­dre que c'est le Saint-Esprit qui a mené LUI-MÊME l'Église à... D.H.P. Car là aussi, il fallait que l'Écriture s'accomplisse.

 

Autrement dit, bien que dirigés par le Saint-Esprit, ou plutôt en dernière analyse mystique du problème PARCE QUE dirigés par Lui, les papes ont infailliblement mené l'Église à une impasse à laquelle Paul VI donna le coup fatal et final, avec l'affreux brio que l'on sait... à la terrible manière de Louis XVI cédant de plus en plus au mal quoique sans mauvaise intention personnelle, tout au contraire même, en voulant utopiquement le bien. Souvenons-nous bien, nous l'avons déjà dit plus haut, de la déclaration de Paul VI faite le jour même où il signa D.H.P.

 

("Nous, plus que quiconque avons le culte de l'homme, etc."), qui a tellement scandalisé les sédévacantistes et les nantistes, a été faite par Paul VI dans le cadre de la Parabole du bon Samaritain. En fait, cet homme  représentant l'humanité moderne, dont Paul VI disait avoir le culte, il se le représentait dans le fossé, blessé, parce que, bien qu'honnête, il n'avait plus la Foi extérieure, et lui, pape moderne, trompé par l'utopie démocratique, voulait, pour lui prouver son amour ré­dempteur et celui de l'Église dont il était le chef, aller jusqu'à faire semblant de ne plus voir son athéisme ou son égarement, pour mieux le ramener à Dieu285 (en sublimant simplement les vertus morales, comme disait Pie XII en ses sept incroyables messages de Noël 39-45 !) : d'où la Liberté Religieuse qu'il a accepté de signer. C'est-à-dire que la motivation de Paul VI était extrêmement bonne, si son utopie le faisait aller trop loin, jusqu'à l'apparence du mal. S'il a signé D.H.P., c'est pour cette raison... pastorale on peut bien dire très édifiante en soi (il n'en reste pas moins que si la motivation est pastorale, la notation théologique de l'acte posé, nous l'avons vu plus haut, ne saurait, elle, être pastorale !), et non point pour cautionner une doctrine cependant formellement héréti­que.

 

Comme Louis XVI acceptait de se coiffer du bonnet phrygien, ou commandait aux gardes suisses de déposer leurs armes pour éviter la moindre effusion de sang français (... les malheureux gardes, martyrs de l'Ordre Très Chrétien auxquels on n'a guère songé dans les procès de canonisation, furent tous massacrés pour avoir suivi cet or­dre...), non par complicité de doctrine avec les révolutionnaires, loin s'en faut, mais par miséricorde et excès d'Amour pour son peuple (in finem dilexi), peuple français qu'il ai­mait, on peut bien le dire, aussi utopiquement que Paul VI aimait l'homme moderne.

 

283

«Le pape Paul VI, humainement, est un malheureux libéral écartelé par son libéralisme avec lequel il a choisi son entourage pire que lui... dominé par les imprudences qui lui ont fait choisir des démons. Il endure un martyre qui lui coûte ce que tout le monde devine comme emprisonnement moral et physique. Il l'a voulu, miséricorde pour lui ! Puisse son martyre lui obtenir de Dieu l'avènement de sa libération... laquelle ? C'est le secret de Dieu. Prions beaucoup pour lui. Si antipathique qu'il soit, fourvoyé dans ses erreurs libérales, il EST le successeur de Pierre. Pour cela, il mérite notre pitié et notre pardon. Ceci dit, je proteste contre tout ce qu'il a lancé de faux et hérétique dans l'Église » (R.P. de Chivré, lettre écrite dans les années 1972, dans les cahiers spiri­tuels n° 2, novembre 2004, pp. 38-39).

 

284 Ce n'est pas bien difficile à comprendre : si l'on se permet, comme Pie VII l'a fait en 1801 avec Napoléon, de signer un concordat avec un État qui, publiquement, ne reconnaît pourtant pas l'origine divine du pouvoir politique dans sa Constitution fondamentale, c'est, au moins de facto, lui reconnaître une légitimité (en effet, c'est un présupposé juridique que les signataires d'un concordat reconnaissent ipso facto, par le fait même de signer, la validité de l'autre parti signataire). Or, si l'Église, par ses mandataires autorisés, reconnaît la validi­té d'un tel État sans Dieu, elle est obligée, bon gré mal gré, de reconnaître que la vie publique des hommes, dans cet État, n'appartient plus au Christ, le Christ n'y régnant plus de par la constitution politique même de l'État en question : ce qui signifie qu'elle reconnaît en pratique que toutes les religions, y compris l'absence de religion, ont égale valeur dans la vie publique des hommes de cet État. Il ne reste plus alors qu'à poser en principe doctrinal (Liberté Religieuse) ce qu'on a imposé cléricalement au niveau des mœurs, sous peine d'anathème (car ceux qui ont refusé le Concordat ont été excommuniés...) : LA LIBERTÉ RELIGIEUSE DE VATICAN II N'EST JAMAIS QUE L'ULTIME ET LOGIQUE ABOUTISSEMENT THÉORIQUE DE LA PRATIQUE DES CONCORDATS MODERNES QUE L'ÉGLISE, PAR LA VOLONTÉ DES VICAIRES DU CHRIST, S'EST PERMIS DE SIGNER AVEC DES ÉTATS CONSTITUTIONNELLEMENT NON-CHRÉTIENS, RIEN DE PLUS... MAIS, HÉLAS !!!  RIEN DE MOINS.

 

 

285 Paul VI, l'a dit Jean Guitton, il se représentait l'homme moderne comme se dirigeant vers Dieu à recu­lons, à l’envers... En fait, il aimait Dieu mais sans le savoir, et il suffisait de le tourner à l'endroit pour qu'il soit chrétien. L'image est très belle, et bien sûr, souhaitons de tout cœur qu'il en soit ainsi, que l'homme mo­derne se dirige, à travers tous ses égarements extérieurs, vers Dieu, mais... en est-on sûr ? Et surtout, en est-on sûr... pour tous ? En faire un système a priori pour tous les hommes est une utopie, qui, hélas, hélas, était déjà le fait de Pie VII, dont Crétineau-Joly disait, dans une des pages de L'Église romaine face à la Révolu­tion, qu'il "ne croyait pas au mal"...

 

A suivre

 

Extrait de : L’IMPUBLIABLE (2005)

                   Autoédition Vincent MORLIER

 

elogofioupiou.com

 

 

 

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