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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 23:49

 

Extrait de : Saint Bonaventure vous parle de LA SCIENCE.

Éditions Franciscaines. Paris 1943. Albert Garreau.

 

Car le péril est grand. « Le curieux n'a pas de dévotion. Ils sont nombreux ceux qui en sont entièrement dépourvus, quoi qu'ils resplendissent au dehors de la clarté de la science. Ceux-là sont semblables aux guêpes qui, à rencontre des abeilles dili­gentes, bâtissent leurs demeures sans produire de miel ».

 

N'exa­gérons rien du reste ; si la curiosité n'est pas louable, parfois des hommes paraissent curieux, mais ils ne sont que studieux. La science gonfle, dit ailleurs notre Saint, la charité seule édifie. Les mystères de la foi doivent être étudiés avec dévotion et recon­naissance et non avec curiosité ; celle-ci nous dissiperait d'abord, pour ensuite nous égarer. Le savant aveuglé par sa passion perd le moyen d'atteindre la parfaite connaissance qui est l'objet de son ambition. Seuls les cœurs purs comprennent l'Écriture et il faut se faire l'âme de saint Paul si l'on veut bien pénétrer ses paroles et ses pensées.

 

La science doit garder, dans l'ensemble de nos disciplines spiri­tuelles, la place subordonnée que lui assigne sa mission d'auxi­liaire dans notre pèlerinage ici-bas, dans l'itinéraire de notre âme vers Dieu. « Il ne faut pas croire que la lecture seule suffit sans l'onction, la spéculation sans la dévotion, l'industrie sans la piété, la science sans la charité, l'intelligence sans l'humilité, l'étude sans la grâce divine ».

 

Voyez comme s'égarent tant de docteurs scolastiques obstinés dans leurs théories : « L'intelligence qui n'est pas guidée par la suprême vérité se perd dans des questions infinies, des discus­sions continuelles, et ne sort pas de doutes inextricables ». La lumière de la philosophie s'éclipse facilement et nous laisse dans les ténèbres. Aristote lui-même n'a pas fait exception, il lui est arrivé d'errer plus d'une fois.

 

C'est pourquoi il vaut mieux connaître, quelques-unes des cho­ses de Dieu, que toutes les choses créées du ciel et de la terre. Dans tous les cas, l'intention droite et l'esprit de dévotion avec lesquels l'étude sera entreprise suffiront pour séparer le grain de la paille et les vérités nécessaires des frivolités dangereuses. C'est en ces termes que saint Bonaventure réfute rapidement le maître inconnu qui prétendait interdire, ou à peu près, aux frères Mi­neurs toute vie intellectuelle.      (A suivre)

 

 

elogofioupiou.com

 

 

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