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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 13:50

 

Ce qu'elle souffre, cette âme n'a ni paix ni bonheur : Elle n'a point de paix, car, dit Job : « Qui a résisté à Dieu sans perdre la paix ? »

 

Elle n'a point de bonheur : car, dit Jésus à Saul infidèle, « il est dur et pénible de regimber contre l'aiguillon de la grâce. »

 

Elle souffre d'ê­tre privée des consolations de la piété, car, depuis qu'elle est infidèle, elle se sent froide, languissante, dégoûtée.

 

Comment en effet l'Esprit-Saint prodiguerait-Il ses dou­ceurs et ses consolations à l'âme qui lui résiste, qui ne veut ni l'écouter ni lui obéir, qui ne sait pas lui sacrifier une attache, une volonté, une inclination ?

 

Elle souffre de voir ses espérances frustrées ; elle espérait trouver le bonheur dans la satisfaction de ses goûts et de ses caprices, et Dieu répand l'amertume sur ces faux plaisirs.

 

Elle y trouve des peines plus grandes que celles qu'elle fuyait ; c'est au dedans une sombre tristesse ; au dehors des contradictions, des ennuis, des dé­goûts ; elle se tourne en tous sens pour trouver le repos ; et tous ses mouvements ne font que lui enfoncer plus avant l'é­pine dans le cœur.

 

Elle souffre des reproches de sa conscience, qui, mécontente d'elle-même, lui crie sans cesse qu'elle est une ingrate, une indocile, une insensée, qu'elle ressemble au malade qui, de son lit de douleur, voit le remède propre à le guérir et refuse de le prendre!

 

Tu vois clairement ce que tu dois faire, lui dit sa conscience, et tu ne le fais pas. Tu sens bien que tu es déraisonnable, et tu continues ; la grâce est à la porte de ton cœur, t'exhortant, t'offrant sa main charita­ble pour te conduire, et tu n'en tiens aucun compte, et tu la laisses dire.

 

Où est donc ta religion ? Où est ta raison ? » Elle souffre de la part de Dieu, qui la rend malheureuse pour son bien, de peur que se sentant tranquille et à son aise dans son funeste état, elle n'y persévère.

 

Ce qu'elle perd. Tous les biens d'ici-bas sont passagers et de peu de valeur, tandis que la moindre grâce a des consé­quences d'une valeur infinie, puisqu'elle vaut le sang de Jésus-Christ, au prix duquel elle nous a été achetée. Perdre une grâce, c'est perdre l'élément essentiel de notre vie surnaturelle ; c'est imiter l'insensé qui jetterait dans la boue le pain nécessaire à sa subsistance. Perdre une grâce, c'est perdre à la fois toutes les grâces qui eussent été la conséquence de cet­te première grâce bien mise à profit, puisque la fidélité à une première grâce en attire une seconde, celle-ci une troisième, et ainsi des autres ; c'est perdre par conséquent des trésors dont Dieu seul connaît la portée ; et quel malheur pour nous si pau­vres et si indigents ! Voilà ce que perd l'âme infidèle.

 

Ce qu'elle risque. Elle ne risque rien de moins que son salut éternel. Car, comme il y a dans l'ordre physique certaines cau­ses enchaînées entre elles, de telle sorte qu'on n'arrive à la der­nière qu'en passant par celles qui la précèdent, il y a aussi dans l'ordre surnaturel un enchaînement de grâces liées avec notre persévérance finale par des relations secrètes que nous ignorons.

 

Manquer une de ces grâces, c'est perdre le fil qui nous conduisait ; c'est nous exposer à nous écarter de la voie qui devait nous sauver. Qui nous a dit que la grâce à laquelle nous sommes infidèles n'est pas, dans les desseins de Dieu, une de ces grâces décisives ?

 

Sainte Thérèse vit sa place mar­quée au fond des enfers si elle eût résisté à la grâce qui lui di­sait de combattre une tentation d'amour-propre ; et le jeune homme de l'Évangile qui avait pratiqué tous les commande­ments a laissé en doute son salut, pour avoir résisté à la grâce qui lui disait : « Vendez tous vos biens et donnez-les aux pau­vres. »

 

La soustraction des grâces est la peine ordinaire de l'abus qu'on en fait. « Vous avez rejeté ma grâce, dit le Sei­gneur, c'est pourquoi je vous ai rejeté vous-même. » Et n'est-ce pas juste ?

 

Quand l'Esprit divin vient frapper à la porte d'un cœur, et qu'on refuse de lui ouvrir, il s'en va ; quand il parle, et qu'on ne veut pas l'écouter, il se tait. Quand il fait briller sa lumière et qu'on ferme les yeux, il se retire. Châti­ment terrible !

 

Craignez, dit saint Augustin, de laisser passer la grâce de Jésus qui se présente à vous et qui peut-être ne reviendra pas. Car alors le démon, qui s'en aperçoit, multi­plie ses attaques ; et l'homme qui ne s'en aperçoit pas languit dans l'insouciance de la tiédeur qui le conduit à la mort éternelle.

 

Voilà ce qu'on risque en étant infidèle à la grâce.

Ce sont là des vérités bien graves et auxquelles toutes, plus ou moins, nous avons besoin de réfléchir !

 

Saint Eusèbe, martyr.

Après une jeunesse d'une angélique innocence et une édu­cation des plus brillantes, Eusèbe entra dans un monastère et y fit les vœux de religion. Ses vertus le firent choisir plus tard pour évêque de Verceil et, le premier des évêques d'Ita­lie, il sut, comme saint Martin en France et saint Augustin en Afrique, unir la régularité de la vie monastique à l'accom­plissement des devoirs épiscopaux.

 

L'arianisme s'étendait alors dans tout l'Orient comme une plaie contagieuse qui me­naçait même les églises d'Occident. Le pontife romain, pour conjurer le mal, résolut de tenir un concile à Milan. Il délégua à cet effet saint Eusèbe à l'empereur Constance afin de régler les conditions de cette assemblée.

 

Forts de l'appui de l'em­pereur, les évêques ariens, réunis à Milan, y condamnèrent saint Athanase et la foi de Nicée. L'évêque de Verceil qui re­fusa de s'associer à cette condamnation, fut, par ordre de Constance, exilé à Scythopolis.

 

Dès qu'on lui laissa la liberté, il se rendit à Alexandrie, près de saint Athanase ; de là il re­vint en Italie où le Pape lui donna la mission de visiter les églises ruinées par l'Arianisme. Les hérétiques se saisirent de nouveau de lui et il fut leur victime. Il avait alors quatre-vingts ans.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.com

 

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