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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 13:58

La souffrance préserve

Dieu voit que tel homme, laissé à lui-même, se laisserait attirer aux lueurs qui trompent et aux flammes qui brûlent. Sa miséricorde se sert de la souffrance qui diminue d'abord l'attraction que les biens sensibles exercent sur l'homme, et qui l'empêche, ensuite, d'aller vers eux et de s'y perdre. La souffrance a pour mission d'empêcher la faute. L'effet ordinaire de la prospérité est de corrompre le cœur et de le porter au mal. Laissez à lui-même le lourd papillon de nuit, et il s'en ira se buter à la flamme de votre lampe et s'y brûler les ailes.

 

La souffrance convertit

On n'en finirait pas de compter les convertis de la douleur. Ils s'en allaient insouciants de leur éternité, cueillant toutes les fleurs empoisonnées aux bords du chemin. Brusquement le mal­heur est venu; comme à la lueur d'un éclair, ils ont vu l'abîme où ils marchaient, et ils sont revenus vers la vérité et vers Dieu. Les châtiments dont vous m'avez affligé m'ont instruit (Jér. XXI, 18).

 

La souffrance perfectionne, affermit dans la vertu

Ceux qui endureront les souffrances de cette vie, Dieu les perfectionnera, les confirmera, les consolidera (I Pierre, V. 10). Peut-il en être autrement, vu que la souffrance détache des créa­tures qui sont le grand obstacle à notre progrès spirituel. Elle est encore la plus probante épreuve du courage. L'amour le plus solide est celui qui sait souffrir.

 

La souffrance enrichit pour le ciel

Les larmes de la terre sont les plus beaux joyaux de notre cou­ronne éternelle. Saint Paul se déclare impuissant à décrire l'éclat de la gloire et la profondeur de la félicité qui couronnent la moindre de nos douleurs supportée avec la grâce divine. Un léger moment de tribulation dans la vie présente nous vaut là-haut une incroyable mesure de gloire éternelle (II Cor. IV, 17).

 

La souffrance est une source de consolation

Heureux ceux qui souffrent ! non pas que la souffrance ait, par elle-même des charmes secrets et comme un bonheur caché, bien au contraire; mais nous affirmons la co-existence de la dou­leur et de la joie dans une âme. Nous disons que l'idée est su­périeure à la sensation, et que c'est par l'idée, dont elles s'accom­pagnent, que nos souffrances nous deviennent soit intolérables, soit tolérables, soit délicieuses. Or, la souffrance réveille en nous l'espérance du ciel dont elle devient l'une des plus fermes ga­ranties. Et cette garantie est pour celui qui souffre un baume à sa douleur, une consolation dans son âme, un avant-goût des joies célestes, avant-goût parfois si délicieux qu'il peut s'écrier avec l'Apôtre : Je surabonde de joie au milieu de toutes mes tri­bulations (II Cor. VII, 4).

 

La souffrance enfin nous donne une ressemblance avec Jésus qui s'est fait homme et qui a voulu tant souffrir pour nous.

Voyez l'artiste en face d'un bloc de marbre; il frappe, il taille jusqu'à ce que de la pierre morte jaillisse superbe, presque vi­vante, la forme idéale de beauté, la vision sublime qui tourmente son âme.

 

Mais autour de lui, que de poussière de marbre, que de mor­ceaux brisés.

 

Nous sommes des statues vivantes qui devons porter plus res­semblante chaque jour, l'image de notre modèle : Jésus.

 

L'artiste, c'est Dieu; la souffrance est le ciseau avec lequel il coupe, il taille jusqu'à ce que se dégage, de notre pauvre boue humaine, une forme sublime de beauté morale que, seule, la foi chrétienne a fait connaître au monde.

 

Ainsi instruits sur la valeur sanctifiante de la souffrance, le mieux, toujours, sera de nous mettre à l'école de Jésus-Christ, pour apprendre à souffrir, sans blasphème, sans envie, sans abat­tement. C'est bien là le secret du sort le plus heureux que nous puissions avoir sur la terre. C'est le sort des saints et leur secret est là.

 

Les saints sont ceux qui promènent sur les chemins de ce monde, « une âme chantante ». Cette âme chantante, ce n'est pas la saturation du bonheur qui la leur donne, c'est la souffran­ce, portée dans la vertu.      Joseph Boutin, prêtre.

 

Extrait de : NOURRITURES  spirituelles.  Tome 1  (1956)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

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