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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 06:42

 

On ne saurait croire tout le bien que peut opérer une ca­téchiste volontaire, si elle a de l'industrie et du zèle, moyennant la grâce de Dieu qui ne manque jamais. D'abord elle fait un bien considérable aux enfants.

 

 

Dans une exhortation que R. P. Marc Guillaume adressait aux maîtres, maîtresses et autres personnes qui l’aidaient dans son œuvre, il leur dit : « Si vous enseignez bien les enfants, vous en ferez de bons bourgeois, de bons pères et mères de fa­mille, et un jour des saints au paradis...

 

 

«Quand vous êtes cause que quelqu'un apprend ce qui est de sa croyance, de la dévotion et de l'usage des sacrements, il ne faut pas atten­dre pour voir et recevoir le fruit de vos efforts, vous le voyez présentement devant vos yeux, et c'est le plus noble que l'on puisse imaginer. »

 

 

La courageuse chrétienne qui remplit la mission de catéchiste volontaire n'a, généralement, que quelques enfants à instruire. En raison du petit nombre d'élèves dont elle est chargée, il s'établit des rapports intimes entre elle et ses écoliers. Si l'enfant tombe malade, son mentor trouve l'oc­casion d'aller le visiter, de lui porter quelques douceurs. Quand le cœur y est, des riens font plaisir, disons mieux, font merveille, si bien qu'entre la catéchiste et l'enfant, il finit par s'établir de précieux rapports.

 

 

Dans les autres œuvres, le résultat est problématique, dans l'œuvre des catéchismes le bien est certain. L'enseigne­ment des premiers éléments de la doctrine chrétienne est toujours très utile à un bon nombre d'enfants, et les âmes de ces enfants ont une valeur inappréciable. « Il est bien plus im­portant, dit Mgr de Belley, d'apprendre le catéchisme que d'apprendre un métier, parce que le métier ne sert que pour la vie présente, et que le catéchisme nous sert pour l'éter­nité. »

 

 

Tout en faisant du bien aux enfants et aux familles, la ca­téchiste volontaire s'en fait à elle-même.

 

 

« En réunissant les enfants autour d'elles, dit un autre prélat, pour leur enseigner les prières et les vérités de notre sainte religion, les personnes pieuses feront l'œuvre assuré­ment la plus agréable au Cœur de ce divin Jésus qui se plaisait tant au milieu des enfants, et qui les recevait avec une grâce ineffable ; par là, elles attireront sur elles les plus grandes bénédictions. Les personnes pieuses trouveront ici une bonne occasion d'acquérir devant Dieu d'incalculables mérites, soit en faisant elles-mêmes le catéchisme, soit en recrutant le plus d'enfants possible. »

 

 

Mais il y a plus. « Les âmes qui se seront vouées à cette œuvre de miséricorde brilleront au ciel, suivant la sainte Écriture, comme les étoiles du firmament ».

 

 

Mgr Dupanloup disait déjà de son temps : « Il y a, dans l'Évangile, une ravissante parole du Sauveur qui s'adresse tout particulièrement aux catéchistes, et que Notre-Seigneur n'a pas prononcée en vain : Celui qui aura donné à boire à l'un de ces petits enfants, je vous le dis en vérité, aura sa récompense».

 

 

C'est ce qu'on fait au catéchisme ! On a là ces petits en­fants, ces agneaux de la bergerie, ces nouveau-nés de la fa­mille, et on leur donne à boire cette eau qui rejaillit jusqu'à la vie éternelle, on approche de leurs lèvres ce breuvage qui est le premier des besoins pour leurs âmes.

 

 

«Ces âmes, ce sont de jeunes plantes, de tendres fleurs trop souvent abattues vers la terre par des souffles funestes, et desséchées avant le temps. Eh bien ! On verse sur elles, au catéchisme, pour les ranimer, pour relever leurs tiges vers le ciel, l'eau pure de la doctrine, la douce rosée de la grâce... »

 

 

Ainsi ce sont les récompenses, les gloires et les mérites de l'apostolat, que le grand évêque promet aux catéchistes volontaires. Il y a là de quoi animer tous les courages.

 

 

Voyons maintenant quelles qualités on doit demander aux catéchistes volontaires pour le succès de leur belle mission.

 

 

Elles doivent d'abord s'en faire une haute idée, avoir une profonde conviction de son excellence, de sa valeur. Les caté­chistes y penseront souvent devant Dieu. La noblesse de leur occupation est si grande que c'est le principal exercice que Jésus-Christ ait pratiqué en ce monde. Le bien qui en résulte est tel que par là se multiplient les enfants craignant Dieu, les familles bien réglées.

 

 

Il faut en second lieu s'acquitter de ces fonctions avec entrain, avec joie, justement à cause du bien qui en résulte.

 

 

Saint Augustin exige cette disposition en ceux qui catéchisent les ignorants, s'ils veulent réussir : Que chacun enseignent avec joie. « Si Dieu, ajoute-t-il, aime celui qui fait volontiers l'aumône corporelle, combien plus il affectionnera celui qui fait à cœur ouvert l'aumône spirituelle ! » Comme remède au dégoût qui pourrait s'emparer du catéchiste volontaire, ce Père de l'Église signale surtout l'esprit de foi et l'amour des enfants.

 

 

La science nécessaire ne doit point faire défaut à nos caté­chistes. La plupart des personnes qui se sentent de l'attrait pour les œuvres catéchistiques ont eu l'incomparable bonheur de faire leur éducation dans des maisons religieuses où elles ont suivi des cours très bien faits ; ajoutons à ce premier avan­tage, qu'elles sont à même d'assister aux prédications parois­siales et qu'ainsi leur instruction se continue, se développe de telle sorte qu'il ne leur sera nullement difficile d'enseigner convenablement les éléments de la religion. Au besoin, elles pourraient se servir d'un catéchisme expliqué, et surtout tirer profit des catéchismes de persévérance de la paroisse.

 

 

A la science on joindra la piété, qui joue le plus grand rôle dans ce maniement des âmes. L'apôtre a eu raison de dire : La piété est utile à tout ; pour bien faire le catéchisme, il est impossible de s'en passer. Une catéchiste qui n'est pas pieuse ne saura pas trouver le chemin des âmes. On peut enseigner à des enfants la grammaire, le calcul, etc., sans avoir l'esprit de piété, mais le catéchisme, jamais.

 

 

Rien non plus ne peut remplacer le dévouement, ce dévoue­ment qui supplée à tant de choses. C'est ici qu'on doit peser,  et non pas compter, les ouvriers employés à la vigne du Seigneur. Si une personne ne sent pas brûler dans son cœur cette flamme sacrée du dévouement, qu'elle ne songe pas aux œuvres catéchistiques, elle n'est pas appelée à les exercer. Si les enfants doutent du zèle d'une catéchiste, s'ils la voient s'ac­quitter de sa fonction par manière d'acquit, le résultat sera nul et l'œuvre compromise.

 

 

Enfin, il faut donner le bon exemple. Les paroles émeuvent, mais ce sont les exemples qui entraînent. Nul n'a le droit d'en­seigner si sa vie dément ses leçons. L'écolier se façonne sur son maître.

 

 

Si les catéchistes volontaires apportent toutes ces qualités dans l'accomplissement de leur tâche, elles réaliseront les espérances de la sainte Église et se prépareront une belle place dans le ciel.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

 

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