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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 16:25

On prouve qu'on est homme spirituel quand on sait découvrir un as­pect divin dans le plus mince objet.  Gœthe écrivait : « On prouve qu'on est poète quand on sait découvrir un aspect intéressant dans un vulgaire objet ».

 

Une fois Dieu trouvé, se peut-il qu'on manque de le trouver partout ? C'est une méprise que de Le réduire à ce qu'on appelle grand, Lui qui est étranger à nos mesures et n'apprécie en tout que Sa gloire même, qui y rayonne toujours.

 

Rien n'est petit, quand l'infini y est en germe, et c'est le cas de toute action faite en vue de Dieu.

 

Dans la nature déjà, nous avons observé que l'événement commun est celui qui contient la plus haute dose de mystère : notre vie retrouve cette loi, quand il s'agit d'accéder au mystère vivant. Les grandes actions sont trop spéciales et trop rares pour nous relier aussi efficacement à notre principe; elles reflètent trop l'homme; elles dé­pendent trop du temps, et elles semblent ainsi plus loin de l'éternel.

 

C'est en donnant sa valeur de fond à chaque moment, et non en faisant briller, fût-ce du meilleur éclat, l'heure exceptionnelle, qu'on prépare le mieux son progrès et son aboutissement.

 

Dans l'unité de nos sentiments dominants, tous nos jours vagabonds se ressemblent : où trouver une supériorité qui ne soit issue de ces mêmes sentiments, abstraction faite de leurs objets?

 

Prenez un saint : aucune réalité ne le fait pen­ser qu'à Dieu et ne l'amène qu'à Dieu; une âme vulgaire : aucune réalité ne l'y accorde. Heureux qui sait lever les voiles de la réalité quotidienne et y découvrir Dieu!

 

« Presque tout provient de presque rien », écrit Amiel. La médecine moderne tend à établir que notre vie tient moins au fonctionnement de très gros organes qu'à la sécrétion régulière de certaines glandes, parfois minuscules. Ainsi la vie morale et la vie spirituelle dépendent d'élé­ments secrets et en apparence minimes, plutôt que des actions importantes et extérieures.

 

Du reste, au sujet de ces dernières, il faudrait encore savoir ce qu'elles pèsent à l'égard des grandes fins du monde, et ce que Dieu en dit dans l'éternité.

 

La vie morale est une architecture dont les évé­nements quotidiens sont les matériaux : avec les mêmes matériaux on peut bâtir une bicoque, une taverne ou un temple.

 

La vie morale est un geste d'ensemble où s'in­cluent des mouvements utiles, petits, grands, quelconques, et de vaines agitations tapageuses.

 

On est l'ouvrier qui pousse une pièce de préci­sion, ou un bloc, ou bien l'on ressemble à ces singes « qui font toujours quelque chose et qui n'ont jamais rien fait » (Abel Bonnard).

 

O éternité vers laquelle nous allons! Nous ne marchons point vers toi, à l'ordinaire, par bonds, ou par enjambées héroïques, mais par de tout petits pas qu'agrandissent nos espoirs.

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

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Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
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