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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 08:31

 

       

 

Nous proposons aux jeunes filles et aux femmes chrétiennes,   des termes de comparaison qui leur permettront de voir avec bien plus de clarté si elles agissent sagement ou imprudemment dans la gestion de leurs intérêts spirituels. On ne doit jamais oublier la grande parole de Notre-Seigneur: «Les hommes du siècle sont plus sages dans leurs affaires que les fils de la lumière dans celles de Dieu.» Obligeons-nous donc, si nous voyons que nous n'avons pour nous ni le bon sens ni la logique, a changer de vie, a opérer une reforme manifestement indispensable, de façon a pouvoir nous dire, la main sur la conscience : S'il s'agissait de gagner une fortune, je ne ferais pas mieux ! N'est-ce pas le moins qu'on puisse demander a des chrétiennes qui se piquent de gagner le ciel ?

 

Comment se comporte une personne quelconque lorsqu'un petit tison enflamme ou une simple étincelle vient a tomber sur ses vêtements ? S'amuse-t-elle à regarder ce qui va advenir de cette étincelle, et l'effet qu'elle produira ? Attend-elle de sentir l’odeur de roussi, en se disant qu'il est inutile de s'en préoccuper tant qu'il n'y a pas de danger évident de brûlure ou d'incendie ? Assurément non. Une personne qui agirait ainsi passerait pour une folle. Bien loin d'attendre et de se tenir tranquille lorsqu'on voit une étincelle sur ses vêtements, on se seconde en toute hâte et l’on fait disparaître toute trace de noircissure. Eh bien, n'est-ce pas également ce que je dois faire lorsqu'une pensée mauvaise se pressente a mon esprit ? Il ne m'est pas permis de m'amuser a la considérer un peu, sous prétexte que c'est comme rien, que je ne cours ainsi aucun risque ; il faut la rejeter al’instant même, car cette pensée, c'est une étincelle qui tombe sur mon âme et qui peut y allumer un incendie si je ne l'éloigne énergiquement. Quelle leçon, dans ce simple petit fait !

 

 Lorsqu'une chose est prescrite ou défendue par une loi, ne suis-je pas extrêmement attentive a la faire dans le pre­mier cas, a l'éviter dans le second ? Pensez donc ! Si on allait voir arriver chez moi la police ou les gendarmes !... Mais la loi de Dieu, formulée dans le Décalogue, en ai-je le même souci ? Et pourtant, l'enfer avec ses supplices serait-il moins a craindre que les policiers ou les prisons de ce monde ?

 

 Lorsqu'un pauvre ouvrier apprend qu'un de ses parents habitant une ville éloignée vient de mourir et qu'il lui laisse toute sa fortune assez considérable, quelle n'est pas sa joie ! Avec quel empressement il se hâte d'aller cueillir son  héritage! Ne suis-je pas précisément dans le cas de jouir du même bonheur ? Le ciel est cet héritage auquel Jésus-Christ m'a donne des droits, et c'est l'héritage le plus riche, le plus désirable qui se puisse imaginer, puisqu'il doit me procurer une source intarissable de gloire, de plaisirs et de félicite. Et pourtant, combien ma conduite diffère de celle du pauvre ouvrier !  A voir le peu d'empressement et d'ardeur que je manifeste pour re­cueillir cette incomparable succession, on dirait que je n'en fais aucun cas, Ne faut-il pas même m'exhorter à prendre les précautions nécessaires pour ne pas risquer de la perdre ? Ne faut-il pas me menacer ? O raison, ô sagesse humaine, si attentive et si sure quand il s'agit des futiles bagatelles de ce monde, que deviens-tu lorsque tu dois t'exercer sur les affaires capitales et les inserts suprêmes de l'éternité !

 

 Lorsqu'un fleuve menace de déborder dans la campagne, on construit des digues avec une activité fébrile ; on s'impose des travaux inouïs; le temps, les ressources, les matériaux, tout est sacrifie sans hésitation. Lorsqu'il s'agit d'un incendie ou de tout autre flot a conjurer, même empressement, même dévouement. Personne ne se plaint des gènes qu'il éprouve, des privations qu'il endure. On exciterait l'indignation universelle si, au lieu de prêter son concours aux travailleurs, on allait à ses affaires et à ses plaisirs. Et moi, je suis infailliblement menacée du feu de l’enfer, et je reste insouciante, apathique; je ne songe qu'à mes diver­tissements. L'Église a beau me répéter que, si je n'ai pas recours a la pénitence, a la prière ou aux bonnes oeuvres, je serai un jour la proie de ce feu redoutable et inextinguible, je fais la sourde oreille, je me récrie sur tant d'exigences et, lorsque je finis par m'y soumettre, c'est en murmurant et en maugréant. Quelle injustice et quelle aberration ! Les prêtres ou les livres qui m'avertissent n'ont en vue que mon bonheur ; ils veulent m'empêcher de m'endormir dans une funeste sécurité, et je les traite d'importuns ! Encore une fois, ou est le bon sens ? Où est la raison ?

 

Que de rapprochements peut faire naître dans 1'esprit la pensée d'un homme de guerre, si surtout l’on se rappelle les nombreux textes des Livres saints qui comparent notre vie a un combat ! Voila un soldat qui se soumet de bon coeur, ou plutôt avec un empressement remarquable, a toutes les fatigues d'une vie aventureuse et pénible ; il quitte sa famille, il s'expose aux dangers de la guerre, il consent a souffrir de la chaleur et du froid, a faire des marches forcées, a coucher sur la dure ; il court sur les champs de bataille au milieu d'une pluie de balles et d'obus ; il risque a chaque instant de recevoir d'horribles blessures ou même la mort. Et tout cela, pourquoi ? Pour obéir à un chef qui n'est qu'un homme comme lui ; pour obtenir un grade, une médaille, un peu de cette vaine fumée qu'on appelle gloire. Est-ce que je consentirais, moi, a faire et a souffrir la dixième partie, la centième partie de tout ce qu'il fait, non plus pour une autre personne, mais pour moi seule ? Non plus pour une gloire d'un jour, mais pour la gloire éternelle !

 

Et sans aller si loin, combien de pauvres ouvriers, autour de moi, à qui il en coûte plus pour gagner du pain qu'il ne m'en coûterait pour devenir une grande sainte dans l’Église de Dieu ! O inconséquence, de ne pas faire pour mon salut, pour mon âme qui est immortelle, une faible partie, de ce que tant de personnes du monde font journellement pour les plus misérables motifs ! Quand les intérêts de mon âme sont en jeu, je ne suis plus capable de rien souffrir et je me plains que 1'Église en demande trop.

 

 Un employé d'une maison de commerce est charge d'un voyage pour les affaires de son patron, qui lui donne toutes les instructions nécessaires et lui recommande même de ne pas trop se laisser distraire par les choses curieuses et nouvelles qu'il aurait 1'occasion de voir. Le moment venu de rendre compte de sa mission, il cite a son maître maints personnages dont il a fait la connaissance, lui nomme les lieux qu'il a visités, les usages qu'il a observes, les genres de commerce qu'il a étudies sur place, les acquisitions ou transactions dont il estime l'opportunité ; mais de ses affaires pas une seule de terminée ; rien que des renseignements vagues et beaucoup de promesses ! Et que répond-il aux trop justes reproches qu'on lui adresse ? Qu'il n'avait jamais été inoccupé et qu'il lui avait semble que tout ce qu'il faisait ou examinait avait une réelle importance. Allons donc ! Lui réplique le patron : En fait, c’est pour tout cela que je vous avais envoie ? Que m'importe tout ce que vous avez fait, du moment que vous avez néglige l'unique chose dont vous étiez charge, le soin de mes affaires ?

 

Cette réponse est topique pour une chrétienne comme moi! Si Dieu me demandait compte des affaires qu'il m'a confiées, ne serais-je pas vis-à-vis de lui dans la même position que cet employé par rapport a son patron ?

 

J'ai fait de tout sur la terre, excepte de m'occuper sérieusement de mon âme, ce qui était la grande, 1'unique affaire pour laquelle j'ai été placée ici-bas. J'ai acquis des connaissances variées, j'ai un réel talent comme musicienne, je fais bonne figure en société ; mais le salut de mon âme, n’y ai-je jamais sérieusement pensé ?

 

Et Dieu ne pourrait-il pas me dire : « Que m'importent vos entreprises, votre science et vos richesses, si vous avez oublie la seule affaire pour laquelle je vous ai créée et mise au monde ? »

 

O mon Dieu, ne vais-je pas enfin commencer a raisonner de la bonne sorte et, en vraie logicienne, embrasser avec ardeur la pratique des vertus et des oeuvres qui doivent me préparer une place dans votre beau ciel ?  Pour que je le fasse plus sûrement, et aussi plus joyeusement, affermissez ma foi, ô mon Dieu ; pénétrez mon intelligence de ces vives lumières qui dissipent toutes les incertitudes et donnent un nouveau courage pour marcher a la conquête du royaume éternel.

 

Daignez encore, Seigneur, inspirer a ceux qui vivent loin de vous les réflexions auxquelles une sage et droite raison ne peut manquer de souscrire lorsqu'elle médite de sang-­froid sur les mystères de l’autre vie, afin qu'ils aient le bonheur de se convertir !

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES  (1933)

 

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