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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 22:52

 

Extrait de : Saint Bonaventure vous parle de LA SCIENCE.

Éditions Franciscaines. Paris 1943. Albert Garreau.

 

Vers la fin de sa vie, dans ses considérations sur l'œuvre des six jours que la mort interrompra, le Saint reprend le même su­jet, développant à loisir les rapports de la science et de la sa­gesse.

 

Déjà les philosophes anciens avaient pressenti qu'il ne suf­fit pas de connaître la vérité mais qu'il faut encore l'aimer et la servir, ou plutôt que, pour bien savoir, il faut s'y disposer par une discipline d'amour et de respect et qu'un équilibre harmonieux est nécessaire entre les puissances intellectuelles et morales, hors duquel il n'est pas de philosophie.

 

Saint Augustin et les Pères de l'Église ont par suite défini cette sagesse, supérieure à la science, et plus précieuse qu'elle, étant nécessaire à la fois pour l'instruc­tion des savants et pour le salut de tous.

 

Saint Bonaventure reprend ces distinctions et les développe. La sagesse est un don de Dieu qui s'obtient à la fois par la science et par la sainteté. C'est « la connaissance des plus hautes causes, connaissance qui n'est pas purement spéculative et intellectuelle, mais encore savourée et expérimentée ».

 

Ces derniers caractères expliquent son efficacité supérieure à celle de la science : « La science ne suffit pas pour arriver à la sagesse... la science lui est inférieure et tend de sa nature à la connaissance et au goût des choses sensibles. Celui qui y reste et qui s'y attache devient vain comme les choses qu'il goûte. Il faut monter jusqu'à la vérité suprême, qui est Dieu, car en lui seul on trouve un plaisir véritable ; il faut donc modérer le plaisir de la science et lui préférer la sagesse ».

 

Le passage de la science à cette sagesse qui seule donnera l'ex­périence intime et comme le goût de la vérité, s'obtiendra par une vie soumise à Dieu, sans tache, religieuse, telle que l'est la vie des Saints.

 

Il existe du reste deux espèces de sagesse, l'une, mondaine, « qui donne connaissance des plus hautes causes d'après les forces de la raison et la pratique des seules vertus naturelles » ; c'était celle que les anciens philosophes pouvaient réaliser ; l'autre, chrétienne, qui ajoute à la lumière de la raison, celle de la foi et aux vertus naturelles les vertus théologales ou surnaturelles. Cette sagesse chrétienne se consomme et se parachève dans la charité.

 

La foi éclaire l'âme par l'intermédiaire de l'Écriture. « La foi, par sa transcendance, sa fermeté et sa dignité, ennoblit l'intelli­gence, car elle dépasse l'investigation de la raison ; elle lui donne une certitude inébranlable, car elle exclut le doute ; elle la rend plus belle et plus lumineuse, car elle lui ouvre de nouveaux hori­zons ».

 

C'est ainsi que l'âme peut atteindre cette sagesse qui est « une très noble manière d'être, élevant l'esprit à la compréhen­sion des choses supérieures, à la considération des mystères, au goût de ce qui est suave, à l'embrassement de ce qui est éternel ».

(A suivre)

 

elogofioupiou.com

 

 

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