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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 08:22

Un grand obstacle au mérite de nos actions c'est que, quand nous faisons une chose, il nous arrive souvent de penser à une autre, de sorte que notre esprit distrait ne s'applique qu'à moitié à ce qu'il a à faire.

 

 

On s'inquiète, on se trouble ; on songe aussi au jour suivant, et ainsi l'on ne fait rien comme il faut. Le remède à ce mal est de s'appli­quer entièrement et uniquement à ce qu'on fait, comme si l'on n'avait rien autre chose à faire.

 

 

« Chaque chose à son temps, dit l'Esprit-Saint. A chaque jour suffit son mal : ne nous préoccupons point de ce que nous aurons à faire plus tard. »

 

 

Pendant la prière, ne songeons point aux affaires, ni aux sollicitudes de notre état. Quand nous serons à nos affaires, mettons-y tout notre soin. Pourquoi revenir sur le passé ? C'est chose consommée ; nous ne pouvons pas le changer.

 

 

Pourquoi anti­ciper sur l'avenir ? Nous ignorons quel il sera ; nous ne savons pas même si nous le verrons. C'est un grand mal de distraire ainsi l'attention de ce que nous faisons, pour la donner à ce que nous aurons à faire plus tard, souvent même à des ima­ginations et des rêveries qui jamais ne se réaliseront. C'est tuer le présent avec l'avenir, la réalité avec des fantômes ; c'est le moyen de ne jamais rien faire de bien.

 

 

La sagesse nous dit au contraire de renvoyer la pensée des choses à venir aux temps où nous aurons à les faire. Dieu, ami de l'ordre, bénira cette conduite et fera revenir en son temps avec profit ce que nous aurons laissé de côté pour lui plaire.

 

 

Nous y gagnerons au lieu d'y perdre. « La science, dit saint Basile, dont on se désoccupe pour la vertu, s'acquiert mieux ensuite par la vertu. »

 

 

D'un autre côté, nous sommes si faibles que peut-être le courage nous manquerait si nous envisagions d'un coup d'œil cinquante ou soixante ans à passer dans une parfaite retenue, dans une attention perpétuelle sur nous-mêmes, dans la pri­vation des aises de la vie, dans le renoncement à notre volon­té et à nos désirs ; au contraire, le courage nous sera facile, si, au lieu d'envisager cet ensemble, nous voyons les choses en détail, et que nous nous disions : Il ne s'agit pas ici de cal­culer de longues années; à quoi bon, moi qui ne sais pas si je vivrai demain ? Il s'agit uniquement du jour présent. Si je vis demain, je verrai ce qu'alors j'aurai à faire. Or, d'ici à ce soir, pourrais-je trouver trop dur de bien vivre, de me gêner, de me mortifier ?

 

 

Un jour est si tôt passé ! Un jour comparé à l'éternité ! Oh ! Quel rien ! Et que je serais déraisonnable si je ne l'employais pas saintement ! Fortifiée par cette pensée, on se met à l'œuvre et l'on passe saintement la journée.

 

 

Le lendemain, on recommence, sans jamais voir plus loin que le jour présent. Par cet innocent stratagème, tout dans la ver­tu devient aisé, et l'on arrive à la perfection. Proposons-nous de bien employer ce moyen.

 

 

Si nous ne devons nullement nous préoccuper du lendemain, il faut en revanche faire chaque jour ce qui peut se faire le jour même, sans remettre à plus tard, surtout quand il s'agit de nos résolutions et de nos pratiques.

 

 

Ne jamais remettre à de­main, c'est là, jeunes chrétiennes, un conseil que l'on vous a donné bien des fois, et avec beaucoup de raison, car plus on remet un travail, une affaire, etc., moins on est disposé à s'en occuper ; en outre, il advient presque toujours qu'au mo­ment où l'on s'y décide enfin, il est trop tard !

 

 

« Ne remettez pas à demain, dit sagement un moraliste, ce que vous pouvez faire aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est le jour de l'inspiration, de la bonne résolution : vous avez pour agir un entrain tout spécial, une grâce particulière. Demain, vos dispositions auront complètement changé : vous douterez si l'œuvre à accomplir est utile ; vous la trouverez hérissée de difficultés, vous la renverrez à plus tard...

 

 

Ce que vous ne faites pas aujourd'hui par suite d'un peu de lâcheté, vous courez grand risque de ne pas le faire demain, de ne le faire jamais. »

 

 

C'est surtout lorsqu'il s'agit de la grande affaire du salut et de la sanctification qu'il faut se rappeler cette maxime. Combien de personnes, après avoir commis une faute grave, se disent : « Je me confesserai à tel jour. »

 

 

Insensées, qui donc leur a promis qu'elles vivraient jusque-là ? Oh ! Ne restez ja­mais, jamais, dans un état où vous ne voudriez pas mourir ! Faites aussi tout ce que vous pouvez pour décider les retardatai­res de votre connaissance à se réconcilier sans retard avec Dieu. Combien ont été surpris par la mort ! On en citerait des centaines.

 

 

Dans une grande ville de France habitait, il y a quelques années, un riche négociant. C'était un honnête homme, bon père de famille, mais ne remplissant pas ses devoirs de chré­tien. Un célèbre prédicateur était venu prêcher l'Avent dans cette ville. Un grand nombre d'hommes s'étaient rapprochés de la religion, et il n'avait pas suivi leur exemple, malgré les instances de sa femme... Un jour, au dîner, il aperçut des tra­ces de larmes dans les yeux de celle-ci.

 

 

Allons, lui dit-il en plaisantant, nous avons encore pleu­ré... et je sais bien pourquoi. Sois donc plus raisonnable ; tu sais bien que je ne suis pas un impie, un ennemi de la reli­gion, et qu'un jour je me confesserai.

 

Mon ami, vous vous confesserez, dites-vous ; mais si la mort allait venir avant ce temps-là ?

 

Bah ! Reprit-il, tu n'as que ta mort subite à me présen­ter. Sois tranquille.

 

Et puis, frappant sur sa poitrine d'un air triomphant :

 

     Va ! Va ! Ajouta-t-il, il y a encore de la vie ici...

     En disant ces mots, il pâlit et s'affaissa. On l'entoure: il était mort.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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