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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 07:35

Le temps est passé où l'on croyait à la vertu de la ba­guette magique capable de changer les pierres en diamants; mais il y a une autre baguette magique qui transforme en précieux joyaux nos moindres actions. Une vraie chrétienne, en commençant son travail, dit: « Dieu le veut, je lui offre toutes mes actions ; » et, elle le dit avec une telle vivacité de foi que tout ce qu'elle fait en est pénétré, que son travail perd, pour ainsi dire, ce qu'il a de terrestre pour se revêtir d'un caractère céleste, et obtient l'honneur d'être déposé comme un acte méritoire dans le trésor des cieux.

 

 

Rien de profane n'entre dans le ciel, ce qui signifie que non seulement ce qui est mauvais en soi n'y entre pas, mais que chaque action, pour y entrer, doit porter le cachet de la sainteté, cachet sacré que lui imprime la bonne intention et qui lui donne droit au ciel.

 

 

Dieu en effet à les droits les plus légitimes sur tout ce que nous faisons. Puisque nous sommes sur la terre pour le con­naître, le louer, l'aimer et le servir, il faut donc que tout ce qui occupe notre vie ici-bas se rapporte à Dieu qui est notre dernière fin.

 

 

Il est le commencement et la fin de toutes choses, donc tout ce qui vient de lui doit retourner à lui, et chaque action sera d'autant plus parfaite qu'elle se dirigera en ligne plus directe vers cette fin.

 

 

Si, au moyen d'un compas, vous voulez tracer un cercle, nous dit un pieux auteur, il faut, pour rendre le cercle parfait, qu'une des pointes du compas soit fixée fermement dans un point donné. Or le travail et l'intention sont comme les deux pointes d'un compas, et l'œuvre est d'autant plus par­faite que l'intention avec laquelle on la pratique s'appuie plus solidement sur Dieu.

 

On distingue deux sortes d'intentions.

 

Il y a la bonne intention actuelle : c'est celle que l'on forme réellement et explicitement au moment même d'agir, et qui consiste à penser à Dieu, comme à la dernière fin de l'action qu'on va poser.

 

 

« A la plus grande gloire de Dieu ! » mot d'ordre céleste qui retentissez comme un cri de vie dans le désert de cette vallée d'amertume ; qui nous réveillez et nous secouez au milieu de la somnolence de cette vie routinière et nous rappelez sans cesse nos éternelles destinées, résonnez toujours à nos oreilles, soyez notre cri de ralliement à chaque heure, à chaque ac­tion !

 

 

Il y a en outre l'intention virtuelle, qui n'est autre que l'inten­tion actuelle non révoquée, et continuée dans ses effets. La pensée a cessé de se porter vers Dieu, d'occuper l'esprit, mais l'intention première ne cesse pas d'exister tant qu'on n'y renonce pas ; j'agis toujours en vertu de ma première réso­lution qui était de travailler pour Dieu ; cette résolution, je ne l'ai révoquée ni directement ni indirectement, et l'ac­tion, semblable à une flèche, se dirige constamment vers le but, vers le point qui fut visé, en la faisant partir.

 

 

Vous pouvez comprendre par là quelle intention est la plus méritoire. La virtuelle est suffisante, mais l'actuelle est la plus efficace.

 

Vous pouvez également voir combien il est nécessaire, surtout quand il s'agit d'actions qu'on a coutume d'appeler indiffé­rentes, de les diriger vers le ciel. Eu égard à leur nature, ces actes ne sont nullement en rapport avec la fin surnaturelle pour laquelle l'homme a été créé ; conséquemment il faut, pour les compléter, pour les rendre bons et méritoires, qu'on y ajoute une intention vertueuse. Or rien n'est méritoire que ce qui se fait dans le but d'arriver à la vie éternelle.

 

Si l'hon­nêteté ou la probité naturelle ne peut être comptée comme méritoire devant Dieu, si dans ses motifs et par son but elle ne s'élève pas au dessus de ce qui est simplement naturel et terrestre, à combien plus forte raison ne saurait devenir méritoire ce qui n'est pas même naturellement bon en soi !

 

Et cependant notre vie se compose trop souvent d'actions indifférentes, qui ne sont ni bonnes ni mauvaises. Donc, si une bonne intention ne les ramène pas à Dieu, si elles ne se font pas en vue de Dieu, si nous ne leur donnons pas un ca­ractère religieux et surnaturel, il s'ensuivra qu'une grande partie de notre vie sera perdue, que, de tant de milliers de jours passés ici-bas, il ne restera en définitive que quelques heures peut-être qui compteront pour l'éternité.

 

Vous qui vivez sans reporter vos pensées plus haut, qui semblez ne pas comprendre que là où manque le motif fon­damental de toute vertu, les actions vertueuses ne sau­raient exister, pourquoi ne vous adressez-vous pas cette question des Livres saints dont la réponse sincère pourrait exercer sur vous une salutaire influence ?

 

« Pour qui travaille-je, et pour qui prive-je mon âme de son salaire ? »

 

Et réellement vous trompez votre âme, vous la privez de grands biens, vous lui enlevez des richesses qui doivent durer éternellement.

 

Commencez à donner à votre vie une plus noble direction. Plus vous avez d'années en perspective, plus il importe de les employer au profit de l'éternité. Quels trésors de mérites peut amasser celui qui, dès sa jeunesse, vit, souffre, travaille, agit pour Dieu et avec Dieu !

 

En faisant vos prières le matin, ne vous contentez pas d'offrir au Seigneur le reste de la journée, mais renouvelez souvent cette bonne intention pendant le jour, surtout en commençant quelque action importante, ou une action qui, flattant davantage la nature, pourrait vous entraîner à de vaines complaisances envers vous-même.

 

« Soit que vous mangiez ou que vous buviez,  et quelque chose que vous fassiez, dit saint Paul, faites tout pour la gloire de Dieu ».

 

Prenez garde surtout que la vaine recherche de vous-même ne gâte vos actions. Cette recherche de soi ressemble au ver qui s'insinue dans les plus beaux fruits, les défigure, les ronge et absorbe leur meilleure substance.

 

Maintenant, interrogez-vous. Le but de vos autres tra­vaux est-il d'acquérir les louanges des hommes ?

 

Votre dé­sir est-il de briller, d'éclipser autrui ? Vos efforts ont-ils uniquement pour objet votre avenir ici-bas, une belle posi­tion, une grande fortune ?

 

Ah !  Que vous serez amèrement trompée, si vous agissez de la sorte !

 

Le temps sera passé et vous n'aurez rien fait pour l'éternité. A quoi vous aura servi d'avoir travaillé et semé ?

 

Élevez donc votre cœur plus haut ! Et faites tout cela en vue de Dieu !

 

Extrait de : Lectures méditées (1933)

 

 

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Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
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