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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 17:04

                     

 

le jour de la Pentecôte, à Jérusalem, il se produisit deux événements prodigieux, l'un plus secret, dans l'intimité du Cénacle, l'autre spectaculaire, en présence de toute une foule.

 

Le Saint Esprit descendit mystérieu­sement sur les Apôtres en prière avec Marie. Puis, les Apôtres, étant sortis, se mirent à parler à un rassem­blement composite de Juifs venus de divers pays, d'Asie mineure, de Perse, de Mésopotamie, d'Égypte, de Libye et même de Rome. Et bien que leurs idiomes, les dia­lectes dont ils se servaient dans la vie courante, fussent très différents, ils s'émerveillaient de comprendre tous.  « Comment, ceux qui nous parlent sont galiléens, et nous les comprenons comme s'ils parlaient à chacun de nom sa propre langue » !

 

Les miracles faits par Dieu ne sont jamais des prodiges destinés à nous éblouir, ils comportent un enseignement pour les âmes. Ainsi en est-il du miracle de la Pentecôte.

 

Les êtres humains parlent beaucoup, chez certain! C'est même un courant irrésistible. Mais faut-il dire qu'ils se parlent vraiment les uns aux autres ?

 

Ou bien doit-on constater qu'ils parlent les uns devant les autres, dans un dialogue de sourds ? Et, remarquons-le, il ne s'agit pas surtout de la difficulté matérielle due à la diversité des idiomes en usage. A défaut d'une langue commune à toute l'humanité, le problème peut être ré­solu par la virtuosité des interprètes et par la technique : dans les assemblées internationales, des casques d'écoute permettent à un Anglais ou à un Russe d'entendre la traduction simultanée d'un discours japonais ou indien!    

 

Le problème est à un autre niveau et la difficulté est bien plus profonde.  Ce qui le montre bien, c'est que jamais il n'y a eu autant qu'aujourd'hui de conférences internationales,   de   rencontres   d'hommes   d'État,   de voyages et de diplomates, jamais il n'y a eu autant de facilités et d'occasions de rapprochements entre les peu­ples. Or n'y a-t-il pas autant de divergences et d'incompréhensions irréductibles qu'à  l'époque  de  la fameuse tour de Babel ?

 

C'est que ceux qui articulent les mêmes mots, usent du même vocabulaire, emploient la même syntaxe, ne parlent pas toujours la même langue, comme on dit. Trop de différences séparent les hommes et empêchent le vrai dialogue : différences de races et de pays, diffé­rences de religions et de cultures, d'idéologies, distance qui paraît infranchissable entre les hommes qui vivent dans le même siècle, semblent contemporains, mais qui, en réalité, ne le sont pas, les uns vivant au xx° siècle, |es autres au moyen-âge.

 

Allons plus loin. Au fond, chacun de nous a les idées et en conséquence parle la langue de sa nation,  mais aussi de sa classe sociale, de son groupe professionnel, de sa famille. Par là même s'établit comme une ligne de démarcation, un rideau séparateur entre son groupe et les autres hommes. Et même à l'intérieur de ce groupe, parle-t-on la même langue ?

 

Peut-on dire que le dialogue soit fréquent et facile ? Dans un milieu de travail, dans une famille, y a-t-il compréhension mutuelle ?

 

Ne faut-il pas constater que ces prétendus dialogues ne sont que des monologues parallèles, et donc distants, les mo­nologues des égoïsmes ?  Et nous voilà au fond du problème.

 

Car l'obstacle majeur à la compréhension, au vrai dialogue entre les hommes, c'est l'égoïsme humain qui s'exprime par le péché humain.

 

En effet, le péché, qui est rupture avec Dieu, est en même temps et d'une manière inexorable, diviseur entre les hommes.

 

Ce n'est pas par hasard que dans la Bible le récit de la faute originelle est suivi immédiatement par le récit du meurtre d'Abel. Quand on s'est éloigné de Dieu, comment l'égoïsme qui a mo­tivé le péché ne se traduirait-il pas en inimitié et en haine pour les hommes ?

 

Pour parler vraiment la même langue, il faut compren­dre les autres, pour les comprendre, il faut les aimer, pour les aimer vraiment, il faut même aller au-delà de la sympathie humaine, qui paraît toute naturelle et qui est cependant si difficile, et qui serait encore insuffisante. Puisque c'est l'égoïsme qui est diviseur, si l'on veut l'union véritable entre les hommes, il ne faut rien moins que la charité venue du cœur même de Dieu.

 

C'est par son sacrifice de la Croix que le Sauveur démolit les barrières et crée l'union entre les hommes. Car c'est en mourant qu'il détruit en principe le péché humain, le péché diviseur. Et c'est parce qu'il est mort et ressuscité et glorifié au ciel qu'il peut communiquer aux hommes la charité divine, leur envoyer à la Pente­côte son Esprit, le Saint Esprit, l'Esprit d'amour.

 

Seul le Saint Esprit, donné par le Sauveur, a pu sup­primer la muraille qui semblait infranchissable et indes­tructible entre les Juifs et les païens, et réaliser ce miracle impossible de constituer avec ces hommes qui se détestaient une seule Église, cette assemblée de chré­tiens qui suivant le mot des Actes des Apôtres, « n'étaient qu'un cœur et qu'une âme».

 

Miracle singulièrement encourageant et riche de pro­messes. L'Esprit d'amour peut transformer une coexis­tence qu'on appelle pacifique et qui est en réalité une paix armée ou une défiance boudeuse en une véritable unanimité, c'est-à-dire une véritable union des cœurs.

 

En cette fête de la Pentecôte, nous ferons monter vers le Saint Esprit une grande prière pour la paix au­thentique, c'est-à-dire pour l'union entre les hommes.

 

Oui, que le Saint Esprit nous fasse à tous les dons des langues en nous faisant ce don supérieur à tous les miracles, la charité...

 

Extrait de : Volume 5

                Plus Près de Dieu

                Gaston Salet S.J.  (1966)

 

elogofioupiou.com

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