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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 14:34

« Les âmes se perdent, parce qu'elles ne peuvent pas unir le com­mencement à la fin. » Le commencement, c'est le désir du bonheur; la fin, ce serait la rencontre du vrai bonheur; mais on s'égare en route.

 

Tel est bien, en effet, le risque. La chance nous est offerte à tous; mais il n'y a d'heureuses chances que celles dont on profite. Au berceau miraculeux de Jean-Baptiste, les voisine deman­daient: « Que pensez-vous que sera cet enfant? »

 

Chaque berceau d'homme, toujours miraculeux de par l'appel effectif qui le touche nommément et le marque, pose la même question. Que sera cet humain? Que sera-t-il dans l'absolu où les valeurs décisives sont fixées et inscrivent la fin des choses? Quel succès aura cette vie? Quel échec? A quel degré le succès ou l'échec seront-ils portés? Car « il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père », dit Jésus, et les de­meures infernales ne leur correspondent-elles pas ?

 

On a dit que le chef-d'œuvre du diable est de faire douter de son existence, ou en tout cas de se faire oublier : ainsi la meilleure chance de l'enfer et la pire chance du ciel est qu'on les ignore; on agit alors comme si le ciel et l'enfer n'existaient pas. Mais ils existent.

 

Non seulement ils existent à la manière d'un terme heureux ou funeste; ils existent encore à la manière d'un fait permanent, dont le terme est manifestation plutôt que chose nouvelle. La vendange n'est-elle pas d'avance accrochée aux ceps, et le vigneron n'en suppute-t-il pas la valeur d'un bout de l'année à l'autre? Des accidents heureux ou malheureux peuvent survenir; mais quotidiennement la nature travaille; l'homme surveille et applique soit effort; à la fin, les jours de soleil et de labeur s'additionnent dans la cuve. Ainsi chaque jour notre destinée s'accomplit, heure par heure, minute par minute. C'est une tâche qui ne s'interrompt pas. Et il ne suffit pas que nous la négligions pour qu'elle se suspende; elle va d'elle-même, en raison de précédentes impulsions ; elle confirme ses progrès ; elle aggrave ses déviations; elle n'est jamais deux instants au même point; mais tout état qu'elle révèle est une promesse ou une menace éternelle.

 

Tout homme, à tout moment, pose un acte qui le sauve ou qui le perd. Quel résultat se prépare pour lui ? Qu'en pense  l'éternité   penchée   sur   le temps ?  C'est la question que toute durée humaine pose au long de son cours en raison de sa nature morale.

 

Notre temps d'hommes n'est pas un temps vide, un temps d'horloge où nous ferions tomber dé-ci, dé-là, quelques faits significatifs dont l'avenir ferait la somme; notre temps est vivant; notre temps est nous-mêmes, et c'est nous-mêmes, vivants du temps, qui tissons en vivant notre éternité.

 

O toi vivant, qui lis ceci, comment vis-tu ? Ton risque est toi-même. Si tu vis bien, tu es déjà un élu; il n'est que de le demeurer et de l'ac­croître.

 

Mais si tu vis mal ?  A toi maintenant de choisir et de faire ce qu’il faut !

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
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