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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 18:50

 

 

Saint Paul, parlant des derniers temps, fait le portrait des hommes. Ils seront « rebelles » à leurs parents » (II Tim., III, 2). D'autre part, nous lisons dans l'Ancien Testament : « Voici que je vais vous envoyer Elie le prophète avant que n'arrive mon Jour, grand et redoutable. Il ramènera le cœur des pères vers leurs fils et le cœur des fils vers leurs pères, de peur que je ne vienne frapper le pays d'anathème » (Mal., III 23, 24) et celles-ci tirées de l'Ecclésiastique (XLVIII.10, 11) : « Toi (Elie) qui fus désigné dans les menaces futures... pour ramener le cœur des pères vers les fils. »

 

Mais on ne doit pas oublier, non plus, que s'il est des jeunes qui, aujourd'hui, s'égarent par la faute initiale de parents et d'une société sans autorité qui n'a su leur donner aucun idéal, il en est d'autres qui réagissent, qui s'attachent aux vertus, qui savent donner un sens à la vie, qui vont vers une plus grande recherche de Dieu et du bien. Il en est même parmi eux que Dieu prédestine pour être les Apôtres des derniers temps.

 

Les divisions chez les jeunes catholiques prennent aussi d'autres aspects. Les uns restent traditionalistes, d'autres se

laissent entraîner vers des messes par petits groupes, parfois à la recherche du nouveau, parfois à la recherche de charismes. La division s'étend à d'autres domaines comme celui I du scoutisme où le pluralisme n'est pas reconnu.

 

Quoi qu'il en soit, nous vivons au cœur d'une époque où les larmes des mères sont abondantes. Que de souffrances offertes à Dieu par celles qui croient ; que de désespoirs chez celles, incroyantes, dont la souffrance semble vaine.

 

Tout ce qui précède se situe sur le plan local et sur le plan français. Si nous nous élevons au plan de l'Église, elle apparaîtra sous un aspect profondément douloureux. Représentons-nous l'Église universelle comme un grand arbre dont les grosses branches figureraient les Églises des divers pays. ! On constate que quelques-unes de ces branches pendent, les feuilles déjà un peu flétries, presque séparées du tronc où elles restent seulement rattachées par une lame d'écorce et d'aubier dont la cassure entraînerait le schisme.

 

Il n'en demeure pas moins que l'Église reste une et sainte. C'est là un mystère, un mystère dont on parle peu. Cela ne veut pas dire que ceux qui vivent dans l'erreur doctri­nale et le péché s'en soient détachés à leur insu ? Un clerc franc-maçon ou communiste fait encore spirituellement partie du Corps mystique ?

 

II. l'autorité.

 

L'actuelle division que l'on semble vouloir accepter en avançant le « pluralisme » ou la formule « diversité dans l'unité » montre que si l'Église, par un mystère, reste une, elle n'apparaît plus ainsi. Elle est indiscutablement divisée, d'une division qui atteint tous les domaines, parfois dans l'essentiel, parfois dans les plus petites choses, d'une division qui atteint les esprits et les cœurs. Cela est dû, en partie, au manque d'autorité qui a donné libre cours à l'esprit de désobéissance.

 

Il y a trois sortes de disciplines : celle qui est librement consentie par amour, celle qui est pratiquée par devoir et celle que l'on obtient par la crainte. Jusqu'au Concile Vatican II, tout semblait marcher en ordre dans l'Église, tant l'obéissance et la soumission étaient grandes et natu­relles, au point que les militaires eux-mêmes éprouvaient de l'admiration en face de la vie des religieux. La discipline des couvents, obtenue pour l'amour de Dieu, leur semblait plus belle que celle qui régnait dans leur entourage. Mais le Corps mystique du Christ est en partie composé de pécheurs et d'êtres imparfaits qui forment une société ayant besoin de lois, de règles et pour lesquels il est nécessaire de prévoir des sanctions et de les appliquer. Leur application demande des aptitudes spéciales et surtout l'autorité, ce qui n'est pas toujours le cas de ceux qui ont reçu la plénitude du sacre­ment de l'Ordre. Elle exige un climat favorable. Ce climat existait avant le Concile, et l'Église, à l'aide de moyens humains convenables mais parfois excessifs, savait mettre un frein aux trop grandes libertés des clercs et des fidèles.

 

Pendant Vatican II et après, le climat changea du fait de l'optimisme de S. S. Jean XXIII. Dans son discours d'ou­verture, au sujet des erreurs, il souligna que l'Église les avait souvent condamnées et très sévèrement, « mais aujour­d'hui, dit-il, l'Épouse du Christ préfère recourir au remède de la miséricorde, plutôt que de brandir les armes de la sévérité. Elle estime que plutôt que de condamner, elle répond mieux aux besoins de notre époque en mettant davan­tage en valeur les richesses de la doctrine » (11 octobre "1962).

 

Il est certain que S. S. Jean XXIII ne se trompait pas, sur un certain point, la doctrine est suffisante, en soi, pour l'épanouissement du christianisme, comme elle l'avait été au temps des premiers chrétiens. Mais en ce temps-là, Satan était lié, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

 

De ce discours naquit l'état d'esprit de ne pas condamner, non seulement les erreurs, mais les hommes. Il se créa chez les clercs et chez des laïcs, comme une atmosphère de libération qui fut à l'origine d'aspirations à plus de libertés et à de moindres dépendances vis-à-vis de la doctrine et de l'autorité.

 

Aujourd'hui, au nom de la liberté, n'importe qui écrit, dit ou fait n'importe quoi de préjudiciable à l'Église, impunément. L'autorité semble être mise en réserve. Cependant on la voit parfois se manifester comme moyen de coercition contre les ecclésiastiques qui refusent de se mettre au rang de l'armée de prêtres en recherche qui tournent le dos au passé.

 

L'obéissance contient en elle-même la richesse des autres vertus, nous dit sainte Mechtilde, et si l'Église est ce qu'elle est devenue, c'est que trop de ses membres et surtout de ses clercs ne veulent plus obéir. Selon l'expression de sainte Catherine de Sienne, « c'est la désobéissance qui a fermé la porte du Ciel » et c'est le Christ qui par son obéissance, l'a rouverte. Adam a désobéi. Le nouvel Adam a obéi. 

 

En 1908, saint Pie X avait parlé des modernistes con­tempteurs de toute autorité. Quels termes eût-il employé en cette orgueilleuse période d'insoumission généralisée ? Sans doute cette période est-elle celle que prophétisait Anne Catherine Emmerich, celle du « régime de la liberté, de la charité et de la tolérance », la charité ayant de toute évi­dence le sens du service rendu, de l'entraide, des secours, et non pas celui qui se trouve dans ces paroles de Dieu à sainte Catherine de Sienne : « La charité, t'ai-je dit, donne vie a toutes les vertus parce qu'aucune vertu ne peut être sans la charité. »

 

Et l'obéissance est la vertu la plus grande. Mais si elle s'affadit ou s'efface, il faut bien que l'autorité la stimule ou la provoque. Autrefois on obéissait pour l'amour de Dieu. Mais si l'amour de Dieu s'amenuise à la base, que ceux du sommet montrent leur autorité, pour l'amour de Dieu et de ceux-là même qui n'obéissent plus qu'à leurs propres idées et a leurs inspirations.

 

L'insoumission des uns, due souvent à la fugacité de leur esprit de renoncement, les difficultés réelles actuelles pour faire régner l'union harmonieuse entre la tête et la base, la quasi-impuissance des grands en face d'un esprit de contes­tation ou de rébellion, voire peut-être une sorte d'abdication, n'ont pu que favoriser la propagation du néo-modernisme et conduire l'Église à vivre la parabole du bon grain et de l'ivraie, qui semble bien, aujourd'hui seulement, avoir trouvé son actualité.

 

L'Église a toujours semé le bon grain, mais elle s'efforçait d'arracher l'ivraie semée par Satan. Elle l'a fait efficacement durant des siècles en sanctionnant, en condamnant, en refusant des permis d'imprimer, gardant ainsi chez les fidèles la foi dont elle a le dépôt. Mais depuis le Concile, elle ne condamne guère, elle ne sanctionne plus et les erreurs se répandent. Elles croissent librement. L'ivraie est envahis­sante.

 

Combien la face du monde catholique, et par répercussion celle du monde entier serait changée, si tous ceux qui, à la base, ambitionnent de servir Dieu, avaient l'esprit d'humilité et de soumission de leur Mère commune qui nous a laissé ces paroles : « Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre volonté », et si tous ceux du sommet, ani­més de la même ambition, faisaient leurs ces paroles de Marie : « Faites tout ce qu'il vous dira. »

 

 

Extrait de : MARIE ET LA GRANDE HÉRÉSIE.

                       Guy Le Rumeur (1974)

                       79290 Argenton-L’Église

 

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