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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 13:23

Tout l'organisme fonctionne mal et me procure bien des pe­tites misères à offrir au Seigneur Jésus. Que j'en suis contente ! Je me pénètre de plus en plus de l'efficacité des petits sacrifices obscurs. Aussi je tâche de ne laisser passer aucune occasion d'en faire.

 

La Sainte Trinité vit incessamment là dans mon cœur. Elle ne me suffirait pas, Elle qui faisait le rassasiement de la Vierge Marie, mon modèle ! Elle y demeurait toujours puisque ma Mère chérie est toujours restée sortie d'elle-même, en Dieu qui doit être aussi mon centre.

 

J'ai fait mienne une ambition du bienheureux père Eymard en l'adaptant à ma condition. Partout où je passe je veux être une cause de rénovation spirituelle. Je veux, dans l'ombre, préparer les voies à Jésus et m'efforcer d'être comme un simple fumier qui engraisse la terre du sanatorium et de toute l'Église.  

 

Dans mon oraison d'aujourd'hui j'ai pensé que du Corps mys­tique je suis le moindre des membres. Et cependant, ô merveille ! Ma puissance est infinie dans le Christ; ce qui fait que les autres attendent ma collaboration à l'édification de l'œuvre que Jésus a fondée dans son sang. Oui, que c'est admirable cette vocation universelle à la réalisation du plan divin ! Ces affections abon­dent dans mon cœur et je les confie à mon carnet telles que le Sauveur les fait surgir en moi.

 

Ainsi dans la prière, je me nourris de la pensée que toute la chrétienté compte sur moi, elle fait fonds sur l'apport précieux que mon union à Jésus me permet de lui procurer. Toute petite que je suis, que je me sens grande à cette vue !

 

Ces lumières excitent ma plus vive admiration pour la sa­gesse divine qui éclate sous tous les aspects de la communion des saints ! En même temps, ces manifestations de l'amour de Dieu pour nous m'arrachent à mon apathie, me pressent d'accourir au champ du Père de famille.

 

Les mots tombent en ce moment de mon âme sur ces pages. Bien que je veuille faire oraison, je ne sens pas qu'il faille m'interdire cet épanchement, qui n'est pas une digression puisque je me sais comme jamais en la présence de Dieu.

 

Pour parler au Bien-Aimé je choisis toujours le temps de la cure, qui est le plus favorable au recueillement. S'il ne m'avait fallu recourir à la plume je n'aurais pu, comme je le fais, coucher sur le papier les effusions qui me viennent, et plus tard je n'au­rais peut-être pas pu y revenir.

 

Ce n'est pas que j'attache de l'importance à ce griffonnage puisque je n'agis que pour obéir. Mais je suis toujours heureuse de vous donner à constater ce que l'infinie Bonté verse dans mon âme en considération des autres.

 

C'est ordinairement durant les colloques commencés avec Jé­sus que je pourrais écrire longuement, car alors descend à flots ces grâces qui illuminent. D'autre part quand j'entreprends de vous écrire, cette occupation s'entremêle de la prière, vers la­quelle elle m'y conduit comme naturellement.

 

Il devrait bien en être ainsi pour tout ce que je fais. Mon activité vivifiée de prière servirait doublement la cause de l'Église tandis qu'elle resserrerait les liens qui déjà m'attachent au Christ. Dès lors, au lieu d'avoir des heures de prières, c'est ma vie entière qui serait «priée». Oh ! Le bel idéal. Plus de cloison entre l'action et l'oraison, mais les deux se compénétrant pour la plus grande efficacité de mon apostolat !

 

De ces riantes perspectives je reporte mes regards sur la mul­titude d'âmes qui ignorent leur valeur et celle de leur destinée. Que Notre-Seigneur doit souffrir de voir son règne si peu avan­cé ! Puisse-je aimer de plus en plus, aimer sans mesure, aimer jusqu'à me laisser consumer et détruire par l'Amour pour hâter l'avènement de ce règne tant désiré.

 

Quand je me place bien en face de ces réalités tant oubliées du grand nombre, il n'existe plus rien à mes yeux. Je souhaite une participation aussi large que possible à l'œuvre de rédemp­tion du monde par l'amour et la souffrance.

 

Ma force dérisoire ne m'arrête pas. Saint Paul s'est glorifié dans ses infirmités et la chère sainte du Carmel s'est complus dans sa faiblesse. J'en ferai autant avec la grâce de Dieu et le Tout-Puissant ne refusera pas d'opérer par moi de grandes choses. Il restera si évident que je n'y serai pour rien.      Marie-Claire Tremblay

 

Extrait de : NOURRITURES  spirituelles.  Tome 1  (1956)

 

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Published by elogofioupiou - dans Méditations et prières
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