Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 19:26

 

 

 

 

« De quoi croyez-vous, disait Mme de Maintenon, qu'un roi soit plus généreux, envers un courtisan occupé à lui faire sa cour, qui est de tous ses plaisirs sans avoir jamais aucune peine, ou d'un fidèle sujet qui passe sa vie à combattre pour lui, exposé à de continuels dangers, toujours dans les fatigues, qui n'est soutenu que par son courage et par son attachement au service de son prince, n'ayant même que très rarement le plaisir de l'approcher ?

 

Il n'est pas diffi­cile de voir que c'est le dernier qui aura ses faveurs. Faites-vous-en l'application, et voyez si vous avez sujet d'être affligée que la multitude des soins inséparables de votre charge rende votre présence de Dieu moins douce qu'autrefois. Pour moi qui suis fort vive, je me trouve accablée de distractions aussi différentes que sont les affaires dont j'ai la tête remplie... Je ne me présente guère devant Dieu qu'au travers d'une multitude de pensées qui remplissent mon imagination ; mais je me console un peu en lui disant: Il est vrai, Seigneur, que je mêle dans mes actions une vivacité naturelle qui n'est pas exempte de plusieurs défauts dont je suis confuse ; mais aussi vous savez que je ne les entreprends que pour vous plaire. »

Les devoirs d'état doivent donc passer avant tout, être préférés à tout.

C'est assurément une excellente chose que de prier ; mais prier quand il faut agir, être à l'église quand on doit être à la maison, ce n'est pas plaire à Dieu et faire sa volonté, mais c'est faire la sienne propre. Être pieuse, ce n'est pas faire ce que les autres ne font pas et omettre ce qu'ils font, c'est très souvent se bornera le faire autrement qu'eux, le faire pour Dieu, tandis qu'ils le font pour eux-mêmes.

Toute notre perfection ne consiste qu'en deux choses : à faire ce que Dieu veut que nous fassions, et à le faire comme il veut que nous le fassions. Ce que Dieu veut avant tout, c'est que nous remplissions avec exactitude tous les devoirs de notre état. Nos obligations directes envers lui sont peu nombreuses, et peuvent se rapporter au précepte qu'il nous a donné de l'aimer plus que tout le reste et d'agir en tout pour sa gloire. Mais les obligations envers nos frères et celles qui résultent de notre position nous réclament à chaque instant de notre vie.

C'est pour cela que plusieurs trouvent beaucoup plus commode de s'affranchir des dernières, sous le vain pré­texte de vivre uniquement pour Dieu. Mais c'est mal inter­préter sa volonté, ou plutôt, c'est lui préférer sa volonté pro­pre, que de négliger les choses qu'il nous demande et de faire celles qu'il ne nous demande pas. A quoi vous sert de donner à Dieu une chose, lorsqu'il vous en demande une autre ? Examinez quelle est sa volonté, afin de l'accomplir. Vous en recevrez bien plus d'avantages.

Dieu aime infiniment plus, en vous le moindre acte d'obéis­sance et de soumission à sa volonté, que tous les services que vous vous proposez de lui rendre par goût et par inclination. Ne regardez jamais la qualité des choses que vous faites, mais l'honneur qu'elles ont d'être agréables à Dieu.

Chaque état de vie a ses ennuis, ses amertumes, ses dégoûts ; de sorte que, si l'on excepte ceux qui sont pleinement résignés à la volonté de Dieu, chacun voudrait changer sa condition contre celle des autres.

 D'où vient cette inquiétude générale des esprits, sinon d'une certaine aversion que nous avons pour la contrainte, et d'une malignité d'esprit qui nous fait penser que chacun est dans une position préférable à la nôtre?

Quiconque n'est pas parfaitement résolu à faire ce que Dieu veut, se tournera en vain tantôt d'un côté, tantôt d'un autre: il n'aura jamais de repos. Ceux qui ont la fièvre ne trouvent point de place bonne, ils ne sont pas un quart d'heure dans un lit qu'ils voudraient être dans un autre : ce n'est pas le lit qui en est cause, mais la fièvre qui les tourmente partout. Une personne, qui n'a pas la fièvre de la volonté propre, se contente de tout pourvu qu'elle serve Dieu dans l'état où elle est placée. Sans doute les devoirs de l'état n'ont rien qui séduise l'amour-propre et flatte la vanité ; il serait souvent plus agréable, pour un cœur qui n'est pas entièrement dépossédé de lui-même, d'exercer son activité dans une sphère plus haute et plus large. Mais ce qu'il y a de certain, c'est que les devoirs qui flattent l'amour-propre prêtent à d'étranges illusions, tandis que ceux qui contrarient la nature n'ont rien qui puisse éveiller notre défiance.

Le bien que nous avons à faire n'est point situé loin de nous, mais il est en quelque sorte sous no­tre main, et nous pouvons l'accomplir à chaque instant de notre vie.

 

Sainte Marguerite de Cortone, pénitente.

sainte Marguerite de Cortone naquit à Alviano, dans le dio­cèse de Chiusi, en Toscane, vers le milieu du treizième siècle. A seize ans, Marguerite quitta les sentiers de la vertu, et vécut pendant huit ou dix ans dans la honte et le désordre.

Elle était encore dans les liens du péché, lorsqu'un jour, sans y être préparée, elle se trouva en présence d'un cadavre que les vers dévoraient. Cette vue la fit rentrer en elle-même, et lui inspira la résolution de faire pénitence de sa vie coupable.

Marguerite revint donc, nouvelle enfant prodigue, à la mai­son de son père, et passa ses jours et ses nuits à réparer les crimes de son passé ; la corde au cou, elle demanda publique­ment pardon, dans l'église paroissiale, des scandales qu'elle avait donnés.

Puis, elle se mit sous la direction d'un religieux de Saint-François, qui, après avoir longuement éprouvé la sincérité de sa conversion, l'admit dans le Tiers Ordre de la Pénitence.

Elle qui avait vécu jusque-là dans le luxe et la vanité, elle mena désormais une vie d'héroïque pénitence dans une misérable cellule.

 

Extrait de : LECTURE MEDITÉES. (1933)

 

elogofioupiou.com

Partager cet article

Repost 0

commentaires