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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 23:16

      

 

Le néo-modernisme est la composante de nombreuses forces néfastes dont l'une des plus importantes procède de la liberté. Non point d'une juste liberté qui devrait s'exercer dans l'obéissance et la charité, mais d'une liberté en dehors de toute contrainte. Cette liberté généralisée aboutirait inévi­tablement à l'anarchie, et de toute façon elle oriente vers le mal. Ce sont d'ailleurs des symptômes d'anarchie que l'on relève aujourd'hui dans l'Église. Quant au mal, il s'étale au grand jour.

 

I. la Loi.

Les Commandements de Dieu sont devenus des contrain­tes détestables et, selon les expressions employées par une certaine catéchèse, un carcan, un joug intolérable. Leur refus est une des forces qui désorientent les masses et plongent les catholiques dans des climats qui font perdre la foi.

 

Voilà déjà une vingtaine d'années (en 1974) que l'on assista chez beaucoup et surtout à Paris, dans des paroisses dites pilotes, à des innovations dans le domaine liturgique, mais la doc­trine professée par les novateurs semblait intacte. Pourtant, c'est vers la même époque que commencèrent les déviations. On parlait alors, sur les ondes, de préceptes moraux et para­sites qui devaient disparaître au nom de l'Évangile. En fait, on commençait à grignoter les Commandements.

 

Ce mal prenait-il son origine chez les esprits démolis­seurs qui agissent dans l'ombre pour détruire l'Église du Christ ? Était-ce dû à de bonnes intentions visant à rendre la religion plus accessible aux incroyants ? Toujours est-il que la Loi fut ensuite mise à rude épreuve de la part de nombreux clercs et parfois d'évêques. Les uns disaient que le décalogue n'est pas un catalogue de défenses auxquelles il faut obéir « sous peine de péché », d'autres s'en prenaient à ceux qui voyaient dans la Loi de Dieu quelque chose à respecter comme on respecte le code de la route. Dans le même esprit, on a entendu un cardinal dire que la foi n'est pas une série de principes appris par cœur. Bien sûr, il y avait une part de vrai dans ces idées mais...

 

Le mot catalogue eut un succès qu'il n'aurait certainement pas eu, si on avait rappelé aux catholiques que le premier « commandement » qui fut donné à l'humanité, fut donné à Ève à qui il fut interdit de goûter au fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal « sous peine de mourir ». Quant à l'expression « code de la route », elle était percu­tante mais mal choisie car, de même que le non-respect de ce code conduit souvent à l'hôpital ou au cimetière, le mépris des Commandements conduit souvent au purgatoire ou en Enfer.

 

Évidemment, c'est beau d'aimer Dieu et d'éviter le mal pour lui plaire. Dans une famille, c'est beau d'aimer ses parents, de les écouter et de leur obéir par amour. Mais est-ce si répandu ? La conscience morale des hommes, tou­jours harcelée par leur nature, est-elle si bien équilibrée qu'ils puissent se passer d'une loi écrite ou, l'ayant admise, qu'ils puissent lui désobéir sans conséquences ? On ne saurait accuser les écrivains sacrés de radoter, pourtant, à quatre reprises (Ps., CX, 16, Prov., I, 7 et IX, 10, I, Si., 16), l'An­cien Testament enseigne que la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. Cela signifie sans doute que l'homme ne doit ni mépriser la Loi, ni oublier que les infrac­tions qu'on lui fait s'appellent des péchés, c'est-à-dire des offenses à Dieu auteur de la Loi, et que les péchés nous coûtent en ce monde ou en l'autre.

 

Cahin-caha,  l'histoire du  code  et celle du  catalogue firent leur tour de France, si mal qu'il en résulta l'oubli de la Loi avec laquelle chacun, selon son âge et sa situation, en prit à son aise. Les deux mots code et catalogue avaient simplement affaibli la Loi divine.

 

Mais ce n'était là qu'un moindre mal. Il y eut pire. On en vint même à affirmer, que les Commandements de Dieu étaient un esclavage. Ils avaient été indispensables pour le peuple hébreu, par nécessité de redressement (car en captivité les mœurs se dissolvent !), mais il n'était pas question, pour lui, de tomber d'un esclavage dans un autre !

 

Il ne semble pas que cette action sourde mais efficace ait été combattue en haut lieu, d'autant moins que le mot cata­logue a été publiquement employé par plusieurs évêques. Au contraire, l'œuvre dissolvante a pris un caractère officiel dans le catéchisme dit progressif. Par exemple, le livre Qui es-tu Seigneur expose la Loi non pas de la façon dont elle est présentée par l'Écriture, mais dans un texte de quelques lignes où les 2e, 6e, 9e et 10e commandements ont été passés sous silence. Or, nul n'ignore le poids des 6e et 9e commandements touchant à l'impureté, celle-ci faisant que bien des enfants s'éloignent de l'Église avant l'âge de l'ado­lescence. Ce silence sur l'impureté est-il dû au souci d'éviter | de troubler les âmes candides, en ce morceau de siècle où l'éducation sexuelle, consentie ou marginale, s'en est depuis longtemps chargée ?

 

Mais ce n'était qu'une première offensive. On s'en prenait *' ainsi aux Commandements parce que l'on détestait cette personne au nom rendu détestable que l'on appelle la mo­rale. La morale est celle que l'on méprise, celle dont on rit, celle que l'on jette, comme du lest, pour plaire à certains auditoires. Elle serait l'apanage des dévots, des infantiles, des hypocrites. En tous lieux on la maltraite : dans les jour­naux, dans les livres, à la télévision et même à Notre-Dame de Paris dans le feu de l'éloquence !

 

Selon des confesseurs, le péché d’envie est celui dont on ne s'accuse jamais. Et pourtant l’envie est une des forces mauvaises qui mènent le monde.

 

Et l'on affirme que le Christ n'a jamais été un moraliste ; certains vont même plus loin puisqu'ils enseignent que Jésus est finalement celui qui résume la mort de la morale, ce qui, au demeurant, ne signifie pas grand-chose. Tout cela aboutit au rejet de la Loi, parce que même si on accepte une morale, on ne veut pas qu'elle soit à base d'interdits. On la veut, dit-on, positive ; on la veut surtout à son goût et comme dans ce domaine le goût de l'homme coïncide avec ses désirs, sa nature, on se fait une morale à soi, c'est-à-dire que l'on rejoint tous les incroyants qui pour la plupart ont une éthi­que en harmonie avec leur nature. Leur morale s'effrite souvent au cours de leur existence par cette tendance, connue, qui consiste à laisser la chair prendre le pas sur l'esprit.

 

On a ainsi une morale pour notre temps, évolutive naturel­lement, ou une morale de situation. Celle-ci se base sur l'affirmation qu'en dominant la Loi on peut se dégager de sa contrainte. Voici un exemple des « possibilités de dépas­sement que l'on peut rencontrer dans les interdits de la Loi ». Pour un homme abandonné de son épouse, il n'y a, chrétiennement, d'autre solution que de vivre seul. Mais dans une telle situation, n'y a-t-il pas de risques de chutes ? Alors ? La solution est simple : l'homme n'a qu'à se mettre en ménage avec une autre femme, c'est préférable au risque de chutes successives qui lui détérioreraient la conscience. Cela ne rappelle-t-il pas l'affirmation de cet écrivain anglais qui écrivait que la meilleure façon de ne pas subir de tenta­tions c'est d'y succomber ?

 

Ce qui est frappant, c'est que les personnes qui rejetaient la Loi ces dernières années le faisaient souvent au nom de l'amour. Avaient-elles donc oublié que l'amour contient la Loi et n'avaient-elles pas lu saint Paul qui nous dit que commettre l'adultère, tuer, dérober, mentir sont des actes contraires à l'amour ? Ce sont précisément les interdits du décalogue. Respectons donc le plus petit des Commande­ments « sous peine », dit l'Évangile, d'être le plus petit dans le Royaume des Cieux et n'essayons pas d'inventer une nou­velle morale exempte d'interdits.

 

Tous les individus sont différents. Obéir par amour c'est parfait, éviter le péché par crainte du châtiment ne l'est pas, mais les chemins qui conduisent au ciel sont multiples.

A suivre…

 

     Extrait de : MARIE ET LA GRANDE HÉRÉSIE.

                       Guy Le Rumeur (1974)

                       79290 Argenton-L’Église

 

elogofioupiou.com

 

 

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