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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 15:59

Les sacrements sont le premier moyen pour obtenir les grâces ; la prière en est le second. La prière est une élévation de notre esprit et de notre cœur vers Dieu, pour lui rendre nos devoirs de remerciement, et de demande pour les choses qui nous sont nécessaires.

 

La prière est un devoir indispensable que l'on ne peut omettre sans péché : Jésus-Christ nous en a fait un comman­dement exprès et ce précepte est souvent répété dans l'Évangile. Veillez, nous dit-il, et priez; et toujours priez et ne point se lasser de le faire. De là ce reproche qu'il fait à ses disciples : "Jusqu'ici vous n'avez rien demandé en mon nom : demandez, et vous recevrez." Il a pratiqué lui-même ce qu'il nous commande ; il passait souvent les nuits à prier ou, pour mieux dire, toute sa vie a été une prière conti­nuelle.

 

Jésus-Christ n'avait certainement pas besoin de prier pour lui-même ; mais il voulait nous donner l'exem­ple et nous engager par là à nous livrer à ce saint exercice : nous avions besoin qu'il priât pour nous et qu'il nous mon­trât l'obligation où nous sommes de prier.

 

Ce saint exercice est d'une nécessité indispensable et quand même l'Évangile ne nous ferait pas une loi positive de prier et de prier sans cesse, le sentiment de notre misère suffirait seul pour prouver cette nécessité. Les besoins toujours renaissants de notre âme et de notre corps ne nous avertissent-ils pas continuellement de recourir à Celui qui peut seul y remédier? N'est-ce pas le partage des misérables de gémir et de solliciter du secours ?

 

Notre indigence est extrême, les biens qui nous manquent sont d'un prix infini. Dieu est prêt à nous les accorder ; non seulement il nous permet, mais il nous commande de les lui demander. Ce n'est pas qu'il ignore nos besoins ; il les connaît mieux que nous ne les connaissons nous-mêmes; il exige cependant que nous les lui exposions, pour nous faire désirer avec plus d'ardeur les biens qu'il nous prépare et pour nous rendre par ce désir plus capables de les rece­voir.

 

Le désir des biens spirituels s'enflamme par l'exercice de la prière, et plus ce désir est ardent, plus on reçoit de Dieu ; il remplit ceux qui sont affamés et il renvoie vides ceux qui se croient riches et qui s'imaginent n'avoir besoin de rien.

 

Si Dieu nous accorde ses biens sans attendre nos prières, nous serons portés à nous les attribuer ; mais quand, après avoir senti notre misère et notre impuissance, nous recou­rons à lui, nous ne pouvons alors nous dissimuler à nous-mêmes notre dépendance ; nous sommes obligés de recon­naître que nous ne pouvons rien sans lui et que tout ce que nous en recevons est un don de sa pure libéralité : cet hum­ble aveu de notre indigence nous dispose à recevoir ses bienfaits avec abondance.

 

Appliquons-nous donc à ce saint exercice ; ne croyons pas que pour remplir ce devoir essentiel, il suffise d'y em­ployer quelques moments rapides et de passer le reste du temps sans penser à Dieu : il faut avoir souvent re­cours à la prière et y persévérer longtemps.

 

Dieu veut être sollicité, pressé, importuné : il ne se lasse pas de nous écouter ; le trésor de ses grâces est infini et on ne peut rien faire qui lui soit plus agréable que de demander sans cesse à y puiser. Les rois de la terre ne permettent pas à toutes sortes de personnes de leur parler ; c'est une faveur qu'ils n'accordent qu'à leurs favoris et dans certains mo­ments ; mais il n'en est pas ainsi de notre Dieu ; il nous permet de lui parler à toute heure, de lui présenter nos be­soins et de réclamer son secours : il nous ordonne même de le faire en toute liberté et si l'on ne se présente pas devant lui, il s'en offense. Quel honneur pour une vile créature de s'approcher ainsi de son Dieu, de lui communiquer ses pensées, ses inquiétudes, ses désirs avec une sainte liberté, avec une douce confiance !

 

Ne serait-ce pas mépriser sa bonté que de ne pas profiter de la faveur qu'il nous accorde de nous écouter et de s'intéresser à tout ce que nous désirons ?

 

histoires.

La prière est la porte par laquelle  le  Seigneur nous fait passer ses  grâces,  disait  sainte  Thérèse.    Si  cette porte est fermée, qu'allons-nous devenir ? Hélas ! Ajoutait-elle, j'en ai fait l'expérience.    J'eus le malheur d'abandonner la prière mentale et je devenais jours après jours moins chrétienne. Si je n'eusse repris ce saint exercice,   j'étais  perdue. Vie de sainte Thérèse.

 

David, quoique placé sur le trône et occupé des affaires de son royaume, avait coutume de prier sept fois le jour,  ainsi qu'il le dit lui-même ; il se levait la nuit pour prier.    Inspiré de l'esprit de Dieu, il compose ces cantiques sublimes, que l'on appelle les psaumes, qui sont encore chantés dans l'Église.

      

Plusieurs grands princes, tels que Charlemagne, saint Louis et saint Henri, empereur, observaient religieusement la pratique de réciter chaque jour l'office de l'Église et se levaient la nuit pour assister aux prières des matines.

 

Un auteur non suspect et qui a écrit sous  l'influence de la philosophie du dix-huitième siècle, alors dans toute sa nou­veauté comme dans toute la violence de sa haine contre le christianisme, a fait la réflexion suivante : «Chez les Romains,  en se mettant à table, le maître de la maison prenait une  coupe de vin et en versait quelques gouttes à terre: ces libations étaient un hommage qu'ils rendaient à la providence.   De tout temps les chrétiens, avant et après le dîner et le souper, ont fait une prière àDieu pour le remercier du repas  qu'ils allaient prendre ou qu'ils avaient pris. N'est-il pas  bien condamnable et en même temps bien ridicule que  cet acte si naturel de reconnaissance et de religion ait été regardé par les personnes du grand monde comme une petite cérémonie puérile, une vieille mode que le nouveau bel usage doit proscrire? Nos inférieurs, en devenant, à notre exemple, ingrats envers Dieu, s'habituent à l'Être envers nous

 

Extrait du volume : NOUVEAU TRAITÉ DES  DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU.  Édition 1860.   Pages 264-5-6

 

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Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
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