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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 21:52

              

 

Depuis le Ve siècle, des artistes, suivant leur fantai­sie ont représenté le Christ en Croix avec un succès sou­vent douteux ; plusieurs même ont produit des Crucifix vraiment indignes.

 

Il leur manquait, sinon le sens artis­tique, du moins le sens religieux, la foi et l'humilité sans lesquels on ne peut faire dignement le portrait du Christ.

 

De nos jours, un vent de folie révolutionnaire passe sur le monde : la littérature et les arts en sont affectés. Des artistes ont voulu s'affranchir des traditions icono­graphiques, même dans l'Art sacré. C'est alors le règne de la fantaisie capricieuse, des inventions désordonnées, du snobisme qui veut faire choc, des abstractions incom­préhensibles, des caricatures bouffonnes; et quand on ose introduire cela dans les églises, les fidèles en sont mal édifiés et l'Église doit protester. Ces excès peuvent al­ler jusqu'au blasphème, au sacrilège, à la profanation (objectivement, sans préjuger des intentions de l'artis­te).

 

Hélas ! les avertissements des Souverains Pontifes, en particulier de Pie XII et de son mandataire le cardi­nal Costantini, qui ont rappelé les directives du Concile de Trente, les prescriptions du Droit Canonique et les décrets du Saint-Office (30 juin 1952), n'ont guère été entendus. Le cardinal Costantini en a enfin exprimé sa tristesse dans la revue italienne Fede ed Arte, sous le ti­tre cinglant « Retour à la fête des Anes et des Fous (Festa Asinorum et Festa Stultorum) ».

 

II faut reprendre ici les fortes paroles du Chanoine A. Croegaert : «Un Crucifix,  on l'oublie trop en cer­tains milieux, est un objet essentiellement religieux, qui doit provoquer, soutenir, alimenter l'adoration, l'a­mour, la confiance, la componction, la prière. Il y a des artistes modernes qui, sous prétexte de réalisme, s'écar­tent très loin de l'art religieux, qui s'évertuent à repré­senter exclusivement et d'une manière suraiguë les souffrances atroces, les humiliations, l'anéantissement du divin Sauveur, réduit à un état infrahumain, aussi caricatural que repoussant, et qui, d'autre part, négligent complète­ment un autre aspect non moins réel du mystère de la Croix, à savoir le triomphe royal du Sauveur du monde et l'oblation sacerdotale et amou­reuse de son Sacrifice. Un Crucifix n'est pas une carica­ture, mais une oeuvre d'art qui doit témoigner de la foi, non seulement dans les humiliations, mais aussi dans LE TRIOMPHE du divin Sauveur, qui meurt en conquérant la Vie divine pour le monde entier. »

 

En certains endroits, l'autorité épiscopale a fait en­lever des Crucifix indignes, par exemple, dans l'église d'Assy, en France (Il s'agit du Crucifix de Germaine Richier, à Notre-Dame d'Issy, en Savoie.) dans des églises de Belgique, de Rome et du Canada. En 1955, un éditeur de Paris a publié des Missels d'Enfants contenant des illustrations ridicules (en particulier la scène du Crucifiement), qui ont été enle­vées dans les éditions suivantes, à la demande des auto­rités romaines. (Illustrations ridicules furent reproduites dans Paris Match, 24 déc. 1955.)

 

Le grand critique Yves Sjoberg écrit: «Raymond Guerrier est préoccupé du mystère de l'Homme de Dou­leur, mais l'abjection du supplice lui fait oublier, comme à Germaine Richier, la divinité du Rédempteur. Ces ar­tistes, et d'autres qui leur ressemblent, sont insuffisam­ment informés de l'essence de la religion chrétienne ; ils la voient trop de l'extérieur. Se complaire dans les tra­ces laissées par le péché dans la nature humaine, oublier l'infusion en elle de la nature divine et la guérison qu'elle lui apporte, c'est mutiler l'esprit du Christianis­me, qui s'exprime essentiellement dans le mystère de Pâques. »  (Yves  Sjoberg,   Mort   et   résurrection   de   l'Art  sacré,  p. 254, Édit. Grasset, 1957.)

 

 

On prétend styliser le Crucifix (le simplifier en l'é­purant). Que les artistes, au moins, restent donc dans les bornes du sens commun ! On ne peut pas tolérer que le Corps sacré du Christ soit représenté en Croix comme une loque sanguinolente, en posture de zigzag, ou avec une tête de singe, ou avec une figure de bouffon ou d’un vieil ivrogne.  

 

Dans cette voie aberrante, un artiste audacieux arri­vera un jour à reproduire le fameux Crucifix blasphé­matoire à tête d'âne de la Rome impériale, ou le sym­bole du Serpent en croix.  Tout cela servira à ridicu­liser la Croix du Christ, au grand amusement des sans-Dieu communistes (S. Paul, Philipp., 3, 18). Vengeance de Satan !

 

 

Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton

                    Édition LE BIEN PUBLIC (1972)

                    Trois-Rivières, Canada.

 

elogofioupiou.com

 

 

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