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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 10:01

Comment  faites-vous  donc,  Victorine,   demandait  une Enfant de Marie à l'une de ses amies, pour obtenir de nos compagnes tout ce que vous voulez ? Pour moi, je n'ai pas cette chance. L'une se rebiffe, une autre sourit à mes ouvertures et puis me tourne les talons. Je voudrais bien savoir votre secret.

 

-Je n'en ai pas en vérité, Louise, répondit Victorine, si ce n'est peut-être que je dis parfois une petite prière à notre bonne Mère du ciel pour qu'elle bénisse mes pauvres dé­marches...

 

-J'en dis bien aussi, répliqua Louise ; mais il y a autre chose encore. Tout vous réussit, j'en suis un peu jalouse, je vous l'avoue ; vous devez au moins me dire comment vous vous y prenez.

 

C'est peut-être bien que je me suis souvenue d'un mot que nous disait un ancien vicaire de la paroisse et qui m'a toujours frappée. Tenez, il faisait cela fort bien, lui, et voici comment il nous l'expliquait: « Mes enfants, il y a aujourd'hui un large fossé qui sépare le prêtre des gens du monde. Comment fera-t-il pour arriver néanmoins jusqu'à eux ? Car il faut bien qu'il y arrive pour leur rappeler un peu les affaires de leur âme. Or il lui est impossible de sauter ce large fossé. I1 ne lui reste qu'un seul moyen : c'est de faire un pont.

 

« Qu'est-ce que peut bien être ce pont ! Me direz-vous. Le voici.

Parmi ceux qui ne veulent pas venir à l'église, tous ne sont pas des gens rébarbatifs et cuirassés contre toute avance. Un coup de chapeau par-ci, une poignée de main par-là, de petits services, une parole louangeuse, parfois moins encore, mais avec tout cela la prière... : Tel fut le pont que j'établis entre ces personnes et moi.

 

« A peine le pont était-il fait qu'un grand nombre s'élan­cèrent à ma suite.

 

« N'est-il pas vrai que, tant que nous sommes sur la terre, nous devons chercher à faire passer le plus d'âmes possible du côté gauche au côté droit ? C'est seulement au jugement der­nier que se fera la séparation définitive et irrévocable.

 

« Eh bien, qu'en dites-vous, Louise ?

 

-C'est fort ingénieux, répondit celle-ci ; mais avec nos compagnes, ou nos connaissances, je ne vois pas bien com­ment on peut faire le pont ?...

 

-Allons donc ! s'exclama Victorine ; mais par l'amabilité, la complaisance, l'indulgence ; en faisant volontiers ce que les autres désirent plutôt que ce qu'on aime, en s'ingéniant à les obliger, à leur ménager d'agréables surprises, en les consolant dans leurs petits chagrins, en les encourageant dans leurs difficultés, et de mille autres manières ! Très souvent un rien suffit. Écoutez plutôt :

 

« Je déplaisais à l'une de nos compagnes et elle était persua­dée qu'elle me déplaisait également et que je lui en voulais. Elle prenait tous les moyens de me faire sentir son aversion pour moi. Un jour, j'entrai à la chapelle et je remarquai qu'elle se trouvait derrière moi, mais assez loin ; je ralentis le pas, je m'arrêtai au bénitier, et, quand elle entra, je lui présentai de l'eau bénite de la manière la plus naturelle du monde. Il n'en fallut pas davantage pour rompre la glace : nous sommes devenues deux amies.

 

« Une autre s'était brouillée avec moi. Je ne pense pas que la faute fût de mon côté, mais je me dis : Si j'attends qu'elle revienne, je suis exposée à attendre longtemps. Je pris les devants, j'allai lui faire des excuses et tout fut fini.

 

« Et voilà comment une goutte d'eau bénite ou une dé­marche spontanée, ou toute autre manifestation obligeante peut devenir un pont. »

 

Louise frappa dans ses mains et promit que la semaine ne s'achèverait pas sons qu'elle eût faits quelques ponts.

    Pourquoi toutes  les  vraies chrétiennes, ne l'imiteraient-elles pas, pour la plus grande ! Gloire de Dieu et le bien des âmes ?

 

Mais voici un autre trait qui n'est ni moins suggestif ni moins touchant.  Dieu veuille qu'il fasse rentrer en elles-mêmes toutes les personnes qui le liront !

 

Un jour, Mgr Duquesnay, archevêque de Cambrai, adres­sait une allocution aux Enfants de Marie d'une paroisse de son diocèse ; et, voulant appeler fortement leur attention sur l'importance de l'Apostolat par l'exemple, il leur traduisit sa pensée dans cette gracieuse et allégorique anecdote.

 

« Mes enfants, je vous confierai que je suis Normand ; et vous n'ignorez pas que les Normands ont la réputation d'être fort rusés.

 

« Or, il y avait dans mon pays un fermier qui possédait deux ou trois colombes ; elles étaient blanches et pures com­me toutes les colombes. Mais, ainsi que cela arrive souvent, le propriétaire ne voulut pas se contenter de ce qu'il avait.

 

On désire toujours en avoir davantage.

 

« Notre fermier trouva donc que c'était bien peu que trois colombes, et qu'il serait heureux d'en posséder un plus grand nombre. Mais, que faire ? Comment attirer celles qui volti­geaient autour du village, et dans les bois voisins ? Les vo­ler ? Oh ! non : on ne peut pas s'emparer de ce qui n'est pas à soi. Enfin, une idée lumineuse traversa tout à coup l'esprit du fermier.

 

« Il se rappela avoir entendu dire que certains parfums attirent merveilleusement les colombes. Il s'en procura aussi­tôt, et monta à son colombier pendant que les pigeons y étaient enfermés. Il répandit sur leurs ailes la poudre odo­rante qu'il avait apportée ; puis, il ouvrit la porte et les trois colombes prirent leur essor.

 

« Le soir venu, notre fermier s'assit dans son jardin, atten­dant, avec une curiosité bien légitime, le retour des volatiles.

 

« O bonheur ! Ce n'était plus seulement trois colombes, mais dix qui entraient au logis. Ravi, notre homme s'em­presse d'aller fermer la porte; et chaque matin, les colombes s'envolent au loin, et se dispersent pour revenir toujours plus nombreuses.

 

« Mes enfants, c'est votre histoire que je viens de conter. Voici le fermier, et Monseigneur désignait d'une main M. le doyen de la paroisse ; et voilà les colombes, ajouta-t-il, en montrant de l'autre, les enfants de Marie. Oui, vous êtes le colombier de M. le doyen ; vous lui appartenez. Allez donc, allez, dans les rues de cette bonne petite ville ; dans l'église, chez vous, et qu'en vous voyant si pures, si pieuses, si aima­bles, les autres jeunes filles s'écrient : N'est-ce pas une Enfant de Marie ?Et attirées par le parfum répandu sur vos ailes, c'est-à-dire par la bonne odeur de vos vertus, elles viendront en grand nombre s'enrôler sous la bannière de votre Mère, et développer votre pieuse association. »

 

Chères Lectrices, vous avez toutes un maître à qui il est plus doux encore d'appartenir qu'au vénérable doyen de la bonne petite paroisse.... Ne voudrez-vous pas amener le plus possible de jeunes âmes au colombier de Notre-Seigneur Jé­sus-Christ ? Oh ! Comme vous serez bien reçues, bien fêtées, bien récompensées si, grâce à vos bonnes paroles et à vos bons exemples, ce modeste apostolat est fructueux !...

 

Bonnes paroles, bons exemples : ces deux mots résument la présente lecture et ils sont vraiment la clef des cœurs ! Filles de Jésus, puisque vous connaissez la clef, faites-en un saint et fréquent usage !

 

FÊTE DU JOUR, le 15 JANVIER: Saint Paul, premier ermite.

saint Paul naquit dans la Haute Égypte vers l'an 230. Il devint orphelin à quinze ans, après avoir reçu une brillante éducation, et il possédait de très grandes richesses. Par crainte d'une cruelle persécution qui sévissait alors con­tre les chrétiens, il se retira dans un village isolé.

Son beau-frère le dénonça, et Paul, abandonnant tous ses biens, s'en­fuit dans le désert. Son premier dessein était de retourner dans le monde lorsque la persécution aurait cessé, mais il trou­va tant de charme et de douceur à prier et même à faire pé­nitence qu'il passa le reste de ses jours dans la solitude.

Après bien des recherches, il découvrit, dans les profondeurs du désert, un endroit fermé par des rochers, où croissait solitaire un palmier arrosé par une petite source. Ce fut là que Paul passa quatre-vingt-dix ans dans la pénitence et la contempla­tion. Dieu révéla l'existence du saint solitaire à saint Antoine qui le rechercha pendant trois jours.

Les deux saints se con­nurent dès l'abord, et louèrent Dieu ensemble. Après qu'ils eurent passé la nuit en prière, Paul déclara qu'il allait bientôt mourir et demanda à être enseveli dans le manteau qu'An­toine avait reçu de saint Athanase. Saint Antoine lui accorda cette consolation et reçut son dernier soupir, qui fut accom­pagné de signes non équivoques de sa sainteté et de la gloire à laquelle il était prédestiné.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.com

 

 

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