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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 14:36

Une loi de la nature

La souffrance est une loi de la nature; elle est la conséquence nécessaire des actions et réactions des causes secondes les unes sur les autres.

 

Dieu nous a donné la sensibilité; par elle, nous pouvons jouir, c'est un bien; mais les nerfs qui vibrent pour le plaisir sensible, peuvent aussi vibrer pour la douleur sensible. Et ceci est pour nous le grand avertisseur, le sifflet d'alarme de l'organisme.

 

Une loi pénale

La souffrance physique et morale est, en outre, une loi pénale, parce que l'impassibilité que l'homme avait comme don prêter naturel fut enlevée par le péché originel.

 

Sans le péché, l'homme n'eût pas connu la souffrance. Au pa­radis terrestre, il se sentait impassible, immortel, maître de la création matérielle. La justice originelle était le garant de tant de précieuses immunités. Mais le péché commis, Dieu, suivant ses menaces, retire sa loi des garanties, et toute créature semble s'armer contre l'homme. Les éléments de la nature, obéissant fatalement aux lois inflexibles qui les régissent, la perversité hu­maine ou diabolique, deviennent de terribles agents qui courent le monde pour l'arroser de larmes et de sang.

 

Un moyen de salut

Mais cette souffrance, si vaste dans son étendue, si inévi­table dans son action, restera-t-elle une douleur aveugle et brutale ? Sera-t-elle une peine purement afflictive, sans une vertu qui l'élève, sans une beauté qui la fasse aimer, sans une promes­se d'espérance qui la rende acceptable ?

 

La foi nous dit que, si l'homme a un corps soumis aux lois de la nature, il a une âme intelligente, libre, responsable; que sa vie ne finit pas aux quelques jours qu'il passe sur la terre, mais qu'il est un voyageur en marche vers une autre vie qui sera la récompense, ou la  punition de celle-ci. C'est donc dans l'éternité qu'il faut jeter nos regards pour juger définiti­vement les événements qui nous font pleurer ici-bas. Aussi, sous toute épreuve et dans toute affliction, la foi toujours nous fait voir Dieu qui décrète le coup dans un dessein de justice ou de miséricorde. Nos souffrances, Il les veut soit directement, soit indirectement, non certes pour le plaisir de nous voir souffrir; mais pour la joie de nous guérir. Il les veut comme une mère veut les meurtrissures que la chirurgie ouvre dans les chairs de son enfant pour sauver sa santé.

 

La souffrance a donc une mission. Elle entre dans le nouveau plan de la création comme le moyen par excellence de réparation, de sanctification et de salut.

 

Sans doute, par elle-même, la souffrance n'est pas une con­dition sine qua non de la justification. Aussi, on ne peut pas conclure que celui qui n'aura pas souffert sera exclu du ciel, ni même qu'il est inférieur spirituellement à celui qui souffre beau­coup, le degré de vie spirituelle dépendant surtout du degré de charité. Toutefois, bien rares sont ceux à qui ce moyen de sanc­tification ne s'impose pas.

 

Sans doute, par elle-même, la souffrance n'est pas méritoire; comme tout ce qui agit sur les sens, elle peut être l'objet d'actes méritoires ou l'occasion d'actes peccamineux. Mal reçues, en ef­fet, les tribulations engendrent une foule de fautes qui désorga­nisent la vie spirituelle : murmures contre la Providence, par­fois blasphèmes, découragement, désespoir, jalousies. Toutefois, bien utilisées, les épreuves deviennent méritoires par la patience, la résignation avec le concours de la grâce et l'influx de la cha­rité.

 

Et c'est ici qu'apparaît toute la valeur sanctifiante de la souf­france, son rôle utile, son magistère bienfaisant dans la vie chré­tienne.

 

La souffrance expie

Il y a dans la douleur plus que le triste héritage d'une faute primitive. Nous devons la considérer presque toujours comme la punition, la conséquence de nos fautes personnelles, familiales, ancestrales.

 

Qui a fait le mal, doit être puni. Or, parmi les hommes, les saints sont plutôt rares. Il en est peu qui, dans leur route vers l'éternité, ne se souillent de la poussière du chemin. C'est le grand rôle de la souffrance de purifier, de réparer le péché.

 

Dieu préfère pour nous les rigueurs du temps à celles de l'éter­nité et il ne nous éprouve en ce monde que pour nous épargner en l'autre. Quand Dieu aime quelqu'un, il le châtie, et après, il se complaît en lui comme en son enfant (Prov. III, 12). La souf­france est une expiation. Cette vérité est écrite en caractères san­glants sur la chair martyrisée de Jésus, notre Sauveur. Il expie nos fautes par ses inénarrables souffrances. Mais en lavant nos péchés dans son sang, en nous obtenant la rémission de la peine éternelle, le Christ n'a pas soldé toutes les peines temporelles dues pour nos fautes. Il n'a pas voulu nous dispenser de souffrir. Le pécheur doit donc, à son tour, satisfaire à la justice divine, expier, réparer.

Voilà ce que saint Paul appelle accomplir dans notre chair ce qui manque à la Passion du Sauveur, c'est-à-dire, que pour obtenir notre pardon, il nous faut souffrir nous-mêmes en union avec Jésus qui rend satisfactoire toutes nos expiations.                Joseph Boutin, prêtre.

 

Extrait de : NOURRITURES  spirituelles.  Tome 1  (1956)

 

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