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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 15:30

La volonté: c'est la part de l'amour qui sera changée en haine en enfer. Pour nous en faire une idée, il faut prendre des exemples d'amour parmi les humains. Un mari qui aimait ardemment sa femme se voit abandonné d'elle; quelle peine quand il sait qu'il n'y a plus d'espoir qu'elle revienne avec lui! Ce n'est qu'un faible échantillon de la peine du damné qui se voit abandonné pour l'éternité de Celui qui devait être tout son amour et la source de biens éternels. Mais est-ce que tous les soucis, les angoisses, les querelles et la plupart des maux de la terre ne viennent pas de la peine qu'on éprouve dans la perte de quelque bien créé ?

 

Un autre exemple: une personne s'amourache d'un homme qui la repousse absolument, qui ne lui montre que du mépris; comme son coeur va se changer en haine terrible! Eh bien! Voici que Dieu s'est amouraché de nous et d'une façon illimitée jusqu'à nous donner son propre Fils comme victime de nos péchés. Mais voilà que les pécheurs se moquent de son amour, le méprise pour n'aimer que des échantillons éphémères. On peut se faire une idée de cet amour infini changé en haine infinie et éternelle. Tous ses bienfaits seront changés en instruments de supplice pour ceux qui les ont méprisés.

 

Dans son immense bonté Dieu ne précipite pas les pécheurs sans avertissements en enfer. Toutes les épreuves, toutes les misères et les souffrances qu'il envoie chaque jour sont autant d'avertissements à changer de vie pour éviter l'enfer et à faire pénitence pour nos péchés. Si nous prenons ces échantillons d'enfer, nous n'aurons pas l'enfer. Habituons-nous donc à accepter en esprit de foi les contrariétés de la vie que Dieu met sur notre chemin pour nous faire éviter le châtiment éternel par ces châtiments temporels.

 

Convenance de son éternité.

Les objections contre l'enfer viennent surtout de ceux qui ont intérêt à ce qu'il n'y en ait pas. D'autres viennent du fait qu'on ne considère que les peines des damnés et pas assez les exigences de la justice divine, surtout après qu'elle a tout fait pour nous sauver. Ils sont allés là MALGRÉ DIEU; ils n'ont pas voulu de son bonheur éternel ! Ils ont préféré les jouissances passagères de ses échantillons; qu'ils paient leur sottise !

 

Pourquoi punir pendant une éternité un péché qui n'a duré qu'un instant ? D'abord est-ce que les hommes ne font pas cela ? On ne mesure pas une offense au temps qu'elle prend, mais au tort qu'elle fait. Un meurtrier tue un homme d'un coup de revolver; son crime ne prend qu'une seconde, mais il prive l'homme de sa vie pour toujours.

 

Un pécheur prend peu de temps pour son péché, mais il préfère un rien à Dieu pour toujours, car si son plaisir durait un jour, une semaine, une année, une éternité, il le prendrait; donc il doit être puni selon son amour qui est éternel dans son désir ou dans sa volonté.

 

Enfin peu importe les objections de la raison, l'enfer nous est révélé par Dieu lui-même et bien clairement, par conséquent qu'on le veuille ou non, il faut se soumettre à Dieu. Quelle folie que de ne vouloir accepter que ce que la raison comprend quand il s'agit de Dieu ! Serait-il Dieu si des insignifiants comme nous nous pouvions tout comprendre ce qu'il fait ? Quel orgueil sot que de vouloir mesurer la sagesse de Dieu à la nôtre ! Cessons donc nos objections sottes devant la sagesse infinie ! Obéissons-lui dans toutes ses lois afin de mériter d'éviter l'enfer qui nous effraie tant et avec raison.

 

Comme nous l'avons dit, le meilleur moyen d'éviter l'enfer, ce n'est pas de compter sur la confession, mais sur l'ascétisme, sur la pratique des vertus de foi, d'espérance et de charité, et SURTOUT de nous exercer tous les jours à résister aux échantillons d'enfer que Dieu envoie sur terre précisément pour nous habituer à lutter contre les causes du péché mortel qui nous entraînerait en enfer.

 

Mettons-nous bien dans la tête que pour aller au ciel il faut préférer Dieu à tout au monde sans exception. Voilà le prix du ciel. Or Dieu comme un bon maître d'école, nous donne des leçons de cette préférence. Il commence par nous demander le sacrifice de petits plaisirs pour lesquels il nous donne une vraie passion afin que nous ayons plus de mérite à le préférer à ce plaisir attrayant. Puis il augmente le ou les sacrifices jusqu'à ce que nous disions: je donnerais l'univers pour me contenter dans ce plaisir, mais puisque Dieu ne le veut pas, je préfère Dieu à ce plaisir et donc à l'univers. C'est alors qu'on mérite le ciel pour tout de bon.

 

En d'autres termes c'est un véritable martyre que Dieu exige de nous en général pour mériter ce bonheur immense de la vision béatifique. Après tout est-ce exorbitant de nous demander d'acheter le bonheur éternel du ciel par un plaisir si passager, comme tous ceux de la terre ? Le ciel souffre violence et seuls, dit Jésus, les violents l'emportent. Dans la parabole de la perle précieuse et du trésor caché dans un champ, il enseigne qu'il faut tout sacrifier ce qu'on a pour s'assurer le ciel. Est-ce trop demander ? Jésus dit que si on aime une chose au monde plus que lui on n'est pas digne de lui. Voilà ce que les prêtres devraient prêcher sur les toits !... au lieu de tant vanter ce que la confession peut faire du côté de Dieu sans jamais parler de ce qu'elle exige de changements dans les pénitents.

 

Tous les prêtres et tous les parents catholiques devraient préparer tous les enfants et tous les fidèles à ce martyre qui s'en vient pour tous d'une façon ou d'une autre.

 

Qu'on habitue les enfants aux petits sacrifices pour qu'ils évitent absolument tout péché véniel délibéré. Un enfant qui vole une pomme devrait être puni par ses parents comme il devrait être puni quand il commettra l'impureté plus tard. Un petit voleur deviendra sûrement un impudique; s'il suit sa pas­sion pour un fruit, il la suivra pour les plaisirs impurs encore bien plus attrayants. Alors les parents qui ne veulent pas que leur en­fant aille en enfer, le surveillent tout de suite quand il fait ses premiers pas vers l'enfer, comme le voleur de pommes ou de gâteaux, etc. Cet enfant prend la direction de l'enfer et les parents devraient le savoir... et les prêtres devraient prêcher en conséquence.

 

Donnons quelques cas comme exemple de ce qui arrive si souvent. Prenons ceux qui ne sont pas encore mariés et qui sont fortement tentés comme la plupart le sont. Quel martyre que de résister constamment à cette passion qui se fait sentir pour ainsi dire nuit et jour et avec tant d'occasions de la satisfaire partout ! Combien pour plusieurs raisons ne trouvent pas à se marier ou ne peuvent pas et la tentation dure des années et toute la vie ! Comme il faut du courage et surtout de la grâce pour rester pur si longtemps ! Or Dieu l'exige absolument pour donner son ciel, et celui ou celle qui pèche mortellement s'expose à l'enfer. Comme nous l'avons dit: bien fous ceux qui comptent sur la confession pour continuer de pécher tant qu'ils seront tentés. Quel affreux risque ils prennent avec ce sacrement !

 

Chez les gens mariés, que d'épreuves pour ceux qui veulent faire la volonté de Dieu à tout prix afin d'éviter l'enfer ! Combien se voient frustrés de leurs jouissances de cinquante façons différentes et qui sont tentés d'aller chercher ailleurs ce qu'ils ne trouvent pas chez eux. Dieu mettra sur leur chemin justement l'idéal de ce qui leur manque à la maison. Ils devront préférer Dieu à ce bien qu'ils désirent tant.

 

Voici un mari qui devient veuf ou qui est abandonné par sa femme; il est encore relativement jeune et les circonstances sont telles qu'il ne peut pas se remarier ou sa femme ne veut pas revenir avec lui. Voilà ce que Dieu exige de lui: qu'il préfère Dieu et les joies du paradis à toutes celles qu'il aimerait tant et qu'il pourrait prendre autour de lui. Quel martyre pour lui s'il reste fidèle à Dieu !

 

Encore un exemple: une mère de famille est pauvre, sou­vent malade; ses enfants négligés et elle a pour mari un homme qui exige son droit impitoyablement, qui est paresseux, ivrogne et sans-coeur; quel martyre pour cette femme de faire ce que Dieu veut d'elle pour éviter l'enfer !

 

Ou une veuve chargée d'enfants, dans la misère et qui ne trouve pas à se remarier. Voilà qu'un jour elle rencontre un homme qui semble avoir toutes les qualités: joli, riche, affec­tueux, etc., mais il est séparé de sa femme. Il lui offre tout ce qui lui manque si elle veut vivre avec lui en état de péché mortel. Quel martyre encore pour elle ! Elle doit rejeter cette offre pour éviter l'enfer et préférer Dieu à ces échantillons passagers.

 

Que d'autres exemples on pourrait donner ! Il n'y a que la pensée de l'enfer pour retenir ces chrétiens sur le bord du précipice. Eh bien ! Que tous les parents fassent une guerre acharnée à tous les petits péchés des enfants en leur montrant qu'ils prennent le chemin de l'enfer. Évidemment il ne faut pas fausser leur conscience en leur faisant croire que voler une pomme est péché mortel. Mais qu'ils leur donnent une véritable horreur pour le moindre péché. Que ferait-on à un enfant qui délibérément donnerait un coup de poing à sa mère ? Est-ce que cet enfant ne serait pas puni sévèrement par son père, s'il a une once de cœur ? Eh bien ! Qu’on punisse ainsi les péchés véniels des enfants, en sachant qu'ils commettront aussi facile­ment des péchés mortels plus tard, si on les laisse faire mainte­nant.

 

La prédication des prêtres devrait aussi donner cette mentalité à tous les fidèles. Qu'ils sachent donc que la confes­sion ne remplace pas la formation ascétique des chrétiens. C'est absurde de compter sur elle pour corriger les enfants et même les adultes. Il faut tout faire avant de compter sur la confession. Surtout il faut revenir à la prédication de l'enfer aux ENFANTS comme aux autres. Si des parents voyaient des enfants avaler des microbes contagieux, ils les en défendraient tout de suite, quand même ces microbes n'ont pas commencé à faire leurs ravages. Eh bien! Les petits péchés mignons des enfants sont des microbes qui vont empoisonner leur vie et les conduire en enfer un jour; qu'on les arrête tout de suite. S'ils ne font pas ces premiers faux pas, ils éviteront l'enfer; c'est le seul moyen de les en préserver.    Fin de la série

 

 

Extrait de : MES RETRAITES.  Père Onésime Lacouture. S.J.  (1978)

 

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