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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 16:15

   

 

Notre-Seigneur  n'est pas moins présent d'une pré­sence d'adoption, d'une présence morale dans les infirmes et les malades que dans les pauvres. Au grand jour du jugement, il dira à ses élus : « J'étais infirme et vous m'avez visité » comme il dira : « J'avais faim et vous m'avez donné à manger. »

 

Une vraie chrétienne ne se contentera pas de faire l'au­mône au pauvre qui tend la main, elle pénétrera sous le toit où gémissent le malade et l'infirme. Elle peut s'y trou­ver en présence d'une multiple infortune : la maladie, la désolation, l'ignorance religieuse et le péché ! Qu'elle y vienne donc avec une triple aumône : celle des mains, celle du cœur, celle de l'âme.

 

Oui, pieuses Lectrices, vous irez auprès des malades les mains pleines de dons, pleines de ces petites attentions auxquelles ceux qui souffrent sont plus sensibles que les autres. Si votre âge, vos forces, les convenances vous le permettent, vous ne craindrez pas de descendre aux hum­bles services d'une Sœur de charité.

 

Vous entretiendrez l'ordre, la propreté dans ce pauvre réduit ; et, prodigues de vos soins pour les membres souffrants de Jésus-Christ, vous attirerez, sur votre présent et sur votre avenir, les bé­nédictions promises à ces mains héroïques qui ont l'intelli­gence des nécessités du pauvre.

 

Les procédés fraternels gagnent la bienveillance du malade, dissipent ses préjugés, le réconcilient avec le riche, et ouvrent son cœur à la confiance.

 

Vous irez aussi avec un cœur plein de consolations et de paroles réconfortantes : une misère est rarement seule. Avec la maladie, viennent la désolation, la tristesse, le deuil causé par des séparations que la mort n'a pas faites. Il y a dans ce triste réduit, dans cette pauvre mansarde, des cœurs qui ne s'aiment pas, des caractères mal assortis, des veuvages sans funérailles, des abîmes creusés par la haine entre deux personnes qui s'étaient juré un amour éternel.

 

Oh ! Que d'angoisses, que de martyres ! Le cœur du pauvre n'est pas moins que le cœur du riche sensible à l'abandon, aux mauvais procédés. Parlez-lui, écoutez-le, consolez-le, qu'il puisse dire : « Je ne suis pas seul au monde, il y a des cœurs qui compatissent à ma peine, il y a un ange de charité qui veille sur moi ! » Il sera moins malheureux.

 

Mais surtout, allez à lui avec une âme pleine de foi et de zèle ; si la misère que vous avez la mission d'assister est celle de l'âme, si ce malade a fait la plus grande perte qu'on puisse faire au monde en perdant Jésus par sa faute, s'il ne l'aime pas, s'il ne le connaît pas.

 

Oh ! La magnifique aumône que vous pouvez lui donner, en lui faisant con­naître et aimer Jésus ! C'est l'aumône que François Xavier allait porter à l'empereur de la Chine au prix de mille fati­gues, et tout l'or de cet immense empire ne pouvait, di­sait le Saint, la reconnaître dignement. Que rien ne vous coûte pour la faire accepter ; ne comptez ni vos démarches ni vos peines, ni les refus ni l'insuccès.

 

L'Apôtre compte-t-il ses pas, ses sueurs, ses souffrances ? Oh ! Donnez Jésus ! C'est un besoin de le donner quand on l'aime. Le cœur qui aime Jésus est un foyer, et ce foyer rayonne, il commu­nique ses ardeurs.

 

O chères âmes, soyez les apôtres des petits et des pauvres, et qu'en vous, autour de vous, par vous, Jésus soit toujours le plus aimé !

 

Ajoutons ici quelques réflexions pratiques d'un prêtre au cœur d'or,  l'abbé Mullois :

 

« Rien n'est beau, rien ne touche le cœur des pauvres, des malades surtout,  comme de voir les personnes riches leur rendre les plus humbles services. C'est pour cela que ceux qui habitent une ville sont si heureux de pouvoir être visités par une Dame de Saint-Vincent de Paul ou une sœur de charité : la délicate bonté de ces anges de Dieu met un baume sur toutes leurs plaies...

 

« Si vos protégés sont vieux ou malades, il faut leur faire l'aumône   d'une   grande   compassion,   l'aumône  du   cœur et de l'âme ; car la pauvreté toute seule est déjà bien diffi­cile à porter, mais la pauvreté et la maladie, voilà le comble de la misère ; — tout manque à la maison : pain, linge, bois, médicaments, et courage surtout ; — dans la santé, le pauvre se résigne encore, mais dans la maladie, il se laisse abattre et il s'exaspère. Un homme voit sa fille, sa femme malade, et il lui faudrait des médicaments, un traitement, des ménagements; mais il n'a pas le moyen de se procurer le nécessaire, et, faute d'argent, de cet argent que tant de monde  dépense  inutilement,  il  est  condamné  à  les  voir languir,  mourir sans  secours  sous  ses yeux.

 

Ah !  Si vous saviez comme cela les fait souffrir et leur arrache ces plaintes : « Si j'étais riche, on viendrait me voir ; je pourrais sauver la vie à ma femme, à ma fille ; mais parce que nous n'avons pas d'argent, pauvre femme, pauvre enfant, il faut mourir, il faut mourir !... »

 

C'est à ce moment qu'un secours et une visite peuvent faire beaucoup de bien.

 

« Il y a, sur ce point des visites, des choses sublimes à raconter de la part des conférenciers de Saint-Vincent de Paul, d'autant plus sublimes que ceux qui les font ne sem­blent pas même s'en douter. Que le monde ne les connaît-il ! Il prendrait envie à d'autres de les imiter. Oh ! Quant à vous, suivez bien toutes les inspirations de votre cœur ! »

 

 

24 AVRIL, FÊTE DU JOUR: Saint  Fidèle  de Sigmaringen, martyr.

 

Fidèle naquit en 1577 d'une illustre famille, à Sigmaringen. Dans sa jeunesse, il s'approchait souvent des sacrements, visitait les malades et les pauvres, et aimait à passer de longues heures au pied des saints autels. Pendant quelque temps Fidèle exerça les fonctions d'avocat et se fit remar­quer par son zèle à défendre les pauvres et par son langage toujours respectueux pour ses adversaires.

 

Il comprit bientôt qu'il était difficile de devenir riche dans sa profession et de rester bon chrétien ; il quitta donc le monde pour un couvent de capucins et embrassa une vie d'austérité et de prière. Les cilices, les ceintures de fer hérissées de pointes, les disciplines étaient pour Fidèle des pénitences trop légères ; il ne rêvait rien moins que le martyre, et fut comblé de joie d'être envoyé en Suisse par la Congrégation de la Propagande, nouvellement établie, pour arracher les âmes aux infernales erreurs de Calvin. Pendant qu'il prêchait à Sévis, un calviniste tira sur lui un coup de feu, mais la crainte de la mort ne l’intimida pas, et il continua à proclamer la vérité.

 

Après ce sermon, un parti de calvinistes, conduit par un ministre, attendirent Fidèle dans une embuscade, l'attaquèrent et essayèrent de l'amener à embrasser leur prétendue réforme, Saint Fidèle leur répondit : «Je suis venu pour réfuter vos erreurs, et non pour les professer; jamais je ne renierai la loi catholique qui est l'éternelle vérité, et je ne crains pas la mort ». A ces mots les sectaires le percèrent de leurs poignards.

 

Extrait deL LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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