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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 06:54

Les pessimistes croient que la vie telle que Dieu l'a faite ne peut pas satisfaire leurs désirs. En vérité, ce sont leurs désirs qui ne savent pas s'égaler à la vie. « Misérables qu'ils sont ! Disent des hommes les Vers d'or pythagoriciens, ils ne savent ni voir ni entendre les biens qui sont près d'eux. »

 

Un chrétien relèvera ici le mot entendre, se souvenant que saint Paul a dit : « La foi vient d'entendre »; car c'est la foi qui nous fait signe, à nous, de regarder aux vrais biens.

 

Le pessimiste est un homme qui attend de la vie la satisfaction des instincts les plus immé­diats et qui en juge au moyen de la raison ter­rienne. Ayant reconnu que ces instincts ne peu­vent être satisfaits, que la constitution de l'uni­vers, de l'homme et de la société y apporte une foule d'obstacles, il renonce.  Parfois  sa  fierté le soutient; parfois il s'abat, ou s'indigne, ou se révolte. Il arrive que l’esthétique se cantonne dans la pure contemplation et prétende se conso­ler de la vie par son spectacle; mais ce n'est là qu'un but passager; l'ennui vient; la souffrance l'aggrave toujours du dedans ou du dehors. On voudrait fuir; mais on n'arrive qu'à se fuir, pour n'avoir pas su, dès l'abord, se reconnaître.

 

Il y a en nous, au delà de la zone des instincts dont on relève l'échec, des puissances de désir qu'il faudrait éveiller, pour que nos ambitions fussent égales à notre être. Nous n'échouons que pour n'avoir pas visé assez haut. L'échelle des biens est comme une gamme dont nous ne savons parcourir que les premiers degrés, encore en alté­rant les notes, faute de ce qu'Amiel appelle un « état musical du cœur ».

 

Visant à l'éternel, nous sommes sûrs de l'at­teindre, et avec lui le temporel en tout ce qu'il a de valable et d'utile pour nous. En aimant l'éternel, nous le possédons déjà mystérieuse­ment, envahis ainsi que tous nos objets soi-disant fuyants, en réalité fidèles à la Loi qui leur est avec nous commune par l'Au-delà imma­nent de toutes choses, surtout du cœur humain.

 

« Ce qui m'occupe, disait Émile Faguet, c'est ce qui est à ma mesure;   ce qui me préoccupe, c'est ce qui me dépasse. » La préoccupation ne doit-elle pas provoquer le désir ?

 

Désirons l'infini; car lui seul contente, et notre pauvreté amusée par des riens fera place aussitôt à la richesse. Désirons sous les auspices de l'éternité, et notre caducité sera mise en possession de tous les ins­tants qui existent; car le passé, le présent, l'ave­nir et tout ce qu'ils véhiculent sont en Dieu, et ils appartiennent à celui qui par l'amour et l'exaltante espérance a amplifié ses désire jus­qu'à les égaler à tout.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
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