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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 15:53

 

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (23)

L'incrédule dira : comment est-il possible de croire les choses que vous croyez? Trois Personnes et pourtant un seul Dieu; un Dieu fait homme; la substance du pain changée au corps de ce Dieu Homme; et autres choses semblables : voyons, comment m'expliquez-vous ces mystères

 

Le catholique. Aucun catholique ne prétend pouvoir les expliquer ni les comprendre ; nous reconnaissons que ce sont des mys­tères, et par là même nous confessons qu'ils sont incompréhensibles.

 

L'incrédule. Mais comment les croyez-vous alors?

 

Le catholique. C'est très simple : nous les croyons parce que nous sommes certains que Dieu les a révélés.

 

L'incrédule. Mais quel mérite peut-il y avoir devant Dieu à croire des choses qu'on ne comprend pas ?

 

Le catholique. Si ces choses se compre­naient par la seule raison, la foi serait peu méritoire : en les croyant, nous soumettons notre faible intelligence à la sagesse infinie.

 

L'incrédule. Mais je voudrais que vous m'expliquassiez, par exemple, comment il peut y avoir un seul Dieu et trois Personnes?

 

Le catholique. Je ne saurais l'expliquer bien : je répète que pour moi c'est un mys­tère ; je le révère profondément, et je me tiendrais pour coupable si j'avais l'orgueil de vouloir le comprendre.

 

L'incrédule. Allons; cette soumission si aveugle de l'entendement en des choses qu'on ne comprend pas, me paraît insuppor­table.

 

Le catholique. Cette soumission me paraît très supportable à moi, et elle est loin de me paraître aveugle. Si vous me le permet­tez, je vous expliquerai comment je conçois cette soumission de l'intelligence, et à cet effet je prendrai la liberté de vous adresser quelques demandes.

 

L'incrédule. Bien volontiers ; je les écou­terai avec un vrai plaisir.

 

Le catholique. Y a-t-il des choses que no­tre intelligence ne peut comprendre ? Et ne point les comprendre est-ce une raison suf­fisante pour les nier ?

 

L'incrédule. Cette demande est si générale, si vague...

 

Le catholique. Comment si général ! Com­ment si vague ! Au contraire elle est des plus précises. Ne craignez rien. Pour montrer qu'il y a des choses que nous ne pouvons comprendre, je n'aurai besoin ni de m'élever jusqu'au ciel, ni de pénétrer dans les en­trailles de la terre, ni de me renfermer dans des choses générales et vagues ; mais j'ai ici même des faits que vous ne pourrez me con­tester. Ignorez-vous que l'homme ne com­prend presque rien de tout ce qui l'envi­ronne? Nous comprenons-nous par hasard nous-mêmes? Ces yeux avec lesquels nous voyons, l'ouïe, le tact, l'odorat, le goût, tous nos sens dont nous nous servons continuel­lement, savons-nous peut-être en quoi ils consistent? Aucun philosophe en ce monde a-t-il pu l'expliquer jusqu'à présent? Ne sa­vez-vous pas que les savants les plus éminents ne marchent qu'à tâtons, quand ils cherchent à expliquer les phénomènes les plus ordinaires de la nature?

 

L'incrédule. Il en est ainsi effectivement : la nature est pleine de secrets, nous-mêmes à, nos yeux sommes un grand mystère; mais enfin que concluez-vous de cela ?

 

Le catholique. J'en conclus qu'il y a beaucoup de choses que nous ne comprenons point, et que ne pas les comprendre n'est pas une raison pour les nier ; ensuite que pour croire une chose, la difficulté n'est pas de savoir si nous la comprenons ou non, mais bien si nous avons ou si nous n'avons pas un motif pour la croire. Au fond, ce qui vous étonne dans la religion catholique, c’est qu’elle est pratiquée par beaucoup de monde et même tous les jours. Quand on nous raconte qu'en tel pays existe un animal fort extraordinaire, qu'on y trouve une mine très abondante en tel ou tel métal, qu'on y voit une plante rare de telle ou telle nature, qu'il s'y produit des phéno­mènes singuliers que nous ne voyons point parmi nous, pour le croire ou ne pas le croire, nous n'examinons pas si nous com­prenons comment se réalisent ces choses extraordinaires, et par quels moyens, mais nous considérons par qui elles sont rappor­tées, si c'est par une personne digne de foi, soit pour son intelligence, soit pour son ex­périence, soit pour sa véracité ; et nous tien­drions pour ridicule celui qui s'aventurerait à dire, par exemple, qu'il ne croit pas qu'il y ait en tel pays des hommes de telle couleur parce qu'il ne conçoit pas comment la chose peut avoir lieu.

 

Faites-vous même l'application à notre cas. Lorsque nous traitons des mystères dans une religion, ce que nous devons examiner c'est si cette religion a effectivement les ca­ractères d'une œuvre divine ; si elle les a, si nous sommes convaincus qu'elle est venue effectivement de Dieu, qu'importe que nous comprenions les mystères ? Dieu, par hasard, ne saurait-il pas des choses que nous autres ne pouvons savoir? Et pourquoi ne pourrait-il pas nous les révéler ? Et s'il nous donne à connaître que c'est lui-même en réalité qui nous les révèle, qui pourrait nier l'obligation que nous avons de les croire? Nous croyons un homme de bien, même lorsqu'il nous rapporte des choses que nous ne compre­nons pas, et nous ne croirions pas Dieu, qui ne peut se tromper ni nous tromper!

 

Les preuves que notre religion est divine, nous les avons dans les miracles, dans l'accom­plissement des prophéties, et en divers au­tres faits qu'il n'est pas nécessaire d'énumérer maintenant : que voudrions-nous de plus? Et qu'est-ce que notre foi a donc d'étrange?

 

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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