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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 02:12

 

C’est une maxime d'un philosophe païen ; combien donc ne nous oblige-t-elle pas impérieusement à bien faire toutes nos actions, nous qui sommes des chrétien­s, nous à qui s'adresse cette parole du divin Maître à ses disciples : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est par­fait ! »

Mais, sans doute, plusieurs s'effarouchent de cette décla­ration et se disent : Comment puis-je prétendre à la perfec­tion, vivant dans le monde et exposée à commettre tant de fautes ?

C'est là une regrettable illusion. Il y a des saints dans tous les états. Nous pouvons toutes nous sanctifier, et qui plus est, nous le devons, car Dieu dit dans l'Écriture : «Soyez saints parce que je suis saint... Que celui qui est déjà saint se sancti­fie encore davantage... » Mais est-il difficile de devenir saint ? Nullement.

Saint Bonaventure avait au nombre de ses religieux un frère convers nommé Gilles, presque dépourvu d'instruction et d'une grande simplicité. Ce bon frère se plaignit un jour en ces termes à son vénérable supérieur : « Ah ! Mon Père, vous êtes bienheureux, vous autres, savants et théologiens, vous pouvez aimer Dieu bien plus que nous et devenir des saints. — Vous êtes dans l'erreur, frère Gilles, répondit dou­cement saint Bonaventure, car, avec le secours de la grâce, tout le monde peut aimer Dieu autant qu'il le veut et parvenir à la perfection. — Quoi ! reprit le frère, les ignorants peuvent-ils aimer Dieu tout aussi bien que ceux qui ont fait de longues études ? Ils peuvent devenir des saints ? — Mais certainement, répondit le grand docteur ; bien plus, une pauvre paysanne peut quelquefois aimer Dieu plus parfaite­ment et s'élever à une vertu plus éminente qu'un savant théologien. » A ces mots, le frère Gilles se sent transporté de joie. Il court au jardin, ouvre la porte qui donne sur la rue et se met à crier de toutes ses forces : « Eh ! Pauvres gens ! Eh ! Bonnes femmes qui ne savez ni lire ni écrire, venez ap­prendre une grande merveille : si vous le voulez, vous pouvez aimer le bon Dieu autant qu'un théologien, autant même que notre Père Bonaventure, et vous pouvez devenir tous des saints... »

Cet appel de l'humble frère s'adresse à nous toutes tant que nous sommes, riches ou pauvres, savantes ou ignorantes, jeu­nes ou vieilles. Une femme du monde, une jeune fille peut devenir une sainte, absolument comme une religieuse vouée aux plus effrayantes austérités. Mais que faut-il faire pour ce­la ?

Le voici en trois mots :

Faire ce que Dieu veut ;

Le faire pour Dieu ;

Le faire comme Dieu le veut.

 

1. Il s'agit d'abord de faire ce que Dieu veut. Plus de capri­ces, plus de volonté propre ni d'attache à ses idées person­nelles. Mais, dites-vous, comment saurai-je ce que Dieu veut, ce qu'il attend de moi ? Vous le saurez, com­me les soldats savent quels sont les ordres de leur prince sans pourtant l'avoir entendu, par l'intermédiaire de ses officiers. Le bon Dieu vous manifeste également ses volontés par l'or­gane de certaines personnes qui le représentent : ce sont vos parents, vos supérieurs si vous en avez, votre confesseur. Faites exactement tout ce qu'ils vous diront.

2. Il faut en second lieu le faire pour Dieu. Hélas ! Com­bien de chrétiens oublient cette grande règle et perdent ainsi tout le mérite de leurs œuvres ! Cette jeune fille va sou­vent à l'église, mais ce n'est pas pour Dieu qu'elle le fait, c'est par vanité, pour se faire remarquer ; telle autre apporte le plus grand soin à son travail, mais c'est pour ne pas encou­rir les reproches de sa maîtresse. Une troisième s'applique avec un entrain extraordinaire à certains ouvrages peu re­cherchés, mais par goût naturel, parce que ce genre de travail lui convient. Enfin, beaucoup d'autres prennent part chaque jour à quantité d'exercices plus ou moins pénibles, mais elles le font sans aucun motif, par   routine, par   habitude, par manière d'acquit, pour faire comme tout le monde. Toutes ces œuvres sont excellentes en elles-mêmes, et cependant, elles ne sanctifient pas, elles ne sont pas méritoires.

Qu'est-ce qui leur manque ? D’être faites pour le bon Dieu. Oh ! Tâchez de purifier ainsi votre intention, puisque c'est à la fois si im­portant et si facile. Chaque matin, offrez à Dieu toutes les ac­tions de la journée, et de temps en temps, particulièrement avant les principaux exercices, renouvelez  cette intention. Demandez-vous à vous-même pourquoi vous allez faire telle ou telle œuvre, et répondez intérieurement : je ne veux pas la faire pour paraître, pour être applaudie, pour mon plaisir et ma satisfaction personnelles : je veux la faire pour plaire à Dieu.

3. Il faut faire ses actions comme Dieu le veut. Et comment veut-il que vous les fassiez ? Religieusement, ponctuellement, parfaitement.   Cela veut dire qu’on doit agir autrement que les personnes du mon­de des incroyants ; on doit sanctifier son travail, en le faisant précéder et suivre d'une courte prière et en élevant quelquefois son cœur à Dieu. Ponctuellement, c'est-à-dire au lieu et temps mar­qués. Parfaitement, en prenant soin des moindres détails, et en évitant les plus légers défauts. Remarquez que ce der­nier point s'applique aux petites actions, aux œuvres les plus communes et les plus ordinaires aussi bien qu'aux plus rele­vées, parce que rien n'est petit devant Dieu.

Voilà tout le secret de la sainteté. Est-ce difficile à réaliser ? Non. Mettez-vous donc à l'œuvre sans retard. A douze ans, saint Louis de Gonzague était déjà parvenu à un degré de perfection auquel peu de personnes arrivent à la fin de leur vie. Saint Jean Berchmans avait marqué dans son carnet spirituel : « Je veux devenir un saint, un grand saint, et en peu de temps. » Or il le voulait avec une si puissante énergie qu'il le devint en effet, comme chacun le sait. Proposez-vous de les imiter.  Vous serez content, à l'heure de votre mort, d'avoir fidèlement suivi cette généreuse résolution !

 

FÊTE DU JOUR: (17 février) Saint Anastase, martyr.

en 614, Chosroês, roi des Perses, s'empara de Jérusalem et en emporta la vraie Croix. Anastase, un de ses soldats, entendant parler de cette précieuse relique, se fit dire l'his­toire de Celui qui y avait été suspendu.

Le récit de la passion sacrée du Sauveur toucha tellement son âme qu'il quitta l'armée et se rendit en Syrie, pour se faire instruire davan­tage de la foi chrétienne. Les images des martyrs dans le tem­ple d'Hiérapolis achevèrent sa conversion ; il fut baptisé à Jérusalem et entra dans un monastère situé près de cette ville. Les superstitions de sa vie passée étaient sans cesse présentes à sa pensée pour le troubler, mais son cœur brûlait d'un ardent désir de mourir pour Jésus-Christ.

Après sept années de vie religieuse, on l'envoya en pèlerinage près des saintes reliques de la Palestine. A Césarée, il blâma hardiment deux devins persans, et fut jeté en prison.

Rien ne fut épar­gné pour l'amener à renier Jésus-Christ. On lui offrit la li­berté et une haute dignité à la Cour ; on le frappa avec des bâtons noueux, on le suspendit par une main ; sa chair fut déchirée jusqu'aux os à grands coups de lanières. Anastase resta inébranlable. Enfin il fut étranglé et son corps aban­donné aux chiens.

 

Extrait de : LECTURES   MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.com

 

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