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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 19:07

 

 

On entend dire souvent : J'ai prié, j'ai longtemps prié, et pourtant je n'ai pas obtenu la grâce que je demandais. Or, très souvent aussi, on pourrait répondre aux per­sonnes qui parlent ainsi : N'est-ce pas votre faute ?

 

Il y a prière et prière. Il y a une prière qui reste stérile et une prière qui réalise des merveilles ; une prière sans résul­tat et une prière victorieuse.

 

La prière qui obtient, c'est la vraie prière, la bonne prière. Cette vraie et bonne prière est celle qui a les qualités qu'in­diqué le catéchisme : attention, ferveur, humilité, confiance, persévérance.

 

Comment réunir les conditions exigées pour réussir votre prière !

 

Il ne faut pas jeter le manche après la cognée, sans aucun examen et aucun essai. Et puisque c'est le nombre qui vous effraie, écoutez ceci : nous vous demandons seulement de vous appliquer d'abord à avoir, dans vos prières, une de ces cinq qualités requises ; ce n'est pas trop exiger sans doute ? Eh bien, si vous vous efforcez loyalement, sérieusement, d'avoir une de ces qualités, quand vous y serez parvenue, les autres s'ajouteront d'elles-mêmes, ou du moins vous n'aurez aucune peine à les acquérir.

 

Puisque la première qualité est l'attention, ne parlons donc que de celle-là. Tâchons de bien comprendre ce que c'est que l'attention et pourquoi il faut cette attention.

 

Ce que c'est que l'attention, vous le savez déjà assurément. Ce n'est pas un exercice violent des facultés mentales qui expose à des maux de tête ou à des ébranlements du cer­veau ; non, c'est tout simplement une douce vigilance à tenir l'esprit, le cœur, l'imagination occupés de Dieu ou dès choses de Dieu ; une douce vigilance également à écarter les pensées profanes, les distractions dès qu'on s'aperçoit qu'elles se pré­sentent.

 

Cela dit, l'attention est-elle vraiment nécessaire au succès de la prière ?

 

Pour s'en convaincre, il suffit de se poser cette double ques­tion : A qui parlons-nous quand nous prions ? Et qui som­mes-nous ?

 

La réponse à ces deux questions nous révélera sur-le-champ la nécessité indispensable de l'attention.

 

A qui parlons-nous ? N'est-ce pas à Dieu, dont la majesté infinie commande un souverain respect ? Or, est-ce le res­pecter que d'être distraite en sa présence, et de ne pas savoir ce qu'on lui dit ? Comme l'implique la définition de la prière, cet acte doit être sérieux et principalement intérieur. C'est l'esprit, c'est le cœur qui doivent prier, et non les lèvres, et puisque celui à qui nous nous adressons est plus grand, mille fois plus grand que les princes et les rois de ce monde, nous devons nous présenter devant lui avec un respect qui dépasse encore celui que nous aurions pour les plus illustres person­nages, et qui nous tiendra parfaitement attentifs à ce que nous lui dirons.

 

Après cela, qui sommes-nous, nous qui prions ? De pauvres pécheurs, en vérité, des ingrates, des rebelles, qui avons mé­rité les derniers châtiments. N'est-ce pas un nouveau motif de ne paraître devant Dieu qu'avec un extrême réserve et de le prier avec toute la piété possible ? Ne devons-nous pas nous sentir pleines de reconnaissance et de confusion en par­lant à un maître de qui nous avons tant reçu et que nous avons tant offensé ?

 

Supposez un homme du peuple privilégié par son souverain et admis à lui parler dans l'intimité après une faute qu'il aurait commise, ne serait-il pas impardonnable de le faire cavalièrement et sans même prendre garde à qu'il dirait ? Une telle impudence nous paraît tellement admissible que nous n'hésiterions pas à la taxer de folie. Hélas ! N'est-ce pas nous-mêmes que nous condamnons, et ne donnons-nous pas très souvent des exemples d'une pareille conduite ?

 

N'oublions pas non plus ce que nous allons faire auprès de Dieu lorsque nous lui adressons nos prières. N'est-ce pas pour traiter nos affaires et le prier de prendre en main nos intérêts que nous recourons à lui ? Conçoit-on qu'on accom­plisse un tel acte en sommeillant, en bâillant, en parlant à d'autres avec le plus complet sans-gêne ? « Comment : dit saint Cyprien, vous voulez qu'on vous écoute, et vous ne vous écoutez pas vous-même ! » Vous dites : « Mon Dieu, souvenez-vous de moi, pensez à moi, regardez-moi, » et vous l'oubliez, vous pensez à autre chose, vous promenez vos regards sur des frivolités au lieu de les porter vers le ciel ? N'est-ce point juste après cela que Dieu agisse à votre égard comme vous agissez vous-même envers lui ?... »

 

«Avant de prier, est-il dit dans la sainte Écriture, préparez votre âme. » C'est ordinairement parce qu'on oublie ce sage conseil qu'on apporte si peu d'attention à la prière. Dès que nous voulons prier, réprimons toute curiosité, baissons modestement les yeux et figurons-nous que nous nous trouvons en présence de Notre-Seigneur lui-même.

 

On demandait un jour au P. Renault une bonne méthode pour prier, un moyen efficace de chasser les pensées étran­gères et d'éviter toute distraction. « Je vous assure, répondit-il, que je n'en sais pas plus, à l'heure qu'il est, après avoir pu la théologie scolastique et mystique, essayé moi-même et enseigné les autres, je n'en sais pas un mot de plus que je n'en ai appris chez ma mère d'une pauvre mendiante. Ma bonne mère avait les habitudes de nos campagnes chrétiennes ; on ne refusait jamais les pauvres à la porte de la ferme, et c'étaient les petits qu'on envoyait distribuer l'aumône. Un jour, j'avais environ sept ou huit ans, une vieille mendiante me dit en recevant son pain : « Voyons, François, fais-tu bien tes prières ? — Oui, maman me les fait réciter tous les jours. Et à quoi penses-tu pendant ce temps-là ? » Me voilà fort embarrassé, car je ne voulais pas mentir, et je pensais pendant ma prière à bien des choses autres que le bon Dieu, assurément.

 

« Écoute, mon enfant, ajouta-t-elle ; pour le mor­ceau de pain que tu me donnes, je vais te donner une leçon pour bien faire ta prière toute ta vie. Quand tu te mettras à genoux, fais doucement ton signe de croix, et pense que Notre-Seigneur est là devant toi, dans son berceau, sur la croix ; et puis récite ta prière comme si vraiment tu le voyais.

 

Quand ta prière est finie, reste encore à genoux, et dis-lui tout ce qu'il y a dans ton cœur, raconte-lui tes peines et tes projets, enfin tout ce que tu penses. Vois-tu, tu n'auras pas toujours ta mère avec toi, mais tu auras toujours le bon Dieu ; il faut t'habituer à lui ouvrir ton cœur, à lui demander con­seil, à lui dire tes besoins. »

 

« Voilà la meilleure manière de prier, ajoutait le P. Renault ; tous les livres du monde ne m'ont rien appris de plus que cette bonne femme. » Et le petit écolier, devenu maître, n'avait pas oublié la leçon ; en le voyant faire le signe de la croix avec tant de pieuse gravité, en l'entendant prononcer ces mots : Sommes-nous en la présence de Dieu ? D'un ton si profondément recueilli, il avait déjà prêché, et tout son auditoire entrait dans les sen­timents qu'il voulait lui inspirer.

 

Dès aujourd'hui, soyons donc bien fidèles à faire nos prières avec un profond respect, une sérieuse attention. Ne nous contentons pas de bredouiller des formules, mais faisons par­ler notre cœur. Et certainement, si c'est notre cœur qui par­le à Dieu, nous serons exaucées.

 

FÊTE DU JOUR: Saint Marcel, pape.

 

Le zèle et la charité du pape saint Marcel ne pouvaient pas­ser inaperçus ; ils le désignèrent à la fureur de Maxence, l'un des dépositaires du pouvoir impérial d'alors. Maxence fit comparaître le saint pontife devant un tribunal qui, certain de sa ferme résistance, ne l'exhortait à l'apostasie que pour avoir l'occasion de le condamner solennellement. En effet, le simple et ferme refus de Marcel entraîna la douloureuse peine de la flagellation, précieuse conformité avec le divin Maître ! Puis, ne voulant pas terminer d'un seul coup une vie qu'il se plaisait à torturer, ce juge inique fit arracher le saint pasteur à son troupeau, et pour joindre l'insulte à la souffrance, son église fut remplacée par une étable, et ses brebis fidèles, par les plus vils animaux, auxquels on le contraignit de donner les soins les plus humiliants. Neuf mois passèrent ainsi, pendant lesquels le père des chrétiens veillait, priait, pleurait pour l'Église, écrivait des lettres, des exho­rtations pleines de force et de tendresse, et soutenait de toutes manières le courage et la ferveur de ses nombreux enfants. Les clercs de la ville de Rome voulurent arracher leur pontife à cette mort lente, à laquelle Maxence l'avait fait condamner ; ils le délivrèrent pendant la nuit, et le conduisi­rent secrètement chez une sainte veuve, dont la joie fut extrême en recevant ce précieux dépôt ; sa maison, dans laquelle elle le tint caché, fut consacrée par le pape, et devint le lieu de réunion des fidèles, qui nommèrent eux-mêmes cette nouvelle église : Saint Marcel. Mais on ne pouvait tromper longtemps l'odieuse vigilance des ennemis de Dieu ; la retraite de Marcel fut découverte ; on s'empara pour la seconde fois de sa personne, pour la seconde fois aussi on le jeta dans une étable, plus infecte, plus sombre encore que la première. A peine vêtu, à peine nourri, contraint à de rudes et repous­sants travaux, il succomba, dans l'année 309, à ce martyre d'un genre jusqu'alors inconnu.

 

(Comment ne pas penser ici à notre Saint Père Paul VI, en exil)

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES  (1966)

 

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